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	<title>Escout Moi Voir ! webzine du Livradois Forez</title>
	<link>https://escoutoux.net/</link>
	<description>Web magazine local ind&#233;pendant, pour pour pour faire d&#233;couvrir et partager la richesse du Livradois-Forez et de ses abords : bonnes adresses, randonn&#233;es, spectacles et animations, gastronomie.</description>
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		<title>Pierre Pamole</title>
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		<dc:date>2025-07-02T04:54:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Article paru dans CentralParc en ao&#251;t 2011.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://escoutoux.net/-Balades-" rel="directory"&gt;Balades&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L150xH60/arton6317-8c406.jpg?1784966853' width='150' height='60' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pamole fait partie d'un des plus beaux sites du Livradois-Forez.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Situ&#233; entre Vollore-Montagne et Noir&#233;table &#224; 1198 m&#232;tres d'altitude, il offre une vue &#224; 360&#176;sur le Lioran, le Sancy, le Puy-de-D&#244;me, le Livradois-Forez , les Alpes ainsi que les plaines. Des centaines de personnes se sont investies et des travaux ont &#233;t&#233; engag&#233;s pour la sauvegarde de ce site, exceptionnel, lui redonner une vie et le m&#233;rite d'&#234;tre vu, connu et reconnu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour se rendre &#224; Pamole :&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Aller jusqu'&#224; Vollore-Montagne, puis prendre la direction de Noir&#233;table. Le plus agr&#233;able est de garer sa voiture non loin de la D53 et de monter &#224; pied. Une belle promenade (4km avec faible d&#233;nivel&#233; ) qui peut se faire en famille.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur votre chemin, vous remarquerez une pancarte sur votre gauche - &#8220; L'Arbre du Diable &#8221; - ... soyez curieux et allez le voir de pr&#232;s avant d'arriver au paradis terrestre de Pamole.&lt;br class='autobr' /&gt;
Acc&#232;s possible en voiture jusqu'au parking, il vous reste alors 500 m&#232;tres. Pour les personnes &#224; mobilit&#233; r&#233;duite, acc&#232;s possible en voiture sur le site m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'arbre du diable ...et sa l&#233;gende&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En des temps tr&#232;s, tr&#232;s anciens, le diable voulut se rendre d'Augustonemetum&lt;br class='autobr' /&gt;
(Clermont-Ferrand) dans la capitale des Gaules, Lugdunum (Lyon). Pour ce faire, il enfourcha son grand pur-sang noir et fit un premier bond sur le Gr&#252;n de&lt;br class='autobr' /&gt;
Chignore, le second le conduisit &#224; cet endroit pr&#233;cis. Lorsque Satan s'aper&#231;ut que son prochain bond le conduirait sur les lieux des sources sacr&#233;es de ce qui allait devenir, bien plus tard, le monast&#232;re de Notre-Dame de l'Hermitage, le cheval se cabra et dans un grondement effroyable qui fit trembler la r&#233;gion, cheval et cavalier disparurent dans les entrailles de la terre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur cette terre br&#251;l&#233;e, pendant de longs si&#232;cles, aucune v&#233;g&#233;tation n'osa s'installer jusqu'&#224; ce jour de grand vent, o&#249; un corbeau, d&#233;stabilis&#233; par les &#233;l&#233;ments, laissa &#233;chapper la graine de sapin qu'il tenait dans son bec.&lt;br class='autobr' /&gt;
Trop heureuse de pouvoir &#233;chapper &#224; son pr&#233;dateur, celle-ci n'eut de cesse que de s'enraciner rapidement sans avoir conscience de l'offense faite aux esprits de Satan. C'est pourquoi, soumis aux esprits mal&#233;fiques, l'arbre a v&#233;cu et grandi dans la tourmente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Depuis des mill&#233;naires et des mill&#233;naires, tu as &#233;t&#233; le t&#233;moin impassible de cette charmante r&#233;gion au nord des Monts du Forez. Tu as subi les outrages du temps, du rude climat de ce coin d'Auvergne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rien, ni la rigueur des froids polaires d'hiver, ni les br&#251;lants rayons du soleil du climat continental qui est le n&#244;tre, n'ont eu de prise sur ta puissante carapace qui, en courbant l'&#233;chine, est rest&#233;e insensible.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu as vu appara&#238;tre tes cadets des Monts D&#244;me et des Monts Dore qui ont la pr&#233;tention de s'enorgueillir de leur jeunesse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais ! tu as &#233;t&#233; le t&#233;moin discret de l'&#233;volution des territoires de la r&#233;gion et en particulier de celui de notre commune de VOLLORE-MONTAGNE, de ses habitants, des p&#233;riodes fastes et de celles des vaches maigres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ton regard, imperturbable, suivait le lever de l'astre solaire derri&#232;re ce magnifique massif du Mont-Blanc qui inondait les immenses plaines de la r&#233;gion rhodanienne et du Forez pour se diriger, d&#232;s midi, vers l'ouest, vers l'Auvergne, la vaste plaine de la Limagne, la Cha&#238;ne des D&#244;mes et des Dores, jusqu'au Puy Mary et le plomb du Cantal o&#249; il disparaissait dans une palette de couleurs flamboyantes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toi, tu as vu ces immenses territoires que tu balayes de ton regard ; partag&#233; par les Cr&#234;tes des Monts du Forez, pour devenir &#224; l'est la R&#233;gion Rh&#244;ne Alpes et &#224; l'ouest notre belle Auvergne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Sans aucun doute c'est au partage des eaux que nous devons ce d&#233;coupage, que nous avons pu constater alors que nous &#233;tions catalogu&#233;s Auvergnats, race d'hommes, rustiques et robustes, fiers de leurs origines, sans oublier cependant que nous devons garder et d&#233;velopper des liens d'amiti&#233; et de solidarit&#233; tr&#232;s forts avec nos voisins du Forez. En effet, nous puisons, chacun de notre c&#244;t&#233;, les eaux jaillissantes &#224; l'est ou &#224; l'ouest de ces Monts du Forez, notre m&#232;re nourrici&#232;re commune car, sans ce pr&#233;cieux liquide, aucune sorte de vie n'est possible, si ces Monts du Forez venaient &#224; dispara&#238;tre, nous serions l'un et l'autre orphelins.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vers le d&#233;but du si&#232;cle dernier, tu as pu contempler les somptueux tapis verdoyants d'herbes fines qui sentaient bon le &#8220;M&#233;on&#8221; parsem&#233;s de vigoureuses tiges de gentiane s'&#233;lan&#231;ant vers le ciel, drues comme des cierges. De longues tra&#238;n&#233;es de pens&#233;es sauvages en juin-juillet ajoutaient une note harmonieuse, telle une &#233;tole sur les chasubles des eccl&#233;siastiques sans oublier les splendides myrtilliers s'&#233;lan&#231;ant vers le sommet pour mieux mettre en valeur, peut-&#234;tre, ta majestueuse pr&#233;sence.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; cette &#233;poque, les bergers, les cueilleurs de champignons et les promeneurs du dimanche, venaient jusqu'&#224; toi caresser tes flancs rugueux ou grimper sur ton sommet pour contempler l'immensit&#233; de ce paysage qui va des Monts du Cantal aux Alpes.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait l'&#233;poque o&#249; notre population devait et pouvait &#224; juste titre, revendiquer l'identit&#233; de paysans de la Montagne. Etait-ce la belle &#233;poque ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis, les temps ont bien chang&#233; et dans la deuxi&#232;me partie du XXe si&#232;cle, tu as vu la disparition compl&#232;te de nos exploitations agricoles familiales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les superbes p&#226;turages de montagne ont subi le m&#234;me sort , sous une vague verte de v&#233;g&#233;tation sauvage ainsi que des plantations de r&#233;sineux qui ont tout envahi, tout &#233;cras&#233; et nous ont vol&#233; l'identit&#233; de notre territoire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu as assist&#233;, comme tous les Vollorois, &#224; ce d&#233;sastre &#233;cologique qui a vu dispara&#238;tre tous les points de vue de notre belle campagne et port&#233; une atteinte n&#233;faste &#224; l'ensemble des territoires ruraux de demi-montagne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toi-m&#234;me n'avais pas &#233;chapp&#233; &#224; ce d&#233;sert vert, mais avant qu'il ne soit trop tard, les Vollorois, dans un &#233;lan de solidarit&#233; pour sauver un patrimoine naturel, ont r&#233;agi. Consid&#233;rant que ta pr&#233;sence faisait partie int&#233;grante de leur &#226;me et de leur m&#233;moire, ils ont donc pris la d&#233;cision de valoriser et p&#233;renniser le site sur lequel tu pr&#233;sides.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Jean Gu&#233;lon&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Maire de Vollore-Montagne pendant 37 ans (de 1971 &#224; 2008)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Turlutenche, sorci&#232;re de Thiers</title>
		<link>https://escoutoux.net/La-Turlutenche-sorciere-de-Thiers</link>
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		<dc:date>2023-12-22T04:38:22Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Texte de Sophie Pavlic, publi&#233; dans CentralParc en septembre 2016. Histoire extraite de &#034;Quelques l&#233;gendes des Bois Noirs&#034;, 12 contes et l&#233;gendes fantastiques racont&#233;s et d&#233;cod&#233;s, ayant pour d&#233;cor les 3 versants des Bois Noirs. Auteurs : David Morel et JP Faye. &lt;a href=&#034;http://www.amisdesboisnoirs.fr&#034; target=&#034;blank&#034;&gt;&lt;font color=&#034;blue&#034;&gt;Amis des Bois Noirs&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://escoutoux.net/-Histoires-d-eux-" rel="directory"&gt;Histoires d'eux..&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L150xH60/arton6334-e585b.jpg?1784972649' width='150' height='60' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le meurtre de la Turlutenche est une histoire vraie, rapport&#233;e par une lettre de r&#233;mission conserv&#233;e aux Archives Nationales et publi&#233;e par P.F. Fournier dans &#034;Magie et Sorcellerie, essai historique accompagn&#233; de documents concernant la magie et la sorcellerie en Auvergne&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Chasse aux sorci&#232;res, encourag&#233;e par le Malleus maleficarum (Marteau des Sorci&#232;res), publi&#233; en 1486, conna&#238;t son apog&#233;e en 1580 et 1630. Elle aurait fait entre 40 000 et 100 000 victimes de lynchages comme Guillaumette Pigeroles. L'histoire de Guillaumette Pigeroles a &#233;t&#233; reprise par la romanci&#232;re Mireille Calmel dans &#034;&lt;i&gt;Le Bal des Louves&lt;/i&gt;&#034; en 2003, dont l'intrigue passe notamment au &lt;a href=&#034;https://escoutoux.net/Chateau-de-Montguerlhe-1-Le-chemin-ancestral&#034; target=&#034;blank&#034;&gt;&lt;font color=&#034;blue&#034;&gt;Ch&#226;teau de Montguerlhe&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;, dans la montagne de Thiers.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis une semaine d&#233;j&#224;, la femme de Jehan Sommet se tordait de douleur dans son lit. En ce mois de septembre 1464, le riche notaire du Bourg de Thiers ne savait plus &#224; quel saint se vouer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ses pri&#232;res &#224; la Vierge, dont on venait de f&#234;ter la Nativit&#233;, &#224; Saint Jean et m&#234;me &#224; Saint Eloi, patron des couteliers de la ville, n'avaient eu aucun effet. La malheureuse &#233;tait toujours au plus mal et le cur&#233; de Saint-Gen&#232;s &#233;tait venu lui donner les derniers sacrements.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la salle basse, les murmures se sont tus lorsque le notaire rejoignit la table o&#249; se trouvaient, attabl&#233;s devant un cruchon de vin d'Escoutoux largement entam&#233;, le fr&#232;re et le cousin de la malheureuse. Le cur&#233; venait de partir et les voisines &#224; leur tour se levaient pour quitter la pi&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;&lt;i&gt;Comment va-t-elle ?&lt;/i&gt;&#034; demand&#232;rent-ils au tabellion&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;&lt;i&gt;Elle ne passera pas la nuit&lt;/i&gt;&#034; r&#233;pondit Jehan, accabl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux autres se regard&#232;rent, g&#234;n&#233;s par le lourd secret qu'ils s'appr&#234;taient &#224; r&#233;v&#233;ler et par ses toutes aussi lourdes cons&#233;quences. &#034;&lt;i&gt;Le cur&#233; a peut-&#234;tre une explication au mal de ta femme. Une explication qui ne doit rien &#224; la m&#233;decine&lt;/i&gt;&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sommet leva les yeux sans mot dire, attendant la suite.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;&lt;i&gt;Connais-tu la Pigeroles que l'on dit la Turlutenche ?&lt;/i&gt;&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;&lt;i&gt;Guillaumette Pigeroles, qui reste pr&#232;s de Saint-Jehan du Passet ? Celle que l'on dit un peu sorci&#232;re ?