Le Creux de l’Enfer

À l’Usine du Creux de l’enfer. Gargouilles de Nicolas Deshayes du 23 octobre 2021 au 6 février 2022, du mercredi au dimanche, de 14 h à 18 h. Entrée libre et gratuite. (fermeture annuelle du 3 au 18 janvier 2022). Nicolas Deshayes s’intéresse aux systèmes circulatoires, tuyauteries domestiques, productions industrielles et processus artisanaux. Il développe une œuvre multiple à l’esthétique abstraite et mutante, se situant quelque part entre deux éléments différents du faire : le geste organique et la production industrielle. Il opère au seuil du liquide et du solide et explore à rebours des surfaces nivelées, attentif à l’expression de la matière et aux contraintes qui la régissent, travaillant l’hybridation des corps à la mécanique d’objets domestiques, dans une relation décomplexée.

Né en France en 1983, il a étudié au Chelsea College of Art and Design et au Royal College of Art à Londres avant de s’installer à Douvres dans le Kent.

Alors que son œuvre rencontre un écho grandissant au Royaume-Uni, en Allemagne et en Italie, il présente sa première exposition monographique en France en deux lieux :
- au Frac Grand Large de Dunkerque, avec un regard sur dix années de production.
- au centre d’art du Creux de l’enfer à Thiers, où il développe des ensembles d’œuvres issus de nouvelles expériences plastiques menées en fonderie d’art et en thermoformage. Réalisées à partir de la fonte de différents métaux et plastiques, les œuvres jouent de grossissements organiques et de recherches de matières inédites, trouvant un écho avec la puissance du site de la Vallée des usines.

Sur l’ensemble du rez-de-chaussée du Creux de l’enfer, des fontaines en fonte d’aluminium se présentent sous la forme de lombrics dressés ondulants, se nouant ou s’enroulant à la surface d’un bassin d’eau intérieur. Leurs silhouettes boursoufflées s’animent d’une chorégraphie gracile et silencieuse, telles les danseuses d’une nage synchronisée exprimant les joies viscérales d’une existence muette. Affairées à un plaisir intime plus ou moins assumé, elles crachent, fouillent, pissent, éjaculent, semblant célébrer la fertilité des mondes aquatiques et souterrains. Ce ballet délicat, tout en retenu, contraste avec le vrombissement puissant de la cascade qui se déverse au pied du bâtiment.

Le projet d’exposition de Nicolas Deshayes au Creux de l’enfer a été réalisé grâce au soutien du dispositif Fluxus Art Projects et dans le cadre de sa résidence art-entreprise au sein de Cartolux-Thiers. Il a reçu le soutien du Centre national des arts plastiques pour son travail de production.
L’exposition de Nicolas Deshayes se déroule en deux lieux : le second volet de son exposition intitulé Glissements se déroule au FRAC Grand Large, à Dunkerque, du 18 septembre 2021 au 13 mars 2022. Le commissariat est assuré par Keren Detton et Sophie Auger-Grappin.

Dans la grotte du Creux de l’enfer. Mykiss de Bruno Silva, du 23 octobre 2021 au 6 février 2022 , du mercredi au dimanche de 14 h à 18 h. Entrée libre et gratuite.(fermeture annuelle du 3 au 18 janvier 2022). Rien n’est plus miroitant et insaisissable que la peau mouvante et irisée d’une truite arc-en-ciel sortant fraîchement de la rivière et nommée Oncorhynchusmykiss. Bruno Silva s’intéresse à cette espèce de salmonidé aujourd’hui très répandue dans les rivières européennes depuis son importation massive à la fin du vingtième siècle.

Par différentes expérimentations de surfaces, il conçoit des modules écrans, paravents recouverts de cet épiderme pictural, qu’il installe en dialogue avec un choix de nouvelles pièces dans la Grotte de l’usine du Creux de l’enfer. Observateur des corps et de leurs surfaces comme des peaux et de leurs cicatrices, Bruno Silva prélève des objets, des traces, des fragments visuels qu’il remodèle et patine dans un savant alliage d’éléments synthétiques et naturels.
L’artiste est invité à poursuivre le parcours de son exposition au rez-de-chaussée de l’usine du May.

L’exposition de Bruno Silva a reçu le soutien de Clermont Auvergne Métropole et du collectif Les Ateliers de Clermont-Ferrand.

Images du Xingu à l’usage des Blancs qui ne peuvent pas comprendre, Jérôme de Vienne invite Amatiwana Trumai, du 23 octobre 2021 au 6 février 2022, du mercredi au dimanche de 14 h à 18 h. Entrée libre et gratuite
(fermeture annuelle du 3 au 18 janvier 2022)

À l’Usine du May. La pratique d’Amatiwana Trumai peut être lue à la lumière du titre que Jérôme de Vienne a donné à l’exposition.

