Les Lendemains
Et si, parfois, il fallait simplement apprendre à vivre avec les lendemains ?
Il y a des livres que l’on lit.
Et puis il y a ceux qui nous accompagnent.
Les Lendemains, de Mélissa Da Costa, est de ceux-là.
Amande vient de traverser un drame qui a bouleversé toute son existence. Elle choisit alors de se retirer du monde et de s’installer dans une maison isolée, en Auvergne, avec une seule idée : être seule, loin de tout et de tous.
C’est là qu’elle découvre les traces laissées par l’ancienne propriétaire de la maison, notamment ses calendriers horticoles et ses notes consacrées au jardin. Peu à peu, presque malgré elle, Amande va se laisser guider par ces écrits et par la terre qu’elle entreprend de remettre en vie.
Et c’est peut-être là que commence quelque chose.
Pas une renaissance spectaculaire.
Pas une guérison miraculeuse.
Mais un chemin.
Un roman qui prend son temps.
Ce que j’aime particulièrement dans Les Lendemains, c’est justement cette manière qu’a Mélissa Da Costa de ne pas chercher à aller trop vite.
Le temps passe. Les saisons passent. Le jardin change. Et, imperceptiblement, quelque chose change aussi chez Amande.
La nature n’est pas ici un simple décor. Elle devient presque un personnage. La terre, les fleurs, les semis, les récoltes, les saisons… tout participe à cette reconstruction silencieuse.
Il y a quelque chose de profondément apaisant dans cette lecture.
Même lorsque le sujet est douloureux.
La beauté des petites choses
Mélissa Da Costa parle du chagrin, de la solitude et de la reconstruction sans transformer son roman en leçon de vie.
Elle parle surtout de ces petites choses qui, parfois, nous raccrochent au monde : un jardin, une odeur, une couleur, un geste, une rencontre, une saison qui revient.
Et peut-être est-ce justement cela qui rend le livre si touchant.
La vie ne revient pas forcément comme avant. Elle revient autrement.
C’est une idée qui accompagne le roman et qui, personnellement, me touche beaucoup.
Un livre à ressentir
Je ne vais surtout pas raconter ici ce qui arrive ensuite à Amande. Je suis moi-même encore plongée dans ses pas, et je n’ai aucune envie de savoir à l’avance où Mélissa Da Costa va nous emmener.
Mais je peux déjà dire que Les Lendemains est un roman qui m’a attrapée.
Par son atmosphère.
Par cette Auvergne discrète et presque hors du temps.
Par son rapport à la nature.
Et surtout par cette façon très particulière de parler de la reconstruction : sans grands discours, mais avec des gestes simples et des choses qui poussent doucement.
C’est un roman sur les lendemains, bien sûr.
Mais peut-être surtout sur la possibilité qu’ils existent encore.
Et parfois, c’est exactement le genre de livre dont on a envie.
Mon avis
Une très belle découverte
j’ai bientôt terminé le roman, mais j’avais déjà envie de vous en parler.
Parce que certains livres donnent envie d’attendre avant de tourner la page.
Les Lendemains fait partie de ceux-là.
Les Lendemains — Mélissa Da Costa
Éditions Albin Michel — 2020
Également disponible au Livre de Poche.
À lire si vous aimez les romans sensibles, les histoires de reconstruction, la nature et ces personnages qui avancent à petits pas, sans savoir exactement où ils vont.