&lt;/i&gt;&#034; demanda, intrigu&#233;, le notaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;&lt;i&gt;Elle m&#234;me ! La rumeur n'est pas fausse&lt;/i&gt;&#034;, affirma le fr&#232;re de Jehan. &#034;&lt;i&gt;Elle est r&#233;put&#233;e &#234;tre grande sorci&#232;re et surtout une bien mauvaise femme&lt;/i&gt;&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;&lt;i&gt;Grand bien lui fasse ! En quoi cela me concerne-t-il ?&lt;/i&gt;&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;&lt;i&gt;Cela concerne ta femme ! On l'a vue en grande conversation avec le jour avant qu'elle ne se trouve mal. Il semble m&#234;me qu'elles se disputaient&lt;/i&gt;&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;&lt;i&gt;Et alors ?&lt;/i&gt;&#034; fit le notaire qui commen&#231;ait tout de m&#234;me &#224; voir o&#249; ses deux comp&#232;res voulaient en venir.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;&lt;i&gt;Ne t'est-il jamais venu &#224; l'esprit que la maladie de la femme de Jehan ne pouvait venir d'un sort ? Si nous allions trouver cette Turlutenche, peut-&#234;tre pourrions-nous la convaincre de lever le mal&#233;fice et sauver ma ch&#232;re cousine ?&lt;/i&gt;&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;&lt;i&gt;Lever un sort a un prix. Je suis pr&#234;t &#224; donner beaucoup d'or &#224; cette mauvaise femme si elle me rend ma mie. Allez mes amis, faites pour le mieux !&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux compagnons se relev&#232;rent d'une d&#233;marche due autant &#224; la fatigue qu'au contenu de la cruche d&#233;sormais vide. Ils sortirent dans la nuit laissant le notaire ruminer son chagrin m&#234;l&#233; de projets de vengeance contre celle qui, il en &#233;tait maintenant s&#251;r, &#233;tait &#224; l'origine des malheurs de sa famille. La peur est mauvaise conseill&#232;re, autant que la vinasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guillaumette Pigeroles f&#251;t brusquement tir&#233;e de son sommeil par un grand bruit. Deux hommes &#233;taient entr&#233;s dans sa modeste maison accol&#233;e aux remparts au-dessus de la Durolle, pr&#232;s de la porte Saint-Jean. Ils se dressaient de chaque c&#244;t&#233; de son lit et la maintenaient d'une poigne de fer. Leurs yeux luisaient d'une mauvaise lumi&#232;re que la femme devina provenir autant de la col&#232;re que de l'ivresse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;&lt;i&gt;Vas-tu lever le sort ?&lt;/i&gt;&#034; hurla celui qui sembla le plus avin&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;&lt;i&gt;Mais de quoi parlez-vous ?&lt;/i&gt;&#034; se d&#233;fendit Guillaumette.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;&lt;i&gt;Ah, tu fais semblant de ne pas comprendre ? Nous allons r&#233;chauffer tes souvenirs&lt;/i&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ligot&#233;e, la femme Pigeroles fut transport&#233;e dans la pi&#232;ce o&#249; une b&#251;che terminait de se consumer dans l'&#226;tre. Voyant l'un des deux raviver le feu, tandis que l'autre la rouait de coups, Guillaumette comprit le sort qui l'attendait. Le supplice sembla durer des heures. Apr&#232;s l'avoir battue, ses bourreaux firent r&#244;tir les pieds dans la chemin&#233;e avant de la tra&#238;ner &#224; moiti&#233; nue sur la petite place devant l'&#233;glise. L&#224;, ils la battirent encore, jusqu'&#224; ce que, &#224; bout de forces, elle fin&#238;t par avouer l'impensable. Oui, elle avait bien jet&#233; un sort &#224; la femme du notaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour mettre fin &#224; son calvaire, elle &#233;tait pr&#234;te &#224; reconna&#238;tre n'importe quoi : les cas de peste dans la ville, la mort d'une centaine de vaches des environs et m&#234;me avoir livr&#233; la Pucelle aux Anglais ! Alert&#233;s par les hurlements, quelques curieux avaient bien mis le nez &#224; la fen&#234;tre, mais rentr&#232;rent bien vite. Qui va porter secours &#224; une sorci&#232;re ? Apr&#232;s tout, ne l'a-t-elle pas cherch&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un grand cri, elle s'effondra devant la porte de l'&#233;glise. Les deux hommes satisfaits du bon r&#233;sultat de leur mission rentr&#232;rent au bourg, rendre compte au notaire. La maison &#233;tait sortie de sa torpeur. La servante descend l'escalier en trombe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;&lt;i&gt;Ma ma&#238;tresse s'est r&#233;veill&#233;e ! Elle r&#233;clame du bouillon !&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gu&#233;rison inesp&#233;r&#233;e de Jehanne Sommet semblait montrer que le sort avait bien &#233;t&#233; lev&#233;. Mis au fait des &#233;v&#232;nements, le notaire se montrait curieusement contrari&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;&lt;i&gt;Vous avez fait du tapage. Toute la ville va &#234;tre rapidement au courant. Si elle est morte, vous serez vite d&#233;nonc&#233;s ; si elle en r&#233;chappe, nous avons tout &#224; craindre de sa vengeance&lt;/i&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au petit matin, envelopp&#233; dans un immense manteau, Sommet descendit jusqu'&#224; l'&#233;glise Saint-Jean. Qu'allait-il faire ? Lui-m&#234;me ne le savait pas ! Arrivant sur le parvis, la sorci&#232;re &#233;tait toujours l&#224;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; la froideur de son corps, le notaire comprit qu'elle &#233;tait morte. Les traces qui bleuissaient ses membres trahissaient la violence des coups. Il la tra&#238;na jusqu'&#224; chez elle, mais trouva porte close. Comment expliquer une telle diablerie alors que ses complices avaient tout laiss&#233; ouvert ? Des bruits se rapprochaient. Le quartier s'&#233;veillait. Sommet prit la fuite laissant la d&#233;pouille de la Turlutenche allong&#233;e sur le pas de sa porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les archers du seigneur de Thiers vinrent l'arr&#234;ter dans l'apr&#232;s-midi il ne nia pas les faits. Ses deux complices avaient pris la fuite. Il assuma seul. Mais apr&#232;s tout, n'avait-il pas d&#233;barrass&#233; la ville d'une sorci&#232;re ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Au lit au Moyen-&#194;ge</title>
		<link>https://escoutoux.net/Au-lit-au-Moyen-Age</link>
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		<dc:date>2020-11-14T10:27:01Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Article paru dans CentralParc juin 2013. Que l'on y dorme, que l'on y joue, que l'on y travaille, que l'on y soigne ou que l'on y meure, le lit est coeur de la vie m&#233;di&#233;vale. C'est le meuble le plus important de la demeure m&#233;di&#233;vale.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://escoutoux.net/-Histoires-d-eux-" rel="directory"&gt;Histoires d'eux..&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L150xH60/arton6335-81f28.jpg?1784965873' width='150' height='60' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Aux temps des carolingiens, on dort souvent par terre. Les lits ne sont encore que de simples tables de bois aux pieds &#233;l&#233;gamment tourn&#233;s. Sur leur plateau plein est dispos&#233;e la couette, un grand coussin mou et ovale. Celle-ci sert de matelas. Pour dormir, on s'enroule dans une couverture. D&#232;s le XII&#176; si&#232;cle, le lit plus courant est un simple caisson dot&#233; de pieds, plein ou &#224; barreaux. Ce meuble fixe et solide, est en bois de peuplier, de ch&#226;taignier, plus souvent de sapin ou de noyer. Aux XIV&#176; et XV&#176; si&#232;cles, il prend de la hauteur. Il est isol&#233; du sol par une planche &#233;paisse ou un estrade dans les ch&#226;teaux. L&#224;, prot&#233;g&#233; par une courtine, mollement couch&#233; sur une couette et enroul&#233; dans des draps et couvertures &#233;paisses, le dormeur m&#233;di&#233;val n'a rien &#224; envier &#224; notre confort moderne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le lit de vie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout une vie se d&#233;roule autour du lit d'ordre priv&#233; avec les proches mais aussi d'ordre public. En effet, le lit est symbole du pouvoir. Au XV&#176; si&#232;cle, les grands proc&#232;s sont jug&#233;s par le roi dans une lit de justice, espace sur&#233;lev&#233; &#224; l'int&#233;rieur d'une cl&#244;ture. Son tr&#244;ne est surmont&#233; d'un dais et entour&#233; de tentures, &#224; l'image d'un lit, d'o&#249; le terme de &lt;i&gt;lit de justice&lt;/i&gt;. C'est &#233;galement allong&#233; sur un lit que les grands donnent audience &#224; leurs proches et alli&#233;s, astreints &#224; demeurer debout. Paradoxalement, &#234;tre couch&#233; est le signe d'un statut sup&#233;rieur. Dans la chambre de parement, pi&#232;ce destin&#233;e aux fonctions officielles, un lit d'apparat est dress&#233;. Ce meuble de prestige est expos&#233; aux yeux des visiteurs, sans qu'il en soit fait usage. Dans les cours royales et princi&#232;res, il est de dimensions extravagantes, comme en t&#233;moigne la description d'une couverture de fourrure appartenant au rois Charles V (1364-1380) et d&#233;passant les 38 m2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre priv&#233; et intime, le lit conjugal a toute son importance et doit &#234;tre b&#233;ni par le pr&#234;tre le soir des noces. De nombreuses croyances sont li&#233;es au pouvoir du lit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par exemple, avec l'aide d'un bijou, comme un diamant ou une pierre d'aimant, le lit serait capable d'expulser l'adult&#232;re qu'un mari soup&#231;onne sans pour autant avoir de preuves. Pour les hommes d'&#233;glise, il n'existe qu'une seule justification &#224; l'amour physique, la procr&#233;ation, la position allong&#233;e sur le dos pour la femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le lit des malades et mourants&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il touche aux moments de vie, le lit est aussi le seul horizon des grabataires et des mourants. Dans sa chambre, le malade alit&#233; ne reste jamais seul. Autour se pressent la garde-malade, le notaire, le m&#233;decin, le pr&#234;tre, qui vient donner la derni&#232;re communion ou l'extr&#234;me onction, la famille, les amis, les voisins...&lt;br class='autobr' /&gt;
La majorit&#233; des gens meurent dans leur propre lit. Les d&#233;funts sont inhum&#233;s cousus dans leur linceul, &#224; savoir le drap de leur lit, puis couch&#233;s dans la terre jusqu'&#224; la consommation des temps. Le christianisme m&#233;di&#233;val veut que les chr&#233;tiens soient enterr&#233;s couch&#233;s sur le dos, face tourn&#233;e vers le ciel. L'assimilation entre le sommeil et la mort est profonde : la t&#234;te du d&#233;funt est pos&#233;e sur un oreiller.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La chambre id&#233;ale et son lit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chambre id&#233;ale est lambriss&#233;e ou blanchie, planch&#233;i&#233;e et confortablement am&#233;nag&#233;e, avec latrines priv&#233;es. Une chemin&#233;e est jug&#233;e souhaitable, surtout dans les pi&#232;ces accueillant femmes et enfants : c'est en effet au coin du feu que les nourrices allaitent, que les dames filent ou brodent en chantant des &#034;&lt;i&gt;chansons de toile&lt;/i&gt;&#034;. Souvent, une autre pi&#232;ce sans fen&#234;tre et adoss&#233;e &#224; un po&#234;le ou &#224; une chemin&#233;e est pr&#233;vue pour les nourrissons et les malades : la chambre chaude.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les ch&#226;teaux, la chambre est &#233;quip&#233;e d'un sas d'acc&#232;s en bois, appel&#233; tournavent ou ostevent, dont le nom montre bien qu'il avait pour mission d'&#233;liminer les courants d'air. Sur le sol de la chambre est dispos&#233;e une natte en paille tress&#233;e, parfois &#233;tendue &#224; l'ensemble de la pi&#232;ce. Au chevet du lit se trouve une chaire pratique pour s'habiller le matin, elle peut &#234;tre d&#233;plac&#233;e pour que l'on s'y fasse raser et peigner. Au pied du lit est dress&#233; un grand coffre &#224; linge et &#224; habits et autour sont dispos&#233;s un chandelier sur un petit buffet ainsi qu'un lavabo &#224; proximit&#233;. &#192; l'occasion, la chambre sert m&#234;me de salle &#224; manger, en dressant rapidement une table sur tr&#233;teaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'autres lits&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde ne drot pas aussi confortablement. Le paysan dort sur un lit modeste fait de paille et de modestes couvertures qu'il partage avec les siens. Dans les auberges, on peut dormir jusqu'&#224; cin ou six personnes par lit, en rand d'oignons.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'h&#244;pital, l'intimit&#233; est supprim&#233;e au profit de l'utilit&#233; car les soignants doivent pouvoir acc&#233;der facilement &#224; leurs patients. Les tout-petits sont plus commod&#233;ment install&#233;s, dans leur berceau qui berce &#224; roulis, en France, Flandre ou Angleterre ou &#224; tangage en Italie. Pour &#233;viter que le b&#233;b&#233; ne tombe, s'il est berc&#233; trop vivement, le berceau est muni d'une sangle de s&#233;curit&#233; qui court des pieds &#224; sa poitrine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelques bons conseils pour bien dormir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour bien dormir, apr&#232;s un souper mesur&#233;, une veill&#233;e paisible et donc recommand&#233;e pour un sommeil d'une dur&#233;e maximale de 8 heures, coiff&#233; un bonnet, nu, si possible allong&#233; sur le c&#244;t&#233; et jamais sur le ventre. L'exc&#232;s de sommeil est en effet jug&#233; nocif : il engendre des maladies &#034;froides&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Seuls les malades et les femmes accouch&#233;es ont le droit de rester au lit. Apr&#232;s un accouchement, ces derni&#232;res, jug&#233;es impures, doivent patienter quarante jours alit&#233;es, le temps des relevailles. Les images m&#233;di&#233;vales du sommeil montrent toujours des dormeurs &#233;tendus de tout leur long, faisant contrepoids &#224; une id&#233;e re&#231;ue selon laquelle nos anc&#234;tres dormaient assis dans des lits de m&#233;diocre longueur. La position assise para&#238;t se diffuser &#224; La Renaissance plut&#244;t qu'&#224; l'&#233;poque m&#233;di&#233;vale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Insomnies, r&#234;ves et cauchemars&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour stopper les insomnies, les m&#233;decins du Moyen &#194;ge ont plusieurs recettes, dont la premi&#232;re et la plus simple a un caract&#232;re quelque peu immoral : boire ! Un adage r&#233;pandu dit en effet que &lt;i&gt;le bon vin fait souef dormir&lt;/i&gt;. Dans les fabliaux, les gros buveurs boivent jusqu'&#224; en &#234;tre assomm&#233;s et s'endorment d'une masse...&lt;br class='autobr' /&gt;
