Petite histoire d’un bout de papier I

Auteur : FRed
Catégorie : Tribune libre
le premier volume du recueil des petits textes que j’ai écrit
Licence : Art libre (lal)

Absence
Le noir n’est pas une couleur, c’est l’absence ultime de couleur.
Quand on parle de ténèbres, ce n’est pas que du noir.
C’est surtout l’absence de lumière dont il est question.
On peut ainsi dire que le mot absence est teinté de noir et que la lumière ne peut y pénétrer. Ton absence me fait le même effet : plus aucune couleur ne réchauffe mon coeur. Je vois tout en noir. Même le soleil ne donne pas assez de lumière pour guider mes pas vers un avenir où tu n’es plus.
Les ténèbres m’ont englobé et je n’y vois plus. Tu étais ma vie, ma voix, mes yeux. Sans toi, le plus beau coucher de soleil reste terne et sans couleur.
Pourquoi es-tu partie comme ça ??

Ailleurs
- Petit garçon perdu dans le désert, que cherches-tu ?
- Je me pose beaucoup de questions. J’ai visité beaucoup de pays et je me suis toujours posé cette petite question : es-tu toujours la même ou changes-tu en fonction de l’endroit où l’on te parle ??
- Tu n’es pas le premier à me le demander. Sache que je ne change jamais. Je suis comme l’eau qui coule entre les rochers, toujours limpide et transparente. Je reflète la lumière et même si celle-ci est parfois changeante, jamais je ne te mentirais sur mes émotions.
- Merci la lune, mais dis moi, comment te parler lorsque la pluie cache ton visage ??
- Parle-moi et comme toujours, si tu crois en moi, je te répondrai. Même si les hommes se trouvent différents lorsqu’ils sont éloignés par les kilomètres, les questions et les rêves sont les mêmes. Chaque être humain se trouve sur la même planète et vit pour les mêmes raisons. Le choix qu’il prend pour suivre son chemin ne doit pas provoquer la guerre à chaque coin de rue.
- Tu as raison, mais pourquoi les gens se disputent-ils pour leur culture ??
- Je ne sais pas. Quand ils comprendront que leur vie est unique et meilleure dans le partage, l’humanité avancera enfin unifiée.

Arc en ciel
- Arc en ciel, pourquoi es-tu toujours aussi heureux ??
- Parce que la vie est remplie de couleurs. Regarde : la pluie est sombre, le soleil est lumineux. Tu mélanges les deux et tu crées la lumière.
La pluie arriva de nouveau et balaya l’arc en ciel. La petite fille fut triste et partit se réfugier sous un pont.
Elle chercha après la lumière, mais le soleil perdait la bataille. La pluie redoubla d’intensité, le vent souffla au plus fort. La petite fille eut peur, le pont craqua, mais résista.
Alors, une voix lui parvint : "N’oublie pas qu’après la pluie, la couleur vient".
La petite fille sourit et un éclair de lumière transperça le ciel. Le soleil arrivait, défaisant les nuages. L’arc en ciel revint.
- Tu vois petite fille, la pluie est sombre, mais elle amène toujours la couleur derrière elle. Il ne faut jamais trop s’attrister car des moments meilleurs arriveront toujours.
- Merci arc en ciel. Maintenant, je serai toujours souriante, même dans les épreuves difficiles. Le soleil sera toujours dans mon coeur, car je sais que tu viendras me l’apporter

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Bruit
"Crrrrouiiiic Crrrrrrouic", drôle de bruit dans la chambre d’une petite fille. "Crrrrouiiiic Crrrrrrouic", pourquoi ce bruit se demande-t-elle, d’où vient-il ??? "Crrrrouiiiic Crrrrrrouic", la petite fille se redresse, se lève et parcourt sa chambre.
Mais d’où vient ce bruit ???
Ça ne vient pas d’en bas, ni d’en haut et encore moins de la chambre de son petit frère. "Crrrrouiiiic Crrrrrrouic".
Ça y est, je l’ai trouvé, ça vient de la chambre de papa et maman. Mais qu’est-ce qui se passe là-bas, ils ont peut être un problème, peut-être que quelqu’un les attaque, ils sont peut-être mort !!!!
J’AI PEUR
La petite fille se réfugie dans son lit et n’arrive plus à dormir. Elle imagine toutes sortes d’atrocités et a peur que ses parents ne soient plus, que le tueur pénètre dans sa chambre. Elle attend toute la nuit, effrayée, n’osant pas allumer la lumière ni ouvrir sa porte.
Le lendemain, dès le lever du soleil, la petite fille court en bas et voit ses parents vivants. Elle leur saute au cou, les embrasse et leur dit : je vous aime.
Neuf mois plus tard, elle avait une petite soeur.
Cas d’eau
Jolie fille pieds nus dans l’herbe habillée de ta plus belle robe noire, pourquoi as-tu l’air si triste, demanda une voix dans la nuit étoilée.
- Je ne sais pas, répondit-elle.
- Je me sens triste rien qu’à te voir, ne veux tu pas me rendre plus joyeuse ??
- Oui, j’aimerais bien, mais je n’arrive pas à trouver comment sortir de cet état.
La jeune fille sentit alors de l’eau couler le long de son corps venant du ciel étoilé.
- Merci mon étoile, dit-elle.

