Au temps où la Dore était navigable

En empruntant les chemins qui longent les berges de la Dore, à pied ou en VTT vous ne vous doutez peut-être pas qu’elle a été navigable.
Elle a cessé de l’être, après l’ouverture de la voie-ferrée Saint-Germain-des-fossés/Giroux en 1883.
Certains noms de lieux sont pourtant évocateurs et sont là pour nous rappeler son passé de transport fluvial : la Barge, Lanaud, l’ancienne rue du port de Barge, à Courpière et le Bateau à Néronde sur Dore.

Les toutes premières utilisations d’embarcations, sur la plupart des rivières, eut vraisemblablement pour objet leur traversée. Les premiers bacs étaient de simples embarcations à fond plat, de forme rectangulaire.
D’après Pierre Mondanel les bacs étaient appelés communément « naud ou charrières ».
Le comité de rédaction de l’ouvrage : Courpière porte du Livradois-Forez, propose pour ce même terme : « un mot patois inspiré du latin navis ».

Au début du XX eme siècle il subsistait deux bacs sur les communes de Courpière, Néronde et Escoutoux :

- l’un qui reliait Escoutoux à Néronde, exploité par les époux Mousset (photo dans la rubrique Néronde autrefois sur le site internet de la commune de Néronde) et qui fait l’objet d’un article dans le dernier numéro de la revue Escotal ; extraits à consulter dans le diaporama.

- l’autre, en amont, sur la commune de Courpière de Lanaud à Tarragnat. (photo page 160 Courpière porte du Livradois-Forez).

Outre les bacs, il y avait deux ports sur la Dore.

L’un sur la rive droite, communément appelé port de la Barge, l’autre sur l’autre rive (photo), sur de simples terrains jouxtant la rivière, en amont du village de Tarragnat, connu sous le nom de port de Lanaud bien que le village se situe, en face, sur l’autre rive !
Le régime de la Dore permettait la flottaison, sur une trentaine de kilomètres, jusqu’au port de Ris, là où la Dore rejoint l’Allier, durant quatre mois au plus, les années pluvieuses au printemps, à la fonte des neiges.
Les radeaux, pour le transport du bois : troncs, planches, solives, groupaient, têtes et pieds alternés, les sapins par quantité de 5 à 15 suivant leur longueur et la quantité d’eau. Des traverses en planches ou en solives les réunissaient 
Deux mariniers, l’un à l’avant : le gardeur et l’autre à l’arrière : le renforceur qui conduisait le radeau à l’aide de fortes perches ferrées.
Un groupe de plusieurs radeaux était appelé train de bois.
On veillait à ne pas dépasser un tirant d’eau de 15 pouces soit 0.40 mètres.

Si Saint-Eloi est le patron, bien connu, de la corporation des couteliers, celui de la corporation des mariniers est Saint-Nicolas. Une statue est visible dans l’église de Luzillat.

Voici la balade que nous vous proposons : Au plus près des berges de la Dore, de Thiers à Courpière, boucle VTT ou VTC

BIBLIOGRAPHIE :

- l’ancienne batellerie de l’Allier et de la Dore Pierre Mondanel, Mémoires de l’Académie des Sciences Belles-Lettres et Arts de Clermont-Ferrand, imprimerie G de Bussac 1975.

- Courpière porte du Livradois-Forez par Mme Francois, Mr et Mme Planche, Mr et Mme Valaude, 1998 Maury imprimeur.

Cartes de l’itinéraire : carte IGN au 1:25000 2631 Est

Faire la balade ?

Archives départementales :

Tableau d’assemblage du plan cadastral parcellaire de la commune du Courpière

Section E de Lanaud, 1ère feuille

Section E de Lanaud, 2ème feuille

En empruntant les chemins qui longent les berges de la Dore, à pied ou en VTT vous ne vous doutez peut-être pas qu’elle a été navigable....



Voir en ligne : Le cadastre Napoléonien pour la commune de Courpière