Les autres recettes sont de type m&#233;dical : l'absorption de somnif&#232;res &#224; base par exemple de mandragore. Pour les personnes les plus riches, la musique est consid&#233;r&#233;e comme une aide &#224; l'endormissement. &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#234;ves et cauchemars int&#233;ressent les savants. Selon eux, les songes se forment dans l'une des trois chambres du cerveau : la chambre de l'imagination, log&#233;e dans le lobe frontal.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les r&#234;ves suscitent l'int&#233;r&#234;t des la&#239;cs et des clercs : ceux-ci ont observ&#233; que les vies de saints et de grands personnages abondaient en r&#234;ves pr&#233;monitoires... Quant aux cauchemars, les images et r&#233;cits les concernant sont nombreux d&#232;s le XII&#176; si&#232;cle. Les puissants r&#234;vent de temp&#234;tes prodigieuses, d'animaux sauvages d&#233;vorant leur peuple, de paysans r&#233;volt&#233;s, de guerres. Leur raison d'&#234;tre est jug&#233;e multiple. &lt;br class='autobr' /&gt;
Si certains les croient d'origine d&#233;moniaque, les m&#233;decins pensent qu'ils sont le r&#233;sultat d'une alimentation trop lourde. Les th&#233;rapeutes prennent n&#233;anmoins les cauchemars au s&#233;rieux et les traitent comme une maladie. Pour &#233;viter tout danger, sur le lit des adultes comme des enfants, des signes de protection sont peints sur les berceaux, le plus souvent au pied du lit : signes stellaires, solaires, images de saints, pictogrammes de crucifixion, trigramme IHS...&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il faut surtout faire des pri&#232;res, en plus d'invoquer le nom de son ange gardien avant d'aller au lit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonne nuit !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La coll&#233;giale Saint-Gen&#232;s</title>
		<link>https://escoutoux.net/La-collegiale-Saint-Genes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://escoutoux.net/La-collegiale-Saint-Genes</guid>
		<dc:date>2020-11-14T10:14:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Article paru dans CentralParc d&#233;cembre 2012. Texte Sophie Pavlic d'apr&#232;s la th&#232;se d'architecture de Michel Combronde, et informations communiqu&#233;es par J&#233;r&#233;my Rousset, Guide conf&#233;rencier de l'Office de Tourisme Thiers Communaut&#233;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://escoutoux.net/-Histoires-d-eux-" rel="directory"&gt;Histoires d'eux..&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L150xH60/arton6348-cba32.jpg?1784972649' width='150' height='60' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le nom primitif &#034;Thiern&#034;, &#034;Tchi&#233;&#034; ou &#034;Tjern&#034; (suivant les auteurs), voudrait dire en celte &#034;Maison du Chef&#034; (Paul Bechon : Thiers, capitale de la celtique - 1947) ; cette traduction est donn&#233;e dans de nombreux ouvrages. Hermosh Andrieu, dans son livre &lt;i&gt;Histoire de la ville et baronnie de Thiers&lt;/i&gt; cite &#034;&lt;i&gt;Thiers autrement Thiern, signifie Maison du Chef, Chef-lieu de canon... On y d&#233;lib&#233;rait sur la situation du pays, on &#233;lisait le chef de guerre, on arr&#234;tait les plans de campagne&lt;/i&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On suppose qu'un camp gaulois devait &#234;tre install&#233; dans un lieu proche de l'&#233;glise du Mo&#251;tier au d&#233;bouch&#233; de la Vall&#233;e de la Durolle. Cet endroit &#233;tait le plus propice &#224; l'installation d'une &#034;tribu&#034;, car il est adoss&#233; au versant ouest abrupt de la montagne, prot&#233;g&#233; des vents du nid par l'&#233;peron o&#249; est install&#233;e actuellement la vieille ville et sur&#233;lev&#233; par rapport &#224; La Durolle pour ne pas redouter ses crues r&#233;p&#233;t&#233;es, et donc &#224; l'&#233;cart des terres mar&#233;cageuses de la plaine mais cependant proche du franchissement de ce cours d'eau par un gu&#233; s&#251;rement tout proche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne connaissons pour ainsi dire rien de ce village mais nous trouvons autour de Thiers des rochers ou blocs de granite qui sont, par certains, qualifi&#233;s de M&#233;galithes. Paul Bechon en parle dans son livre et essaie de les relier entre eux ou de d&#233;finir leur position par rapport &#224; un syst&#232;me de d&#233;limitation ou d'&#233;l&#233;ments cosmiques : d'autres les identifient comme des lieux de culte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette cit&#233; fut s&#251;rement ras&#233;e puis reconstruite plusieurs fois au m&#234;me endroit, suivant les vicissitudes de la guerre, au d&#233;but, entre tribus rivales puis contre les Romains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Thiern&lt;/i&gt; devient &lt;i&gt;Castrum Tigernum&lt;/i&gt;, et devait &#234;tre install&#233;e au m&#234;me endroit que la cit&#233; gauloise. Dans l'ouvrage d'hermosa Andrieu &lt;i&gt;Histoire de la Ville et Baronnie de Thiers&lt;/i&gt; - 1878 ce dernier &#233;crit : &#034;&lt;i&gt;Joignant la ville de Thiers, &#224; l'est, s'ouvre un passage &#224; travers les montagnes. C'est &#224; l'entr&#233;e de ce d&#233;fil&#233; que se trouvait construit le Ch&#226;teau de Thiers&#034;&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il va plus loin dans ses superpositions en &#233;crivant &#034;&lt;i&gt;Sous le gouvernement de l'Empereur Posthumius, chef militaire des Gaules en 257, empereur en 261, le monde europ&#233;en commen&#231;ait &#224; s'&#233;branler... Les nobles Gallo-Romains poss&#233;daient des lieux de refuge, des forteresses dans les montagnes. Les ch&#226;teaux f&#233;odaux dont les roches sont h&#233;riss&#233;es, plus tard, au X&#176; si&#232;cle, ont pour la plupart une origine Gallo-Romaine&lt;/i&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ch&#226;teau auquel il fait allusion n'est pas celui du camp &#224; l'entr&#233;e du d&#233;fil&#233; mais un autre qui sera un des points de d&#233;part de la ville haute sur l'&#233;peron rocheux (de nos jours, ces &#233;l&#233;ments sont inv&#233;rifiables).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, la religion chr&#233;tienne s'&#233;tendait et s'introduisait en Auvergne. Elle fut jalonn&#233;e par de nombreux martyrs. &#192; Thiers, au VI&#176; si&#232;cle, il existe deux sanctuaires mentionn&#233;s par Gr&#233;goire de Tours. L'un dans la plaine, l'autre su l'&#233;peron rocheux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au Mo&#251;tier, les reliques de Saint Symphorien, Martyr d'Autun en 180, sont apport&#233;es par un disciple sur le &#034;&lt;i&gt;saint autel du Ch&#226;teau de Thiers, en Auvergne, laquelle est construite en pi&#232;ce de bois&lt;/i&gt;&#034; (Gr&#233;goire de Tours, Le livre des Martyrs). Vers 532, Th&#233;odoric (Thiers 1er, fils de Clovis), s'empara du ch&#226;teau qui fut br&#251;l&#233;. Selon la l&#233;gende et par miracle, la chasse et les reliques qu'elle contient sont &#233;pargn&#233;es par le brasier et &#034;&lt;i&gt;brillent comme un astre au firmament&lt;/i&gt;&#034; (Gr&#233;goire de Tours). Il est certain qu'au VIII&#176; si&#232;cle, Aldebert, &#233;v&#234;que de Clermont, fonde un monast&#232;re b&#233;n&#233;dictin dans le quartier du Mo&#251;tier. Il sera d&#233;di&#233; &#224; Saint Symphorien au cours des si&#232;cles. En 1011, l'abbaye est affili&#233;e au puissant ordre de Cluny.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est durant ce VI&#176; si&#232;cle qu'Avit, &#233;v&#234;que de Clermont, fit b&#226;tir une nouvelle &#233;glise sur la colline en m&#233;moire de la d&#233;couverte miraculeuse de la s&#233;pulture de Saint Gen&#232;s faite par un paysan. Le martyr de Gen&#232;s est plac&#233; au III&#176; si&#232;cle, sous l'empereur Aur&#233;lien.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'installation de ce nouveau lieu de culte est li&#233;e &#224; une l&#233;gende rapport&#233;e par tous les auteurs mais relat&#233;e la premi&#232;re fois par Gr&#233;goire de Tours :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(La l&#233;gende des Martyrs - Chapitre LXVII)&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;&lt;i&gt;Tout r&#233;cemment, dans la partie du territoire de cette cit&#233; auvergnate qui avoisine le bourg fortifi&#233; de Thiers, le Saint du lieu, Saint Gen&#232;s, se manifesta de la mani&#232;re suivante : il arriva qu'un pauvre homme ayant assez savoir l'oeil sur ses boeufs, dont il se servait pour son labourage, les perdit ; en vain, il les demanda et les chercha de tous c&#244;t&#233;s. Impossible de les trouver. La nuit suivante, un homme apparut, et lui dit : &#034;Va par le chemin qui conduit &#224; la for&#234;t et tu trouveras tes boeufs que tu cherches, tout aupr&#232;s d'une dalle de marbre, occup&#233;s &#224; pa&#238;tre une herbe &#233;paisse. Apr&#232;s les avoir attel&#233;s &#224; ton chariot, emporte le marbre et place-le sur la s&#233;pulture qui est au bord du chemin. Moi, qui te dis ces choses, je suis Gen&#232;s, et ce tombeau est celui o&#249; j'ai &#233;t&#233; d&#233;pos&#233; dans des v&#234;tements blancs apr&#232;s avoir quitt&#233; ce monde par le martyre&lt;/i&gt;&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Notre homme, s'&#233;tant lev&#233; au point du jour, retrouve ses boeufs aupr&#232;s de la pierre indiqu&#233;e et fit ce que lui avait ordonn&#233; la vision. Et cela ne fut pas sans miracle car cette pierre qui &#233;tait si &#233;norme qu'&#224; peine elle e&#251;t pu &#234;tre remu&#233;e par plusieurs paires de boeufs, deux boeuf suffirent &#224; la porter. Aussi, bien des malades se rendent &#224; cet endroit, y font des offrandes et recouvrent la sant&#233;. Avit, l'Ev&#234;que du pays, apprenant cela, construisit une vaste basilique sur le tombeau du Saint, la d&#233;dia et y institua une f&#234;te, o&#249; une grande foule du peuple vient aujourd'hui porter des offrandes et repart, comme nous l'avons dit, avec la sant&#233;. Avit donna un nouvel &#233;clat &#224; cette basilique en y d&#233;posant des reliques de Saint Gen&#232;s d'Arles&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saint-Gen&#232;s serait le fils d'une femme d'Orient qui l'aurait confi&#233; &#224; Saint-Sir&#233;nat. D'apr&#232;s les &#233;crits du livre &lt;i&gt;Le vieux Thiers &lt;/i&gt; d'A. Bigay, Saint Sir&#233;nat en fit un chr&#233;tien ; &#034;&lt;i&gt;Mais &#224; peine le nouveau disciple suffisamment instruit, venait-il de recevoir le bapt&#234;me qu'il tomba entre les mains des ennemis de l'ap&#244;tre. Convaincu d'&#234;tre chr&#233;tien, et s'&#233;tant refus&#233; &#224; trahir la retraite de son Ma&#238;tre, l' n&#233;ophyte fut condamn&#233; &#224; mort&lt;/i&gt;&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'autres pr&#233;tendent que ce Gen&#232;s &#233;tait originaire de Thiers et avait &#233;t&#233; converti par Sir&#233;nat dans la ville m&#234;me. Mais l'office du Saint donne la premi&#232;re version. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il fut d&#233;capit&#233; par un soldat romain.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le lieu de cette ex&#233;cution serait un rocher plat sous le cimeti&#232;re Saint-Jean, &#224; l'heure actuelle englob&#233; dans une usine au Creux de l'Enfer.