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	<title>Escout Moi Voir ! webzine du Livradois Forez</title>
	<link>https://escoutoux.net/</link>
	<description>Web magazine local ind&#233;pendant, pour pour pour faire d&#233;couvrir et partager la richesse du Livradois-Forez et de ses abords : bonnes adresses, randonn&#233;es, spectacles et animations, gastronomie.</description>
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		<title>Bouff&#233;e de fra&#238;cheur dans l'Auvergne secr&#232;te</title>
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		<dc:date>2026-04-19T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Georges Therre</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Un texte in&#233;dit de Georges Therre, retrouv&#233; dans les archives d'Escout' Moi Voir...&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://escoutoux.net/-Histoires-d-eux-" rel="directory"&gt;Histoires d'eux..&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L150xH60/arton9152-8973b.jpg?1784965641' width='150' height='60' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;On n'est pas d'accord avec la vie tant qu'on n'est pas d'accord avec la mort.&#034; &#8230; Cette profonde pens&#233;e que l'on doit &#224; Alexandre Vialatte, le professeur de Lettres Georges Therre la connaissait bien. Aujourd'hui, Georges repose aupr&#232;s des siens, dans le caveau familial du vieux cimeti&#232;re des Limandons &#224; Thiers. Alors pour le plaisir, on va &#171; s'en taper &#187; un petit dernier, un dernier texte. Pour la route&#8230; mais aussi pour montrer que ce g&#233;nial conteur &#233;tait aussi un authentique &#233;crivain. Dans ces pages &#233;crites en MMI (Traduisez : 2001), il nous parle simplement de son &#171; pays &#187;. C'est une bien belle d&#233;claration d'amour. Et les mots comme les mets d'un repas pris dans une auberge perdue, sont un d&#233;lice. Savourez&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jean-Luc Gironde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;Dimanche 29 avril MMI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le printemps, les brochures touristiques s'&#233;panouissent, d&#233;bordantes de verdure et de lacs bleus. Mais qu'ont-ils donc, ces Auvergnats, &#224; laisser entrevoir leurs tr&#233;sors aux foules m&#233;tropolitaines avides de fouler un sol authentique avec leurs gros croquenots surmont&#233;s de mollets tout p&#226;les sous le poil follet ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas leur dire, &#224; ces n&#233;o-&#233;cologistes qui ont grandi sur les quais du m&#233;tro, que nous habitons un pays o&#249; la faune ne se r&#233;duit pas &#224; quelques rats errant entre les rails ! O&#249; le fromage n'est pas forc&#233;ment pasteuris&#233; ; o&#249; le jambon s&#232;che en altitude dans un galetas dont le bois de ch&#226;taignier ne supporte pas les araign&#233;es, tandis qu'ils d&#233;vorent celui des usines, s&#233;ch&#233; au s&#232;che-linge, r&#233;gl&#233; sur le bouton &#034;sirocco&#034; ; c'est la touche exotique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, le gars de Pantruche est un type &#224; qui on ne la fait pas, et il lui suffit d'un tour sous le rempart, le jeudi, pour s'apercevoir que le ch&#232;vreton, d&#233;licat fromage &#224; proportion variable de lait de ch&#232;vre et de lait de vache, a c&#233;d&#233; la place : ou il trouve du ch&#232;vreton pur vache, que la paysanne, pouss&#233;e dans ses retranchements, veut bien appeler &#034;vacheton&#034; : ou alors, chez le cr&#233;mier ambulant, la &#034;brique du Forez&#034;, ersatz acceptable de nos voisins de la Loire, mais trop souvent vendu frais, sans artisons, ni fines rides laiss&#233;es par le s&#233;chage sur la paille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les efforts des producteurs locaux ont abouti &#224; des fromages sans surprise et d'appellation tr&#232;s contr&#244;l&#233;e, nos phares : le saint-nectaire, le salers, dont se r&#233;galait Pline l'Ancien, le bleu ; et par chez nous, donc dans la Basse-Auvergne &#224; l'est des Limagnes, la fourme d'Ambert, de Montbrison ; ces deux derni&#232;res seraient moul&#233;es au creux des pierres &#224; bassins et &#224; cupules druidiques qui encombrent nos sommets vierges, du c&#244;t&#233; du Montoncel ou de Pierre-sur-Haute. Du moins peut-on sugg&#233;rer cet argument de vente aux d&#233;monstrateurs en biaude qui &#233;migrent temporairement dans les foires parisiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, certes, le client fortun&#233;, &#224; qui on vient de rembourser l'emprunt russe, encore plus authenticophile que les autres, peut s'offrir, chez Troisgros, ou chez d'autres ob&#232;ses moins nombreux, une tranche de Lavort, fromage de brebis nouveau-n&#233; mais finement pens&#233; et inimitable. Son lieu de fabrication : Terre-Dieu, ainsi nomm&#233; depuis le Moyen Age parce que le pr&#233;sident Mitterrand, qui savait faire craquer un ortolan sous une serviette chaude, venait s'y restaurer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout cela pour dire que l'authenticit&#233; auvergnate, si on en juge par l'exemple embl&#233;matique du fromage, est une denr&#233;e aussi secr&#232;te que la g&#233;linotte, poule des bois qui, dit-on, cache dans nos montagnes son plumage roux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Touristes de masse, allez sur la C&#244;te d'Azur, ou chez nos fr&#232;res les Celtes de Bretagne ; traversez notre province perdue sans vous arr&#234;ter, sinon sur une aire d'autoroute. L' Auvergne, voyez-vous c'est aujourd'hui une pile de pneus en partance pour l'Am&#233;rique, de l'eau de Ch&#226;teldon en packs &#233;tiquet&#233;s pour chez Maxim's, des couteaux laguioles de table pour les supermarch&#233;s de la Seine Saint-Denis. Laissez donc en paix sa population toute semblable &#224; colle de partout : les petits-enfants de nos mineurs polonais, les enfants de nos ma&#231;ons portugais et estampeurs kabyles, sur la t&#234;te une casquette am&#233;ricaine attendrissante de ridicule, essaient chez nous aussi d'&#226;nonner le rap avec l'accent des banlieues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon. Esp&#233;rons que ce pr&#233;ambule aura &#233;cart&#233; les f&#226;cheux, c'est-&#225;-dire &#224; peu pr&#232;s tout le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ciel est gris &#224; plaisir, on peut ramasser en un tournemain un tombereau de neige sur les chemins de Montlune en fin avril, les sentiers sont ravin&#233;s par les averses. C'est le moment de prendre la route dans une p&#233;tulante conduite int&#233;rieure.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'itin&#233;raire vagabonde dans les campagnes Aux Roux, un retrait&#233; qui dispose enfin de son temps saupoudre de farine un linteau de granit pour y d&#233;chiffrer une inscription grav&#233;e en cursive avant 1914 : &#034;Bonnemoy&#034;. Aux Serves, une septuag&#233;naire s'obstine &#224; vouloir ajuster une roue m&#233;tallique &#224; une sorte de caisse pour en faire une brouette. Aux carrefours, des panneaux indicateurs signalent &#034;Lanaud&#034;, &#034;Vollore&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parisien n'y voit rien, et passe outre. Mais pour l'autochtone contemplatif, c'est &#233;loquent ; Bonnemoy, c'est le nom de toute une communaut&#233; de paysans-couteliers, qui portaient aux patrons, chaque lundi, leurs besaces lourdes de couteaux mont&#233;s par leurs soins.
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1784743997' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; La caisse des Serves n'est pas ordinaire : parois &#224; claire-voie, avec des planchettes verticales, fond en peuplier ; chacun des quatre montants aux angles est un solide poutrillon &#224; section carr&#233;e, termin&#233; par une gorge et un bulbe pointu qui d&#233;passent vers le haut. On passait une corde dans la gorge, pour attacher la caisse au flanc d'un &#226;ne. Car c'&#233;tait la caisse des laiti&#232;res, visible sur tant de cartes postales d'avant quatorze, dans les rues d'une capitale couteli&#232;re dont nous tairons le nom par discr&#233;tion. Qui e&#251;t cru qu'au XXIe si&#232;cle on en verrait encore, en parfait &#233;tat ?
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1784743997' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Lanaud, c'est le port d'o&#249; partaient les radeaux sur la Dore pour des destinations lointaines, au XVIlle si&#232;cle.