Cendre de vie
La cendre est comme la vie. Elle peut être grise et froide ou rouge et chaude, tout dépend du brasier qui alimente son existence.
Mais comment raviver la flamme lorsque tout nous semble éteint ??
Il n’y a pas de réponse à cela. La vie de chaque être est tellement différente que personne ne peut trouver la solution ultime pour un autre. Tout ce que l’on peut faire, c’est de te donner le courage de chercher ta solution et ainsi être la brise qui t’aide à réalimenter le brasier qui coule dans tes veines.
Sache simplement que même si la vie semble grise et froide, il suffit d’une légère brise pour faire rougeoyer le coeur d’une petite cendre et lui redonner l’étincelle de vie qui lui manque.
La vie est rouge et chaude. Il faut la vivre et en profiter à Sang pour Sang.

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Chat
- Toi, enfant impatient qui croques la vie, pourquoi me regardes-tu avec des larmes au coin de tes yeux.
- Je viens de connaître la mort et je suis triste.
- Qui a disparu de ta vie ?
- Mon chat. Je l’aimais. Il venait se blottir contre moi et chassait mes idées noires.
L’enfant se retourna et pleura.
La lune brilla de mille feux et l’enveloppa de lumière.
- Pleure petit garçon, je suis là pour te consoler.

Diabolique
Où suis-je ?
Un panneau se trouve devant moi, mais il n’indique aucune ville. Je ne comprends pas pourquoi un panneau qui montre des directions ne me dit pas où aller.
Où suis-je ?
Quelque chose me trotte dans la tête. Je me demande si je ne connais pas ces mots : tristesse, démence, douleur et avarice. Est-ce moi ? Suis-je dans mon coeur ???
Pourquoi ce panneau ne me montre-t-il que des choses tristes ? Où est la joie, où est le rire ? Suis-je si sinistre que les seuls mots indiqués sont pure folie.
Qu’ai-je fait de mal pour voir cet enfer de mes propres yeux ? Comment changer tout ça ???
Mais au fait, pourquoi changer ?
Je suis comme ça et n’en déplaise aux autres, j’aime ça.
Ahahahahahahahah.

Elle
A sa naissance, malgré la présence du soleil qui lui apportait chaleur et lumière, elle était seule et sans vie.
Toutes les autres qui lui ressemblaient passaient tout près d’elle, mais elles étaient si froides et inaccessibles !
De la chaleur, elle n’en manquait pas. Un peu venant de l’extérieur et beaucoup enfermée à l’intérieur.
Aride et morose, telle était son existence dans les premiers jours de sa vie. Petit à petit, de l’eau apparut, elle s’en imprégna. Mélangée à sa chaleur, elle donna la vie et son histoire put enfin commencer.
Ses compagnons furent d’abord si petits qu’elle n’en avait pas conscience. Sa chaleur intérieure était toujours si grande qu’elle ne pouvait s’empêcher de la laisser s’échapper et ainsi, causer la perte de beaucoup de vies autour d’elle.
Enfant, elle apprit à maîtriser cette violence contenue en elle. Ainsi, la vie en profita pour évoluer et lui apparaître enfin. Elle comprit qu’elle n’était plus seule et fit tout pour améliorer l’existence des êtres vivant dans son environnement.
La terre est notre mère à tous. Elle a appris à donner la vie. Faisons tout pour la laisser vivre, elle aussi.

