Pesticides : contamination massive de la population française et bras de fer européen

Coup sur coup, deux études officielles viennent d’établir l’importance de l’exposition aux pesticides, notamment par voie alimentaire, mais aussi par le biais de l’air que nous respirons, y compris à domicile, de la population française.

Effet Grenelle ? Alors que l’avant-projet de loi de programmation, dit « Grenelle 1 » doit être examiné avant l’été par le Parlement, ces publications interviennent à point nommé pour légitimer les timides mesures de réduction de l’usage des produits phytosanitaires envisagées par le gouvernement, qui suscitent déjà l’ire de la profession agricole et des fabricants de pesticides. Car dans le même temps la Commission européenne et le Parlement préparent l’adoption d’une réglementation infiniment plus drastique que les « incitations » aux bonnes pratiques envisagées par la France. Un contexte qui augure de nouveaux affrontements sur un sujet aussi sensible que les OGM. La nocivité de l’usage intensif des pesticides n’est pourtant plus à démontrer, comme le prouvait une série d’enquêtes accablantes réalisées dans le sud de l’Espagne en 2004 et 2005 par la Télévision suisse romande.

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a rendu publics le 30 avril 2008 les résultats d’une étude conduite en 2006 qui établit que 6 % des fruits et légumes testés présentaient des teneurs en pesticides dépassant la limite maximale de résidus (LMR).

Seuls 55,6 % des 3500 échantillons de fruits et de légumes prélevés en 2006 par la DGCCRF ne contenaient pas de résidus de pesticides. Des teneurs inférieures à la LMR ont toutefois été détectées dans 38,4 % de ces échantillons.

Mais, pour les légumes, 6,3 % des échantillons sont non conformes, car excédant la LMR. "Les dépassements concernent essentiellement les poivrons et piments, les lentilles et les aubergines", précise la DGCCRF, qui indique que "les salades, les pommes de terre, les endives, les carottes et les tomates ont un taux de dépassement de la LMR inférieur à la moyenne".

Les pesticides sont nettement plus présents dans les fruits : 58,6 % des échantillons comportaient des résidus à des teneurs inférieures au maximum autorisé et 5,5 % étaient non conformes. "Les dépassements concernent essentiellement les fraises, les mandarines, les poires. Les oranges, les avocats et les pommes ont un taux de dépassement de la LMR inférieur à la moyenne", note la DGCCRF.

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Le pourcentage de non-conformité a très légèrement diminué par rapport à l’année précédente, passant de 6,7 % à 6 %, mais les données de l’année 2004 indiquaient un taux de 3,9 %. Pour François Veillerette, président du Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF), ces chiffres "montrent l’urgence de mettre en application la mesure de réduction de l’usage des pesticides prise dans le cadre du Grenelle".

Les enfants massivement exposés
La seconde étude, présentée le mercredi 7 mai par l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris), et qui a été réalisée avec l’Université Paris V, conclut que "les enfants franciliens sont exposés à des pesticides variés, dont certains interdits depuis plusieurs années, alors que leurs parents ne sont pas professionnellement exposés".

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Voir en ligne : Lire la suite de l’article sur le blog de Marc Laimé