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1784743997' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Vollore, c'est cette incroyable p&#233;pini&#232;re d'hommes qui, au long des temps, a peupl&#233; de ses enfants les villes avoisinantes, jusqu'&#224; Paris et Lisbonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout &#231;a, c'est du pass&#233;. La vie, c'est aussi du ferment, du fumant, du croustillant. Les cinq sens sont en &#233;veil. L'automobile quitte la civilisation pour une routelette certes goudronn&#233;e, mais sinueuse &#224; souhait, du genre qui vous rend patient, un virage dans un sens, le suivant dans l'autre, au c&#339;ur des taillis et des bois. Au bout d'un temps ind&#233;fini, on &#233;merge sur un plateau herbeux, o&#249; sont diss&#233;min&#233;s des bungalows rustiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
On se croirait bien &#224; huit cents, huit cent vingt m&#232;tres d'altitude. On est &#224; peine &#224; cinq cent cinquante m&#232;tres, bien plus bas que la capitale du tire-bouchon. Vue imprenable entre les Monts Dore, D&#244;me et ceux du Forez. Nous voici au c&#339;ur de la &#034;Toscane auvergnate&#034;. Des chevaux s'agitent dans des paddocks, pr&#232;s d'une auberge toute neuve, pour cavaliers fourbus ou p&#234;cheurs affam&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si par hasard des &#233;trangers sont parvenus jusqu'ici, ils croient y voir un g&#238;te &#224; la mode, avec achat en gros des surgel&#233;s &#224; l'hypermarch&#233; de la pr&#233;fecture, une fois par trimestre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toutefois, le regard du curieux sagace est accroch&#233; par un d&#233;tail : on n'a pas jou&#233; la carte du bon vieux temps avec poutres apparentes et chemin&#233;e n&#233;o-rustique ; mais, sur l'un des murs clairs du hall carrel&#233;, un panneau sans cadre, tout nu, affiche quelques lignes imprim&#233;es grossies &#224; l'ordinateur. C'est une assez longue citation d'un &#233;crivain obscur, Alexandre Vialatte (1901-1971), consacr&#233;e &#224; une Auvergne bizarre et comique. Que diable ce chroniqueur parisien, que des journaux s&#233;rieux font semblant de d&#233;couvrir tous les trois ou quatre ans, allait-il faire dans celle gal&#232;re ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela conduit &#224; regarder le coin-culture, qui propose des brass&#233;es de prospectus touristiques, gastronomiques, du plus passe-partout au plus inattendu. Surprise, les tenanciers y placent aussi de vrais livres, parfois co&#251;teux, souvent introuvables, p&#233;rim&#233;s, o&#249; l'on parle de l'Auvergne, de Saint-Dier d'Auvergne, de l'Auvergne, d'Aubusson d'Auvergne, l'Auvergne... . On y d&#233;couvre peu &#224; peu que ce pays perdu est peupl&#233; de gens enchant&#233;s d'&#234;tre l&#224;, qui consid&#232;rent l'installation du grand-p&#232;re pi&#233;montais ou de la m&#232;re bourguignonne comme une preuve d'antiquit&#233; dans le terroir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le souvenir d'un moulin disparu compte plus pour eux que les nuages des Thermopyles, ou de Tchernobyl, on ne sait plus tr&#232;s bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne vient pas de si loin seulement pour une atmosph&#232;re insaisissable. Poussons la porte de la cuisine, et passons aux choses s&#233;rieuses. C'est grand et clair, a&#233;r&#233;, inodore. En sort une serveuse qui a tout l'air d'une vraie serveuse, face &#224; une cinquantaine de couverts. Mais pour le reste, c'est assur&#233;ment une maison de fous. Un pauvre coll&#233;gien fam&#233;lique court d'une pile d'assiettes &#224; une rang&#233;e de saladiers, au lieu de passer son dimanche devant un t&#233;l&#233;viseur comme tout le monde. Une bureaucrate, habitu&#233;e toute la semaine aux ronds-de-jambe d'importants notables qui sollicitent la faveur d'obtenir un beau num&#233;ro rond pour l'immatriculation de leur nouveau v&#233;hicule, par exemple 3000 ZA 63, en reste pour l'instant comme deux ronds de flan : elle s'est &#233;chin&#233;e &#224; convaincre une tabl&#233;e de clients hilares et &#224; demi bourr&#233;s qu'ils vivent une rare aventure gastronomique, et ils s'en badigeonnent le nombril avec le pinceau de l'indiff&#233;rence, perdus dans leur fou rire et leur soif.&lt;br class='autobr' /&gt;
En fait, ce sont des clients parfaits : tout leur convient, du moment qu'ils sont ensemble, qu'ils ont de la place, et qu'ils peuvent faire du bruit. Elle aimerait qu'en plus ils soient sensibles et romantiques. Qui dit qu'ils ne le sont pas ? L'un d'eux r&#234;ve d'une petite poire au bar. Il se trouve que nous nous connaissons ; voici trente ans, nous avons bu ensemble du rouge maison dans toutes les caves familiales de Ravel. Avec un seul verre, bien s&#251;r, qu'on secoue par hygi&#232;ne avant de le passer au voisin. Avec ses petits myst&#232;res aussi, qui ne sont pas pour les enfants ; entre deux pi&#232;ces de vin, l'un d'eux garde une copie de lampe &#224; huile romaine en terre cuite, faite par un potier du coin ; on y voit une sc&#232;ne &#233;rotique sans &#233;quivoque. C'est l'instant culturel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons &#224; la cuisine. Deux pianos, et bient&#244;t deux pianistes, l'un d'eux a fait ses classes chez les &#201;claireurs, et d&#233;laisse sa fabrique de viroles pour r&#233;galer les gens de salade de foie de volaille chaud. L'autre, en principe, travaille dans le b&#226;timent, mais, pour l'heure, il joue au virtuose de la soupe &#224; l'oignon. Le client ne semble pas vraiment avoir droit &#224; la parole. On lui donne ce qu'on a, mais on a beaucoup, en quantit&#233; et en vari&#233;t&#233;. Les choses semblent venir au hasard. L'un sauve les oignons de l'autre au moment o&#249; ils vont br&#251;ler. L'autre fait cuire du pain, au cas o&#249; les &#233;normes couronnes du boulanger seraient en d&#233;route. Et tout tourne sans anicroches. Le client a le droit de demander son degr&#233; de cuisson favori. On lui ob&#233;it scrupuleusement, avec quelques initiatives du chef, un grand coup de poivre, par exemple. Si &#231;a tourne, c'est que tout a &#233;t&#233; pens&#233; et pr&#233;par&#233; &#224; l'avance, y compris l'impr&#233;vu. La soupe &#224; l'oignon, c'est improvis&#233;, pour ne pas donner deux fois la m&#234;me chose aux rassasi&#233;s de midi qui ont faim &#224; cinq heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans mon coin, je m&#226;che lentement un large bout de saucisson de Saint Anth&#232;me, tout juste sorti de son bac de cendres, puis j'attaque une belle tranche de terrine sacr&#233;ment maison : on n'y abuse pas du sel, contrairement &#224; la production industrielle : le foie est &#224; l'unisson des noisettes, en une harmonie subtile et rare. Cette terrine, sa couleur grise est celle des paysages l&#233;gers et onctueux de notre Basse Auvergne de l'est, avec des d&#233;grad&#233;s velout&#233;s que seule l'aust&#233;rit&#233; ambiante emp&#234;che de virer au bleu marine ou au mauve clair. sur les mamelons des lointaines collines.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'essaie un r&#233;gime s&#233;v&#232;re, pauvre en vitamines, au grand dam des di&#233;t&#233;ticiens. Je savoure donc une confortable salade de foies sans salade. &#034;Pas de cruaut&#233;s !&#034; comme s'indigne un vieux client devant cette garniture verte qui rassure les modernes lecteurs de magazines f&#233;minins : le plat de crudit&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le cuisinier-virolier m'accompagne de la musique de ses mots : dans la terrine, il met sous-gorge de cochon, lard gras et maigre, noix, noisettes, amandes avec de la gnole du village. Qu'est ce qui a marin&#233; un moment dans du vin rouge ? En tout cas, les foies de volaille ont absorb&#233; du vinaigre de framboise. Ces recettes sont belles comme les G&#233;orgiques. Vous avez bien lu : noix, noisettes et amandes. J'adore manger de ces plats d&#233;licats, o&#249; je n'identifie pas un ingr&#233;dient sur dix. Il est des pays affreusement m&#233;diterran&#233;ens ou exotiques, o&#249; il est superflu d'&#233;tudier un savant m&#233;lange : pourvu que le go&#251;t principal s'impose, huile d'olive, ou safran, pas besoin de nuances. C'est peut-&#234;tre compl&#232;tement faux, d'ailleurs : mes excuses aux vrais cuisiniers oliv&#226;tres ou jaune safran, mais c'est une r&#233;action psychologique individuelle contre la ch&#232;re &#224; la mode, qui vous interdit le ris et la fraise de veau, par &#034;principe de pr&#233;caution&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre auberge secr&#232;te (le Relais de Mande &#224; Domaize, personne ne sait o&#249; c'est, &#224; ne pas r&#233;p&#233;ter quand m&#234;me), pas de principe de pr&#233;caution, en apparence. En r&#233;alit&#233;, m&#234;me un v&#233;g&#233;tarien sourcilleux et peureux y trouverait sa vie. Je laisse filer &#224; regret un bon gratin de courgettes, mais il m'aurait f&#226;cheusement r&#233;concili&#233; avec les di&#233;t&#233;ticiens l&#233;gumivores. Mon d&#233;vouement &#224; la cause me conduit &#224; passer au poisson maison :&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;center&#034;&gt;&#034;Omble de fontaine de Vollore po&#234;l&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
Et sauce &#224; la fourme d'Ambert.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
Dans l'&#233;locution m&#233;lodieuse de Daniel, ce distique, form&#233; d'un alexandrin suivi d'un octosyllabe, en son strict carcan enferme toute la douceur et la spontan&#233;it&#233; de cette cuisine amoureuse, et vient comme un &#233;cho aux meilleurs vers d'Aragon, dans &#034;le Conscrit des cent villages&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;center&#034;&gt;Adieu Forl&#233;ans Marimbault&lt;br class='autobr' /&gt;
Vollore-Ville Volmerange&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a bien dit Vollore-Ville. Le po&#232;te-cuisinier, lui, a de ces audaces qui ne sont permises qu'aux grands cr&#233;ateurs : il clame &#034;omble de Vollore&#034; ; en fait, il veut dire de Vollore-Montagne, autrement dit de la Chapelle-Trinquart. C'est bon &#224; savoir, tout de m&#234;me, car l'automobiliste associe le nom de cet autre Vollore tout proche du premier aux joyeux chevreuils qui bondissent dans les fourr&#233;s &#224; son passage, quand il gagne les Champs-&#201;lys&#233;es. Oui, monsieur, les Champs-&#201;lys&#233;es., les vrais, l&#224; o&#249; les poules courent dans la cuisine du gu&#233;risseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'esprit est berc&#233; de tant de lyrisme et de parfum champ&#234;tre. L'ai-je r&#234;v&#233;, ou ai-je alors laiss&#233; fondre sur ma langue de d&#233;licieuses gemmes de pommes de terre tendres et pr&#233;cieuses, si je puis me permettre ce pl&#233;onasme expressif. Entre deux bouch&#233;es d'ambroisie, je bois une gorg&#233;e d'un vin blanc inconnu, froid et sec comme la bise de f&#233;vrier sur les gruns, et sans une once d'acidit&#233;. Il se marie avec le cochon et avec l'omble, en une sainte bigamie. Faut-il r&#233;v&#233;ler aux foules gourmandes que c'est un Chardonnay baptis&#233; &#034;cuv&#233;e de Badoulin 1999&#034;, un vin de Saint-Jean-en-Val, en Basse-Auvergne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arrive le plateau de fromages. Tant pis pour le pav&#233; de b&#339;uf au poivre, pour la truite farcie au lard en cr&#233;pinette. Mon asc&#233;tisme impitoyable les rel&#232;gue &#224; une autre fois. Juste un poids appr&#233;ciable de magret de canard de Saint-Jean des Voleurs, le pays des b&#234;tes &#224; cornes en sabot. Le plateau ne cherche pas la facilit&#233; du Saint-Nectaire ou de la fourme d'Ambert, ces valeurs s&#251;res. On m'a r&#233;serv&#233; des fromages inconnus, introuvables, pour faire mon &#233;ducation. Voici du vache &#224; artisons. directement pass&#233; d'une ferme, non loin de la Guillerie, au restaurant. Voil&#224; du ch&#232;vre des Bravards. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#199;a suffit &#224; faire d&#233;border le plateau, car on a le choix entre frais, mi-sec, ou sec. Une bonne lamp&#233;e de vin blanc, un pav&#233; de pompe aux pommes, et le tour est jou&#233;. En accord avec mon id&#233;al monacal, je proscris le caf&#233; et le cigare : juste une petite gnole, et une courte promenade digestive.&lt;br class='autobr' /&gt;
Devant l'auberge, des fils &#233;lectriques, &#224; quatre m&#232;tres du sol. Sur un fil, un chardonneret en plein concert. C'est pour moi le premier de l'ann&#233;e. Chaque fois que r&#233;sonne un allegro au dehors, je me pr&#233;cipite, et jusqu'ici, c'est toujours un verdier. Mais l&#224;, c'est le vrai amateur de chardon duveteux, le &#034;cadoreux&#034;, a not&#233; Emile Littr&#233; au si&#232;cle p&#233;nulti&#232;me, avec son gros bec clair, sa t&#234;te noire et rouge aur&#233;ol&#233;e d'une collerette blanche, une grosse tache jaune vif sur les ailes. &#201;moustill&#233;s par ces couleurs, les peintres de vanit&#233;s, au XVIl &#232;me si&#232;cle, avaient fait de lui la m&#233;taphore du Christ sur la Croix, et le symbole de l'&#226;me. Trop longtemps encag&#233; par les &#233;mouleurs m&#233;lomanes des vall&#233;es voisines, il s'est rar&#233;fi&#233;, mais, ces derni&#232;res ann&#233;es, il revient en force un peu partout en Auvergne.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est alors que mon h&#244;te montre d&#233;finitivement sa grande classe. En trente secondes, il me met dans les mains une paire de jumelles perfectionn&#233;es pour bien observer, et un livre de cent cinquante pages sur les fringillid&#233;s, &#224; m&#233;diter &#224; la maison. Il n'a pas pu calculer ce coup. Le client jouit d'un service de seigneur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous parlions de la Guillerie. &#201;duquons les masses oisives : c'est dans cette ferme, &#224; deux pas de l'auberge, qu'a grandi Lucien Gachon (1894-1984), luttant des saisons enti&#232;res contre le germe maudit, le chiendent, avant de devenir le plus authentique &#233;crivain-paysan depuis Emile Guillaumin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous saluons le tenancier actuel, fils de l'enfant de l'Assistance plac&#233; jadis chez les Gachon. Le fait-il expr&#232;s ? Non seulement il conserve la croix de briques incorpor&#233;e au granit de la fa&#231;ade et, plus bas, un fer &#224; cheval porte-bonheur, mais il n'a pas l'air de s'&#234;tre aper&#231;u que l'agriculture moderne a compl&#232;tement boulevers&#233; le visage de la France : chez lui, les vaches ont leurs cornes, et tout pr&#232;s de la porte se dresse un fumier de riche, qui avoisine les trois m&#232;tres de haut. Plus loin, saluons la r&#226;pe &#224; pommes, vestige d'un artisanat disparu. Saluons encore la borie, une de ces cases de pierres s&#232;ches comme seul le Velay, croit-on, en conserve encore. Saluons enfin les &#034;tuiles sarrasines&#034;, comme dit Gachon, qui couvrent le chalet en construction de l'aubergiste &#224; la Guillerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;puis&#233; par tous ces coups de chapeau, je rentre au relais &#233;questre. Le cuistot place dans ma musette une demi-bouteille de blanc, donnant ainsi une r&#233;alit&#233; tangible &#224; ce qui ne sera plus qu'un r&#234;ve, &#224; mon retour dans la plaine civilis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p align=right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Georges Therre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Promenades dans le vieux Thiers - Journ&#233;e du Patrimoine</title>
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		<dc:date>2024-09-14T03:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Georges Therre</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Cr&#233;dits : Thiers par Th&#233;odore Rousseau, 1830, &lt;a href=&#034;https://www.wikiart.org/en/theodore-rousseau/a-town-thiers-1830&#034; target=&#034;blank&#034;&gt;&lt;font color=&#034;blue&#034;'&gt;WikiArt&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;. Cour de M&#176; Guillaumont, &lt;a href=&#034;https://carnetsamta.fr/2017/11/20/les-sons-de-thiers/&#034; target=&#034;blank&#034;&gt;&lt;font color=&#034;blue&#034;&gt;Les sons de Thiers&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://escoutoux.net/-Histoires-d-eux-" rel="directory"&gt;Histoires d'eux..&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L150xH60/arton7090-fee82.jpg?1784965641' width='150' height='60' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;20 septembre 2008&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Visite guid&#233;e par Philippe FRABONI : Thiers et les marchands bourgeois.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au Pirou &#224; 15 h, devant l'Office de tourisme, la visite, qui existe depuis environ un an, r&#233;unit une quinzaine de personnes, dont CHAUNY d'Olmet. Au programme la d&#233;couverte des discrets h&#244;tels particuliers, qui t&#233;moignent de l'influence des marchands bourgeois au XVIIe et au XVIIIe si&#232;cle. Le titre seul laisse flairer la pr&#233;sence de TOURNILHAC (1934-2007) derri&#232;re tout &#231;a. Ces derni&#232;res ann&#233;es FRABONI a fr&#233;quent&#233; assid&#251;ment la maison place de la Halle, conscient de tout ce que pouvaient lui apporter les conversations avec notre historien. D'entr&#233;e, il annonce le r&#244;le d&#233;cisif de TOURNILHAC sur ce th&#232;me, la suite me montre qu'on peut y ajouter la participation indirecte de Me CHASSAIGNE, qui s'est d&#233;lest&#233; de plusieurs centaines de courriers commerciaux anciens aupr&#232;s des archives.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le programme comprend : quelques mots sur le Pirou, demeure seigneuriale, donc hors sujet : les bois sont dat&#233;s de 1435, 1455, donc il exclut que louis II de Bourbon, mort en 1411, ait construit le b&#226;timent actuel. Il l'appelle l'h&#244;tel BOULIER du CHARRIOL.
