Je revenais des autres — Mélissa Da Costa

Une bande de personnages un peu décalés, beaucoup de blessures, et cette drôle de sensation de les avoir quittés à regret quand on referme le livre…

Il y a des livres qu’on termine avec le sentiment d’avoir lu une belle histoire.
Et puis il y en a d’autres dans lesquels on entre tellement facilement qu’on a surtout l’impression d’avoir passé un moment avec des gens.

C’est un peu ce qui m’arrive avec Je revenais des autres, de Mélissa Da Costa.
Et pourtant… je ne l’ai pas encore terminé !

Mais j’ai déjà suffisamment avancé dans ma lecture pour savoir que je l’ai adoré.

Ce qui m’a plu tout de suite

D’abord, le style.

Une écriture fluide, simple sans être simpliste, qui permet d’entrer très facilement dans l’histoire et surtout dans la vie des personnages.

On tourne les pages sans avoir l’impression de « faire un effort » pour lire.

Et puis il y a ces fins de chapitres que j’ai particulièrement aimées.

Pas forcément de grands suspenses à chaque fois, mais quelque chose qui nous donne envie de continuer. Une petite phrase, une information, une émotion, un changement de perspective…

Et voilà qu’on se dit :
« Bon… allez… encore un chapitre !  »
Je connais.

Et surtout : ces personnages !

C’est probablement ce qui me plaît le plus dans ce roman.

Ils sont tous différents.

Vraiment différents.

Avec leurs personnalités, leurs fragilités, leurs réactions parfois surprenantes, leurs contradictions, leurs blessures aussi.

Certains sont immédiatement attachants.

D’autres beaucoup moins.

Certains peuvent même nous agacer.

Mais c’est justement ce qui les rend intéressants.

Ils ne sont pas lisses.

Ils ne sont pas parfaits.

Ils sont parfois maladroits, excessifs, un peu paumés, parfois même franchement décalés.

Et pourtant, ensemble, ça fonctionne.

Mieux que ça : ils se complètent.

C’est ce qui m’a beaucoup touchée dans cette histoire.

Pris séparément, chacun semble avoir ses propres problèmes à régler.

Mais lorsqu’ils se rencontrent, leurs différences deviennent presque une force.

Comme si chacun apportait aux autres quelque chose qu’il ne possédait pas lui-même.

Une parenthèse ailleurs

L’arrivée d’Ambre dans cet univers de montagne donne aussi au roman cette sensation de parenthèse.

On quitte une vie pour en découvrir une autre.

On arrive quelque part où l’on ne connaît personne.

Et, petit à petit, des liens se créent.

Ce qui commence comme une expérience de travail et une manière de mettre de la distance avec sa vie précédente va devenir beaucoup plus que cela.

Et c’est peut-être aussi ce que j’aime dans ce genre d’histoire : ces moments où la vie nous emmène quelque part sans que nous sachions encore pourquoi.

On pense simplement changer de décor.

Et finalement, ce sont les rencontres qui changent quelque chose.

Des gens cabossés, mais pas condamnés à le rester

Ce livre parle évidemment de blessures, de difficultés, de reconstruction.

Mais je n’ai pas eu le sentiment de lire un roman triste.

Au contraire.

Il y a de la vie.

Des relations.

Des moments drôles.

Des maladresses.

Des engueulades.

Des rapprochements.

Des moments où l’on se demande vraiment ce que ces personnages vont bien pouvoir faire les uns avec les autres !

Et puis cette idée que l’on peut parfois être aidé par des personnes que l’on n’aurait jamais imaginé rencontrer.

C’est probablement ce que je retiens le plus pour l’instant :
on ne choisit pas toujours les personnes qui vont compter pour nous.

Et parfois, les plus belles rencontres sont celles que l’on n’avait absolument pas prévues.

Pourquoi je me suis attachée à eux

Je crois que c’est parce qu’ils ne sont pas présentés comme des personnages extraordinaires.

Ils sont simplement… humains.

Avec leurs qualités et leurs défauts.

Leurs peurs et leurs contradictions.

Leurs mauvais choix aussi.

Et surtout, ils évoluent.

On apprend à les connaître progressivement, à comprendre certaines de leurs réactions, à voir ce qui se cache derrière leur comportement.

Et finalement, on finit par s’attacher à eux sans même s’en rendre compte.

C’est probablement là que Mélissa Da Costa est particulièrement efficace.

Elle nous fait entrer dans leur intimité sans avoir besoin d’en faire trop.

Une lecture que je n’ai pas encore quittée

Je ne vais donc pas vous parler de la fin.

Pour une raison très simple :

je ne la connais pas encore !

Mais ce n’est finalement pas très grave.

Parce que, pour l’instant, ce que j’aime dans Je revenais des autres, ce n’est pas seulement de savoir comment l’histoire va se terminer.

C’est d’avoir envie de retrouver les personnages.

De savoir ce qu’ils vont devenir.

De continuer à les regarder vivre, se tromper, se rapprocher, s’éloigner, se comprendre — ou pas.

Et lorsqu’un livre vous donne cette envie-là, c’est généralement bon signe.

En quelques mots

J’ai aimé : le style, la fluidité, les personnages très différents, leurs côtés parfois décalés, leur complémentarité, les émotions et ces fins de chapitres qui donnent envie de continuer.

Ce que je retiens : parfois, les personnes qui entrent dans notre vie alors qu’on ne les attendait pas sont précisément celles dont on avait besoin.

Et maintenant ? Je vais continuer ma lecture…

Parce que, franchement, je n’ai pas du tout envie de laisser cette bande-là en plan !