Pierre Pamole

Pamole fait partie d’un des plus beaux sites du Livradois-Forez.

Situé entre Vollore-Montagne et Noirétable à 1198 mètres d’altitude, il offre une vue à 360°sur le Lioran, le Sancy, le Puy-de-Dôme, le Livradois-Forez , les Alpes ainsi que les plaines. Des centaines de personnes se sont investies et des travaux ont été engagés pour la sauvegarde de ce site, exceptionnel, lui redonner une vie et le mérite d’être vu, connu et reconnu.

Pour se rendre à Pamole :
Aller jusqu’à Vollore-Montagne, puis prendre la direction de Noirétable. Le plus agréable est de garer sa voiture non loin de la D53 et de monter à pied. Une belle promenade (4km avec faible dénivelé ) qui peut se faire en famille.
Sur votre chemin, vous remarquerez une pancarte sur votre gauche - “ L’Arbre du Diable ” - ... soyez curieux et allez le voir de près avant d’arriver au paradis terrestre de Pamole.
Accès possible en voiture jusqu’au parking, il vous reste alors 500 mètres. Pour les personnes à mobilité reduite, accès possible en voiture sur le site même.

L’arbre du diable ...et sa légende
En des temps très, très anciens, le diable voulut se rendre d’Augustonemetum
(Clermont-Ferrand) dans la capitale des Gaules, Lugdunum (Lyon). Pour ce faire, il enfourcha son grand pur sang noir et fit un premier bond sur le Grün de
Chignore, le second le conduisit à cet endroit précis. Lorsque Satan s’aperçut que son prochain bond le conduirait sur les lieux des sources sacrées de ce qui allait devenir, bien plus tard, le monastère de Notre-Dame de l’Hermitage, le cheval se cabra et dans un grondement effroyable qui fit trembler la région, cheval et cavalier disparurent dans les entrailles de la terre.
Sur cette terre brûlée, pendant de longs siècles, aucune végétation n’osa s’installer jusqu’à ce jour de grand vent, où un corbeau, destabilisé par les éléments, laissa échapper la graine de sapin qu’il tenait dans son bec.
Trop heureuse de pouvoir échapper à son prédateur, celle-ci n’eut de cesse que de s’enraciner rapidement sans avoir conscience de l’offense faite aux esprits de Satan. C’est pourquoi, soumis aux esprits maléfiques, l’arbre a vécu et grandi dans la tourmente.

Depuis des millénaires et des millénaires, tu as été le témoin impassible de cette charmante région au nord des Monts du Forez. Tu as subi les outrages du temps, du rude climat de ce coin d’Auvergne.
Rien, ni la rigueur des froids polaires d’hiver, ni les brûlants rayons du soleil du climat continental qui est le nôtre, n’ont eu de prise sur ta puissante carapace qui, en courbant l’échine, est restée insensible.
Tu as vu apparaître tes cadets des Monts Dôme et des Monts Dore qui ont la prétention de s’enorgueillir de leur jeunesse.
Mais ! tu as été le témoin discret de l’évolution des territoires de la région et en particulier de celui de notre commune de VOLLORE-MONTAGNE, de ses habitants, des périodes fastes et de celles des vaches maigres.
Ton regard, imperturbable, suivait le lever de l’astre solaire derrière ce magnifique massif du Mont-Blanc qui inondait les immenses plaines de la région rodhanienne et du Forez pour se diriger, dès midi, vers l’ouest, vers l’Auvergne, la vaste plaine de la Limagne, la Chaîne des Dômes et des Dores, jusqu’au Puy Mary et le plomb du Cantal où il disparaissait dans une palette de couleurs flamboyantes.
Toi, tu as vu ces immenses territoires que tu balayes de ton regard ; partagé par les Crêtes des Monts du Forez, pour devenir à l’est la Région Rhône Alpes et à l’ouest notre belle Auvergne.
Pourquoi ?
Sans aucun doute c’est au partage des eaux que nous devons ce découpage, que nous n’avons pu constater alors que nous étions catalogués Auvergnats, race d’hommes, rustiques et robustes, fiers de leurs origines, sans oublier cependant que nous devons garder et développer des liens d’amitié et de solidarité très forts avec nos voisins du Forez. En effet, nous puisons, chacun de notre côté, les eaux jaillissantes à l’est ou à l’ouest de ces Monts du Forez, notre mère nourricière commune car, sans ce précieux liquide, aucune sorte de vie n’est possible, si ces Monts du Forez venaient à disparaître, nous serions l’un et l’autre orphelins.
Vers le début du siècle dernier, tu as pu contempler les somptueux tapis verdoyants d’herbes fines qui sentaient bon le “Méon” parsemés de vigoureuses tiges de gentiane s’élançant vers le ciel, drues comme des cierges. De longues traînées de pensées sauvages en juin-juillet ajoutaient une note harmonieuse, telle une étole sur les chasubles des ecclésiastiques sans oublier les splendides myrtilliers s’élançant vers le sommet pour mieux mettre en valeur, peut-être, ta majestueuse présence.
A cette époque, les bergers, les cueilleurs de champignons et les promeneurs du dimanche, venaient jusqu’à toi caresser tes flancs rugueux ou grimper sur ton sommet pour contempler l’immensité de ce paysage qui va des Monts du Cantal aux Alpes.
C’était l’époque où notre population devait et pouvait à juste titre, revendiquer l’identité de paysans de la Montagne. Etait-ce la belle époque ?
Depuis, les temps ont bien changé et dans la deuxième partie du XXe siècle, tu as vu la disparition complète de nos exploitations agricoles familiales.
Les superbes pâturages de montagne ont subi le même sort , sous une vague verte de végétation sauvage ainsi que des plantations de résineux qui ont tout envahi, tout écrasé et nous ont volé l’identité de notre territoire.
Tu as assisté, comme tous les Vollorois, à ce désastre écologique qui a vu disparaître tous les points de vue de notre belle campagne et porté une atteinte néfaste à l’ensemble des territoires ruraux de demi-montagne.
Toi-même n’avais pas échappé à ce désert vert, mais avant qu’il ne soit trop tard, les Vollorois, dans un élan de solidarité pour sauver un patrimoine naturel, ont réagi. Considérant que ta présence faisait partie intégrante de leur âme et de leur mémoire, ils ont donc pris la décision de valoriser et pérenniser le site sur lequel tu présides.

Jean Guélon
Maire de Vollore-Montagne pendant 37 ans (de 1971 à 2008)

Article paru dans CentralParc en août 2011.