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Goutte de vie
Seule dans sa chambre, une petite fille ne bouge pas.
La lumière est éteinte et la musique résonne à ses oreilles. Sa vie est normale, si normale qu’elle se demande à quoi elle sert.
- Pourquoi suis-je ici ? Qui tient à moi ??
Dès que je fais quelque chose, tout le monde me le reproche. Je me sens si seule au monde, personne ne me comprend.
A quoi je sers ?????
Seule dans sa chambre, la petite fille est couchée sur son lit. Beaucoup d’idées se bousculent dans sa tête, mais aucune ne reste assez longtemps qu’elle s’en souvienne.
- Que dois-je faire pour qu’on me remarque ????
Seule dans sa chambre, une petite fille regarde le plafond mais aucune vie ne semble animer ses yeux.
Plic Ploc, une flaque se forme sous son lit. Sa vie s’en est allée.
- Si seulement quelqu’un m’avait trouvée intéressante !!

Mélancolie
Mélancolie, Tristesse, Mélancolie, Tristesse,
Mélancolie, Tristesse, Mélancolie, Tristesse,
Mélancolie, Tristesse, Mélancolie, Tristesse,
…………….
- Mais pourquoi répètes-tu ces mots, enfant qui se promène seul dans la nuit ?
Je suis triste petite fée, mais je n’en comprends pas la raison.
Mon coeur s’est mis à saigner et depuis je pleure des larmes de sang. Mon âme est-elle impure ??
- Pourquoi le serait-elle mon enfant ? Aurais-tu commis un crime impardonnable aux yeux de tous ?
- Je ne sais pas… Je me suis réveillé un jour et j’ai pleuré … Pleuré et depuis ce jour, je ne souris plus.
Je crie le nom de mes seules amies : Mélancolie, Tristesse…
L’enfant continua son chemin et la petite fée s’installa sur son épaule. Elle lui donna un baiser sur la joue et disparut.
C’est alors qu’une voix féerique s’éleva dans la nuit.
"Tu t’es réveillé à la vie. Ton âme s’est ouverte à elle et tu en as découvert la réalité. Mais n’oublie pas, enfant perdu, qu’au matin de toute chose, le brouillard cache le soleil et l’empêche de nous réchauffer et de nous illuminer"
"La joie est là, partout dans ce monde. A toi de disperser les brumes de ton existence et d’enfin sourire à la vie."

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Pluie
Plic-Ploc contre ma vitre. Je regarde dehors. Tout est gris et mouillé. Les gens se déplacent trop vite en fermant leur veste. Ça m’amuse.
Plic-Ploc contre ma vitre. Quel sale temps pour certains ! Moi je trouve ça beau. Je ne sais pas pourquoi mais voir de l’eau tomber du ciel, ça m’amuse.
Plic-Ploc contre ma vitre. Le vent souffle aussi. Les grands arbres du parc ondulent. Je les suis de la tête.
Ça m’amuse.
Plic-Ploc contre ma vitre. J’ai envie de sortir, de sentir l’eau couler le long de mon visage lorsque mes cheveux sont trop trempés pour retenir la pluie. Ça m’amuse.
Plic-Ploc contre ma vitre. La pluie est plaisante.
Entendre ce bruit contre la fenêtre me remonte le moral.
Plic-Ploc j’ai ouvert la vitre. L’eau vient caresser mon visage. C’est tellement agréable, j’aime la pluie.

Poursuite
- Bonjour toi, que se passe-t-il ??
- J’ai peur madame
- Mais pourquoi es-tu si effrayée ma petite ??
- Quelqu’un me poursuit depuis la tombée de la nuit, mais je ne le vois pas tout le temps.
- Ah bon ! C’est inquiétant ça. Mais dis moi, quand le vois-tu et à quoi ressemble-t-il ??
- Je le vois seulement quand je passe en dessous d’un lampadaire. Il est plus grand que moi et habillé tout en noir, des pieds à la tête. Tout est noir.
Je ne peux pas t’en dire plus. J’ose pas regarder trop en arrière quand je sens qu’il est là. Veux-tu m’aider ??
- Oui, petite fille, je vais t’aider. Je n’aime pas savoir que mes enfants ne se sentent pas en sécurité lorsque je veille. Je vais t’accompagner de ma lumière et j’espère le faire partir.
La petite fille avança dans le noir et lorsque la lune l’éclaira, elle revit son poursuivant.
- Il est là
- Mais ce n’est que ton ombre, n’aie pas peur.
Pourquoi vit-on dans une société qui a peur de sortir et qui, au moindre mouvement, s’effraye pour un rien ? Ce n’est juste qu’une ombre, mais peux-t-elle faire du mal ??
Non ! Evidement que non ! Alors pourquoi tant de frayeur ??

