L’Auvergne au cœur : quand Jean Ajalbert nous invite à redécouvrir notre pays
Et si, pour mieux connaître l’Auvergne d’aujourd’hui, il fallait parfois revenir aux regards de ceux qui l’ont racontée hier ? Avec L’Auvergne au cœur, Jean Ajalbert nous entraîne sur les chemins d’une Auvergne d’autrefois, celle des paysages, des traditions, des métiers, des légendes et des hommes qui ont façonné son identité.
Paru une première fois au XXème siècle et longtemps indisponible, cet ouvrage vient de faire l’objet d’une nouvelle édition chez Archipoche, avec une préface de l’écrivain et éditeur clermontois Joseph Vebret. Une belle occasion de redécouvrir un texte qui réunit les souvenirs et les observations accumulés par Jean Ajalbert au fil de plus de quarante années de fréquentation de sa terre auvergnate.
Une Auvergne racontée de l’intérieur
Né en 1863, Jean Ajalbert est écrivain, journaliste, avocat et membre de l’Académie Goncourt. Mais il est aussi, et surtout dans ce livre, un amoureux profondément attaché à l’Auvergne. Il lui a consacré plusieurs ouvrages, dont En Auvergne, L’Auvergne et Veillées d’Auvergne, avant de réunir et compléter une partie de ce travail dans L’Auvergne au cœur.
Son regard n’est pas celui d’un simple voyageur de passage. Il connaît les paysages, les histoires, les usages et les gens. Il s’intéresse autant aux grands sites qu’aux détails de la vie quotidienne, aux traditions populaires qu’aux grandes figures de la littérature et de l’histoire.
Et c’est sans doute ce qui donne à son récit toute sa saveur : l’Auvergne n’est jamais seulement un décor. Elle devient un personnage.
Des volcans aux couteliers de Thiers
Au fil des pages, Jean Ajalbert propose un véritable tour de l’Auvergne.
Il évoque les burons et les troubadours du Cantal, les vaches de Salers, les montagnes et les lacs des monts Dore, les carrières de Volvic, les cascades du Sancy, les paysages de l’Aubrac ou encore les villages et châteaux qui jalonnent la région.
Mais notre territoire n’est pas oublié. Thiers et ses couteliers figurent parmi les étapes de ce grand voyage auvergnat, aux côtés de Saint-Nectaire, Murol, Conques, Saint-Flour, Volvic ou encore du Velay.
Cette présence de Thiers dans un ouvrage consacré à l’Auvergne d’autrefois est particulièrement intéressante pour les lecteurs d’Escout’ Moi Voir. Elle rappelle combien le savoir-faire coutelier et les métiers traditionnels participent depuis longtemps à l’identité et à l’histoire de notre territoire.
Les petites histoires qui racontent un grand pays
Jean Ajalbert ne se contente pas de dresser un inventaire des paysages.
Il raconte les légendes, les croyances, les chansons, les recettes, les traditions religieuses et culinaires, les petits métiers et les personnages rencontrés au fil de ses pérégrinations. Il fait également une place aux écrivains et artistes qui ont marqué l’Auvergne, de Blaise Pascal à Jules Vallès.
C’est cette accumulation de détails qui rend la lecture particulièrement attachante. On y découvre une région aujourd’hui transformée, mais dont beaucoup de traits résonnent encore avec notre présent.
Car lire Jean Ajalbert aujourd’hui, c’est aussi mesurer ce qui a changé… et ce qui demeure.
Une promenade dans l’Auvergne d’hier
Publié dans une nouvelle édition en juin 2026, L’Auvergne au cœur compte un peu plus de 300 pages et est proposé en format poche au prix de 11 €.
Mais au-delà de ses caractéristiques éditoriales, le livre offre surtout une jolie manière de prendre le temps de regarder autrement le pays dans lequel nous vivons.
À l’heure où l’on redécouvre les savoir-faire locaux, les patrimoines immatériels, les récits populaires et les histoires de nos villages, le regard de Jean Ajalbert trouve une étonnante résonance.
Son Auvergne est celle d’un autre temps. Pourtant, en tournant les pages, on reconnaît des paysages, des noms, des traditions, des métiers… et peut-être même un peu de ce qui fait encore aujourd’hui l’âme de notre région.
Une invitation à voyager sans forcément prendre la route : il suffit parfois d’ouvrir un livre.