Thiers d’emplois, Thiers de Vie : le 3 octobre, un forum pour recruter… mais surtout pour se rencontrer
800 visiteurs lors de la première édition, environ 1 000 l’an dernier et un objectif de 1 200 cette année : « Thiers d’emplois, Thiers de Vie » grandit. Mais derrière les chiffres et les offres d’emploi, la troisième édition, qui se tiendra samedi 3 octobre au lycée Jean Zay, entend surtout créer des rencontres. Entre candidats et entreprises, entre jeunes et métiers, entre formation et monde professionnel… et, plus largement, entre un territoire et celles et ceux qui pourraient choisir d’y travailler.
Mercredi 23 septembre, le lycée Jean Zay n’accueillait pas encore les candidats, recruteurs et visiteurs du prochain forum. Mais quelque chose de la journée du 3 octobre était déjà là.
Autour de la table : Francis Roux, maire de Thiers et vice-président de Thiers Dore et Montagne chargé de l’économie ; Julien Lalitte, directeur de France Travail Thiers-Ambert ; Maud Leroy, proviseure du lycée Jean Zay ; et Jean-Michel Aune, directeur général de Brüggen et coprésident du club d’entreprises Thiers Terre d’Industrie.


Tous, chacun à leur manière, ont parlé d’emploi.
Mais pas uniquement.
Car cette troisième édition de « Thiers d’emplois, Thiers de Vie » entend manifestement dépasser le traditionnel forum où l’on vient déposer quelques CV avant de repartir.
Un forum qui grandit
Les chiffres donnent déjà une idée du chemin parcouru.
La première édition avait attiré environ 800 personnes. Elles étaient près de 1 000 en 2025. Pour 2026, l’objectif est fixé à 1 200 visiteurs.
Une quarantaine d’entreprises devraient être présentes, auxquelles s’ajouteront les organismes de formation, les partenaires de l’emploi et différents acteurs du territoire. La liste des entreprises n’est toutefois pas encore définitivement arrêtée et pourra évoluer d’ici au 3 octobre.
Le public attendu est lui aussi volontairement large : demandeurs d’emploi, bien sûr, mais aussi lycéens, étudiants, personnes en reconversion, personnes qui réfléchissent à leur avenir professionnel… et familles.
Parce qu’il y aura aussi des métiers à découvrir, des ateliers, des démonstrations et des espaces de formation.
2025 : 150 offres et près de 1 200 entretiens
Le bilan de la précédente édition permet de mesurer ce qui peut se jouer en une seule journée.
En 2025, 150 offres d’emploi avaient été proposées. Environ 1 000 visiteurs avaient participé au forum et près de 1 200 entretiens avaient été réalisés.
À J+3, plus de 60 recrutements avaient ensuite été recensés parmi les 400 personnes suivies dans ce bilan.
Pour 2026, les offres d’emploi correspondant au forum seront facilement repérables sur le site de France Travail grâce au code TETV26.
Mais le recrutement n’est qu’une partie de l’histoire.
« Une première rencontre »
C’est probablement l’une des idées qui ressort le plus nettement des échanges de mercredi matin.
Pour Jean-Michel Aune, les entreprises ont besoin de rencontrer des candidats, mais aussi de pouvoir présenter ce qu’elles font réellement.
Un CV ne dit pas toujours tout.
La journée du 3 octobre permettra donc aux entreprises d’engager directement des échanges et, pour certaines, des entretiens avec des candidats.
Mais elle permettra aussi à ces derniers de découvrir une entreprise avant même de savoir s’ils souhaitent y travailler.
Une première rencontre, en somme.
Et cette notion de rencontre dépasse même la relation recruteur-candidat.
Le club Thiers Terre d’Industrie organise déjà des cafés-rencontres et des rendez-vous en fin de journée permettant aux entreprises de se retrouver, d’échanger sur leurs problématiques et de développer leur réseau.
Car le territoire a aussi besoin de davantage de connexions entre ses entreprises.
Le forum du 3 octobre participe de cette même logique.
Faire venir des candidats de plus loin
Pour Julien Lalitte, directeur de France Travail Thiers-Ambert, cette journée s’inscrit dans une problématique plus large : celle de l’attractivité du territoire.
L’image du bassin thiernois n’est pas toujours à la hauteur de ce qu’il peut réellement proposer. Il faut donc le faire connaître, montrer ses entreprises, ses métiers, ses possibilités.
Et pourquoi pas au-delà de ses frontières habituelles ?
L’ambition affichée cette année est aussi d’aller chercher des talents plus loin, notamment du côté de la Loire ou de Lyon.
Pour faciliter cette mobilité, un partenariat avec la montagne thiernoise permettra la mise en place de navettes gratuites pour rejoindre le forum.
Un détail pratique, peut-être. Mais qui dit beaucoup de la volonté d’élargir le public.
Et si le bon candidat n’avait pas encore le bon profil ?
Autre enseignement de cette matinée : il n’est pas toujours nécessaire de cocher immédiatement toutes les cases d’une offre pour pouvoir envisager un recrutement.
France Travail a notamment rappelé l’existence de la Préparation opérationnelle à l’emploi individuelle, la POEI, qui permet à un candidat de compléter ses compétences avant de prendre un poste.
L’immersion professionnelle constitue également un autre outil pour découvrir concrètement un métier ou une entreprise.
Autrement dit, entre « je possède toutes les compétences » et « je ne peux pas postuler », il existe parfois tout un chemin.
Et ce chemin peut commencer par une rencontre.
Les métiers qui recrutent ne sont pas tous derrière les mêmes machines
Quand on parle d’emploi à Thiers, l’industrie arrive naturellement dans la conversation.