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;&lt;i&gt;Ce lieu &#233;tait un lieu de d&#233;votion. En 1875, le clerg&#233; se rendait encore en procession &#224; ce rocher le jour de la f&#234;te patronale de St-Gen&#232;s&lt;/i&gt;&#034;. (A. Bigay, Le Vieux Thiers).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fond&#233;e en 575 par Avit, l'&#233;glise fut ruin&#233;e et remplac&#233;e au XI&#176; si&#232;cle par l'&#233;difice actuel. C'est en 1016 que Guy II, seigneur de Thiers, dota St-Gen&#232;s d'un chapitre de chanoines. Ses successeurs firent restaurer la coll&#233;giale en 1107.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au XVII&#176; si&#232;cle, elle connut des heures douloureuses &#224; l'occasion des Guerres de religion. Elle fut prise par les Huguenots en 1568 et ne fut sauv&#233;e que gr&#226;ce &#224; l'intervention d'un marchand de Thiers, Beno&#238;t All&#232;gre, qui acheta le d&#233;part des protestants. Il semble que ce soit &#224; cette occasion que le clocher qui surmontait la crois&#233;e du transept disparut.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au XVI&#176; et XVII&#176; si&#232;cles, elle fut agrandie par l'adjonction de chapelles lat&#233;rales &#233;difi&#233;es par des particuliers ou des confr&#233;ries religieuses. Les chanoines impos&#232;rent aux constructeurs le style gothique. A cette &#233;poque de grosses r&#233;parations furent ex&#233;cut&#233;es &#224; l'int&#233;rieur suite &#224; l'effondrement d'un pilier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il semble que la R&#233;volution n'alt&#233;ra pas l'&#233;difice. Au milieu du XIV&#176;, l'acc&#232;s est modifi&#233; et le porche couvert de la fa&#231;ade ouest est supprim&#233;. De nouvelles orgues furent construites entre 1853 et 1863.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;glise romane poss&#232;de la plus grande coupole de la r&#233;gion qui couvre une surface de 101 m2 - ce qui est remarquable pour une construction de cette p&#233;riode. &#192; l'origine, la nef principale devait &#234;tre couverte d'une toiture, remplac&#233;e plus tard par la vo&#251;te actuelle sur crois&#233;e d'ogives. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 6 ao&#251;t 1863, au moment o&#249; l'on remettait en place le buffet d'orgue, on d&#233;couvrit &#224; environ 60 cm du niveau actuel, des pavements de mosa&#239;ques du milieu du XII&#176; si&#232;cle. Gr&#226;ce &#224; l'intervention du cur&#233; ils ont pu &#234;tre sauvegard&#233;s en partie. &lt;a href=&#034;https://escoutoux.net/mosaiques-st-genes?var_mode=calcul&#034; target=&#034;blank&#034;&gt;&lt;font color=&#034;blue&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ces pavements sont orn&#233;s de cubes de mosa&#239;ques&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt; noirs, blancs, rouges, verts et gris, de plaquettes de marbre, blanches ou rouges, et de morceaux de verre antique parsem&#233;s dans le pavement. Une bordure ext&#233;rieure encadrait, sous forme de tapis, un ensemble d'une trentaine de m&#233;daillons dont seule une quinzaine a &#233;t&#233; r&#233;pertori&#233;e. Dans les m&#233;daillons sont figur&#233;s des personnages &#034;amour&#034; &#224; califourchon sur une outre, des animaux : un basilic accompagn&#233; des lettres BA, un paon, un lion, la partie ant&#233;rieure d'un &#233;l&#233;phant. Cette composition qui se pr&#233;sentait comme un tapis d&#233;roul&#233; devant la porte d'entr&#233;e est, en fait, une repr&#233;sentation du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinq des panneaux vont &#234;tre install&#233;s prochainement dans une des chapelles de la coll&#233;giale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors trop petite pour accueillir la population croissante de la ville qui connaissait une tr&#232;s grande activit&#233; &#233;conomique, les chapelles lat&#233;rales furent &#233;difi&#233;es &#224; partir de 1520. L'une des plus anciennes est situ&#233;e au bout de la partie nord du transept. Elle est surprenante par ses sculptures et son aspect &#233;lanc&#233;. Les m&#233;daillons de la vo&#251;te repr&#233;sentent les autre Evang&#233;listes et les quatre vertus cardinales. La cl&#233; de vo&#251;te porte les armoiries de la famille qui l'a fait &#233;difi&#233;e. Une peinture endommag&#233;e orne le dessus de l'autel. Elle repr&#233;sente le couronnement de la Vierge et rappelle le passage des Huguenots en 1568.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les trois autres chapelles furent construites dans la premi&#232;re moiti&#233; du XVII&#176; si&#232;cle. Dans la partie sud, deux chapelles furent &#233;difi&#233;es en &#034;pierre de Ravel&#034;. Au XVII&#176;, la troisi&#232;me chapelle, dite chapelle du Saint Sacrement, a &#233;t&#233; d&#233;cor&#233;e de boiseries remploy&#233;es. Elle poss&#232;de un autel baroque monumental encadr&#233; de deux sculptures. L'une repr&#233;sente Saint Gen&#232;s portant la palme de martyr et l'autre Saint Etienne de Muret, issu des seigneurs de Thiers au XI&#176; si&#232;cle et fondateur de l'ordre monastique des Grammont.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mobilier, consid&#233;rable sous l'ancien r&#233;gime, a &#233;t&#233; dispers&#233; au moment de la R&#233;volution. Aujourd'hui il n'en reste que peu de choses...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustrations&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://commons.wikimedia.org/wiki/File:&#201;glise_Saint-Gen&#232;s_de_Thiers.jpg?uselang=fr&#034; target=&#034;blank&#034;&gt; &lt;font color=&#034;blue&#034;&gt;&#201;glise Saint-Gen&#232;s de Thiers&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;, 2 janvier 1851&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Fa&#231;ade_sud_&#233;glise_Saint-Gen&#232;s_de_Thiers.jpg&#034; target=&#034;blank&#034;&gt;&lt;font color=&#034;blue&#034;&gt;Fa&#231;ade sud&lt;/a&gt;&lt;/font&gt; de l'&#233;glise Saint-Gen&#232;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Interieur_&#233;glise_Saint-Gen&#232;s_de_Thiers.jpg&#034; target=&#034;blank&#034;&gt;&lt;font color=&#034;blue&#034;&gt;Interieur&lt;/a&gt;&lt;/font&gt; &#233;glise Saint-Gen&#232;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://commons.wikimedia.org/wiki/File:&#201;glise_Saint-Gen&#232;s_avant_1860.jpg?uselang=fr&#034; target=&#034;blank&#034;&gt;&lt;font color=&#034;blue&#034;&gt;Cath&#233;drale de Thiers gravure de 1848&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;, auteur inconnu&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vid&#233;o : Apparition de Saint Genest &#224; Saint &#201;tienne de Grandmont, r&#233;alis&#233;e par la &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/channel/UCwy6iKCKGd55ZJ8b_Fq1cpw&#034; target=&#034;blank&#034;&gt;&lt;font color=&#034;blue&#034;&gt;WebTv Livradois Forez&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce tableau restaur&#233; depuis peu repr&#233;sente l'apparition de Saint Genest &#224; Saint &#201;tienne de Grandmont survenue &#224; Thiers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Saint &#201;tienne de Grandmont, fils du vicomte de Thiers est confi&#233; &#224; 12 ans au doyen du chapitre de Paris. Lorsque celui-ci est nomm&#233; &#233;v&#234;que de B&#233;n&#233;vent en Italie, Etienne le suit. Apr&#232;s sa mort, en 1078, il rentre &#224; Thiers, renonce &#224; tous ses biens et gagne la for&#234;t de Muret o&#249; il m&#232;ne une vie de grande aust&#233;rit&#233; dans la solitude des hommes et la pr&#233;sence de Dieu. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au bout de quelques temps, des disciples le rejoignent et cette petite communaut&#233; d'ermites quitta Muret apr&#232;s sa mort et s'&#233;tablit &#224; Grandmont dans le Limousin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le Gar&#231;u</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Le Gar&#231;u est le dernier film de Maurice Pialat, tourn&#233; &#224; Cunlhat. Article publi&#233; dans CentralParc avril 2013. Informations collect&#233;es par Christophe Jeanpetit, Directeur de Cin&#233; Parc.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://escoutoux.net/-Histoires-d-eux-" rel="directory"&gt;Histoires d'eux..&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L150xH65/arton6320-fb26c.jpg?1784972649' width='150' height='65' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Maurice va na&#238;tre &#224; &lt;strong&gt;Cunlhat&lt;/strong&gt; en 1925, dans une grande maison situ&#233;e dans l'actuelle rue du 8 mai. L'aisance relative de sa famille ne durera pas et en 1927, ils partent s'installer dans la r&#233;gion parisienne. Ce n'est qu'en 1940 qu'ils reviendront quelques temps &#224; Cunlhat&#8230; puis en 1947 car sa m&#232;re malade pense que l'air auvergnat pourrait lui &#234;tre salutaire. La famille Pialat pose donc de nouveau ses valises &#224; Cunlhat, rue de la Poste, ce qui ne rend pas forc&#233;ment enthousiaste le jeune Maurice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Embauch&#233; par un laboratoire pharmaceutique lyonnais, Maurice Pialat va d&#233;buter professionnellement comme visiteur m&#233;dical pendant cinq ans, o&#249; il sera amen&#233; &#224; parcourir le Puy-de-D&#244;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1949 il &#233;pouse Micheline et passe de temps &#224; autre &#224; Cunlhat. Ils etourneront en r&#233;gion parisienne de mani&#232;re d&#233;finitive en 1952 o&#249; il deviendra&lt;br class='autobr' /&gt;
repr&#233;sentant chez Olivetti puis il encha&#238;nera des emplois d'assistant ou de monteur pour le cin&#233;ma et la t&#233;l&#233;vision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pendant cette p&#233;riode qu'il tournera son premier court-m&#233;trage : Isabelle aux Dombes et qu'en 1953 il filmera le Congr&#233;s Eucharistique Dioc&#233;sain et le voyage de l'&#233;v&#234;que de Clermont-Ferrand &#224; Cunlhat (disponibles dans les DVD &#233;dit&#233;s chez Gaumont en 2005). Sa r&#233;alisation du court-m&#233;trage L'amour existe lui vaudra une commande de la part de Path&#233; : une s&#233;rie de courts-m&#233;trages consacr&#233;s &#224; la Turquie, puis sur la France (Les Chroniques de France).&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais c'est son film L'enfance nue en 1969 qui va le r&#233;v&#233;ler au grand public, suivi de la s&#233;rie t&#233;l&#233;vis&#233;e command&#233;e par l'ORTF, La maison des bois. Deux films plus ouvertement autobiographiques Nous ne vieillirons pas ensemble et&lt;br class='autobr' /&gt;
La gueule ouverte cl&#244;tureront la trilogie de Pialat sur l'enfance, le mariage et la mort. Apr&#232;s Passe ton bac d'abord en 1978, s'installeront des fid&#233;lit&#233;s avec des acteurs comme G&#233;rard Depardieu ou Sandrine Bonnaire dans les films Loulou en 1979 puis A nos amours en 1983, Police en 1985, et Sous le soleil de Satan qui lui vaut la Palme d'Or sous les sifflets en 1987.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi l'ann&#233;e o&#249; Maurice Pialat va se remarier avec Sylvie Danton, originaire de &lt;strong&gt;Charbonni&#232;res-les-Vieilles&lt;/strong&gt; (pr&#232;s de Riom)&#8230; Au sommet de son art, il r&#233;alisera Van Gogh en 1991.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui sera son dernier film, le c&#233;l&#232;bre r&#233;alisateur a donc d&#233;cid&#233; de revenir sur sa terre natale pour tourner plusieurs sc&#232;nes du Gar&#231;u, le sobriquet de son p&#232;re, Antoine Roger, lorsqu'il y tenait une mercerie. Il rend aussi un hommage&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; son grand-p&#232;re, Maurice, mort accidentellement lors du d&#233;chargement de billes de bois &#224; la gare de Giroux lors d'une sc&#232;ne o&#249; G&#233;rard (jou&#233; par G&#233;rard Depardieu) explique cette histoire &#224; Sophie (jou&#233;e par G&#233;raldine Pailhas) sur la route de &lt;strong&gt;Domaize&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Gar&#231;u a &#233;t&#233; en effet tourn&#233; en partie sur la commune de &lt;strong&gt;Cunlhat&lt;/strong&gt; o&#249; l'&#233;quipe du film s'est install&#233;e pendant pr&#232;s de deux mois, en hiver 1994, pour un tournage proprement dit d'une quinzaine de jours &#224; la maison de retraite, au caf&#233; Puissocher, sous la halle de la mairie, sur la route de Domaize, et dans la cour d'une ferme dans le hameau d'Omaly. De nombreux Cunlhatois apparaissent d'ailleurs dans son film.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques sc&#232;nes d'int&#233;rieur ont aussi &#233;t&#233; tourn&#233;es &#224; l'Archou, sur la commune de &lt;strong&gt;St-Jean-des-Olli&#232;res&lt;/strong&gt; mais certaines n'ont pas &#233;t&#233; mont&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le rapport je t'aime, je te hais, entretenu savamment par Pialat tout au long de sa vie, fait dire &#224; son double, G&#233;rard Depardieu, lorsque le pompiste lui demande s'il revient au pays : &#171; &lt;i&gt;Ah non, certainement pas, c'est trop laid, trop de sapins&#8230;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques sc&#232;nes auparavant il lui faisait dire aussi : &#171; &lt;i&gt;Finalement je n'ai jamais connu mon pays&#8230; Jamais plus je ne reviendrai&#8230;&lt;/i&gt; &#187;. Ce qui fut effectivement le cas&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tout, un des grands regrets du r&#233;alisateur fut de ne pouvoir adapter le roman de Lucien Gachon Maria, pour des raisons essentiellement financi&#232;res : &#171; &lt;i&gt;L'oeuvre admirable de Lucien Gachon ne me quitte pas&lt;/i&gt; &#187; avouait-il &#224; L'Auvergnat de Paris. Il disait aussi &#224; propos de cet hypoth&#233;tique film : &#171; &lt;i&gt;Je tournerai &#224; Cunlhat, &#231;a fera chier le tout-Paris&lt;/i&gt; &#187;&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
