C’est dans le besoin qu’on reconnaît ses amis !

Article paru dans L’Effronté, septembre-octobre 2007, avec l’aimable autorisation du directeur de la publication...

Pain béni pour les chasseurs, I’échinococcose alvéolaire l’est aussi pour les journalistes de permanence estivale.
Expliquons.
Très souvent mortelle lorsqu’elle atteint l’homme, cette maladie se propage via la consommation de fruits et baies contaminés par des excréments de renard, de chats ou de chiens.
Chaque été, les journalistes en mal de copie pondent l’inévitable "marronnier” expliquant comment cette sorte de ténia chemine depuis l’intestin du mammifère jusqu’au foie de l’homme. L’article ayant pour but, louable, d’appeler à laver ou cuire framboises, myrtilles ou mures, cueillies à moins de 80 cms du soi, mais aussi salades et fraises.
Ce que tait, en revanche, la presse auvergnate, c’est l’étendue du danger. Le Ministère de la Santé, pour des qui forcément l’honorent, ne “communique” sur le sujet qu’avec une remarquable imprécision. Par approximation, on évalue entre 15 et 30 le nombre de cas mortels chaque année. Or, de la trentaine de départements “en pointe" pour la contamination, se détachent ceux de l’Est où s’est propagée la bestiole) et le Cantal, suivi de près par le Puy-de-Dôme et Fa Creuse. Les rumeurs faisant état d’une dizaine de morts auvergnats ou cours des cinq dernières années tiennent donc la route.
Pain béni pour les chasseurs ? Le renard forme une proie que les groupements de chasseurs réclament à cor et la libre permission de buter. A la vérité (bonne à taire) chiens et chats présentent une dangerosité très supérieure à celle de leur cousin goupil. Car le ver se propage également et largement... par la caresse. Après s’être délicieusement léché l’anus, l’animal de compagnie peut parfaitement, et insistons sur ce point, très innocemment, amener les oeufs sur son pelage en le “toilettant”. Or, mis à part chez la rombière, il est avéré que le chat et le chien constituent des animaux de compagnie, donc disponibles à la caresse, infiniment plus répandus que le renard.

"Le diagnostic ? Il se faît à la morgue" avait-on coutume de commenter à propos de cette maladie destructrice du foie, et dont le temps d’incubation s’étend de 4 jours à plus de 15 ans. En fait, des dépistages existent, si le traitement reste aleatoire.
Etre délicat, le ténia abusivement dit “du renard” préfère les régions froides et se plait bien en altitude.

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