Mais les besoins sont loin de se limiter à ce secteur.
Les services à domicile et à la personne rencontrent notamment d’importantes difficultés de recrutement. Les horaires et les déplacements peuvent constituer des freins, alors même que les besoins sont importants.
L’hôtellerie-restauration, la santé ou encore le bâtiment connaissent eux aussi des besoins.
Et tous ne recherchent pas uniquement des professionnels déjà qualifiés.
Certaines entreprises peuvent recruter des personnes sans qualification particulière et les former ensuite.
C’est aussi ce que le forum entend montrer : les portes d’entrée vers l’emploi ne sont pas toutes identiques.
Un village des métiers pour voir autrement
Pour comprendre un métier, il faut parfois autre chose qu’une fiche de poste.
Le 3 octobre, plusieurs espaces permettront justement de voir, essayer, manipuler et échanger.
Les villages des métiers proposeront des ateliers et des démonstrations permettant de découvrir concrètement différentes activités.
Des conférences compléteront le programme autour de l’orientation, de l’alternance, de la reconversion, de la création d’entreprise ou encore des attentes des entreprises au moment d’un recrutement.
L’intelligence artificielle et les réseaux sociaux dans les candidatures seront également au programme.
De quoi intéresser les demandeurs d’emploi, évidemment, mais aussi les jeunes qui cherchent encore leur voie.
Et même les parents qui, parfois, cherchent à comprendre les métiers qui existent aujourd’hui… et ceux qui existeront demain.
Jean Zay, un lieu qui n’a pas été choisi par hasard
Il y a enfin quelque chose d’assez symbolique à organiser cette journée au lycée Jean Zay.
Le bâtiment, avec son architecture des années 1930, possède déjà une forte identité. Mais son histoire donne surtout un sens particulier à ce rendez-vous.
L’établissement est né en 1933 sous le nom d’École nationale de coutellerie, avec une vocation directement liée aux besoins industriels du territoire. Sa première promotion est accueillie dès 1933-1934 et l’établissement va progressivement développer de nouvelles formations techniques, dont des BTS. Il prendra officiellement le nom de lycée Jean Zay en 1993.
Aujourd’hui, le lycée est devenu un établissement technologique et scientifique tourné vers l’innovation et accueille notamment des étudiants en BTS.
Un siècle après ses débuts, le lien entre formation et entreprises reste donc particulièrement vivant.
Pour Maud Leroy, proviseure du lycée Jean Zay, cette journée contribue précisément à renforcer et légitimer les relations entre l’école et l’entreprise.
Les enseignants eux-mêmes ont leur rôle à jouer. Les échanges avec les professionnels permettent de mieux comprendre leurs problématiques et les évolutions de leurs métiers.
Avec une préoccupation commune : maintenir un territoire dynamique.
Les « cols blancs » attirent davantage
Reste une question qui dépasse largement le seul forum : celle de l’orientation des jeunes.
La proviseure a notamment évoqué l’attrait croissant pour les métiers tertiaires, les fameux « cols blancs », au détriment parfois des formations scientifiques et technologiques.
Or les besoins des entreprises industrielles existent bel et bien.
Jean-Michel Aune l’a rappelé : l’industrie n’est pas un secteur condamné par l’intelligence artificielle.
Les métiers évoluent. Les technologies transforment les façons de travailler. Et les entreprises cherchent aussi à réduire la pénibilité.
Il reste toutefois un important travail à faire sur l’image des métiers industriels.
L’industrie n’est plus nécessairement celle des ateliers sombres et du travail pénible que certains imaginent encore.
Elle demande de plus en plus de compétences techniques, de savoir-faire et de capacité à travailler avec des outils technologiques.
Même constat pour d’autres métiers considérés comme difficiles, notamment dans le bâtiment ou l’hôtellerie-restauration : des évolutions sont engagées pour réduire la pénibilité, mais elles ne se feront pas du jour au lendemain.
Une journée pour aujourd’hui… et peut-être pour plus tard
C’est finalement peut-être ce qui distingue le plus cette journée d’un simple forum de recrutement.
On peut venir le 3 octobre sans être prêt à signer un contrat.
On peut venir parce qu’on cherche un emploi.
Mais aussi parce qu’on se demande si l’on pourrait changer de métier.
Parce qu’un adolescent ne sait pas encore ce qu’il veut faire.
Parce qu’une entreprise inconnue attire soudain la curiosité.
Parce qu’une formation ouvre une possibilité à laquelle on n’avait jamais pensé.
Parce qu’un métier découvert au hasard d’un atelier peut devenir une idée pour demain.
Ou simplement parce qu’on a envie de mieux connaître les entreprises qui travaillent autour de chez nous.
Les organisateurs parlent de « logique d’impact ».
Et l’impact ne se mesurera donc pas uniquement au nombre de contrats signés.
Il pourra aussi se trouver dans une rencontre, une idée, une formation découverte, une porte qui s’ouvre… parfois longtemps après le 3 octobre.
Samedi 3 octobre, de 10 h à 16 h
Lycée Jean Zay – Thiers
L’entrée est gratuite.
La programmation des conférences, ateliers, villages des métiers et participants est en cours d’actualisation par les organisateurs. La liste des entreprises présentes n’étant pas encore définitive, mieux vaut se reporter au programme actualisé de Thiers Dore et Montagne avant de préparer sa visite.
Pour les habitants de la montagne thiernoise, des navettes gratuites sont prévues afin de faciliter l’accès au forum.
Voir en ligne : Thiers Dore Montagne