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1784743997' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; 12 rue du Bourg, l'h&#244;tel PIGNAT (immeuble GIBERT)
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1784743997' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; 10 rue du Bourg, l'h&#244;tel FAVIER (coutellerie CHABASSIERE)
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1784743997' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; 4 rue Conchette, l'h&#244;tel MARRY (voir Le Vieux Thiers p. 139)
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1784743997' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; 10 rue Conchette, l'h&#244;tel BRUGIERE
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1784743997' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; 18 bis rue Conchette, l'h&#244;tel DARROT, (habit&#233; avant par Thomm et Isabela BIELECRA
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1784743997' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; 19 rue Conchette, l'h&#244;tel RIBEROLLES, (ex-maison CHASSAIGNE).&lt;br class='autobr' /&gt;
On ne monte pas plus haut, mais on montre de loin l'h&#244;tel DELOTZ au sommet de la rue. FRABONI parle une heure et demie, int&#233;ressant quand il parle architecture, datation, noms de famille, m&#233;tiers, mais loin du sujet quand il s'&#233;tend sur le si&#232;cle d'or espagnol ou la liste interminable des articles nomm&#233;s sur le tarif de douane portugais de 1826 (communiqu&#233; par Jean CHASSAIGNE). En gros &#231;a para&#238;t fiable.&lt;br class='autobr' /&gt;
H&#244;tel des PIGNAT, marchands drapiers. Rez-de-chauss&#233;e XVe XVIe si&#232;cles, &#233;tages refaits au XVIIIe si&#232;cle, avec leurs fen&#234;tres larges &#224; dessous en arbal&#232;te. Pour la pomme de pin du blason, plut&#244;t que notre patois, FRABONI rapproche de la &#034;pigna&#034; espagnole. Il ne manque pas une occasion d'&#233;taler son espagnol.&lt;br class='autobr' /&gt;
H&#244;tel des FAVIER &#034;marchands apothicaires&#034;.. Ce ne serait pas plut&#244;t PIGNAT ? Il distingue, pour plus de clart&#233;, les marchands qui vendent au moins en partie leur production et les n&#233;gociants, qui vendent de tout sans fabriquer. Il parle de l'utilisation ancienne de la pierre de Volvic &#224; Thiers, co&#251;teuse avec ses 55 km de transport, et ne met pas en doute l'anciennet&#233; de la d&#233;coration du tympan de la porte : feuille de ch&#234;ne, symbole de la solidit&#233; familiale, chiffre quatre commun aux marchands. Pas un mot des pinacles bien plus s&#251;rs en anciennet&#233;. Il attire l'attention sur un d&#233;tail architectural : chaque extr&#233;mit&#233; de la vo&#251;te ogivale repose sur le linteau plus bas par un sommier non en croix comme souvent, mais en appui direct harmonieux. La Courbe en anse de panier du rez-de-chauss&#233;e s'arr&#234;te &#224; un m&#232;tre ou un m&#232;tre cinquante du sol, parce que l&#224; s'ouvraient les &#233;tals de bois des boutiques. Il soup&#231;onne que l'anse de panier de la boutique CHABASSIERE a &#233;t&#233; refaite. Il conna&#238;t l'int&#233;rieur, sa chemin&#233;e ancienne, ses portes &#224; plis de serviette, mais nous ne verrons aucun int&#233;rieur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 4 rue Conchette, porte &#224; fronton triangulaire toujours ferm&#233;e &#224; clef, juste plus haut que l'immeuble BRAVARD, est pour lui l'h&#244;tel des MARRY, n&#233;gociants apparent&#233;s aux AUDEMBRON et BARGE. Il en a la clef et laisse entendre qu'il a achet&#233; l'immeuble. La cour comporte &#224; gauche un escalier de 1560, un des plus beaux d'Auvergne (dessin&#233; autrefois par Julien QUITTARD et BIGAY) au dire des sp&#233;cialistes, large escalier &#224; paliers (une invention italienne). Il fait remarquer les deux pilastres, un &#224; chaque &#233;tage, termin&#233;s en haut par un bout de chapiteau, dorique en bas, ionique en haut. Je photographie ces d&#233;tails in&#233;dits. En face, en pierre plus claire, c'est sans doute d&#233;but XVIIe, mais il a aussi avanc&#233; la date de 1535, pour savoir o&#249; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Maison HARLE 10, rue Conchette, c'est la maison d'Alexandre BIGAY, qui s'y &#233;tait vivement int&#233;ress&#233;, et avait trouv&#233; dans OJARDIAS que les FEDIT avaient &#233;t&#233; propri&#233;taires, d'o&#249; la pr&#233;sence &#233;ventuelle de MONTDORY. FRABONI affirme que c'est l'h&#244;tel des BRUGIERE, futurs de BARANTE. On sait que Loys BRUGIERE, l'anc&#234;tre, &#233;tait coutelier, rue Conchette, en 1534 mais comment a-t-on trouv&#233; dans quel immeuble ? Jean CHASSAIGNE confirme cette localisation.&lt;br class='autobr' /&gt;
On arrive ensuite &#224; la cour de Me GUILLAUMONT, qui vient de se retirer du notariat. Pas un mot sur son immeuble ni sur les m&#233;daillons en Volvic. On regarde en face l'h&#244;tel des DARROT, d&#233;but XVIIe si&#232;cle bien que, nagu&#232;re, au-dessus de la porte, on voyait la date de 1553, je crois, inscription bizarrement d&#233;truite maintenant. La maison a &#233;t&#233; vendue par l'architecte THOMAS, beau-p&#232;re d'Isabela, 75 000 &#8364; para&#238;t-il &#224; un marchand de biens qui aurait refait l'int&#233;rieur. Quant aux fameuses toiles peintes &#224; l'&#233;tage, que je n'ai pu voir, elles ont &#233;t&#233; roul&#233;es dans un coin, &#224; vendre avec l'immeuble avec un suppl&#233;ment, ce qui n'a pas d&#251; se faire : de part et d'autre du mur, on voit les extr&#233;mit&#233;s arrach&#233;es des toiles, dit FRABONI. Quel comportement pour un architecte !&lt;br class='autobr' /&gt;
Selon lui, d'autres maisons de la rue Conchette, vers le haut, et probablement celle des DELOTZ, avaient aussi de ces toiles peintes. Du seuil de l'agence de voyages, &#224; gauche en montant, nous nous s&#233;parons, il revient sur quelques remarques sur les maisons &#224; pans de bois : celle o&#249; &#233;tait le parfumeur Blaise, un peu de guingois, s&#251;rement XVe si&#232;cle, dit-on, au vu de l'encorbellement tr&#232;s bas ; celle de GUILLOT-MARCLAND, plus haut, plus r&#233;cente, (XVIIe ) avec l'encorbellement plus haut, et des fen&#234;tres inamovibles une fois pos&#233;es ; celle qui est plus ancienne a des fen&#234;tres faciles &#224; d&#233;cheviller, qu'on peut d&#233;placer. Sans doute celle de GUILLOT s'appuie-t-elle sur celle en pierre plus en arri&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
FRABONI pense que, sous Henri IV, on a fait tr&#232;s souvent rabattre les encorbellements des &#233;tages sup&#233;rieurs pour &#233;viter une &#233;troitesse de rue favorable aux incendies, et que c'est le moment o&#249; l'on a cr&#233;pi les fa&#231;ades &#224; pans de bois. Quant aux colombages, il r&#233;duit l'emploi du mot aux bois verticaux et horizontaux des &#233;tages sup&#233;rieurs ; en Normandie, ils sont g&#233;n&#233;ralis&#233;s. Impropres pour les croisillons, d'o&#249; l'impression plus g&#233;n&#233;rale de &#034;pans de bois&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au 4 rue Conchette, il suppose que la fa&#231;ade du fond comportait, au fond, face &#224; l'entr&#233;e, une fen&#234;tre &#224; meneaux au rez-de-chauss&#233;e, dont la moiti&#233; de gauche a &#233;t&#233; cach&#233;e par la construction de l'escalier. D'o&#249;, sans doute, la date de 1535 avanc&#233;e pour cette partie, 1560 pour l'escalier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons fini par l'h&#244;tel RIBEROLLES visit&#233; par MANDRIN. Il prononce le nom de Mathie PASCAL, cousine de Blaise, sans parler de Br&#233;mond PASCAL. Il situe quelques papeteries de ces familles, BOUCHET avant ASTIER-PRODON, RIBEROLLES avant LACROIX, et semble situer aussi RIBEROLLES &#224; l'ancienne maison d'ADEVAH-P&#338;UF, l&#224; o&#249; je vois plut&#244;t des BERGER.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il dit un mot des BODIMENT, de la chapelle Saint-Roch, et du tableau &#034;v&#339;u de Louis XIII&#034;, dont rien ne dit, en fait, &#224; mon avis, qu'il est en rapport avec les BODIMENT. C'est un reste de l'influence de Bruno.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet homme ext&#233;rieur &#224; Thiers s'est passionn&#233; pour la ville bien plus que la plupart de ceux qui sont pass&#233;s &#224; l'Office de tourisme, et il a fait &#339;uvre utile. C'est s&#251;rement &#224; lui qu'on doit les quatre pages sur Thiers figurant dans Les Patrimoines de France, Gallimard, septembre 2009, qui font la part belle aux marchands bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;span class='spip_document_8972 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L500xH157/signature_georges-2-4b745.jpg?1784965641' width='500' height='157' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Georges Therre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#192; lire pr&#233;c&#233;demment : Promenades dans le vieux Thiers - &lt;a href=&#034;https://escoutoux.net/Promenades-dans-le-vieux-Thiers-Maison-Ytournel&#034; target=&#034;blank&#034;&gt;&lt;font color=&#034;blue&#034;&gt;&lt;strong&gt;Maison Ytournel&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Secret Perdu</title>
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		<dc:date>2024-02-19T17:41:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Georges Therre</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Article publi&#233; par Georges Therre dans le bulletin 2008 de la Soci&#233;t&#233; des Etudes Locales. Il s'agit d'un article sur les 'casses', plat en terre noire avec un bec court et &#233;vas&#233; fabriqu&#233;s par les potiers de Lezoux dont la technique de fabrication ancestrale a aujourd'hui disparu.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://escoutoux.net/-Histoires-d-eux-" rel="directory"&gt;Histoires d'eux..&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L150xH54/arton1014-f823f.jpg?1784965641' width='150' height='54' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La plupart des Thiernois se souviennent de ces plats en terre gris-noir, qui affectaient une forme de cuvette circulaire tronconique, avec un bec court et &#233;vas&#233; ; On les d&#233;signait sous le nom de &#034;casses&#034;, et ils servaient &#224; faire cuire au four du riz ou des pommes de terre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces &#034;casses&#034; avaient la propri&#233;t&#233; de se bonifier &#224; l'usage. Apr&#232;s un certain temps de service, elles devenaient compl&#232;tement noires, et elles conf&#233;raient une saveur succulente aux aliments qu'on y pr&#233;parait. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les gourmets qui en poss&#232;dent encore, feront bien de veiller avec soin &#224; leur conservation, car s'il leur arrive de les briser, ils ne pourront plus maintenant les remplacer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le secret de leur fabrication est perdu. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'un tel fait ait pu se produire en plein XX&#232;me si&#232;cle, cela semble paradoxal, et pourtant c'est la v&#233;rit&#233;. La production de ce genre de poterie, qu'on fabriquait &#224; Lezoux depuis l'&#233;poque gallo-romaine et peut-&#234;tre m&#234;me ant&#233;rieurement, a cess&#233; de fa&#231;on brusque &#224; la suite de la guerre de 1914-18.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et voici comment :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;cipients de terre noire, &#034;casses&#034;, &#034;biches&#034;, &#034;cuviers&#034;, &#034;chaufferettes&#034;, etc. &#233;taient la sp&#233;cialit&#233; du village de Bourois, aux environs de Lezoux. Les potiers de la ville s'y approvisionnaient pour servir leur client&#232;le, mais ne servaient, en somme, que d'interm&#233;diaires pour cet article. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, un jour, quelques semaines avant la guerre, la maison Bompard, voyant qu'il n'existait plus dans le village, que deux hommes au courant de cette fabrication, voulut parer &#224; leur disparition possible, en organisant dans ses propres ateliers le malaxage, le tournage, et, surtout, la cuisson de cette terre. Car c'&#233;tait dans la mani&#232;re de la faire cuire que r&#233;sidait le secret. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le patron s'entendit avec les deux potiers &#224; ce sujet, et il fut convenu qu'une fourn&#233;e sp&#233;ciale serait pr&#233;par&#233;e et qu'une fois pr&#234;te, ils viendraient montrer comment il fallait en conduire la cuisson. &lt;br class='autobr' /&gt;
