<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Escout Moi Voir ! webzine du Livradois Forez</title>
	<link>https://escoutoux.net/</link>
	<description>Web magazine local ind&#233;pendant, pour pour pour faire d&#233;couvrir et partager la richesse du Livradois-Forez et de ses abords : bonnes adresses, randonn&#233;es, spectacles et animations, gastronomie.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>




<item xml:lang="fr">
		<title>Le h&#234;tre et la cath&#233;drale&#8233;&#8230;</title>
		<link>https://escoutoux.net/Le-hetre-et-la-cathedrale</link>
		<guid isPermaLink="true">https://escoutoux.net/Le-hetre-et-la-cathedrale</guid>
		<dc:date>2026-05-05T05:19:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Amblard</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;La photo est bien celle du h&#234;tre qui a&#8233;&#233;t&#233; abattu ...&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour contacter l'auteur de ce texte : christian.amblard@yahoo.com.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://escoutoux.net/-Histoires-d-eux-" rel="directory"&gt;Histoires d'eux..&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L150xH60/arton9158-4e4ed.jpg?1784961933' width='150' height='60' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p align=&#034;justify&#034;&gt;C'&#233;tait un phare au milieu d'un oc&#233;an de verdure. Le h&#234;tre solitaire tr&#244;nait au milieu des prairies d'altitude, pr&#232;s de Chananeille, aux confins du Sancy et du C&#233;zallier, en Auvergne. Il &#233;tait bien seul depuis que l'agriculteur moderne avait abattu toutes les haies du voisinage qui formaient, pourtant, un maillage intelligent, efficace et bienfaisant. Cette trame bocag&#232;re avait &#233;t&#233; construite lentement par des g&#233;n&#233;rations de paysans intelligents et responsables qui avaient su planter et conserver, autour des fr&#234;nes de haute futaie, d'autres essences arborescentes et arbustives.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;justify&#034;&gt;Apr&#232;s une lente mont&#233;e le long de la route sinueuse qui serpentait laborieusement depuis le fond de la vall&#233;e, l'apparition soudaine du h&#234;tre majestueux sur son plateau, le fayard qui pointait fi&#232;rement sa fl&#232;che vers le ciel, me ravissait en toutes saisons.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;center&#034;&gt;&lt;span class='spip_document_12456 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L500xH314/le-hetre-a224a.jpg?1784968799' width='500' height='314' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le h&#234;tre avant qu'il ne soit abattu&#8233;&lt;/strong&gt;&#8233;&#8230;&#8233;(Chananeille&#8233;&#8211;&#8233;63&#8233;&#8211; Photo C. Amblard)&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;justify&#034;&gt;Au printemps, son feuillage vert tendre accueillait des oiseaux de passage qui venaient se poser pour se reposer. De retour des pays chauds, imm&#233;diatement soucieux de bien se faire entendre alentours, le coucou profitait fr&#233;quemment du promontoire pour provoquer ses cong&#233;n&#232;res de son chant lancinant. Quelquefois, le merle &#224; plastron en migration faisait une halte reposante au sommet des branchages avant son &#233;chapp&#233;e vers les pelouses alpines.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;t&#233;, l'arbre bienfaisant abritait la sieste r&#233;paratrice du faucheur &#233;reint&#233; par le dur labeur de la fenaison ou bien encore le troupeau de vaches &#233;cras&#233; par la chaleur.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;justify&#034;&gt;Les frimas de l'automne le couvraient d'or et de cuivre et, les bonnes ann&#233;es, un vol de palombes en migration venait se restaurer de ses fa&#238;nes si nourrissantes, avant de repartir vers des horizons lointains et plus ensoleill&#233;s. Je me souviens &#233;galement que, dans mon enfance paysanne, les feuilles s&#232;ches tomb&#233;es au sol de ses cong&#233;n&#232;res &#233;taient consciencieusement r&#233;colt&#233;es pour confectionner des matelas, certes peu co&#251;teux mais quand m&#234;me tr&#232;s bruyants &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;justify&#034;&gt;M&#234;me l'hiver, alors que la neige recouvrait de son silence blanc le plateau d&#233;sol&#233;, c'&#233;tait encore le point de rencontre des amours hivernales des renards qui laissaient les traces de leurs courses effr&#233;n&#233;es et de leurs &#233;motions intenses sur le manteau par ailleurs immacul&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;justify&#034;&gt;C'est par un matin clair d'une belle journ&#233;e d'octobre que je fis la macabre d&#233;couverte. L'arbre centenaire gisait au sol. L'homme &#224; la tron&#231;onneuse fumante et p&#233;taradante venait de l'abattre sans scrupule ni remords. Pour quelle raison ? Pour quel b&#233;n&#233;fice ? Strictement aucun, l'illustration parfaite du geste aussi inutile que stupide. Si encore l'arbre avait pu pourrir lentement sur place et poursuivre ainsi la cha&#238;ne de la vie en alimentant des insectes saproxyliques, les recycleurs b&#233;n&#233;voles de la vie perp&#233;tuelle. Am&#232;re destin&#233;e, comme le grand ch&#234;ne, il p&#233;rit lui aussi dans la chemin&#233;e &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;justify&#034;&gt;En r&#233;f&#233;rence &#224; un &#233;v&#233;nement dramatique r&#233;cent, cet arbre, charg&#233; d'histoires depuis des d&#233;cennies et des si&#232;cles, avait pour moi la valeur symbolique d'une &#171; cath&#233;drale &#187;. En ce sens, l'&#233;motion patrimoniale ne doit pas se limiter aux monuments et, plus largement, au patrimoine b&#226;ti. Si on peut reconstruire une cath&#233;drale en 5 ou 10 ans, il faudra toujours 100 ans pour avoir un h&#234;tre centenaire &#224; partir de la fa&#238;ne originale.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;justify&#034;&gt;C'est ce temps long et irr&#233;versible qui fait la valeur ind&#233;passable du vivant et de la biodiversit&#233;. Cette primaut&#233; d'un vivant tr&#232;s fragile doit nous obliger d&#233;finitivement quant &#224; la n&#233;cessit&#233; de son imp&#233;rieuse pr&#233;servation.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;i&gt;Christian Amblard&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