En octobre 2004, la municipalit&#233; de Cunlhat lui d&#233;die une place, non loin de la maison de ses grands-parents, les deux femmes officielles de sa vie (Micheline et Sylvie) et son fils (Antoine) feront le d&#233;placement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Informations tir&#233;es des articles suivants : &#171; Maurice Pialat, Auvergnat de Cunlhat &#187; par Henri Ponchon ; La Gazette d'Ambert : article du 16/01/2003 &#171; Pialat : mort d'un gar&#231;u &#187; par Isabelle Besse ; La Montagne Ambert : article du 12/01/2003 &#171; Maurice Pialat : le gar&#231;u de Cunlhat &#187; par Caroline Freyssinge ; La Montagne Ambert : article du 11/01/2013 &#171; Flashback sur Pialat en Livradois &#187; par V&#233;ronique Lacoste-Mettey.&lt;br class='autobr' /&gt;
Remerciements &#224; Robert Gidon pour ses pr&#233;cisions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les plantes de l'Estive</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie</dc:creator>


		<dc:subject>prospecte_news</dc:subject>
		<dc:subject>mail_non_ouvert</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Article paru dans CentralParc juillet/ao&#251;t 2017. Texte et photos Sophie Pavlic.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://escoutoux.net/-Deguster-" rel="directory"&gt;D&#233;guster&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://escoutoux.net/+-Prospecte-+" rel="tag"&gt;prospecte_news&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://escoutoux.net/+-mail_non_ouvert-+" rel="tag"&gt;mail_non_ouvert&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L150xH42/arton6336-b65b8.jpg?1784771404' width='150' height='42' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ils sont une poign&#233;e en Auvergne, dans les Alpes et dans les Pyr&#233;n&#233;es, &#224; exercer le m&#233;tier de cueilleur de plantes de montagne. Am&#233;lie Laborde en fait partie. C'est &#224; 1 100 m d'altitude dans le Livradois, pr&#232;s de Saint-Eloi-la-Glaci&#232;re, au milieu des for&#234;ts d'&#233;pic&#233;as, des fleurs et des plantes d'altitude, qu'Am&#233;lie r&#233;colte, de fin avril &#224; mi-octobre, fleurs, herbes aromatiques et fruits sauvages pour en faire principalement des sirops, des confitures et des confiseries.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s avoir pass&#233; quatorze ann&#233;es, ponctu&#233;es de nombreux voyages, dans une entreprise de la r&#233;gion parisienne, Am&#233;lie et son mari Davi n'avaient qu'un souhait : se mettre au calme. En amoureux de l'Auvergne, ils ont alors sillonn&#233; le Livradois-Forez et ont eu le coup de foudre pour cette ancienne ferme o&#249;, jadis, les vaches montaient en estime. La jaseriez, enti&#232;rement restaur&#233;e par leurs soins, a conserv&#233; son &#226;me d'autrefois. C'est en explorant les 9 hectares de terrain qu'Am&#233;lie a red&#233;couvert les plantes qu'elle connaissait d&#233;j&#224; depuis bien longtemps... &lt;strong&gt;&#192; l'&#226;ge de quinze ans, elle avait r&#233;alis&#233; un herbier de trois mille plantes comestibles ! &lt;/strong&gt; Les tr&#233;sors naturels &#233;taient &#224; port&#233;e de main et lui ont donn&#233; l'envie de s'installer comme cueilleuse de plantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pens&#233;es sauvages lancent la saison d&#232;s mi-avril. Puis viennent l'ortie, la sauge des bois, le fenouil des Alpes, la menthe, les bourgeons de pain et les pousses d'&#233;pic&#233;a. D&#232;s l'&#233;t&#233;, c'est la r&#233;colte des frais des bois fin juin, des myrtilles, des baies de sureau rouge et de Reines de pr&#233;s en juillet, puis les framboises et le serpolet en ao&#251;t, et enfin les m&#251;res et le sureau noir en septembre. Am&#233;lie cueille aussi pour sa consommation personnelle : la grande berce, comestible &#224; tous les stades, qu'elle pr&#233;pare en fricass&#233;e, mais aussi les crosses de foug&#232;res, bouilles ou po&#234;l&#233;es, ainsi que la montie des fontaines, le plantain, les fleurs de mauve ou de V&#233;ronique pour ses salades printani&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; partir de 800 m&#232;tres d'altitude, la v&#233;g&#233;tation est dite de montagne, donc pas de noyers ni de ch&#226;taigniers encore moins d'arbres fruitiers : on ne les trouve, l'automne, que dans la vall&#233;e. En hiver, la nature se met en sommeil et la neige recouvre ces grandes &#233;tendues d'un manteau blanc pour trois semaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sp&#233;cialit&#233;s d'Am&#233;lie sont les sirops, &lt;strong&gt;les cuirs de fruits et les coeurs de cuirs&lt;/strong&gt;. Sirops de fruits rouge bien s&#251;r : framboises, m&#251;res, myrtilles et d'autres, les insolites : sirops de Reine des pr&#233;s, de bourgeons de pin, de pousses d'&#233;pic&#233;a, de pens&#233;es et de menthe sauvage, de sureau noir ou rouge. Ses cuirs de fruits ont vu le jour un peu par hasard. Pour faire les sirops, les fruits rouges passent &#224; l'extracteur de jus mais il reste la pulpe. Et Am&#233;lie n'aime pas jeter ! Elle a donc redress&#233; le tout, faisant ressortir, cette fois-ci, uniquement la pulpe. La p&#226;te obtenue, sans sucre ajout&#233;, sans g&#233;lifiant, est pass&#233;e au s&#233;choir et d&#233;voile alors toute la saveur du fruit. Aux cuirs de fruits &#224; la p&#234;che ou &#224; l'abricot, issus de fruits qui n'ont subi aucun traitement et qu'on lui donne, Am&#233;lie ajoute toujours des fruits ou des plantes r&#233;colt&#233;s chez elle. Les coeurs de cuirs, tout aussi d&#233;licieux, sont tout simplement - encore fallait-il y penser - des cuirs de fruits enrob&#233;s de chocolat noir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Redondet, certes, les vaches ne montent plus en estive, mais l'activit&#233; d'Am&#233;lie s'apparente &#224; celle des femmes d'autrefois. N'h&#233;sitez-pas &#224; monter d&#233;couvrir tous les tr&#233;sors de cette v&#233;g&#233;tation aux mille vertus en participant &#224; ses cours de cueillette sur demande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Am&#233;lie Laborde - Les Pierres Dav&#233;lie&lt;br class='autobr' /&gt;
Produits issus de cueillette locale &amp; Chambre d'h&#244;te&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Redondet&lt;br class='autobr' /&gt;
63890 St-Eloy-la-Glaci&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
Tel 06 33 69 91 61&lt;br class='autobr' /&gt;
Amelie@lespierresdavelie.fr&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Daniel Pouget</title>
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		<dc:date>2020-11-07T07:23:26Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Le beau portrait consacr&#233; en 2015 &#224; Daniel Pouget par Sophie Pavlic pour le magazine CentralParc retrace la vie peu commune d'un homme qui fut ethnologue, &#233;crivain, conservateur de mus&#233;e, &#171; homme &#224; tout faire &#187; dans sa jeunesse au Mus&#233;e de l'Homme &#224; Paris. Il &#233;crivit une bonne vingtaine d'ouvrages et r&#233;alisa deux films documentaires dans lesquels cet explorateur humaniste hors norme nous parle de sa passion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daniel Pouget est d&#233;c&#233;d&#233; dans la nuit du 22 au 23 octobre 2016 &#224; Clermont-Ferrand.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L150xH60/arton6332-3cb67.jpg?1784972649' width='150' height='60' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ethnologue, arch&#233;ologue, Conservateur de mus&#233;e &#224; 21 ans, fondateur du mus&#233;e des civilisations &#224; Saint-Rambert, conservateur des mus&#233;es for&#233;ziens, &#233;crivain, r&#233;alisateur de films documentaires, Daniel Pouget est, depuis son plus jeune &#226;ge, dot&#233; d'une soif intarissable toujours en qu&#234;te de connaissance, de d&#233;couvertes et d'aventures.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t qu'il porte aux diff&#233;rentes ethnies les plus menac&#233;es et surtout &#224; leurs traditions ancestrales qui, avec le temps, viendront &#224; dispara&#238;tre, l'a conduit vers diff&#233;rents pays et continents tels que l'Afrique, la Chine, l'Indon&#233;sie, l'Inde, l'Oc&#233;anie, le Groenland, la Laponie, le Tibet.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toujours avec l'envie de transmettre, il revient avec des t&#233;moignages : films, &#233;crits ou dessins dans lesquels il partage, avec beaucoup de respect, les traditions de ces peuples lointains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daniel Pouget est natif de Saint-Etienne. Son p&#232;re &#233;tait pl&#226;trier-peintre. Sa m&#232;re, secr&#233;taire dans les bureaux de la Manufacture d'Armes &#224; Saint-Etienne, avait deux passions : la musique et la lecture.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est &#224; travers les r&#233;cits d'explorateurs polaires, cont&#233;s par sa m&#232;re, qu'il d&#233;couvre les aventures de Jean Charcot qui le font alors r&#234;ver, et qui lui donneront, sans aucun doute, le go&#251;t du voyage, de l'aventure et des grands espaces.&lt;br class='autobr' /&gt;
Jouer avec ses camarades ne l'int&#233;ressait pas, il pr&#233;f&#233;rait la lecture, l'&#233;criture et le dessin. Une fois par an, Daniel accompagnait son grand-p&#232;re &#224; Paris. Et c'est ainsi qu'&#224; l'&#226;ge de six ans, il franchit pour la premi&#232;re fois la porte du &lt;i&gt;Mus&#233;e de l'Homme&lt;/i&gt; et d&#233;couvrit la &lt;i&gt;V&#233;nus Hottentote&lt;/i&gt; qui le marqua &#224; jamais.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; 14 ans il int&#232;gre l'&#201;cole des Beaux Arts de Saint-Etienne. Le jeune homme a enfin trouv&#233; sa voie. Dans sa jeunesse, le cyclisme a &#233;t&#233; aussi une de ses passions. Inscrit au V&#233;lo-Club St&#233;phanois, il fera de la comp&#233;tition et obtiendra le titre de Champion du Lyonnais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entreprise paternelle connut quelques soucis financiers et Daniel fut contraint d'arr&#234;ter ses &#233;tudes aux Beaux-Arts pour se rendre uniquement aux cours du soir. Le temps &#233;tait venu pour lui de se former &#224; la pl&#226;trerie peinture et de seconder son p&#232;re afin d'assurer la rel&#232;ve. Bien que dou&#233; et ne rechignant jamais devant le travail, il n'avait aucune envie d'aller sur les pas de son p&#232;re. C'est &#224; l'&#226;ge de 16 ans qu'il quitte le domicile parental pour la capitale. Il le fait &#224; v&#233;lo, accompagn&#233; d'Andr&#233;, un copain du V&#233;lo-Club st&#233;phanois originaire de Paris, &#224; peine plus &#226;g&#233; que lui.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des petits boulots, il en a fait ! Jusqu'au jour o&#249; il tente sa chance au Mus&#233;e de l'Homme qui propose un poste d'&lt;i&gt;homme &#224; tout faire&lt;/i&gt;. Il se pr&#233;sente et c'est lui qui obtient la place. Au beau milieu de cet univers qui le fait r&#234;ver, il lui arrive de croiser Paul-Emile Victor dans le mus&#233;e... Daniel ne se lasse pas d'admirer les collections du d&#233;partement arctique (le nom Arctique vient du grec ancien Artos qui signifie ours, en r&#233;f&#233;rence aux noms des constellations de la Grande Ourse et de la Petite Ourse, situ&#233;es pr&#232;s du p&#244;le nord c&#233;leste. Les ours polaires se trouvent uniquement sur &#034;La Terre des Ours&#034; en Arctique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme la vie est curieuse. Quelle &#233;toile l'&#233;clairera ? La Grande Ourse ou la Petite Ourse ? Il ne savait certainement pas qu'une bonne &#233;toile le guiderait et qu'il croiserait plus d'un ours blanc dans sa vie ! Et puis un jour, sur un panneau d'affichage, il vit un feuillet dactylographi&#233; mentionnant que &lt;i&gt;le d&#233;partement arctique &lt;/i&gt; recherchait cinq volontaires pour aller observer une migration en Laponie. Daniel fut le seul &#224; postuler et, bien s&#251;r, &#224; partir. La mission &#233;tait - si l'on peut dire - &#034;simple&#034; : se rendre en Laponie et r&#233;diger un rapport. &#194;g&#233; alors de 17 ans, il gagne la Norv&#232;ge &#224; v&#233;lo et quatre semaines lui seront n&#233;cessaires pour arriver dans le Grand Nord ! Une fois la migration termin&#233;e, enrichi de cette premi&#232;re exp&#233;rience inoubliable, Daniel regagne Paris et le Mus&#233;e de l'Homme o&#249; il remet son rapport minutieusement r&#233;dig&#233; et croqu&#233;. Ses talents sont imm&#233;diatement remarqu&#233;s et Robert Gessain, anthropologue, l'encourage &#224; continuer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Daniel s'initie alors &#224; la prise de vues, photographique et cin&#233;matographique. Avec le d&#233;sir de toujours apprendre et un go&#251;t particulier pour l'art, il s'inscrit la m&#234;me ann&#233;e &#224; l&lt;i&gt;'Ecole du Louvre&lt;/i&gt; en tant qu'auditeur libre, et &#224; la formation du m&#233;tier de conservateur du mus&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 30 mois d'interruption marqu&#233;s par son service militaire prolong&#233;, Daniel recontacte le Mus&#233;e de l'Homme. Il reprend ses cours d'ethnologie et de mus&#233;ologie. Entre Paris, Saint-Etienne, et ses p&#233;r&#233;grinations aux quatre coins du Monde, le nomade est heureux !&lt;br class='autobr' /&gt;