On tourna donc le nombre de vases n&#233;cessaires pour garnir l'int&#233;rieur du four, et lorsque ces vases furent suffisamment secs, on pria les deux ouvriers de venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce moment m&#234;me, l'ordre de mobilisation g&#233;n&#233;rale vint tout bouleverser. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les deux potiers partirent d&#232;s les premiers jours. Ils ne revinrent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec eux avait disparu le secret donnant son aspect et ses qualit&#233;s &#224; ce genre de poterie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut en vain qu'on s'effor&#231;a de le red&#233;couvrir en t&#226;tonnant, en essayant des combinaisons diverses. Peine perdue. On ne retrouvera pas le moyen d'obtenir les fameuses &#034;casses&#034; noires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est ainsi qu'en plein vingti&#232;me si&#232;cle se perdit le secret d'une fabrication archimill&#233;naire.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Georges Therre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;span class='spip_document_8972 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L500xH157/signature_georges-2-4b745.jpg?1784965641' width='500' height='157' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Merci &#224; Daniel Groisne qui a la chance d'en poss&#233;der une en parfait &#233;tat, qui lui a &#233;t&#233; donn&#233;e par son p&#232;re, Pierre Groisne, et qui vient des arri&#232;res grands-parents GROISNE. Cette casse &#233;tait utilis&#233;e pour faire cuire les pommes de terre au four, les tripes etc&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ci-dessous les photos de sa &#171; casse &#187; de famille, ainsi qu'une rare carte postale ancienne d'un potier de Bort l'Etang. L'arri&#232;re arri&#232;re arri&#232;re grand-p&#232;re de Daniel Groisne, qui s'appelait aussi Pierre Groisne, d&#233;c&#233;d&#233; &#224; Thiers en 1873, &#233;tait potier &#224; Lezoux et habitait Place de la porte Neuve lors de la naissance de son fils Fran&#231;ois GROISNE, le 05/01/1825. &lt;br class='autobr' /&gt;
On peut s'apprendre &#224; r&#234;ver et &#224; supposer que, peut-&#234;tre, lui-m&#234;me, a-t-il fabriqu&#233; des casses et&#8230;.pourquoi pas celle l&#224; !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Fernand Planche et Alexandre Bigay</title>
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		<dc:creator>Georges Therre</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;De la meule &#224; la plume, causerie sur Fernand Planche, &#233;mouleur et &#233;crivain - par Georges THERRE - 1984.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://escoutoux.net/-Histoires-d-eux-" rel="directory"&gt;Histoires d'eux..&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L150xH54/arton287-0afa6.jpg?1784965641' width='150' height='54' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fernand Planche : &#233;mouleur et &#233;crivain par Georges THERRE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute que pour beaucoup d'entre vous, Alexandre Bigay est une figure famili&#232;re et ce que vous savez de Fernand Planche vous laissera supposer que voil&#224; deux hommes qui n'&#233;taient vraiment pas fait pour s'entendre. Rappelons qu'Alexandre Bigay, h&#233;ritier d'une famille ais&#233;e de couteliers thiernois, se d&#233;sint&#233;ressait des activit&#233;s artisanales au point qu'il a vendu l'entreprise familiale sans m&#234;me d&#233;barrasser les tiroirs de leur monnaie ! Qu'il a profess&#233; dans la presse et &#224; titre priv&#233; des id&#233;es politiques qui inclinaient vers l'extr&#234;me droite monarchiste et catholique, il a &#233;t&#233; sous-officier puis officier pendant le premier conflit mondial. Tout cela le met &#224; cent lieues de Planche et on imaginerait assez bien entre eux une incompr&#233;hension aussi totale qu'entre l'abb&#233; Brugerette et Fernand Planche. &lt;br class='autobr' /&gt;
Eh bien d&#233;trompez-vous !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en 1948 que les deux hommes sont entr&#233;s en rapport. A notre connaissance, Fernand Planche &#233;tait fort li&#233; avec le r&#233;dacteur en chef de L'Unique, Armand, figure haute en couleurs dans les individualistes fran&#231;ais. Ce journal s'&#233;tait int&#233;ress&#233; aux communaut&#233;s paysannes, et avait cit&#233; les c&#233;l&#232;bres Quittard-Pinon. L'int&#233;r&#234;t de Fernand planche s'&#233;veille alors et il d&#233;clare, en septembre 1948, dans L'Unique : &#171; J'ai eu la curiosit&#233; &#224; ce propos de m'adresser &#224; M. Alexandre Bigay, directeur du Mus&#233;e de Thiers, tr&#232;s &#233;rudit en mati&#232;res locales et qui est l'obligeance m&#234;me &#187;. Suit un historique de la c&#233;l&#232;bre communaut&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alexandre Bigay ne s'&#233;tait pas content&#233; de r&#233;pondre &#224; la question, voici ce qu'il d&#233;clarait dans une lettre du 17 ao&#251;t 1948 adress&#233;e &#224; Fernand Planche : &#171; (&#8230;) je vous envoie un exemplaire d'un recueil de petits r&#233;cits du temps de la guerre 1914-1918 dans les r&#233;flexions de la fin vous verrez que nous pensons de m&#234;me sur plusieurs points &#187;. Voil&#224; une phrase qui m&#233;ritait d'&#234;tre approfondie. Depuis, j'ai lu le livre d'Alexandre Bigay dont il est question : Coins du Front, 226 pages, paru en 1931. C'est une suite de brefs r&#233;cits, croquis, r&#233;flexions sur cette terrible guerre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voici deux citations : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &lt;i&gt;Si vous ha&#239;ssez la machine, c'est que vous sentez que ce n'est pas pour la collectivit&#233; qu'elle produira mais au b&#233;n&#233;fice de capitalistes seulement&#8230;Si cela amoindrit ta peine, tu pourras songer que le prol&#233;tariat de Nixdorf, de Solingen, de Sheffield, d'Albacete subit les m&#234;mes privations, est aussi malheureux&lt;/i&gt; . &#187; (Extrait de Durolle page 208). &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &lt;i&gt;Pour les gros financiers, depuis longtemps, les fronti&#232;res n'ont plus de signification. A l'autre extr&#233;mit&#233; de l'&#233;chelle, la plupart des prol&#233;taires consid&#232;rent les prol&#233;taires des autres nations, comme plus proches d'eux, que les bourgeois de leur propre pays&lt;/i&gt; &#187;. (Ecrit en 1915, Coins du Front page 218).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre d'Alexandre Bigay est plein de remarques tr&#232;s personnelles en m&#234;me temps que de r&#233;cits tr&#232;s fins, plus r&#233;v&#233;lateurs de l'ambiance sur le front que des tonnes de journaux officiels. Entre parenth&#232;ses, il semble que ce livre soit rest&#233; tr&#232;s confidentiel dans sa diffusion, m&#234;me &#224; Thiers, Jacques Ytournel et moi-m&#234;me avons constat&#233;, en le d&#233;plorant qu'un seul des exemplaires que nous avions consult&#233; alors &#224; la biblioth&#232;que municipale avait des pages coup&#233;es et qu'il n'avait &#224; peu pr&#232;s jamais &#233;t&#233; emprunt&#233; ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Revenons &#224; Fernand Planche. Dans L'Unique, encore, deux ans apr&#232;s, en f&#233;vrier 1950, Planche salue d'un long compte rendu la sortie d'un nouveau livre d'Alexandre Bigay. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un livre qui vient de sortir en &#233;dition de luxe, magnifiquement illustr&#233; par l'artiste Lucien Maisonneuve, Thiers et ses alentours, Monsieur Bigay &#233;tudie l'histoire de la vall&#233;e de la Durolle. Cette histoire est un vrai r&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voil&#224; comment les anarchistes et les individualistes fran&#231;ais ont &#233;t&#233; mieux inform&#233;s sur le livre du conservateur (&#224; double titre) Alexandre Bigay que les lecteurs du Figaro. C'est l&#224; une belle d&#233;monstration, de part et d'autre, d'esprits larges qui se sont entendus sur quelques points, et n'ont pas tenu compte de leurs divergences.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Les raisons de cet arr&#234;t : elles sont multiples. La plus &#233;vidente, P.V. Berthier l'a mise en relief : c'est la disparition de la S.L.I.M., la maison qui a imprim&#233; toutes ses publications. Mais il en est d'autres qu'on peut r&#233;sumer en deux points :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1784743997' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Sa compagne Laure, apr&#232;s les al&#233;as de la guerre, &#233;tait devenue d&#233;pressive, et le brouhaha perp&#233;tuel et nocturne des amis, cit&#233; Dupetit-Thouars, n'&#233;tait pas fait pour arranger les choses. Fernand Planche a d&#251; penser que seule une rupture compl&#232;te avec ce milieu pourrait la sauver. &lt;br /&gt;&lt;img src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1784743997' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Fernand lui-m&#234;me, d&#232;s la fin de la guerre, avait retrouv&#233; tout son &#233;quilibre et sa ga&#238;t&#233;. Il gardait un optimisme in&#233;branlable pour son destin personnel. En revanche, il nourrissait les plus grandes inqui&#233;tudes sur la situation internationale apr&#232;s les terribles &#233;preuves de la derni&#232;re guerre. Aussi a-t-il song&#233; assez vite &#224; quitter une Europe qui sentait la poudre pour une contr&#233;e lointaine et tranquille. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il a d'abord pens&#233; &#224; l'Am&#233;rique du sud. Un de ses bons amis, Robert Cousin, qui vivait &#224; Caracas au V&#233;n&#233;zu&#233;la, pendant la guerre, lui fait miroiter une vie facile l&#224;-bas. Fernand Planche consid&#232;re cousin comme son fr&#232;re, c'est &#224; lui qu'il a d&#233;di&#233; sa biographie de Louise Michel. Aussi, d&#232;s septembre 1947, lors de ses passages dans la r&#233;gion thiernoise, Fernand demande des attestations certifiant qu'il sera leur repr&#233;sentant en Am&#233;rique du sud &#224; de nombreux fabricants de coutellerie, ainsi Marcel Issard, Grissolange-Chalet, &#224; La Monnerie, Morel-Fayet, au Ch&#234;ne Rond, Peylaire-Mure &#224; Lombard, Barge &#224; Loyer. Le projet &#233;choue car le V&#233;n&#233;zu&#233;la, tr&#232;s vigilant, filtre les immigrants, et lui refuse l'autorisation de s'installer. &lt;br class='autobr' /&gt;
