Comptines auvergnates

Deux comptines qui font référence à des noms de lieux, de lieux-dits, de personnes de la commune de Celles ou de Viscomtat, transcrites en écriture auvergnate. Merci Marie-France !

On tue le chevreau
E Jineitï (jineitchi), tüon (tchuon) le boutï (boutchi)
E l’Ujordïo (Ujordjo), lümon le fio
E là Chapèlà, mounton là padèlà
E Le Boù, bouton de booù
Ché Sandro, dïzon que cou i bo
E Pouzë, fazon (ou fajon) de pë

A La Genétie, on tue le chevreau, à L’Ojardie, on allume le feu, à La Chapelle (= Viscomtat), on monte la poêle (dans la cheminée, suspendue à la crémaillère), au Bost, on dit que c’est bon, à Pouzet, on fait des pets)
Comptine recueillie auprès de Fernande Dosjoub et confirmée par Gaby, du club patois de Viscomtat.

On a tué un cheval
E Rambau, on tüad (tchuad) ïn chavau
Ché Pierre, le son nad quère
Chez Queira, non gud la mitâ
E Là Planchà, là poulà blanchà (probablement : là prulà= la vessie)
Ché Drèche, là lèbre
Ché Raqueta, la aurilheta
Ché Dedïoù, lu où,
Ché Marsè, le budê tülê (tchulê)

Comptine dont Suzanne Chaux s’est souvenue, au club patois de Viscomtat, en entendant la comptine du chevreau

Les voyelles i et u ont 1 prononciation spéciale en auvergnat, quand elles suivent certaines consonnes :

  • tï se prononce tchi,
  • tü se prononce tchu.
  • dï se prononce dji
  • dü se prononce dju
  • zï se prononce zi ou ji
  • zü se prononce zu ou ju
  • lï se prononce lhi
  • lü se prononce lhu

Essayez de dire les jours de la semaine : dïlü, dïma, dïmecre, dïjooù,dïvendre, dïssate, dïmenche ou dümenche !
En écriture auvergnate, on convient de représenter le même son toujours d’une seule façon ; ainsi pour le son « an », qui peut s’écrire, en orthographe française : en, em, an ,am, aon…, on convient de l’écrire seulement « an », en auvergnat. Cela laisse disponible le groupe « en » pour représenter le son « in » qui, en orthographe française peut s’écrire : in, im, ein, ain, ingt…
Et, dans la montagne thiernoise, on a un son particulier, pour dire « 1 » , par exemple, on dit « ïn », ce qui est produit comme un « i » prolongé par un son nasal ; ailleurs, en Auvergne, « 1 » se dit « en » ou « v-un » ou « v-en ».
Chaque forme, en usage local, est légitime.