Daniel est infatigable. Le voyage et les grands espaces sont indissociables de sa personne. Une sorte de drogue pour que l'homme se ressource et approfondisse toujours plus ses recherches. Il &#233;crit, il filme, donne des conf&#233;rences. Il s'int&#233;resse de plus pr&#232;s au chamanisme, toutes cultures confondues, th&#232;me principal de plusieurs de ses ouvrages et aux diff&#233;rentes m&#233;decines - l'exposition pr&#233;sent&#233;e en 2014 au Couvent de Chazelles s'intitulait &#034;&lt;i&gt;Les gu&#233;risseurs d'Auvergne&lt;/i&gt;&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1962, il construit lui-m&#234;me sa maison &#224; Saint-Rambert. Le livreur de mat&#233;riaux est un passionn&#233; d'histoire locale. C'est &#224; cette occasion qu'il entend parler d'une jeune association, &#034;Les Amis du Vieux Saint-Rambert&#034;, qui souhaite avant tout pr&#233;server le patrimoine local.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daniel fr&#233;quentait toujours l'Ecole du Louvre, ce fut pour lui l'occasion de mettre en pratique les connaissances qu'il a acquises. Il ach&#232;te, au coeur de la cit&#233; m&#233;di&#233;vale de Saint-Rambert, une maison du XVI&#176; en piteux &#233;tat. Mais, gr&#226;ce &#224; sa volont&#233; et son courage, et avec l'aide de l'association, il transforme cette maison en mus&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Trois ans plus tard, la &lt;i&gt;Maison du Forez &lt;/i&gt; voit le jour et inaugure une double exposition. Le rez-de-chauss&#233;e pr&#233;sente &#034;&lt;i&gt;Les tr&#233;sors du pass&#233; for&#233;zien&lt;/i&gt;&#034;, et le premier &#233;tage &#034;&lt;i&gt;L'Art de la gravure&lt;/i&gt;&#034;. Celle-ci remporte un franc succ&#232;s, bien d'autres suivront : &#034;&lt;i&gt;Les tapisseries des jeunes Egyptiens&lt;/i&gt;&#034;, &#034;&lt;i&gt;L'art roman du soleil&lt;/i&gt;&#034;, &#034;&lt;i&gt;Splendeurs et mis&#232;res du Paris de Balzac&lt;/i&gt;&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1966, Madeleine Rousseau lui permet d'exposer plus de 120 pi&#232;ces de sa collection priv&#233;e &#034;Art n&#232;gre&#034; dans le mus&#233;e rambertois. Par manque de place, suit l'ouverture du &lt;i&gt;Mus&#233;e des Civilisations&lt;/i&gt; dans l'ancien prieur&#233; de Saint-Rambert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es cinquante, Daniel fait la connaissance d'une jeune fille - Farah Diba - qui fr&#233;quente alors l'Ecole sp&#233;ciale d'architecture &#224; Paris. En 1971, le Grand Palais pr&#233;pare l'exposition &#034;&lt;i&gt;Traditions mill&#233;naires de l'Iran&lt;/i&gt;&#034; pour c&#233;l&#233;brer le 2500&#232;me anniversaire de la cr&#233;ation de l'Empire Perse. La partie arch&#233;ologie sera expos&#233;e &#224; Paris. La jeune &#233;tudiante en architecture, rencontr&#233;e quelques ann&#233;es plus t&#244;t, est devenue l'imp&#233;ratrice Farah Pahlavi... C'est gr&#226;ce aux liens d'amiti&#233; qui existent toujours - et &#224; la grande surprise d'Andr&#233; Malraux - que notre conservateur du &lt;a href=&#034;https://www.stjust-strambert.fr/sorties-et-loisirs/culture-et-evenements/musee-des-civilisations-daniel-pouget/&#034; target=&#034;blank&#034;&gt;&lt;font color=&#034;blue&#034;&gt;Mus&#233;e des Civilisations &#224; Saint-Rambert&lt;/a&gt;&lt;/font&gt; a le bonheur d'accueillir la deuxi&#232;me partie de l'exposition &#034;&lt;i&gt;Arts et traditions populaires&lt;/i&gt;&#034;. Le mus&#233;e provincial re&#231;oit du beau monde et les visites ne cessent d'augmenter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un peu plus de 15 ans, l'heure de la retraite est tant que Conservateur des Mus&#233;es For&#233;ziens a sonn&#233; pour Daniel. Il laisse alors derri&#232;re une une grande partie de sa vie et de ce qu'il avait cr&#233;&#233;. Une page se tourne et un long chapitre se referme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais cet homme-tourbillon ne s'arr&#234;te jamais ! Apr&#232;s son d&#233;part de Saint-Rambert, il tombe sur un &lt;a href=&#034;https://escoutoux.net/Couvent-de-Chazelles-sur-Lavieu&#034; target=&#034;blank&#034;&gt;&lt;font color=&#034;blue&#034;&gt;couvent abandonn&#233; &#224; Chamelles-Sur-Lavieu&lt;/a&gt;&lt;/font&gt; ! La bonne &#233;toile est toujours l&#224; et le voici repartie vers de nouvelles aventures ! Avec des amis, il entreprend la restauration des b&#226;timents.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis 15 ans, anniversaire f&#234;t&#233; en ao&#251;t dernier, dans le couvent de Chazelles, baptis&#233; Cabinet de Curiosit&#233;s, les expositions se suivent mais ne ressemblent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ethnologue, arch&#233;ologue, est ma&#238;tre des lieux et s'en donne &#224; coeur joie pour pr&#233;senter ses pi&#232;ces rapport&#233;es de ses voyages. Des milliers d'objets sont ainsi mis en sc&#232;ne pour accueillir les visiteurs. Mais que seraient ces objets si le guide n'&#233;tait pas l&#224; pour &#233;voquer leur histoire ? Narrateur hors pair, Daniel Pouget comment, raconte, trouve toujours une petite anecdote li&#233;e &#224; chaque objet, tableau ou sculpture, avec beaucoup d'humour. La visite est &#224; la fois un voyage dans le temps et aux quatre coins du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment d&#233;finir cet homme ? Un humaniste, tout simplement. Un &#234;tre bienveillant, attachant, g&#233;n&#233;reux, plein de sensibilit&#233;, d'une extr&#234;me gentillesse et modeste malgr&#233; tout ce qu'il a r&#233;alis&#233;. Il &#233;mane de sa personne une &#233;nergie, que je ne sais expliquer mais que j'ai ressentie. Est-ce le lieu ? Le personnage ? Peut-&#234;tre le deux, je ne sais pas...&lt;br class='autobr' /&gt;
Passez de l'autre c&#244;t&#233; du versant, voyez et d&#233;couvrez par vous-m&#234;me l'homme et son mus&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Couvent - &#034;Cabinet de Curiosit&#233;s&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
42560 Chazelles-Sur-Lavieu&lt;br class='autobr' /&gt;
T&#233;l/Fax : 04 77 76 59 29 &lt;br class='autobr' /&gt;
Fermeture de novembre &#224; avril.&lt;br class='autobr' /&gt;
Visite guid&#233;e tous les dimanches &#224; 15h.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Texte et photos Sophie Pavlic. Article paru dans CentralParc septembre 2015.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.couvent-des-curiosites.com" class="spip_out"&gt;Le couvent &#034;cabinet de curiosit&#233;s&#034;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Couvent de Chazelles-sur-Lavieu</title>
		<link>https://escoutoux.net/Couvent-de-Chazelles-sur-Lavieu</link>
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		<dc:date>2020-11-07T05:23:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Texte Sophie Pavlic. Source : livre &#034;Les Mille et une vies de Daniel Pouget&#034; de Mireille Chambon. Paru dans CentralParc septembre 2015.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://escoutoux.net/-Histoires-d-eux-" rel="directory"&gt;Histoires d'eux..&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L150xH47/arton6331-69825.jpg?1784972649' width='150' height='47' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fermeture du mus&#233;e et r&#233;ouverture au mois de &lt;strong&gt;mai 2025, pour une nouvelle exposition &#034;Chamanisme Inuit, Indien et Am&#233;rindien&#034;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour la petite histoire...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai souvent une pile de livres pos&#233;s sur ma table de nuit, une veille canette de pommes bien solide ou &#224; m&#234;me le sol, &#224; c&#244;t&#233; du lit. Certains on le temps de prendre la poussi&#232;re avant que quelque chose ne m'incite &#224; les lire. L'&#233;t&#233; dernier, le manque de r&#234;veries se faisant ressentir. Mon esprit ne parvenait pas &#224; s'&#233;vader et avait tendance &#224; stagner. Que celui qui n'a pas connu cet &#233;tat d'&#226;me l&#232;ve le doits ! La lecture me semblait alors le meilleur rem&#232;de. Mais &#224; quel titre, et surtout &#224; quel auteur confier cet &#233;tat de l&#233;thargie ? Bien que droiti&#232;re, c'est la main du leur qui jeta son d&#233;volu sur &#034;L'esprit de l'ours&#034; (le chemin d'une vie de chaman inuit) dont l'auteur est &lt;strong&gt;Daniel Pouget&lt;/strong&gt;. Auteur qui m'&#233;tait alors inconnu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Curieuse d&#233;marche certainement, je commence toujours un livre par la derni&#232;re page, c'est ce que je fis, et voici ce que je lus :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;&lt;i&gt;Voyagez avec l'Ours vers la tranquillit&#233; de la caverne et hibernez en silence. R&#234;vez et appropriez-vous vos r&#234;ves. Vous aurez alors la force n&#233;cessaire pour d&#233;couvrir le miel qui se cache dans l'Arbre de Vie&lt;/i&gt;&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La phrase m'&#233;tait destin&#233;e et le chemin tout trac&#233; ! Il suffisait simplement de passer de l'autre c&#244;t&#233; du versant. Certaines lectures nous m&#232;nent parfois beaucoup plus loin que nous ne pourrions l'imaginer. Cet &#233;t&#233;, me voici donc partie &#224; la d&#233;couverte de Chazelle-sur-Lavieu, de son ancien couvent et bien &#233;videmment, de son propri&#233;taire, &lt;strong&gt;Daniel Pouget&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chazelles-Sur-Lavieu&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chazelles-Sur-Lavieu est un petit village &#224; 11 km de Saint-Anth&#232;me en direction de Montbrison. L'&#233;glise du XV&#176; si&#232;cle a conserv&#233; son clocher d'&#233;poque, le reste a &#233;t&#233; refait au milieu du XIX&#176; si&#232;cle. En contrebas de celle-ci se trouve le couvent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le couvent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tablissement fut fond&#233; par les religieuses de l'Ordre de Sainte Croix en 1754. Apr&#232;s la R&#233;volution, en 1810, il est repris par les Soeurs de l'Ordre de Saint-Joseph. Certaines d'entre-elles poss&#233;daient de grandes connaissances en pharmacop&#233;e et utilisaient tout ce que la nature pouvait leur offrir en mati&#232;re de traitement, v&#233;g&#233;taux et min&#233;raux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi &#233;taient concoct&#233;s potions, lotions, onguents selon les pr&#233;cieuses recettes d'Hildegarde de Bingen dans l'apothicairerie. Le couvent faisait office d'h&#244;pital et certaines de ses religieuses avaient le r&#244;le de m&#233;decin de campagne, mais pas seulement. &#192; l'&#233;poque, les familles &#233;taient nombreuses, la pauvret&#233; et la famine faisaient partie du quotidien. Le couvent accueillait les enfants abandonn&#233;s de la r&#233;gion montbrisonnaise et des alentours. Elev&#233;s jusqu'&#224; l'&#226;ge de sept ans par ces femmes, ils &#233;taient ensuite plac&#233;s dans des familles. En 1904, elles sont expuls&#233;es et les portes du couvent resteront ferm&#233;es plusieurs ann&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le couvent renoue avec son pass&#233;... De 1950 &#224; 1973, les lieux recevront une fois de plus des enfants mais cette fois en colonie de vacances.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s cela, les b&#226;timents seront d&#233;finitivement abandonn&#233;s, pill&#233;s, d&#233;grad&#233;s pour &#234;tre &lt;strong&gt;rachet&#233;s en 1999 par &lt;a href=&#034;https://escoutoux.net/Daniel-Pouget&#034; target=&#034;blank&#034;&gt;&lt;font color=&#034;blue&#034;&gt;Daniel Pouget&lt;/a&gt;&lt;/font&gt; &lt;/strong&gt; et retrouver une autre vie... plus paisible.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.couvent-des-curiosites.com" class="spip_out"&gt;Le site internet du Couvent, devenu cabinet de curiosit&#233;s&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La Gueule ouverte</title>
		<link>https://escoutoux.net/La-Gueule-ouverte</link>