Malgr&#233; cela la d&#233;cision est prise : il s'en ira. En 1949, son cousin Ren&#233; Barge l'aide &#224; clouer les caisses pleines de livres &#224; Paris, et commence &#224; les recueillir dans son logis de Loyer. Et, &#224; la fin de l'ann&#233;e 1950, c'est le grand d&#233;part, cette fois, pour la Nouvelle-Cal&#233;donie !&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;span class='spip_document_8972 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L500xH157/signature_georges-2-4b745.jpg?1784965641' width='500' height='157' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Georges Therre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;em&gt;A suivre... &lt;/em&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.escoutoux.net/Le-Grand-voyage&#034;&gt;Le grand voyage&lt;/a&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La carri&#232;re litt&#233;raire</title>
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		<dc:creator>Georges Therre</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;De la meule &#224; la plume, causerie sur Fernand Planche, &#233;mouleur et &#233;crivain - par Georges THERRE - 1984.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://escoutoux.net/-Histoires-d-eux-" rel="directory"&gt;Histoires d'eux..&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L150xH54/arton282-603a2.jpg?1784965641' width='150' height='54' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fernand Planche et Laure habitent d&#233;sormais dans le 3&#232;me arrondissement, &#224; cent m&#232;tres du m&#233;tro Temple, au n&#176;11 de la cit&#233; Dupetit-Thouars, sorte de longue impasse &#233;troite et sombre. Le n&#176;11 est l'immeuble tout au fond. On monte un escalier aux marches de bois lessiv&#233; jusqu'au 3&#232;me &#233;tage, et l&#224;, les t&#233;moignages de Berthier et de Ren&#233; Barge concordent, on trouve des piles de livres qui grimpent jusqu'au plafond et La G&#233;ographie Universelle d'Elys&#233;e Reclus occupe tout le dessus du buffet. Dans ce d&#233;sordre, Planche accueille tout ce qui est apparent&#233; de pr&#232;s ou loin &#224; l'anarchie. Il se l&#232;ve &#224; 11 heures du matin, mange au milieu de l'apr&#232;s-midi, palabre toute la nuit avec des individus qu'il conna&#238;t parfois &#224; peine et qu'il nourrit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout en exer&#231;ant le m&#233;tier de repr&#233;sentant de coutellerie, il devient peu &#224; peu &#233;crivain. Cette activit&#233; l'occupera en priorit&#233; pendant trois ans de 1945 &#224; 1948. Dans ce laps de temps, Fernand Planche publie deux volumes sous son nom, un 3&#232;me en collaboration ; il fait &#233;diter deux volumes d'autres auteurs, et collabore &#224; diverses revues. Sur son courrier, il est d&#233;sormais qualifi&#233; de &#171; publiciste &#187; ou &#171; d'homme de lettres &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa premi&#232;re &#339;uvre importante est une biographie intitul&#233;e La Vie Ardente et Intr&#233;pide Louise Michel. Ce qui transpara&#238;t imm&#233;diatement c'est que Fernand Planche n'a pas &#233;prouv&#233; le d&#233;sir de publier un livre pour en tirer une gloire ou un profit quelconque. De nombreux livres ont &#233;t&#233; consacr&#233;s &#224; la c&#233;l&#232;bre Communarde, mais &#224; l'&#233;poque, vu la faible demande, il &#233;tait impossible de trouver une bonne &#233;tude sur ce personnage d&#233;j&#224; l&#233;gendaire. Fernand planche comble cette lacune dans les catalogues de la presse litt&#233;raire. Durant l'hiver 1945-1946, il &#233;tudie les innombrables livres qui concernent son h&#233;ro&#239;ne, sur laquelle il a d&#233;j&#224; r&#233;uni une documentation exceptionnelle dans sa biblioth&#232;que. Il r&#233;dige tant&#244;t &#224; Paris, tant&#244;t dans le rouet de ses cousins Chaput, aux Martinets, non loin de l'atelier occup&#233; il y a quelques ann&#233;es encore par S&#233;s&#233; Pradel. Risquons un jugement rapide : son livre est clair, facile &#224; lire, bien renseign&#233;, tr&#232;s utilisable, comportant notamment une bibliographie fort compl&#232;te &#224; l'&#233;poque. De plus, le livre imprim&#233; par des amis &#224; moindres frais sur un papier m&#233;diocre d'apr&#232;s-guerre comporte n&#233;anmoins un effort d'illustration louable : Fernand Planche, qui n'est pas bibliophile pour deux sous, n'h&#233;site pas &#224; d&#233;couper des gravures dans ses livres, pour les utiliser dans son volume. C'est ainsi qu'in beau livre d'Henri Rochefort sur son retour de Noum&#233;a bien imprim&#233; et reli&#233; au XIX&#232;me si&#232;cle est amput&#233; de quelques images pour les besoins de l'instant ! Cela aboutit &#224; 20 pages d'illustrations o&#249; se sont serr&#233;s les portraits de tous les compagnons c&#233;l&#232;bres de Louise Michel. On y trouve m&#234;me une lettre autographi&#233;e in&#233;dite de Louise Michel, qui a d&#251; appartenir &#224; Fernand Planche, et dont ses h&#233;ritiers ont fait don plus tard &#224; un Mus&#233;e de Nouvelle-Cal&#233;donie. Enfin la couverture du livre est un bois grav&#233; de Germain Delatousche, artiste de talent qui partageait les id&#233;es de Planche. Ce premier livre est sorti des presses en juillet 1946 et Fernand Planche s'est tant d&#233;men&#233; pour le d&#233;poser dans les librairies qu'il aurait atteint 11 000 exemplaires, ce qui est consid&#233;rable pour un tel ouvrage. Le livre a &#233;t&#233; demand&#233; aux quatre coins du monde et a valu &#224; Fernand une correspondance et des relations extraordinaires. Un p&#233;riodique anarchiste de Mexico chante les m&#233;rites du livre de Fernando Laplanche ! De Sidi Bou Sa&#239;d, en Tunisie, Jossot, un caricaturiste du d&#233;but du si&#232;cle maintenant tr&#232;s recherch&#233; pour la qualit&#233; et la m&#233;chancet&#233; de ses dessins, converti &#224; l'islam, lui &#233;crivit avec bienveillance &#224; ce sujet. A paris, m&#234;me, l'acteur Maurice Chevit, envisage de tourner un film sur Louise Michel d'apr&#232;s ce livre, mais le projet tourne court. Toute la presse anarchiste d'alors annonce le livre et, signe r&#233;v&#233;lateur, le Tome VII du Grand Larousse Encyclop&#233;dique retient l'ouvrage dans sa bibliographie, en 1963.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;A partir de ce succ&#232;s, Fernand Planche assi&#232;ge son imprimeur pour lui faire &#233;diter des textes d'autres auteurs qui lui sont chers. Le lundi 15 avril 1947 est r&#233;&#233;dit&#233;e une brochure de Louise Michel : Prise de Possession avec un avant-propos de Fernand Planche. Cette brochure d&#233;veloppe justement le sujet trait&#233; par Louise Michel en 1904 &#224; Thiers. A ce propos, il ne me semble pas que Fernand Planche ait &#233;t&#233; au courant de cette conf&#233;rence thiernoise, il n'y a jamais fait allusion. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 30 juin de la m&#234;me ann&#233;e, gr&#226;ce &#224; Fernand Planche, le m&#234;me imprimeur sort un livre enti&#232;rement in&#233;dit, La R&#233;volution Inconnue 1917-1921 par Voline, un anarchiste russe qui soutenait en Russie le r&#233;volutionnaire Makhno, r&#233;solument hostile aux bolcheviks. Voline &#233;tait tr&#232;s li&#233; avec Planche, avant de mourir en 1945, et Planche s'&#233;tait promis de montrer la R&#233;volution russe sous un autre jour que celui montr&#233; par les staliniens, il a tenu parole en publiant ces 1700 pages d'&#233;crits in&#233;dits de Voline. C'est Voline qui, le premier formula l'id&#233;e de Synth&#232;se Anarchiste, ralliant les tendances syndicalistes, communistes et individualistes en Russie. C'est l&#224; l'id&#233;e ch&#232;re &#224; Planche, elle r&#233;sume sa philosophie politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais, Fernand Planche r&#233;dige un nouveau livre : Durolle, enti&#232;rement personnel cette fois. Sa Louise Michel &#233;tait sympathique, et pouvait susciter l'int&#233;r&#234;t du public pour les anarchistes. A plus forte raison, ce r&#233;cit populaire joyeux pouvait amener les ouvriers &#224; l'anarchie et les anarchistes &#224; la d&#233;couverte &#233;merveill&#233;e du peuple thiernois. D&#232;s juillet 1946, il annonce le roman qui couvre la p&#233;riode 1900-1919, et pr&#233;voit d&#233;j&#224; un Tome II. Le Tome I sort des m&#234;mes presses que les pr&#233;c&#233;dentes publications, le 1er f&#233;vrier 1948, et on dit qu'il a atteint les 7000 exemplaires. Fernand planche est souvent &#224; Thiers &#224; cette &#233;poque, et Henri Chabrol aujourd'hui d&#233;c&#233;d&#233;, longtemps cafetier rue Nationale, se souvenait en avoir vendu quelques volumes dans son magasin de journaux de la rue du Bourg.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;span class='spip_document_8972 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L500xH157/signature_georges-2-4b745.jpg?1784965641' width='500' height='157' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Georges Therre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;em&gt;A suivre... &lt;/em&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://escoutoux.net/Fernand-Planche-et-Alexandre-Bigay&#034;&gt;Fernand Planche et Alexandre Bigay&lt;/a&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La guerre 1939-1945</title>