À la fois constat d’incompréhension et tentative de dialogue, la formule condense les contradictions à l’œuvre à la fois dans sa carrière, dans sa peinture et dans ses propos : La volonté de montrer le Xingu et de transmettre sa connaissance de la culture Trumai aux générations futures, mais également de sauver sa culture, en s’appropriant pour cela une certaine conception occidentale du patrimoine tout en souhaitant que cette culture puisse être comprise par les « Blancs », en s’appropriant pour cela une forme d’art - une peinture à l’huile sur toile - qu’ils pourront reconnaître comme telle.
C’est donc un travail de traduction auquel se livre Amatiwana Trumai : les images qu’il propose de sa propre culture intègrent de façon intrinsèque le regard que les Blancs portent sur elle, et son travail se construit dans ce mouvement d’aller-retour : conserver les traces de sa culture pour les siens, montrer et expliquer aux Blancs, dans leur langage et selon leurs formes, ce qu’ils ne peuvent, par définition, pas comprendre – tout en rappelant constamment l’opacité et le malentendu inhérents à cette opération.
Amatiwana Trumai et sa peinture donnent un exemple complexe et parlant de ce que Mary-Louise Pratt nomme les « Arts de la zone de contact ». Par ce terme, elle décrit des « espaces sociaux où différentes cultures se rencontrent, s’affrontent et luttent les unes avec les autres, souvent dans un contexte de relations hautement asymétriques de domination et de subordination – comme le colonialisme ou l’esclavage, et leurs avatars actuels vécus partout dans le monde. »

Présentée d’abord à l’occasion de la 69ème édition de Jeune Création, en février 2020, cette monographie sur le travail d’Amatiwana Trumai adoptait la forme et les codes d’un « grand musée en miniature » – qui sacralisait cette peinture selon des formes muséales canoniques en occident, tout en ramenant les visiteurs à leur inadéquation dans ce lieu, et à l’artificialité des normes de « neutralité » à l’œuvre dans notre regard. Il s’agissait de ne pas effacer l’opacité de cette peinture, ni l’étrangeté de sa présence dans ce contexte.

À l’inverse, ou en miroir, l’exposition au Creux de l’enfer sera la projection dans l’espace d’exposition d’un catalogue monographique en devenir : Le visiteur se verra réduit à une taille miniature, et les murs seront autant de pages agrandies, portant les toiles à l’endroit de leur reproduction.
Elle sera aussi l’occasion d’un dialogue avec les héritiers d’Amati, pour réfléchir à une future exposition consacrée à son travail à Canarana, où il a vécu, et aux formes de muséographie à inventer dans ce contexte. Une série d’invitations, jalonnant l’exposition, tentera de dérouler et de suivre les différentes pistes et questionnements soulevés par la pratique de ce peintre, et la position ambiguë inhérente à sa position dans cette exposition.

L’exposition de Jérôme de Vienne a reçu le soutien de l’École Supérieure d’Art de Clermont-Métropole et de Clermont Auvergne Métropole.

Une visite guidée sera proposée tous les premiers samedi du mois :
- samedi 6 novembre 2021 à 15 h
- samedi 4 décembre 2021 à 15 h
- samedi 5 février 2021 à 15 h
2€ par personne, gratuit pour les moins de 18 ans et les adhérents. La réservation est obligatoire par mail, téléphone ou sur la billetterie en ligne.

Deux visites-ateliers en famille sont aussi prévues, la première aura lieu peu de temps après le début des expositions :
- mercredi 27 octobre 2021 à 10 h 30
- lmercredi 22 décembre 2021 à 10 h 30
A partir de 5 ans. 2€ par personnes, gratuit pour les adhérents et leurs enfants. Réservation obligatoire.

En 2019, Le Creux de l’enfer a été labellisé par le Ministère de la culture "Centre d’art contemporain d’intérêt national", qui marque la reconnaissance du travail effectué par la directrice Sophie Auger-Grappin depuis 2018, notamment par des projets ancrés dans le territoire.
À partir de 2021 le centre d’art s’agrandit par la gestion totale de l’Usine du May et déploie son projet artistique et culturel dans un nouveau bâtiment jouxtant l’actuel site. La mise à disposition de l’Usine du May par la Ville de Thiers permet au centre d’art d’accroître sa surface d’exposition et d’accueillir de nouveaux projets proposant différentes expériences de partage artistique en lien avec des acteurs du territoire.

Billetterie en ligne

Le Creux de l’enfer est ouvert du mercredi au dimanche, de 14 h à 18 h.

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Le Creux de l’enfer - 83-85 Avenue Joseph Claussat, Vallée des Usines, 63300 Thiers, Tel 04 73 80 26 56 - info@creuxdelenfer.net

Ancienne coutellerie devenue en 1988 Centre d’art contemporain. Ouvert trois jours par semaines : vendredi, samedi et dimanche.


Voir en ligne : Le site Internet du Creux de l’Enfer