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		<dc:date>2020-11-05T14:10:18Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;La Gueule ouverte est sorti en salles en 1974. Il a &#233;t&#233; tourn&#233; &#224; Lezoux. Article publi&#233; dans CentralParc mars 2012. Informations collect&#233;es par Christophe Jeanpetit - Directeur de Cin&#233;-Parc&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://escoutoux.net/-Histoires-d-eux-" rel="directory"&gt;Histoires d'eux..&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L150xH60/arton6319-4d564.jpg?1784965704' width='150' height='60' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avec &#8220;La Gueule ouverte&#8221;, son troisi&#232;me long-m&#233;trage r&#233;alis&#233; pour le cin&#233;ma en 1974, Maurice Pialat raconte une fois encore son propre v&#233;cu. &lt;strong&gt;Il part vers son pass&#233;, en Auvergne et &#233;crit un film bouleversant&lt;/strong&gt;, dur et amer. Il veut raconter la mort : celle de sa m&#232;re (d&#233;c&#233;d&#233;e en 1959). Mais plus que l'histoire de sa propre m&#232;re, le cin&#233;aste veut aussi raconter l'existence de son propre p&#232;re &#171; le gar&#231;u &#187; (cette figure qui jalonnera son oeuvre, cet inconnu qu'il a selon lui abandonn&#233; sans m&#234;me avoir pu s'en rapprocher). On le sait, Maurice Pialat n'a pas eu les rapports qu'il aurait aim&#233; avoir avec son p&#232;re et son oeuvre en portera les traces jusqu'au bout (jusqu'&#224; son ultime cr&#233;ation qui portera le nom &#233;vocateur du p&#232;re mal-aim&#233; ). Plusieurs fois, Maurice Pialat ira voir son p&#232;re rest&#233; &#224; &lt;strong&gt;Cunlhat &lt;/strong&gt; en Auvergne et les multiples d&#233;tails pr&#233;sents dans ses films (l'eau de Cologne sur la table de chevet dans &#8220;Le Gar&#231;u&#8221; par exemple) seront de toute &#233;vidence inspir&#233;s de ces visites souvent difficiles, pour l'un comme pour l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le choix de ses acteurs, il fut question un temps de Miou-Miou (pour le r&#244;le de Nathalie soit Genevi&#232;ve dans le sc&#233;nario initial) et de G&#233;rard Depardieu (pour le r&#244;le de Philippe). Seront finalement choisis Nathalie Baye et Philippe L&#233;otard ainsi que Hubert Deschamps et Monique M&#233;linand pour interpr&#233;ter le p&#232;re (le gar&#231;u) et la m&#232;re mourante. Hubert Deschamps n'a pas vraiment le profil du paysan alcoolique et raciste que veut peindre &#224; l'&#233;cran le cin&#233;aste. Pourtant les probl&#232;mes ne viendront pas de l&#224; ; ils viendront du fait que l'acteur (v&#233;ritable pivot du film, plus que la m&#232;re d'ailleurs) n'est pas assez pr&#233;sent sur le tournage (pas le temps de rester car Pierre Tchernia l'attend pour tourner son film Les Gaspards).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quipe sera log&#233;e dans un &lt;strong&gt;vieux ch&#226;teau pr&#232;s de Lezoux &lt;/strong&gt; et tout sera mis en oeuvre pour que cette m&#234;me &#233;quipe accepte l' id&#233;e que le tournage soit le lieu de l'inattendu et de la surprise, car encore une fois chez Pialat, rien ne doit &#234;tre trop jou&#233;, trop calcul&#233;, trop pr&#233;m&#233;dit&#233;. Les tensions du tournage seront souvent apais&#233;es par Nestor Almendros, immense chef-op&#233;rateur (il a travaill&#233; entre autre pour Fran&#231;ois Truffaut, Eric Rohmer et Jean Eustache). Assez raides, fig&#233;s, sans mouvement aucun, les plan cr&#233;&#233;s par Almendros refusent le hors-champ, ce qui donne un effet d'enfermement encore plus pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'atmosph&#232;re du film est pesante non seulement &#224; cause du sujet trait&#233; mais aussi et surtout &#224; cause de l'&#233;clairage assez dur, assez sec propos&#233; par le technicien.&lt;br class='autobr' /&gt;
La longueur des plans y est &#233;galement s&#251;rement pour quelque chose dans cette impression de lenteur qui ronge peu &#224; peu le film de l'int&#233;rieur, en y installant progressivement la mort comme le seul th&#232;me v&#233;ritable de l'oeuvre (&#8220;La Gueule ouverte&#8221; contient 90 plans au total...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pialat filme ici la France profonde, populaire, comme il le fit auparavant avec L'Enfance nue et comme il le fera plus tard avec Passe ton bac d'abord et Loulou (ses deux prochains films).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chronique provinciale tout d'abord :&lt;/strong&gt; La Gueule ouverte est un documentaire sur la France tr&#232;s lointaine de Paris qui, avec ces petits bistrots, ces rites familiaux, ses habitudes villageoises, ancre le film dans un univers compos&#233; de petits gestes, de petites choses anodines et fortement naturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chronique sociale ensuite : &lt;/strong&gt; La Gueule ouverte est un film qui pr&#233;sente un milieu modeste, une famille provinciale, campagnarde, rong&#233;e par la mesquinerie, l'&#233;go&#239;sme, la l&#226;chet&#233;, l'&#233;troitesse d'esprit et l'avarice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chronique familiale enfin :&lt;/strong&gt; La Gueule ouverte est un film sur l'&#233;clatement&lt;br class='autobr' /&gt;
familial, sur l'impossibilit&#233; de vivre ensemble, sur les probl&#232;mes de communication qui peuvent exister entre un fils et son p&#232;re, entre les membres d'une m&#234;me famille (cf. A nos amours ).&lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'agit moins d'une histoire sur la mort que le r&#233;cit d'une liaison chaotique entre un fils et son p&#232;re qui tentent de vivre ensemble (ils y sont oblig&#233;s) sous les yeux de la belle-fille (Nathalie), de passage et t&#233;moin d'une situation interminable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maurice Pialat filme donc la famille ; il filme les repas, les banquets (avec les obs&#232;ques). Il filme le groupe social, les &#234;tres &#233;voluant en collectivit&#233; ; mais il sait filmer aussi l'attente, la cruaut&#233; de sc&#232;nes v&#233;cues au pr&#233;sent qui portent en elles tout le poids d'un pass&#233; oubli&#233;... ou presque. Ainsi, magnifique est le moment o&#249;, dans une profonde intimit&#233;, Nathalie et Philippe se retrouvent dans le grenier de la maison. Cette sc&#232;ne compl&#232;tement improvis&#233;e aura &#233;t&#233; tourn&#233;e trois fois. Il fallait que les deux acteurs fouillent dans les caisses et lisent des lettres &#233;chang&#233;es par les parents lorsqu'ils &#233;taient encore jeunes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils improvisent et s'attardent en contre-jour (effet tr&#232;s rare chez Pialat) sur quelques phrases s&#251;rement invent&#233;es pour l'occasion ou directement sorties de ces vraies lettres pr&#234;t&#233;es par les habitants du village, dans lequel a &#233;t&#233; tourn&#233; le film. La sc&#232;ne passe et le temps s'&#233;coule jusqu'au moment o&#249; Nathalie &#233;clate en sanglots. Moment inoubliable, intense, parce qu'il n'a pas &#233;t&#233; &#233;crit, pas vraiment pr&#233;vu et qu'il nous saute au visage sans m&#234;me nous avoir averti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Synopsis&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La lente agonie d'une femme atteinte d'un cancer, assist&#233;e de son mari et de son fils.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;La distribution&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Hubert Deschamps : Roger, le p&#232;re, 'Le Gar&#231;u' ; Monique M&#233;linand : Monique, la m&#232;re ; Philippe L&#233;otard : Philippe, le fils ; Nathalie Baye : Nathalie, la fille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#233;alisateur&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Maurice Pialat est n&#233; le 31 ao&#251;t 1925 &#224; &lt;strong&gt;Cunlhat&lt;/strong&gt; (Puy-de-D&#244;me, France) et mort le 11 janvier 2003 &#224; Paris &#224; l'&#226;ge de 77 ans. Amoureux de la peinture, du dessin ou de la photographie, Maurice Pialat reste inclassable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Anticonformiste, provocant, exigeant, tr&#232;s critique envers les films de ses contemporains autant qu'envers ses propres films, il tracera jusqu' &#224; sa mort un cin&#233;ma sans concession.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au cours de ses tournages, il avait l'habitude de tisser des liens tr&#232;s forts avec ses acteurs qui pouvaient &#234;tre des professionnels reconnus (comme G&#233;rard Depardieu ou Sandrine Bonnaire), mais aussi de parfaits d&#233;butants ou inconnus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sa direction &#233;tait &#224; la fois tr&#232;s l&#226;che ou tr&#232;s proche, avec un souci du ton juste, de la fra&#238;cheur et de la spontan&#233;it&#233;. Il pouvait pousser &#224; bout ses acteurs comme ses techniciens. Ses &#233;quipes &#233;taient d'ailleurs, en g&#233;n&#233;ral, r&#233;duites au minimum afin de ne pas alourdir les conditions de tournage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien que commen&#231;ant &#224; r&#233;aliser &#224; la fin des ann&#233;es 50 et ayant une esth&#233;tique proche de celle des cin&#233;astes de la Nouvelle Vague, il restera toujours en marge de ce mouvement n'ayant que peu de consid&#233;ration pour leur cin&#233;ma, hormis celui de Jean-Luc Godard et de quelques autres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Hors du star-system, il a profond&#233;ment influenc&#233; toute une g&#233;n&#233;ration de cin&#233;astes fran&#231;ais et &#233;trangers. Il a eu comme collaborateurs connus Patrick Grandperret, Cyril Collard et bien d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le film&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Extraits tir&#233;s d'articles de R&#233;mi Fontanel R&#233;mi Fontanel, auteur de Formes de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'insaisissable - le cin&#233;ma de Maurice Pialat, Al&#233;as &#233;diteur, Lyon, 2004. R&#233;mi Fontanel est enseignant en Etudes Cin&#233;matographiques et Audiovisuelles au sein du D&#233;partement ASIE (Arts de la Sc&#232;ne, de l'Image et de l'Ecran) de l'Universit&#233; Lumi&#232;re Lyon 2. Auteur de plusieurs articles et entretiens sur le cin&#233;ma, R&#233;mi Fontanel est membre du comit&#233; de r&#233;daction de la revue Cadrage et r&#233;dacteur en chef du site Internet d&#233;di&#233; au cin&#233;ma de Maurice Pialat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le personnage &lt;/strong&gt; (comme l'actrice probablement) n'aura pu supporter ce moment trop &#233;mouvant qui aura r&#233;v&#233;l&#233; au grand jour l'intimit&#233; pass&#233;e des parents de Philippe aujourd'hui confront&#233;s &#224; la maladie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le titre du film (&#171; La gueule ouverte &#187;) a &#233;t&#233; choisi en r&#233;f&#233;rence &#224; une sc&#232;ne pr&#233;vue lors du sc&#233;nario mais finalement absente dans le film. Il s'agissait de faire fermer la bouche de la mourante par les deux hommes assez embarrass&#233;s de devoir le faire. Entre horreur et fou-rire, Philippe L&#233;otard et Hubert Deschamps, ne parviendront finalement jamais &#224; la tourner. Par contre, il restera bien cette sc&#232;ne tr&#232;s forte (parce que film&#233;e sans d&#233;tour aucun) o&#249; l'on voit le p&#232;re et son fils refermer maladroitement le cercueil. La mise en bi&#232;re n'aura jamais vraiment &#233;t&#233; un moment triste chez Pialat ; on pense ainsi &#224; la mort du gar&#231;u (dans Le Gar&#231;u) o&#249; le fils (G&#233;rard interpr&#233;t&#233; par G&#233;rard Depardieu) se plaindra du bois utilis&#233; pour la confection du cercueil avant de ne pouvoir s'emp&#234;cher de rire lorsque les religieuses viendront rendre un dernier hommage au d&#233;funt en chanson.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cin&#233;aste aura m&#234;me eu le d&#233;sir durant le tournage d'aller filmer sa m&#232;re morte quinze ans plus t&#244;t et enterr&#233;e dans le petit cimeti&#232;re de &lt;strong&gt;Tours-sur-Meymont&lt;/strong&gt;, non loin du tournage. Bernard Dubois, son assistant, s'est charg&#233; d'obtenir les autorisations pour faire d&#233;terrer le corps ou ce qu'il en reste.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;quipe est tendue et en d&#233;saccord avant de se rendre au cimeti&#232;re. Des doutes, des questions se posent alors. Maurice Pialat veut-il int&#233;grer ce plan indispensable &#224; la narration de son film ou veut-il simplement voir ce qui reste du corps de sa propre m&#232;re ? Toujours est-il que le cercueil est ouvert, le plan sera tourn&#233; par Nestor Almendros et ne sera finalement pas incorpor&#233; au montage final. Malgr&#233; ce qui a pu &#234;tre report&#233; sur les agissements du cin&#233;aste, il faut voir dans cet acte surprenant, la volont&#233; de sa part de traiter son sujet jusqu'au bout, pleinement. Choquant ? La mort y est repr&#233;sent&#233;e dans ce qu'elle a de plus mis&#233;rable, de plus cruelle, de plus insoutenable. La r&#233;ponse de Maurice Pialat est la suivante :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &lt;i&gt;Quand on fait des oeuvres violentes, d&#233;rangeantes, comment &#234;tre sage comme une image ? Pour &#234;tre cin&#233;aste, il faut sans doute avoir un esprit subversif, anarchiste, une vision du monde qui n'est pas dans les r&#232;gles. Or, quand on tourne, c'est l'arm&#233;e : voil&#224; la contradiction du cin&#233;ma. Je comprends pourquoi je n'ai pas fait jusqu'ici des choses propres, nettes, pos&#233;es. Je n'arrive pas &#224; me r&#233;soudre &#224; ce que ce soit l'arm&#233;e.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film (dans son sc&#233;nario initial) devait se terminer sur l'&#233;jaculation pr&#233;coce de Philippe, comme pour donner encore plus de force &#224; une existence rat&#233;e, incontr&#244;l&#233;e, frustr&#233;e. Finalement, le film se finira par un traveling arri&#232;re assez long. La voiture transportant Philippe &#224; Paris s'en va, laissant derri&#232;re elle, le p&#232;re, seul dans sa maison. Le son se fait absent au fil du mouvement. Fondu au noir. Comme toujours chez Pialat, la fin de l'histoire reste ouverte, s&#232;che, suspendue....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Gueule ouverte sort en salle le 8 mai 1974 et n'a aucun succ&#232;s public. Les critiques sont bonnes voire excellentes. Pourtant, Maurice Pialat ne se remet pas de cet &#233;chec commercial (le distributeur ne croira jamais au film et ne fera aucune publicit&#233;). La soci&#233;t&#233; (Lido Films) est mise en liquidation (fait qui n'est pas rare dans l'industrie cin&#233;matographique). Endett&#233; (200 000 francs soit 30 000 euros environ), d&#233;sempar&#233;, Maurice Pialat d&#233;cide d'en arr&#234;ter l&#224; avec l'autobiographie et se renferme dans sa solitude alors que d'autres, autour de lui, continuent &#224; faire du cin&#233;ma...un autre cin&#233;ma.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L'argent de poche</title>