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		<dc:date>2022-03-06T06:08:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Georges Therre</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;De la meule &#224; la plume, causerie sur Fernand Planche, &#233;mouleur et &#233;crivain - par Georges THERRE - 1984.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L150xH54/arton278-d969d.jpg?1784965642' width='150' height='54' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fernand Planche : &#233;mouleur et &#233;crivain par Georges THERRE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s ses ann&#233;es d'enfance douloureuse, c'est la deuxi&#232;me p&#233;riode noire pour notre compatriote. P.V. Berthier connaissait particuli&#232;rement bien cet &#233;pisode. L'histoire commence de mani&#232;re rocambolesque : dans les premiers mois de 1939, Fernand Planche accueille un parmi cent, un inconnu qui s'appr&#234;te &#224; s'&#233;tablir &#224; Stockholm et lui demande une lettre d'introduction pour un des correspondants de Planche. Sans malice, Fernand fait le mot et oublie l'inconnu. La guerre &#233;clate, l'individu reste en Su&#232;de, il est d&#233;clar&#233; d&#233;serteur. On perquisitionne chez sa m&#232;re en France, on trouve une lettre qui mentionne la lettre d'introduction de Planche. Celui-ci a beau protester de sa bonne foi et rappeler que la lettre a &#233;t&#233; &#233;crite en p&#233;riode de paix, on perquisitionne chez lui, on trouve une lettre parlant du roman Faux Passeport de Charles Plisnier. Vu les id&#233;es de Planche, on le prend pour un faussaire et on l'enferme &#224; la Sant&#233;. Il y passe tout l'hiver 39-40, particuli&#232;rement froid, dans une cellule non chauff&#233;e. Fernand bat la semelle, boit du lait et se plaint du vin qui est mauvais. Il m&#233;dite de sa m&#233;saventure et entrevoit une d&#233;fense : &#171; &lt;i&gt;ce n'est tout de m&#234;me pas un billet qui lui a permis de quitter la France !... Le plus grand responsable de sa fuite c'est celui qui lui a d&#233;livr&#233; son passeport !&lt;/i&gt; &#187; Et il &#233;crit froidement au Garde des Sceaux pour demander l'arrestation du Pr&#233;fet de Police ! Grand scandale ! On sort Fernand des oubliettes mais c'est pour le jeter dans le camp de concentration de Maisons-Laffitte qui d&#233;tient de v&#233;ritables malfaiteurs et des malchanceux comme lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la d&#233;b&#226;cle de 1940, le camp est &#233;vacu&#233; et les d&#233;tenus s'en vont en colonne &#224; pied, encadr&#233;s et suivis de soldats qui ont pour ordre de fusiller les tra&#238;nards. Un bombardement &#224; Meung-sur-Loire provoque le sauve-qui-peut, et Planche, hagard, s'enfuit &#224; Issoudun &#224; bicyclette et se dirige vers Issoudun, &#224; 120 Km de l&#224;. O&#249; habite son ami P.V. Berthier. Il y parvient, le 18 juin au soir, &#233;puis&#233;, couvert de poux affam&#233;. Enfin il peut se laver et manger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voil&#224; notre Fernand &#224; nouveau bavard et jovial ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques jours apr&#232;s, il p&#233;dale joyeusement en s'&#233;criant, le visage fendu par un large sourire : &#171; &lt;i&gt;Le petit ange, je suis le petit ange ! &lt;/i&gt; &#187; Il repartira d'Issoudun avec dans ses bagages un gros saucisson et le Code Napol&#233;on qu'il vient de d&#233;couvrir avec ravissement ! Il parcourt &#224; v&#233;lo les 240 Km qui le s&#233;parent de Paris et retrouve Laure et son magasin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin la paix pensez-vous ? Pas du tout. La justice fran&#231;aise s'acharne sur son histoire de d&#233;sertion, Fernand a ferm&#233; le magasin et travaille en usine : il apprend un soir &#224; la sortie du travail qu'on l'attend &#224; la maison pour l'arr&#234;ter. Or, &#224; l'&#233;poque, &#234;tre arr&#234;t&#233;, c'est &#234;tre mis sur une liste d'otages qu'on livre aux Allemands quand ceux-ci veulent se venger d'un attentat. Alors Planche erre des jours entiers dans Paris, sans chercher &#224; trouver refuge pour ne compromettre personne. Comment sortir d'une pareille impasse ? Eh bien il trouve une solution ahurissante dans son d&#233;sarroi de fuyard pour survivre&#8230; Il se pr&#233;sente &#224; un bureau charg&#233; de recruter les travailleurs volontaires pour l'Allemagne et signe pour un an ! C'est la politique de Gribouille qui plonge dans la mare pour &#233;chapper &#224; la pluie. La solution peut d&#233;plaire aux h&#233;ros id&#233;alistes mais elle a au moins le m&#233;rite de l'imagination et de l'efficacit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le voil&#224; tout de suite &#224; Berlin, terroris&#233; par l'Allemagne nazie, il travaille d&#232;s le d&#233;but comme un forcen&#233; pour &#234;tre &#224; la hauteur des autres et passer inaper&#231;u&#8230; Et les ouvriers allemands lui font comprendre qu'il doit faire moins de z&#232;le ! C'est ce jour-l&#224; que Fernand remonte de l'ab&#238;me moral dans lequel il est plong&#233;. Il est bien trait&#233; car il est l'un des rares &#224; savoir travailler l'acier au tungst&#232;ne. Il reprend si bien courage qu'il essaye m&#234;me de faire &#233;vader un ami prisonnier. Il ne renouvelle pas son contrat, et rentre &#224; Paris en 1942, o&#249; enfin on classe d&#233;finitivement son affaire en justice. Ses amis anarchistes l'ont soutenu, montrant par l&#224; qu'ils ont bien compris qu'en fait, Fernand n'a pas trahi leur cause mais seulement c&#233;d&#233; &#224; la n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la guerre ne l'oublie pas compl&#232;tement. Le 3 mars 1942, un bombardement endommage le 42 de la rue de Meudon. On reloge les sinistr&#233;s dans Paris. C'est la derni&#232;re grande secousse. Le 3&#232;me &#233;tage o&#249; il loge d&#233;sormais prend tout naturellement le nom de &#171; Comptoirs Thiernois &#187; ! Et le va-et-vient avec la cit&#233; thiernoise reprend tant bien que mal. Enfin, en ao&#251;t 44, au coin de sa nouvelle rue, il voit les trois premiers tanks de l'arm&#233;e Leclerc. Un page est tourn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;span class='spip_document_8972 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L500xH157/signature_georges-2-4b745.jpg?1784965641' width='500' height='157' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Georges Therre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;em&gt;A suivre &lt;/em&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.escoutoux.net/La-cite-Dupetit-Thouars-la&#034;&gt;La cit&#233; Dupetit-Thouars - La carri&#232;re litt&#233;raire&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La pol&#233;mique Brugerette-Planche (1932)</title>
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		<dc:creator>Georges Therre</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;De la meule &#224; la plume, causerie sur Fernand Planche, &#233;mouleur et &#233;crivain - par Georges THERRE - 1984.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L150xH54/arton264-e017a.jpg?1784965642' width='150' height='54' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De la meule &#224; la plume, causerie sur Fernand Planche, &#233;mouleur et &#233;crivain - par Georges THERRE - 1984&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fernand Planche : &#233;mouleur et &#233;crivain par Georges THERRE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons en quelques mots quelle &#233;tait la personnalit&#233; de l'abb&#233; Brugerette. Ceux qui aimeraient en savoir plus devront consulter la magistrale &#233;tude consacr&#233;e par Jacques Ytournel, archiviste honoraire, &#224; cet eccl&#233;siastique en 1979. N&#233; en 1863 &#224; Ambert, licenci&#233; d'histoire, licenci&#233; de philosophie, auteur de manuels d'histoire r&#233;put&#233;s, romancier, moraliste, laur&#233;at de l'Acad&#233;mie fran&#231;aise, tr&#232;s ind&#233;pendant d'esprit au point d'avoir encouru les foudres de l'&#233;v&#234;que de Clermont, il voit sa carri&#232;re d'enseignant interrompue par une nomination de cur&#233; de la paroisse de Saint-Jean de Thiers de 1909 &#224; 1943, qui ressemble fort &#224; une sanction. La paroisse est pauvre, mal tenue, relativement peu fr&#233;quent&#233;e. L'abb&#233; Brugerette lui insuffle une vie nouvelle, r&#233;dige seul un bulletin, L'Ami, qui conquit le public thiernois. Apr&#232;s la guerre de 14, il publie chaque semaine des articles dans Le Journal de Thiers, sous divers pseudonymes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec une certaine hauteur de vue, il rend hommage aux patriotes fran&#231;ais dans un article de juin 1932, sign&#233; Jean Dalger. Il a alors 69 ans. Et voil&#224; que Fernand Planche, 32 ans, nanti du Certificat d'Etudes, de ses nombreuses lectures et d'un certain culot s'en prend &#224; ce monument de culture et de finesse ! En ignorant totalement d'ailleurs qui se cache derri&#232;re le pseudonyme Jean Dalger. Il lui envoie une lettre personnelle o&#249; il proclame en citant des vers latins que &#171; &lt;i&gt;la vie de l'individu est au-dessus de tout &lt;/i&gt; &#187; et que &#171; &lt;i&gt;si une nouvelle guerre survenait, il s'abstiendrait d'y participer sous aucune forme&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse ne se fait pas attendre. L'abb&#233; Brugerette, plus prudent que Planche, se renseigne de tr&#232;s pr&#232;s sur son adversaire et lui ass&#232;ne, le 3 juillet 1932, un article, &#171; &lt;i&gt; L'antipatriotisme &lt;/i&gt; &#187;, avec cette d&#233;dicace &#171; &lt;i&gt;Pour M. Fernand Planche&lt;/i&gt; &#187;, dans le Journal de Thiers. Apr&#232;s une telle argumentation bien document&#233;e, il lui adresse cette fl&#232;che, en donnant la parole &#224; la Patrie : &#171; &lt;i&gt;Tu es intelligent et c'est moi qui ai nourri ton intelligence. Tu es instruit et c'est de moi que tu tiens l'instruction&#8230;En d&#233;fendant mon sol, je d&#233;fends ta pr&#233;cieuse vie et les mille objets utiles de ton comptoir. Comment oserais-tu refuser de me pr&#234;ter main forte ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Planche r&#233;plique par une deuxi&#232;me lettre personnelle o&#249;, reprenant la phrase cit&#233;e pr&#233;c&#233;demment, il raisonne &#224; son tour : &#171; &lt;i&gt;il fait admettre que si j'&#233;tais idiot, c'est moi qui pourrais dire &#224; la Patrie : si je suis idiot, c'est toi qui m'a fait idiot, par cons&#233;quent, votre argument n'a aucune valeur&lt;/i&gt;. &#187; Dans Le Journal de Thiers du 17 juillet, Brugerette r&#233;plique par un v&#233;ritable cours de philosophie o&#249; il prend tr&#232;s au s&#233;rieux les objections de Planche.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;On aurait pu en rester l&#224;, la courtoisie &#233;tant sauv&#233;e. C'est le Groupe des Anarchistes thiernois qui rel&#232;ve le gant, en distribuant en ville un factum injurieux et violent &#224; l'adresse de Brugerette. Aussit&#244;t Brugerette, dans Le Journal de Thiers du 31 juillet an&#233;antit les malheureux par des remarques fulgurantes sur la syntaxe et la pauvret&#233; d'esprit de nos anarchistes thiernois ; et il rend au contraire hommage &#224; son premier adversaire : &#171; &lt;i&gt; Nous avions rencontr&#233; chez M. Planche&#8230; raisonnement, courtoisie, correction grammaticale, quelques notions d'histoire, et, chose tr&#232;s estimable, le courage d'une signature&lt;/i&gt; &#187;. Ses compagnons anonymes lui paraissent, je cite &#171; des pygm&#233;es &#224; c&#244;t&#233; du partenaire dont ils viennent de s'instituer les avocats &#187;. Cette fois, c'est Fernand planche qui r&#233;pond par un tract imprim&#233; le 9 ao&#251;t o&#249; il ironise sur le patriotisme de l'abb&#233; dont &#171; &lt;i&gt;le poste de combat &#233;tait &#224; la Croix de la Pierre&lt;/i&gt; &#187; puis il clame son horreur de la guerre, agite quelques noms d'historiens antiques pour affirmer l'inexistence du Christ, traite Brugerette de menteur sur un d&#233;tail historique et provoque en duel oratoire l'abb&#233; au cin&#233;ma Bazola ! Il accompagne le tout d'une bande dessin&#233;e anticl&#233;ricale en quatre images, sign&#233;e de son nom, Fernand Planche, o&#249; les deux adversaires sont repr&#233;sent&#233;s dans le train de Courty.