La recherche sur les dangers liés aux téléphones portables interdite ?

Plusieurs équipes et unités de recherche sont supprimées à l’Université Clermont II. Parmi elles figure une équipe d’accueil, l’ERTAC dirigée par Gérard Ledoigt, élu SNESUP en section 66 du CNU.
ERTAC veut dire Équipe de Recherche sur les Tumeurs et Autosurveillance Cellulaire. L’ERTAC, entre autres thèmes de recherche, travaille à la mise au point et sur l’utilisation d’un modèle végétal pour tester l’action de molécules diverses, médicaments ou potentiellement dangereuses.
Face à une agression, de nature chimique ou autre, le végétal réagit en libérant des molécules particulières facilement identifiables qui constituent la réponse du matériel vivant face à ce que les spécialistes appellent « un stress ».
Nos collègues ont donc eu l’idée d’utiliser des plants de tomate pour étudier l’effet des ondes électromagnétiques issues d’un téléphone portable.

Et à courte distance il y a bel et bien apparition d’une réponse de stress !

Ces premiers résultats ont été publiés et la presse commence à s’y intéresser. Un article a paru dans le grand quotidien italien La Stampa. L’usage du téléphone portable est il dangereux pour l’homme ?
On ne sait pas mais ces premières expériences méritent d’être approfondies, surtout en ces temps où l’on évoque si souvent le principe de précaution. C’est d’ailleurs tout à l’honneur de la recherche universitaire de s’intéresser à ces questions. Compte tenu du nombre de personnes exposées par l’usage du téléphone portable ou la proximité de bornes relais, c’est même une question de santé publique.
Même si d’énormes intérêts financiers et économiques sont concernés, ne prenons pas le risque d’un nouveau scandale comme celui de l’amiante. Mais le développement de ces recherches dont l’intérêt paraît évident ne se fera peut être pas car l’ERTAC est dissoute !
Les experts du ministère sont passés en juillet dernier lors de la préparation du contrat quadriennal à Clermont II. Contrairement à ce qui s’est fait pour d’autres équipes de recherche, ils n’ont pas visité le laboratoire ERTAC, ils n’ont rencontré aucun des chercheurs et même pas auditionné son directeur. Et ils ont tranché !

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Un message électronique laconique issu de la direction de l’Université Clermont II a averti Gérard Ledoigt que son équipe était dissoute. Aucune explication n’était fournie et depuis il est impossible de contacter les experts pour connaître les raisons de leur décision. C’est du KAFKA.
Loin de défendre son potentiel de recherche, la direction de l’université s’est précipitée pour reclasser les chercheurs concernés dans d’autres équipes et parachever le démantèlement de l’ERTAC et bien sûr l’abandon de ses thèmes de recherche sur l’éventuel danger des ondes issues d’un téléphone portable.

Tout cela est troublant et ne peut que nourrir les soupçons : veut on étrangler une recherche susceptible de mettre en cause des intérêts économiques colossaux ?
C’est d’autant plus troublant que la qualité scientifique de Gérard Ledoigt vient d’être reconnue nationalement : il est nommé « expert » à l’AERES.
La section SNESUP Clermont-Sciences s’engage et vient de sortir un tract, une pétition de soutien.

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