		<link>https://escoutoux.net/L-argent-de-poche</link>
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		<dc:date>2020-11-01T06:28:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Article paru dans CentralParc en mai 2012.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://escoutoux.net/-Histoires-d-eux-" rel="directory"&gt;Histoires d'eux..&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L150xH57/arton6318-a20f7.jpg?1784972649' width='150' height='57' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Synopsis&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La vie des enfants de la ville de Thiers &#224; l'&#233;cole &#224; la fin de l'ann&#233;e scolaire nous est montr&#233;e. La plupart des enfants vivent une vie sereine enjoliv&#233;e par la patte caract&#233;ristique de Truffaut, m&#234;lant petits &#233;v&#233;nements, tracas et peines, et surtout pour les enfants, apprentissage de la relation &#224; l'autre, sous le regard des adultes. Un seul d'entre eux vit l'horreur au quotidien.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; la fin du film, cet enfant, Julien, est sauv&#233; des griffes de ses parents maltraitants, c'est l'occasion pour l'enseignant de faire un cours sur son engagement aupr&#232;s des &#233;l&#232;ves. Il a choisi d'enseigner pour lutter contre les injustices faites aux enfants. L'arriv&#233;e de l'&#233;t&#233; et de la colonie de vacances sera l'occasion des premi&#232;res amours de Patrick, comme une conclusion en forme d'espoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La distribution&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Jean-Fran&#231;ois St&#233;venin, Philippe Goldmann, Bruno Staab, Geory Desmouceaux, Laurent Devlaeminck, Nicole F&#233;lix, Chantal Mercier, Virginie Th&#233;venet, Tania Torrens, Marcel Berbert, Ren&#233; Barn&#233;rias, Sylvie Gresel, Katy Carayon, Jean-Marie Carayon, Annie Chevaldonn&#233;, Francis Devlaeminck, Michel Dissart, Michele Heyraud, Paul Heyraud, Jeanne Lobre, Vincent Touly, Pascale Bruchon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#233;alisateur&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Fran&#231;ois Truffaut, n&#233; le 6 f&#233;vrier 1932 &#224; Paris et mort &#224; 52 ans le 21 octobre 1984 &#224; Neuilly-sur-Seine, est r&#233;alisateur et sc&#233;nariste de cin&#233;ma.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il a &#233;galement &#233;t&#233; acteur et avait &#233;t&#233; pr&#233;alablement critique de cin&#233;ma. Il fait partie du groupe de cin&#233;astes issus des Cahiers du cin&#233;ma, qui ont constitu&#233; la Nouvelle Vague. Il a publi&#233; plusieurs ouvrages sur le cin&#233;ma.&lt;br class='autobr' /&gt;
Fran&#231;ois Truffaut publie des articles pour les Cahiers du cin&#233;ma puis entre &#224; la revue Arts en 1953. Au sein de ces revues, il est de la jeune garde constitu&#233;e autour d'Andr&#233; Bazin, Claude Chabrol, Jacques Rivette, Jacques Demy, Eric Rohmer, Jean-Luc Godard... Son pamphlet Une certaine tendance du cin&#233;ma fran&#231;ais dit avec &#233;clat ce que pensent ces cin&#233;astes tout bas. L'ann&#233;e suivante, il r&#233;alise un bout d'essai, Une visite, son premier court m&#233;trage, r&#233;dige le sc&#233;nario de A bout de souffle. En 1955, il r&#233;alise ses premi&#232;res interviews avec Alfred Hitchcock puis publie une nouvelle, Antoine et Colette.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1959, il tourne Les Quatre Cents Coups, transposant certains &#233;pisodes de sa vie et son personnage d'adolescent dans celui d'Antoine Doinel. Ce film devient un succ&#232;s imm&#233;diat, ouvrant la porte au mouvement de la Nouvelle Vague et &#224; sa carri&#232;re mondiale. Il n'arr&#234;tera plus de tourner par la suite jusqu'en 1983 p&#233;riode pendant laquelle il tournera une quinzaine de films, tous plus ou moins consid&#233;r&#233;s comme des films majeurs, la plupart d'entre eux ayant &#233;t&#233; multi-r&#233;compens&#233;s (Les Quatre Cents Coups, Baisers vol&#233;s, Le dernier m&#233;tro...).&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1977, il accepte de jouer dans Rencontres du troisi&#232;me type de Steven Spielberg, dans le r&#244;le du scientifique fran&#231;ais Lacombe. Spielberg est en effet un grand passionn&#233; de la filmographie de TrufTruffaut et voulait absolument que ce dernier vienne jouer dans son film.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le film&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Extraits tir&#233;s de l'ouvrage Fran&#231;ois Truffaut, par Antoine de Baecque, Serge Toubiana / Gallimard NRF, coll. Biographies, 1996 &lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s avoir racont&#233; l'obstination amoureuse et la folie d'une jeune femme (Ad&#232;le H), Fran&#231;ois Truffaut entreprend un film avec des enfants (L'argent de poche) qu'il a pr&#233;vu de tourner en juillet 1975, pendant les vacances scolaires. Pour &#233;tablir le sc&#233;nario il a d'abord consign&#233; quelques petites histoires, souvent vraies, autobiographiques, tir&#233;es de faits divers, ou simplement invent&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
A la fin de l'ann&#233;e 1972, le projet n'existe qu'&#224; l'&#233;tat de synopsis, une dizaine de pages &#233;crites en collaboration avec Suzanne Schiffman. A ce moment-l&#224;, Truffaut envisage un &#8220; film &#224; sketches illustrant diff&#233;rents aspects de l'enfance &#8220;, avec comme point commun &#8220; la grande facult&#233; de r&#233;sistance et de survie des enfants &#8220;. Avec ironie, il envisage m&#234;me de titrer son film La peau dure &#8230; Au d&#233;but de l'&#233;t&#233; 1974, Truffaut d&#233;cide de reprendre ce projet en le retravaillant avec Suzanne Schiffman. Son intention n'est pas d'&#233;crire un vrai sc&#233;nario, car il pr&#233;f&#232;re &#234;tre libre d'improviser avec les enfants qui joueront dans son film.&lt;br class='autobr' /&gt;
En avril 1975, apr&#232;s quelques rep&#233;rages dans le centre de la France, Truffaut d&#233;cide de tourner son film &#224; Thiers, dans le Puy-D&#244;me. Fin mai, commencent les essais et les auditions des enfants dans les bureaux de sa soci&#233;t&#233; de production, Les Films du Carrosse. Trois cents enfants d&#233;filent alors, parmi lesquels quinze interpr&#233;teront les principaux r&#244;les de L'argent de poche. Certains enfants d'amis feront partie des &#233;lus. Les filles de Truffaut font aussi leurs vrais d&#233;buts &#224; l'&#233;cran.&lt;br class='autobr' /&gt;
En juin, Truffaut s'installe &#224; Thiers et engage des &#233;coliers de la ville pour les r&#244;les de figuration. Certains de ses techniciens (dont Roland Thenot) font de la figuration et le maire de Thiers de l'&#233;poque, Ren&#233; Barn&#233;rias, joue un petit r&#244;le.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le tournage de L'argent de poche d&#233;bute le 17 juillet 1975 et va durer deux mois. Truffaut retrouve Pierre-William Glenn, le chef op&#233;rateur de La nuit am&#233;ricaine, pour ce film qu'il veut tourner sur un rythme rapide.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parce que c'est le plein &#233;t&#233; et que les enfants sont au centre du film, il r&#232;gne une ambiance de vacances. Truffaut &#233;crit ses dialogues &#224; la sauvette, recueillant, de-ci de-l&#224;, les expressions qu'il entend dans la bouche de ses &#8220;acteurs &#8220;. Plut&#244;t gai, mais &#233;puisant physiquement, &#224; cause de l'attention permanente port&#233;e aux enfants, le tournage de L'argent de poche, le laisse de nouveau dans un &#233;tat de grande fatigue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Fin octobre 1975, un rude travail de montage l'attend, car il s'agit de ramener le bout-&#224;-bout de L'argent de poche de plus de trois heures &#224; une dur&#233;e d'une heure quarante. Six mois apr&#232;s l'&#233;chec de L'histoire d'Ad&#232;le H. Truffaut renoue cependant avec le succ&#232;s. La sortie de L'argent de poche, le 17 mars 1976 dans dix salles parisiennes, est un triomphe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois encore, le public pl&#233;biscite un &#171; petit &#187; film de Truffaut apr&#232;s boud&#233; une oeuvre plus ambitieuse. L'argent de poche r&#233;alise 470 000 entr&#233;es en six mois d'exploitation, &#233;galant le succ&#232;s des Quatre Cents Coups. M&#234;me ph&#233;nom&#232;ne &#224; l'&#233;tranger. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une semaine apr&#232;s la sortie parisienne, Truffaut est fier de montrer L'argent de poche aux habitants de Thiers. Accompagn&#233; de Roland Th&#233;not et de Suzanne Schiffman, il est re&#231;u par le maire, Ren&#233; Barn&#233;rias, le d&#233;put&#233; Michel Debatisse, le sous-pr&#233;fet et les 272 enfants invit&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Truffaut fait un tabac, et dans le mois qui suit, 7 744 personnes voient le film, ce qui repr&#233;sente un succ&#232;s ind&#233;niable dans une ville qui ne compte que 17 000 &#226;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Autour de L'argent de Poche, ce qu'en dit le r&#233;alisateur :&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Extrait de : Entretien de Fran&#231;ois Truffaut avec Claude Marie Tr&#233;mois /&lt;br class='autobr' /&gt;
Le cin&#233;ma selon Fran&#231;ois Truffaut / textes r&#233;unis par Anne Gillain,&lt;br class='autobr' /&gt;
Cin&#233;mas Flammarion, 1988&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les enfants, vous les avez choisis d'apr&#232;s leur physique, ou d'apr&#232;s leurs affinit&#233;s avec le personnage ?&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait d'apr&#232;s leur tenue devant la cam&#233;ra. Je leur ai fait tous apprendre la tirade d'Harpagon dans l'Avare &#8211; &#231;a me donnait un petit test &#8211; et puis je leur posais des questions ; nous avons fait des essais dans la cour d'&#233;cole &#224; Thiers, et c'&#233;tait en fonction de leur vivacit&#233;, de leur vocabulaire, de l'envie qu'ils avaient de jouer &#8211; &#231;a intervient aussi &#8211; et m&#234;me de leur disponibilit&#233;. J'ai commenc&#233; expr&#232;s par les sc&#232;nes de classes ; il y avait une classe avec trente-cinq &#233;l&#232;ves, une autre avec vingt-cinq, plus petits ; &#231;a me donnait le temps de les &#233;tudier ; je ne voulais pas avoir de regrets, avoir &#224; me dire : &#171; Celui-l&#224;, j'aurais d&#251; lui donner un grand r&#244;le&#8230; &#187; &#199;a s'est bien pass&#233;. C'est &#231;a aussi qui a amen&#233; l'importance des deux petits Italiens ; il n'&#233;tait pas du tout pr&#233;vu que ces deux petits fr&#232;res tiennent une telle place dans le film ; ils n'avaient pas de personnage, il ne leur arrive pas grand-chose dans le film ; mais ils &#233;taient tellement int&#233;ressants, et ils voulaient venir tous les jours, et je m'arrangeais toujours pour trouver quelque chose pour eux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Informations collect&#233;es par Christophe Jeanpetit - Directeur de Cin&#233;-Parc&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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