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans Le Journal de Thiers du 21 ao&#251;t, Brugerette sort &#224; son tour l'artillerie lourde. Il s'&#233;tonne du changement de ton de Planche, rel&#232;ve ses fautes d'orthographe et r&#233;pond point par point &#224; ses citations d'historiens. Le 25 ao&#251;t, nouveau tract de Planche. Il traite Brugerette de p&#233;dant, d&#233;montre que beaucoup de ses fautes d'orthographe sont en fait des coquilles typographiques ; mais, bon prince, il ajoute : &#171; &lt;i&gt; s'il vous pla&#238;t de m'accorder la paternit&#233; de ces fautes, je l'accepte bien volontiers et je n'accorde du reste qu'une importance relative &#224; la grammaire &lt;/i&gt; &#187;. Pour finir, il brandit la banni&#232;re Ni Dieu, ni Ma&#238;tre et pour faire bonne mesure ajoute un beau dessin anticl&#233;rical non sign&#233;. Jean Dalger cl&#244;t la discussion par un dernier article, le 11 septembre 1932 o&#249; il regrette les injures d&#233;vers&#233;es par Planche et ses amis, pr&#233;tend que Planche n'a pas r&#233;pondu sur le fond des arguments, ne s'estime pas satisfait des rectifications historiques propos&#233;es par Planche, avec mauvaise foi pour une fois, &#224; mon avis et accuse perfidement les anarchistes d'&#234;tre pay&#233;s par Moscou ou Berlin. Brugerette a annonc&#233; qu'il ne r&#233;pondrait plus &#224; cette campagne et il semble que l'affaire se soit arr&#234;t&#233;e l&#224;. Elle montre que Fernand Planche, par nature doux et compr&#233;hensif a abandonn&#233; son ton mesur&#233; devant le d&#233;dain de Brugerette pour ses camarades ; les deux adversaires ont aliment&#233; une querelle qui a plus donn&#233; de joie aux thiernois qu'aux protagonistes. Aucun vainqueur ne peut &#234;tre d&#233;sign&#233; dans une telle joute, mais c'est tout &#224; la louange de Fernand Planche d'avoir, sans ridicule, tenu t&#234;te &#224; l'une des fines plumes de l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;span class='spip_document_8972 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L500xH157/signature_georges-2-4b745.jpg?1784965641' width='500' height='157' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Georges Therre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;em&gt;A suivre... &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.escoutoux.net/La-guerre-1939-1945&#034;&gt;La guerre 1939-1945&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un anarchiste &#224; Paris - 2&#232;me partie</title>
		<link>https://escoutoux.net/Un-anarchiste-a-Paris-2eme-partie</link>
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		<dc:date>2022-02-19T05:54:17Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Georges Therre</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;De la meule &#224; la plume, causerie sur Fernand Planche, &#233;mouleur et &#233;crivain - par Georges THERRE - 1984 - Un anarchiste &#224; Paris - deuxi&#232;me partie.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://escoutoux.net/-Histoires-d-eux-" rel="directory"&gt;Histoires d'eux..&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L150xH54/arton245-946bc.jpg?1784965642' width='150' height='54' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fernand Planche : &#233;mouleur et &#233;crivain&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;&lt;em&gt;par Georges THERRE&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fernand Planche : &#233;mouleur et &#233;crivain par Georges THERRE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toute cette p&#233;riode, Fernand publie des articles, s'int&#233;resse &#224; la propagande et au journalisme, mais ne songe pas &#224; la litt&#233;rature pour lui-m&#234;me. Il a &#233;t&#233; le r&#233;dacteur en chef d'un p&#233;riodique libertaire, intitul&#233; La Conqu&#234;te du Pain, d'apr&#232;s le nom d'un livre de Kropotkine, qui para&#238;t &#224; peu pr&#232;s r&#233;guli&#232;rement d'octobre 1934 &#224; 1935 ; il comptera 42 num&#233;ros. Si son ami Berthier y collabore r&#233;guli&#232;rement, Fernand, lui, se charge essentiellement de r&#233;unir des textes et de diffuser le journal. Il signe un seul article, qui se r&#233;v&#232;le un v&#233;ritable po&#232;me humaniste, s&#251;rement des plus beaux textes consacr&#233;s &#224; l'anarchie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&lt;i&gt;&#224; consulter en pi&#232;ce jointe, manuscrit, mais avec quelques blancs pour les mots coup&#233;s sur la droite.. &lt;strong&gt;voici le texte que nous a communiqu&#233; un des lecteurs d'Escout' Moi Voir, Patrice&lt;/strong&gt; :&lt;/i&gt; )&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_9064 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L500xH608/fernand_planche_etre_anarchiste-ad8a0.jpg?1784965642' width='500' height='608' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte a &#233;t&#233; publi&#233; dans La Conqu&#234;te du Pain (1934) -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte situe Fernand Planche : ce n'est pas un militant intransigeant et cat&#233;gorique, c'est avant tout un rassembleur. Vers 1930, il est secr&#233;taire de la Synth&#232;se Anarchiste qui essaie de r&#233;unir les trois courants anti-&#233;tatistes qui sont constamment au bord de la rupture : &lt;br /&gt;&lt;img src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1784743997' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; le socialisme libertaire, &lt;br /&gt;&lt;img src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1784743997' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; l'anarcho-syndicalisme, &lt;br /&gt;&lt;img src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1784743997' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; l'individualisme anarchiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sera, je crois, sa vocation : r&#233;concilier les irr&#233;ductibles. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais l'&#233;poque n'est pas &#224; la tendresse. La violence &#233;clate dans les paroles et dans les actes, et se cristallisera dans la terrible guerre civile en Espagne, en 1936. L&#224;, les anarchistes &#224; la fois feront preuve de leur importance en cr&#233;ant de v&#233;ritables groupes de combat, et verront le glas de leur mouvement ; en raison des &#233;normes pertes subies dans la lutte contre l'arm&#233;e franquiste et dans celle contre leurs propres compagnons de route, les communistes. Un anarchiste thiernois, son grand ami, R&#233;my Dugne, s'est engag&#233; dans ces troupes, et est revenu en raison de sa mauvaise sant&#233;. Nous savons par Berthier que Fernand Planche, lui aussi, est parti, (sans doute en simple observateur) pour Barcelone o&#249; il est arriv&#233; le 24 juillet 1936. La victoire est encore possible, et Planche est alors optimiste. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais c'est dans ces circonstances qu'on reconna&#238;t son temp&#233;rament pacifique et humain : les ex&#233;cutions sommaires auxquelles ont proc&#233;d&#233; ses compagnons l'ont attrist&#233;, et surtout, le cas d'un pr&#234;tre, &#224; qui on promit la vie sauve s'il donnait des renseignements, et qu'on a fusill&#233; quand m&#234;me, l'a laiss&#233; tout &#224; fait boulevers&#233;. C'est s&#251;rement le probl&#232;me majeur pour tous ces id&#233;alistes qui se sont tourn&#233;s vers l'anarchie : faut-il seulement faire de la th&#233;orie, et convertir les esprits lentement, trop lentement, ou se d&#233;clarer partisan de la violence, de l'action directe comme on dit d&#233;j&#224; alors ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce probl&#232;me a agit&#233; les libertaires d&#233;j&#224; au temps de Ravachol, et n'a jamais &#233;t&#233; r&#233;solu. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'anecdote semble prouver que Fernand Planche, tr&#232;s &#224; l'aise pendant l'agitation parisienne, lors des gr&#232;ves de la m&#234;me ann&#233;e 1936, et fort clairvoyant, n'&#233;tait pas fait pour la violence meurtri&#232;re. Il ne sera jamais d'ailleurs accus&#233; du moindre &#233;cart physique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous allons voir qu'en revanche, il donne libre cours &#224; sa verve lors des affrontements verbaux.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;span class='spip_document_8972 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L500xH157/signature_georges-2-4b745.jpg?1784965641' width='500' height='157' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Georges Therre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;em&gt;A suivre... &lt;/em&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.escoutoux.net/La-polemique-Brugerette-Planche&#034;&gt;La Pol&#233;mique Brugerette&lt;/a&gt;&lt;em&gt; &lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Un anarchiste &#224; Paris - 1&#232;re partie</title>
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		<dc:date>2022-02-13T08:55:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Georges Therre</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;De la meule &#224; la plume, causerie sur Fernand Planche, &#233;mouleur et &#233;crivain - par Georges THERRE - 1984 - Un anarchiste &#224; Paris - premi&#232;re partie. Photos : Jean-Luc Gironde.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://escoutoux.net/-Histoires-d-eux-" rel="directory"&gt;Histoires d'eux..&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L150xH54/arton239-7b54a.jpg?1784965642' width='150' height='54' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'interm&#232;de militaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette soif d'aventures, Fernand l'a eue de bonne heure. Au d&#233;but de la guerre, dans un mouvement d'enthousiasme, il &#233;tait parti avec un r&#233;giment qui passait, et, d&#233;guis&#233; en soldat, par des appel&#233;s farceurs et inconscients, il s'&#233;tait retrouv&#233; devant la fronti&#232;re des Vosges ! Heureusement, un officier le remit aux gendarmes et le fit ramener chez lui. Fernand &#233;voque cette escapade dans Durolle et aussi dans un tract de 1932. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais la guerre est maintenant finie et Fernand, impressionn&#233; par les deuils qu'elle a provoqu&#233;s, et d&#233;j&#224; attir&#233; par la presse pacifiste, n'a plus aucun enthousiasme quand le service militaire le r&#233;clame. Il est affect&#233; d'abord &#224; Dijon, puis en Rh&#233;nanie, &#224; Ingelheim, dans l'aviation. Il ne se plaint pas, laisse entendre &#224; la famille Barge qu'il est &#171; peinard &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais la mis&#232;re des Allemands prolong&#233;e par l'occupation l'&#233;meut, et il quitte l'arm&#233;e r&#233;solument antimilitariste.