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Le Creux de l’Enfer et l’usine du May

Deux nouvelles expositions à découvrir au Creux de l’Enfer :

- The sound of an earthquake contained in a room, de Gil Delindro, exposition du 19 mars au 29 mai 2022
- En marge des fabriques, exposition collective, du 19 mars au 25 septembre 2022.

Vernissage des expositions à l’Usine du May, vendredi 18 mars à 19 h.

Pour permettre aux Clermontois de découvrir les prochaines expositions du Creux de l’Enfer, le centre d’art contemporain, basé à Thiers, met en place une navette gratuite au départ de Clermont-Ferrand le vendredi 18 mars 2022.
Le départ se fera à 18 h, depuis la gare Routière des Salins à Clermont-Ferrand.
Réservation obligatoire : 04.73.80.26.56 ou info@creuxdelenfer.fr.

The sound of an earthquake contained in a room, de Gil Delindro

Le son est le témoin de l’échange permanent qui s’effectue entre les corps physiques qui nous entourent. A l’origine de chaque fréquence se trouve un choc, une oscillation, un mouvement ou une friction. Alors que nous percevons souvent le son comme une entité invisible et immatérielle, celui-ci se révèle être tout le contraire : non seulement preuve sensible, il nous rappelle également l’instabilité de la nature, au sein de laquelle tout vit dans un mouvement constant fait d’interactions, d’affrontements, d’expansions. Dans son exposition, Gil Delindro utilise et détourne des fréquences sonores collectées à travers le monde auprès de stations géologiques et météorologiques pour créer des sculptures éphémères en mouvement. Témoins de processus géologiques en mutation, ces œuvres créent une symbiose entre résonance invisible et perception visuelle.

Gil Delindro est un artiste sonore et multimédia reconnu internationalement pour ses recherches in situ, notamment sur les paysages bruts, les communautés isolées et les phénomènes géologiques et climatiques extrêmes. Parmi celles-ci, citons le désert du Sahara (TWOM, 2015), les forêts tropicales du Brésil (Resiliência, 2017), la Sibérie, en Russie (Permafrost, 2018), les villages ethniques du Vietnam (Blind Signal, 2019), le glacier du Rhône (La Becque, 2019), et les volcans d’Auvergne (Artistes en Residence, 2021).
Le travail de Gil Delindro se concentre sur l’exploration de méthodes innovantes de capture de phénomènes sonores et de données environnementales, intégrant des méthodes de recherche scientifique et d’expérimentations artistiques. Le résultat final donne à voir et à entendre des productions paysagères artistiques à la fois spatiales et matérielles, le plus souvent en temps réel, dont le spectateur peut faire l’expérience directe au travers de ses qualités éphémères et intangibles.

Les pièces de Gil Delindro traduisent directement les étapes éphémères de la matière organique comme le sol, l’eau, le bois et les débris géologiques en œuvres spatiales et sonores. Ses installations, qui ont leur propre autonomie, utilisent activement les effets imprévisibles du temps, de la météo, de l’érosion et des conditions atmosphériques extérieures, en les opposant à des outils acoustiques fabriqués.

Sans engager directement un message politique, l’artiste interroge la relation entre l’humain et la mutation temporelle de son environnement, et comment la perception humaine de la « nature » peut être remise en question.
Sa pratique artistique est basée sur la recherche et tisse des liens entre écologie, géologie, anthropologie et acoustique.

Son travail a été exposé en Europe, en Amérique du Nord et du Sud, ainsi
qu’en Asie, et a été récompensé et soutenu par des institutions telles que
VARC (Visual Arts for Rural Communities, UK), ENCAC (European Network for
Comtemporary Av Creation), EMARE (European Media Art), EDIGMA Semibreve
(media art award, PT), Fondation Gulbenkian (PT), Sénat de Berlin pour
la culture (DE), Fondation STEIM (NL), Fondation Françoise Meier (La
Becque, CH), EOFA (Ambassade d’artistes étrangers, CH), DGartes (Ministère
portugais de la culture, PT), Berlin Masters Award (DE), entre autres.

En marge des fabriques

Exposition collective organisée, dans le cadre de la 12ème Biennale Internationale Design de Saint-Etienne, en deux lieux :
- au Creux de l’Enfer, Thiers (Usine du May), du 19 mars au 25 septembre 2022
- au Musée d’Art et d’Industrie, Saint-Etienne, du 6 avril au 31 juillet 2022.

Artistes : Alexandre Astier, Charlotte Charbonnel, Delphine
Ciavaldini, Jeanne Goutelle, Alexis Guillier, Gonçalo Mabunda,
Le Gentil Garçon, Vivien Roubaud, Maxime Sanchez, Vladimir Skoda

