Où trouvons-nous le bonheur ?
Ses sources sont multiples entre les grands bonheurs, les petits bonheurs, les vrais bonheurs (mais au fait, y a-t-il des faux ?) En général nous le prenons là où nous le trouvons. Les sources effectivement sont nombreuses et variées.
Il est toujours étonnant de voir des gens heureux dans des conditions où des situations qui, de prime abord, ne devraient pas les porter au bonheur. Ce sentiment de bonheur je devrais dire cet état est synonyme de satisfaction, de joie, de bien-être.
À voir des gens vivant dans des conditions parfois précaires ou lire des récits les concernant, on est étonné de constater que la source de leur bonheur échappe à ceux qui sont un peu mieux lotis matériellement. Y aurait-il une mise en condition (par la force des choses) qui permet de dépasser (au moins un moment) le stade de la contrariété et de l’adversité, voire de la souffrance et d’atteindre un niveau de plénitude qui aide à vivre, qui en fait au moins surmonter la difficulté pour un temps.
Les bénévoles exemplaires qui font des maraudes de nuit dans les rues des villes ont constaté cela. Le pauvre hère couché par terre enseveli dans des sacs dits de couchage sur un matelas de cartons, réchauffé par son chien, ne veut souvent pas écouter la possibilité qui lui est offerte de dormir dans un refuge. Non, dit-il, je suis bien là et puis dans les refuges on ne prend pas les animaux, je ne veux pas le laisser, je suis heureux avec mon chien, je n’ai
pas besoin de ça !
Il est des régions, des contrées de par le monde où les températures sont excessives, difficiles à supporter, que ce soit dans le chaud ou dans le froid. Des populations autochtones y vivent souvent dans l’indigence, se contentant de peu, habituées certes et trouvant un bonheur permanent, disant : c’est mon pays, je suis heureux ici, je veux y rester.
Ce constat, on peut le faire partout, au Tibet dans les vallées et sur les pentes des plus hautes montagnes, on y boit du thé, du lait de yack, on y mange du riz, de l’orge grillé, le tout dans des conditions difficiles et pourtant souvent, même les plus jeunes se disent heureux et ne veulent pas partir. On peut aussi prendre des exemples dans d’autres régions du monde. Les déserts, souvent inhospitaliers, sont en partie habités par des populations nomades ou sédentaires qui subissent des conditions de climat difficiles, trouvant malgré tout un bonheur à vivre parce qu’adaptées au lieu, en se satisfaisant de ce qu’elles ont. Je parle par comparaison entre ce que je connais et ce que je ne connais pas et je me trompe sûrement, mon jugement est faussé.
Les pays de très grand froid ont aussi leur lot de gens heureux (et c’est heureux) pour nous, habitants de régions tempérées, la vie nous paraît plus facile, cette condition est aussi un accès supplémentaire au bonheur. Des pays d’Afrique, de Madagascar et autres dans toutes les régions du monde sont habités par des populations parfois démunies, pourtant elles connaissent ce qu’est le bonheur ou tout au moins un état qui le leur fait connaître. C’est certain, le confort matériel ne détient sûrement pas obligatoirement les clefs du bonheur. Loin s’en faut. Le bonheur réside aussi ailleurs. De prime abord, on pourrait penser que le fait d’être jeune, beau et riche contient toujours les éléments de base du bonheur : il n’en est rien ! Aucune certitude. Ressentir du bonheur reste un état momentané, transitoire, un état émotionnel durant un moment et un temps précis.
Quotidiennement dans les moments ordinaires de notre vie, le bonheur peut se manifester, parfois dans la plus grande simplicité, comme d’ailleurs dans des moments que l’on juge extraordinaires.
Ce bonheur tant désiré (car il aide à vivre) il réside souvent en nous, dans notre plaisir de vivre et d’exister, nous y contribuons grandement par nous-mêmes en accentuant, en développant une forme d’intelligence émotionnelle. Trouver du bonheur dans ce que nous faisons, souvent sans nous en rendre compte, machinalement, est un but, le cri de notre gaieté nous aide à ne plus entendre les autres cris ! Ce qui s’installe parfois en nous et nous fait du bien, ce sentiment doux, c’est du bonheur, même si nous n’en sommes pas conscients, nous sommes heureux ! C’est simple !
Pourtant, après ce qui est le contraire du bonheur, c’est-à-dire le malheur, combien la reconquête de la joie peut être difficile. L’absence des êtres chers, la perte du temps de la vie à deux, la solitude, le chagrin, toute cette adversité peut faire douter du bonheur que l’on peut croire perdu à jamais. Croyons le poète : ‘’le bonheur en partant m’a dit qu’il reviendrait ‘’ (jacques Prévert 1900-1977).
C’est à nous (parfois aidés par les autres) d’occuper cet espace : le temps libre (comme ce terme est douloureux en certaines circonstances !) pour des activités qui peuvent apporter du bon : développer les relations sociales, les activités, tout ce qu’il y a de positif, la bienveillance, la compassion, la connexion à la spiritualité. Le bonheur est à conquérir et il éveille nos sentiments.
À n’en point douter, il nous faut nous rapprocher de tout ce qui peut favoriser notre bien-être physique et émotionnel et ce, dans notre vie de tous les jours. Ce peut être bien dormir, manger sainement, appréhender avec conscience les événements et ‘’rites’’ qui remplissent nos journées. ‘’je passais, tu venais me ravir mais, stupide, j’allais chercher au loin des plaisirs tapageurs’’ ( Alphonse Beauregard 1881-1924).
Lorsque, sous la douche, on a fermé le robinet mélangeur et saisi la serviette, avez-vous ressenti, lorsque les cheveux ont été vivement frottés puis le visage et que vous posez sur vos épaules la serviette bien étalée qui enveloppe les omoplates et le tour du cou d’une douceur chaude et douce, avez-vous ressenti ce plaisir fugace, ce bonheur, cette sensation d’être bien ? Ces petits riens nous en ressentons tous, allez savoir pourquoi : ‘’le bonheur ce n’est point savoir, on ne sait rien’’ (Albert Mérat, 1840-1909).
Je sais, j’entends déjà les protestations des ‘’bonnets de nuit’’ me disant que le plaisir n’est pas le bonheur ! je le sais mais, que diable, à chacun de nous de le faire ‘‘démarrer ‘’ pour le prendre où l’on peut le dénicher ! Il est parfois rare, il faut savoir en profiter et il commence par le plaisir.
Je vous souhaite d’être fou de bonheur, c’est peut être une forme de sagesse.
Jean-Paul Gouttefangeas