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Ténèbre
Pourquoi appeler cela les ténèbres ? Un autre mot n’aurait-il pas pu lui donner plus de pouvoir ?
L’attirance est-elle liée au nom ou à la substance qu’elle décrit ?
Les ténèbres existent-t-elles vraiment ? As-tu déjà vu un endroit sans que la lumière n’y vienne jeter une partie d’elle-même ?
Es-tu aveugle ? Les ténèbres existent. Elles font partie de l’âme de chacun de nous. Une infime partie pour certains, un abîme pour d’autres.
Comment est ta part de ténèbres ? Es-tu démon ou saint ?
Je ne suis qu’un humain, ni un démon, ni un saint. Je vis, je détruis, je bâtis. J’essaye de ne faire de mal à personne. Mais en choisissant de vivre, je ne peux m’en empêcher.
Pourquoi la vie d’un être détruit-elle celle d’autrui ?
Est-ce là notre part de ténèbres ??

Tropiques
Tu es trop loin de moi, soleil de mes rêves. Il y a tant de nuages dans ma vie. Et toi, tu es perdu au dessus des tropiques. Comment puis-je faire pour te retrouver ?
Je me souviens. Quand tu étais là, j’étais heureux. Je me couchais partout où je pouvais. Je te sentais tout au long de mon corps, me réchauffant et parfois me brûlant, peu importe. J’adore cette sensation. Mais elle est partie, depuis que tu n’es plus là.
Je t’ai aperçu, timides éclaircies, si rares et trop courtes pour me réchauffer le coeur. Je me sens si mélancolique sans toi !
"Que faire ? Tu me manques !"
Je pars, c’est décidé. Je fonce dans ma chambre, je prends le maximum d’affaires que mon sac puisse contenir. Vive l’aventure, je te retrouverai. Plein d’entrain, j’entame ce long périple.
Mais la route est longue, si longue pour un marcheur.
Après deux jours, je rentre bredouille. Je ne t’ai vu nul part. Toujours des nuages, encore de la pluie, parfois de la neige, mais jamais toi.
"Mais que faire ? Tu me manques tellement !"
Je sais, mon vélo est prêt. C’est parti, et cette fois-ci, ce sera la bonne. Mais après un mois de longs faux plats, de collines et de montagnes, je ne t’ai toujours pas retrouvé. La mer me bloque. Tu es certainement derrière. Il me semble apercevoir du bleu à l’horizon.
Oui, c’est toi, j’en suis sûr. Je prends un avion vers le sud.
Je débarque et continue à vélo.
Tout est si différent par ici ! Peu importe, tu es enfin là. Je te sens sur moi, mais tu me brûles. Pourquoi ?
Qu’ai-je fais de mal ? Es-tu furieux pour m’infliger une telle torture ?
Je me protège toute la journée sous un chapeau et de longs vêtements. Je ne supporte plus ta chaleur. Tu es sec et si adent ! Où est la douce chaleur de mon souvenir ?
Je ne suis pas le seul à le ressentir. Tout ici n’est que sable et vent sec. Aucune eau n’est visible. J’ai dû me tromper à nouveau. Je change de direction. Cap à l’ouest.
Je retrouve la mer après une longue traversée du désert. Enfin de l’eau, enfin du vert. Tu me brûles toujours, mais je me sens déjà mieux. L’air est plus frais. Il faut que je continue.
Là-bas, une île. Je suis sûr que c’est le bon endroit.
Un bateau, je débarque. Suis-je au paradis ? Il y a des arbres, de l’eau douce et salée, des animaux et toi.
Oui, enfin toi, doux et chaleureux. Comme je t’aime.
Oui, c’est ici, je t’ai retrouvé. Tu es là, je sens ta chaleur mais elle ne me brûle pas. Mon âme est paisible et mon coeur se réchauffe. Je vis. Je ne veux plus te quitter.
Au crépuscule, lorsque tu n’es plus si éloigné de la mer, je décide de t’emmener avec moi. Je prends la corde que j’ai emmenée et la lance autour de toi. Je t’attrape et te ramène vers le rivage. Je te plonge dans un coffre et le ferme à double tour.
De retour chez moi, il pleut, comme d’habitude. Mais j’ai la solution. J’ouvre le coffre et tu t’envoles dans le ciel, balayant les nuages et la pluie.
Le ciel est bleu, tu es au milieu, la vie est belle. Je me couche dans l’herbe et m’endors, enveloppé de tes rayons si doux. Merci.

Petite Histoire d’Un Bout de Papier I
Auteur : FRed
Catégorie : Tribune libre
le premier volume du recueil des petits textes que j’ai écrit
Licence : Art libre (lal)


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