LA BARGE
Domaine modèle et ‘’ Maison des champs ‘’.

À la Barge, on peut parler de château et de domaine modèle.

Il y a fort longtemps, au XIIIème siècle, ce fief existait déjà pour savoir que le comte de Forez hommageait au puissant évêque de Clermont. La famille de la Barge le posséda plusieurs siècles durant, jusqu’en 1711, date du mariage de Marie Michèle de Montgon avec François Gaspard de Montmorin. Par mariage à nouveau, sous l’Empire, il entre dans la famille d’Aureille.

Cette dernière, désirant reprendre l’illustre nom des Montmorin de Saint Herem devra cette autorisation au Roi Louis XVIII.

Le château très remanié depuis ses bases médiévales, conserve quelque aspect du temps ou l’on pouvait le redouter, tours d’angle, douves en eau et plusieurs bouches à feu. Ce que d’entrée on voit aujourd’hui, c’est l’image du château d’agrément par excellence. Presque plus rien de défensif, pas de créneaux, pas de mâchicoulis pas plus que de pont levis, tous ces vestiges ont disparu gommés, semble-t-il dès l’avènement du mouvement de la Renaissance.

’est un ravissement pour les yeux de voir d’emblée la colonnade de la façade, surmontée d’une galerie de pierre, elle-même agrémentée de balustres, courant à mi-chemin entre le gravillon des allées de la cour d’honneur et l’ensemble des toitures très pentues enjolivées du couronnement des nombreuses tours couvertes en poivrière. C’est cette galerie qui conduit à la chapelle depuis le château. Egalement bâti au XVIème s. , le bel édifice religieux et de grande qualité avec ses vitraux de la même époque, a volonté de chapelle ‘’mémoriale’’.

Dès l’entrée franchie, le visiteur pénètre dans le ‘’ Domaine du château de la Barge ‘’, car c’est bien de cela qu’il s’agit aujourd’hui. La notion de domaine rappelle ces lieux de la campagne où l’on vivait autrefois en autarcie ( hormis l’achat du fer et du sel) lorsque l’on disposait de gens et de grands espaces comme c’est le cas ici. L’ensemble des bâtiments agricoles, ferme et autres lieux d’utilité est inscrit à l’Inventaire Supplémentaire, leur visite est un des agréments de ce lieu. Après avoir longé le grand canal et ses alignements d’arbres et le ‘’jardin des Iles’’ qui se transforme en vision japonaise par la volonté des propriétaires actuels, apparaît au couchant l’étendue des grands jardins classiques aménagés dans l’esprit de ceux que créa Monsieur de La Quintinie jardinier du potager de Louis XIV, ponctuée de pavillons et bassins, témoins d’une époque faste où la nature était domestiquée selon le goût des hommes pour le seul plaisir des lieux.

Le vent de la tourmente révolutionnaire souffla aussi à la Barge, outre les splendides grilles d’enceinte (dont on peut encore admirer quelques éléments) qui furent démontées et emportées et les symboles de l’Ancien Régime gravés dans la pierre qui furent bûchés , les Montmorin payèrent de leur sang le tribut à l’Histoire.

Le visiteur, parcourant l’ensemble du site très fleuri découvre la vie d’un grand domaine sans pénétrer à l’intérieur du noble bâtiment, mais emporte le souvenir satisfaisant d’une visite de charme autour d’une maison des champs.

Que notre Auvergne est belle !

Jean-Paul Gouttefangeas