Cette exposition tisse des liens singuliers entre des objets industriels ou artisanaux et un choix d’œuvres contemporaines réalisé par le centre d’art du Creux de l’Enfer, selon une approche dépassant la lecture fonctionnelle et utilitaire habituellement attribuée aux objets conservés au Musée d’Art et d’Industrie.
Pour la plupart témoins de l’essor de la période industrielle, les objets conservés dans les collections du musée incarnent l’avènement du geste moderne libéré de la production artisanale et localisée. Par leurs morphologies, leurs matériaux, les savoirs techniques qu’ils requièrent, ils racontent leur fabrication et contextualisent chaque époque de leur apparition.
En particulier, au XIXème siècle, les fabriques intensifient les procédés sériels de production et les objets inondent le monde.
Emblématiques du Musée d’Art et d’Industrie, les collections de rubans, d’armes et de cycles, dessinent des univers antagonistes et révèlent une certaine identité de la femme et de l’homme modernes en mutation. Le ruban souligne le vêtement qui évolue en parallèle des modes vestimentaires. La symbolique de l’arme oscille entre rituel de la chasse et conquêtes de territoire par les guerres. La bicyclette évoque le déplacement, le voyage, et s’associe à la pratique sportive. Comme l’arme et selon des modalités différentes, la bicyclette s’avère aussi être une formidable machine de déploiement de la force humaine qui fascine.
Les œuvres sélectionnées par Sophie Auger-Grappin, directrice du Creux de l’enfer, s’articulent à des groupes d’objets choisis pour leurs spécificités, leurs fonctions ou leurs symboliques.
Elles ouvrent alors de nouvelles voies d’interprétations, racontent des histoires parallèles aux objets des collections et tissent des liens inattendus avec d’autres champs de pratiques.
Autant de perspectives d’exploration qu’elles initient avec sagacité sur le parcours des collections. Prenant comme point de réflexion le thème « Bifurcations » de la 12ème Biennale Internationale Design Saint-Etienne 2022, En marge des fabriques propose une nouvelle expérience du musée à partir des champs de recherches explorés par les artistes.

Au Creux de l’Enfer, sur le site de l’usine du May à Thiers, quatre œuvres se positionnent en écho aux collections du Musée d’Art et d’Industrie.

Tout d’abord, l’œuvre Galileo Galilei (2004) de Vladimir Skoda s’inscrit en écho à l’œuvre Deux Points présentée au musée. Telle une cible visuelle cinétique, elle crée les conditions d’une attraction visuelle irrésistible sur le visiteur, qui est paradoxalement gêné par les mouvements d’apparition de la sphère dans le miroir convexe et contraint de s’échapper du champ du reflet.

La pièce O trono de Fernando Pessoa (2005) de Gonçalo Mabunda est empruntée aux collections du Musée d’Art et d’Industrie nouvellement constituées autour d’œuvres contemporaines portant un regard sur la place de l’arme dans la société. Elle représente un trône réalisé à partir de l’assemblage d’armes collectées dans les villages du Mozambique après la guerre civile qui a ravagé le pays pendant 16 ans. L’artiste Mabunda a ainsi composé des masques et des trônes à l’images de figures littéraires et artistiques déjouant le rôle de l’arme et moquant ainsi les représentations traditionnelles du pouvoir.

En relation aux collections de rubans, l’artiste stéphanoise Jeanne Goutelle dispose au sol une petite série de tapis Knit Knot (2021). Ces œuvres textiles sont créées à partir de chutes de production issues des industries textiles de la région de Saint-Étienne, où Jeanne Goutelle travaille depuis 2017. Elles sont crochetées à la main avec des centaines de mètres de lacet et dessinent les contours géographiques d’une terre à parcourir. Ils s’inspirent aussi de la diversité des couleurs et des matériaux que l’artiste collecte régulièrement dans lesentreprises locales.

Prenant comme point d’appui le cycle, Maxime Sanchez utilise les procédés de customisations DIY (Do It Yourself) pour concevoir une nouvelle production, une œuvre hybride et critique de l’industrie de Manufrance. L’entreprise est mise en liquidation judicaire en 1979, année de la création des vélos d’appartement dont il choisit d’hydrographier des carters de protection des
machines avec des images de pédaliers traditionnels de vélos.
Ces objets sont alors positionnés sur des grandes plaques de contreplaqué de coffrage gravés de la façade emblématique du bâtiment historique de Manufrance.

Visites guidées :

- Visite commentée des expositions du Creux de l’enfer, les premiers samedis du mois, à 15 h : samedi 2 avril et samedi 7 mai 2022.
Tarif : 2 €. Gratuit pour les moins de 18 ans et les adhérents.
Réservation obligatoire : 04.73.80.26.56 ou info@creuxdelenfer.fr ou en ligne : http://creuxdelenfer.addock.co

- Visite-atelier en famille au Creux de l’enfer : mercredi 27 avril à 10 h 30.
À partir de 5 ans. Tarif : 2€ par personne. Gratuit pour les adhérents et les enfants d’adhérents

Réservation obligatoire : 04.73.80.26.56 ou info@creuxdelenfer.fr ou en ligne : http://creuxdelenfer.addock.co

En 2019, Le Creux de l’enfer a été labellisé par le Ministère de la culture "Centre d’art contemporain d’intérêt national", qui marque la reconnaissance du travail effectué par la directrice Sophie Auger-Grappin depuis 2018, notamment par des projets ancrés dans le territoire.
En 2021, le centre d’art s’est agrandi, avec la gestion totale de l’Usine du May, et déploie son projet artistique et culturel dans un nouveau bâtiment jouxtant l’actuel site.
La mise à disposition de l’Usine du May par la Ville de Thiers permet au centre d’art d’accroître sa surface d’exposition et d’accueillir de nouveaux projets proposant différentes expériences de partage artistique en lien avec des acteurs du territoire.

Billetterie en ligne

Le Creux de l’enfer est ouvert du mercredi au dimanche, de 14 h à 18 h.

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Le Creux de l’enfer - 83-85 Avenue Joseph Claussat, Vallée des Usines, 63300 Thiers, Tel 04 73 80 26 56 - info@creuxdelenfer.net


Voir en ligne : Le site Internet du Creux de l’Enfer