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Un anarchiste &#224; Paris&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Paris, Fernand Planche va pouvoir donner sa pleine mesure. Il va &#224; la rencontre des livres, ceux qu'on a peu de chance de rencontrer chez les petits libraires de province, ceux qui sont interdits, ou mal tol&#233;r&#233;s, ou ignor&#233;s, tout ce qu'on appelle la &#171; litt&#233;rature sociale &#187;, &#224; travers les grands th&#233;oriciens ou figures historiques du XIX &#232;me si&#232;cle, Proudhon, Marx, Bakounine, Kropotkine, S&#233;bastien Faure, Louise Michel, S&#233;verine, Charles Malato. En m&#234;me temps, il d&#233;couvre la litt&#233;rature tout court, lit Moli&#232;re, Zola, Balzac, et aussi ses contemporains : Maeterlinck, H.G. Wells, Joseph Delteil, Knut Hamsun, Dorgel&#232;s ; il lit tous les romanciers importants entre les deux guerres, L.F. C&#233;line, Cendras. Il ne fait pas que lire, il fr&#233;quente d'innombrables po&#232;tes, penseurs, journaliste th&#233;oriciens attach&#233;s de pr&#232;s ou de loin aux id&#233;es libertaires et il correspond avec eux : E. Armand, individualiste farouche, Lorulot, la&#239;que plus qu'intransigeant, Lacaze-Duthiers, Marcand, pacifiste catholique, plus tard Louis Lecoin, qui passe la plus grande partie de sa vie en prison comme r&#233;fractaire. La presse anarchiste d'alors s'int&#233;resse &#224; tout ce qui a pignon sur rue dans notre litt&#233;rature seulement ces derni&#232;res ann&#233;es : l'amour libre, le naturisme, l'objection de conscience, l'antiracisme, l'anticolonialisme. Il y a l&#224; une fermentation d'id&#233;es incroyables, autour de certains fins lettr&#233;s, auteurs consid&#233;rables que nul ne peut ignorer , Hans Ryner, par exemple, qui pr&#233;sente Socrate comme un anarchiste que Platon a trahi et &#171; r&#233;cup&#233;r&#233; &#187;. Fernand avec un enthousiasme et un culot assez remarquable pour un si jeune homme, milite ardemment et ne craint pas d'animer des r&#233;unions contradictoires &#224; 24 ans et de r&#233;diger lui-m&#234;me des comptes rendus qui paraissent dans Le Libertaire. A cette &#233;poque, il habite Billancourt 59, rue de Saint-Cloud. Un peu plus tard, en 1926, il songe &#224; se mettre &#224; son compte. Tout naturellement, il fait appel &#224; sa famille thiernoise, et ce sont ses cousins Chaput et Barge (p&#232;re de Ren&#233; Barge) qui viennent l'aider &#224; construire son magasin, 42, rue de Meudon, &#224; Billancourt. Son enseigne &#171; Comptoir Thiers-Saint-Etienne &#187;. Ceux qui connaissent nos artisans couteliers &#233;mouleurs et polisseurs savent que les meilleurs sont capables, pour compl&#233;ter leurs m&#233;tiers, de construire eux-m&#234;mes leurs machines, leurs outils, de savoir tout faire de leurs mains. C'est le cas de Fernand Planche. Voici ses sp&#233;cialit&#233;s :
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1784743997' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Repassage rasoirs, bistouris, ciseaux et tous instruments tranchants. &lt;br /&gt;&lt;img src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1784743997' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; R&#233;parations garanties : montres, pendules, r&#233;veils, carillons, r&#233;gulateurs. &lt;br /&gt;&lt;img src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1784743997' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Chauffage, &#233;clairage, maroquinerie, &#233;lectricit&#233;, p&#234;che, coutellerie, outillage, parfumerie, encadrements, horlogerie, bijouterie, articles de m&#233;nage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il sera aid&#233; dans sa t&#226;che par celle qui sera la compagne de toute sa vie, Laure. Ce Comptoir deviendra rapidement un centre de rencontres o&#249; l'on c&#244;toie un monde bigarr&#233; et boh&#232;me. En voici la description en 1934, par son ami anarchiste &#171; Pierre-Valentin Berthier : &#171; &lt;i&gt; on pouvait lui t&#233;l&#233;phoner au magasin&#8230; Mais le tout &#233;tait qu'il p&#251;t attraper l'appareil tant la boutique, encombr&#233;e &#224; l'exc&#232;s, offrait d'obstacles au moindre d&#233;placement ! Plus qu'un bazar, c'&#233;tait une officine, o&#249; la propagande anarchiste se pr&#233;sentait sous toutes ses formes. D'&#233;normes piles de journaux barraient l'entr&#233;e, des colis pleins de brochures s'entassaient &#224; m&#234;me le plancher et grimpaient sur les rayons d'o&#249; il fallait le &#244;ter pour avoir une chance de mettre la main sur quelque marchandise r&#233;clam&#233;e par un client. Si encore il n'y avait eu que le mat&#233;riel ! Mais toute la journ&#233;e, il venait des militants, des sympathisants, parfois tout simplement des bavards et des raseurs qui s'installaient l&#224; comme chez eux, en groupe, en grappe, debout ou assis sur les colis de bouquins et sur les piles de canards, devisant, ratiocinant, faisant six fois par heure la r&#233;volution sans souci des gens qui entraient pour un achat ou pour une r&#233;paration fumant comme des po&#234;les et criant comme des perdus. Il y avait une ambiance folle dans ce capharna&#252;m&#8230; Nous bouillions d'indignation pour un rien, et nous fr&#233;missions d'espoir simplement en nous regardant dans les yeux&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons &#224; cela que Fernand recevait aussi ses amis dans son logement et y tenait table ouverte, malgr&#233; l'&#233;troitesse des lieux. Son adresse lui am&#232;ne la client&#232;le des ouvriers de chez Renault et sa gentillesse sans pr&#233;jug&#233;s lui am&#232;ne celle des Kabyles, nombreux dans le quartier et souvent mal re&#231;us.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi Fernand &#233;tait adroit et intelligent, mais incontestablement d&#233;sordonn&#233;, ce que confirment les musiciens de L'Echo de la Durolle, qui, lors d'un concours, ont &#233;t&#233; invit&#233;s &#224; aller le voir &#224; son magasin, et restant &#233;bahis de l'accumulation et du d&#233;sordre qui y r&#233;gnaient. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour r&#233;sumer l'activit&#233; de Fernand Planche entre les deux guerres, disons qu'il s'est partag&#233; entre la coutellerie et l'anarchie, sans jamais s&#233;parer compl&#232;tement les deux activit&#233;s. Il s'approvisionne en grande partie dans la r&#233;gion thiernoise, vend par exemple des lames de rasoirs APOLLO (Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale). Cela le conduit de temps en temps dans son pays natal, et alors, ce sont de grandes parties de champignons, des repas, des rencontres. Il aime tellement les copains qu'il ne peut se r&#233;soudre &#224; les quitter, et prend le train &#224; La Monnerie en catastrophe, en courant &#224; travers les voies !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous connaissons maintenant le cadre de vie de Fernand Planche. Evoquons maintenant son aspect physique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses amis le d&#233;crivent alors comme un petit bonhomme au visage rond et plein, souvent &#171; &#233;clair&#233; &#187; par un rire &#233;panoui et toujours par deux yeux clairs, resplendissants de cordialit&#233; et de plaisir, qui, comme on dit, &#171; &lt;i&gt;se croisaient les bras dans un strabisme prononc&#233;&lt;/i&gt;. &#187; Cela correspond au portrait r&#233;alis&#233; par le regrett&#233; Georges Lecoeur, d'apr&#232;s une photo conserve&#233; par Ren&#233; Barge, qui a &#233;t&#233; prise quelques ann&#233;es apr&#232;s, vers 1945-1950. Pr&#233;cisons que Fernand, de bonne heure, a &#224; peu pr&#232;s perdu l'usage d'un &#339;il, on ne sait de naissance ou par accident, et cela lui a laiss&#233; effectivement ce strabisme divergent qu'on remarque sur les photos quand on le sait, mais qui n'est pas aussi caricatural que le dit Berthier, sans doute. Dans une lettre &#233;crite pendant la guerre avec une sorte de code secret pour d&#233;router la censure, on le d&#233;signe seulement sous ce qualificatif : le borgne, qui devait suffire &#224; le faire conna&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, tous ceux qui l'ont approch&#233; s'accordent pour dire que ce n'est pas sa prestance, mais sa personnalit&#233; chaleureuse qui frappait.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;span class='spip_document_8972 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L500xH157/signature_georges-2-4b745.jpg?1784965641' width='500' height='157' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Georges Therre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;em&gt;A suivre... &lt;strong&gt;Un anarchiste &#224; Paris&lt;/strong&gt; - &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.escoutoux.net/De-la-meule-a-la-plume-Un,245&#034;&gt;&lt;font size=&#034;2&#034;&gt;deuxi&#232;me partie&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&#034;2&#034;&gt;.&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>De la meule &#224; la plume...</title>
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		<dc:date>2022-01-31T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Georges Therre, Jean-Luc Gironde</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Causerie sur Fernand Planche par Georges Therrre - 1984 - prologues de Jean-Luc Gironde et Georges Therre.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://escoutoux.net/-Histoires-d-eux-" rel="directory"&gt;Histoires d'eux..&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L150xH78/arton235-e4364.jpg?1784965642' width='150' height='78' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fernand Planche : &#233;mouleur et &#233;crivain &lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;par Georges THERRE &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Prologue - La vie ardente et intr&#233;pide de Fernand Planche par Jean-Luc Gironde et Georges Therre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est n&#233; en 1900 l&#224;-haut, &#224; la Grande Rouli&#232;re, sur les bords de la Durolle. Il est mort l&#224;-bas, au bout du monde, sur les rives d'une &#238;le color&#233;e, perdue au milieu de cet oc&#233;an qui n'a de Pacifique que le nom, th&#233;&#226;tre il y a quelques ann&#233;es d'&#233;v&#232;nements tragiques : la Nouvelle Cal&#233;donie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le bonheur nous dit-on est un hold-up permanent. Alors Fernand Planche qui a v&#233;cu sa vie comme d'autres l'ont r&#234;v&#233;e est un sacr&#233; gangster ! Il fut en tout cas un homme honn&#234;te doubl&#233; d'un honn&#234;te homme, ce qui n'est pas si courant. Ses 74 ann&#233;es de vie, il les a croqu&#233;es par la queue et par la t&#234;te. Il fut dans le d&#233;sordre : journaliste, conf&#233;rencier &#224; la radio, romancier, biographe, pol&#233;miste, caricaturiste, pr&#233;facier, &#233;mouleur, horloger, encadreur, &#233;lectricien, parfumeur, bijoutier, colleur d'affiches, maroquinier, fabricant de parpaings, p&#234;cheur de coquillages pour finir veilleur de nuit. Il fut surtout et jusqu'au bout anarchiste. En 1974, son c&#339;ur, qu'il avait gros comme &#231;a, l'a l&#226;ch&#233; sans crier gare. Diable ! Lui qui aimait tant sentir le vent &#224; la paume de ses mains. Lui qui aimait tant les perroquets et toutes les b&#234;tes. Lui qui aimait tant ramasser les coquillages. Lui qui connaissait si bien la beaut&#233; des choses. Ses quelques amis l'ont enseveli dans cette terre de Noum&#233;a, tous derri&#232;re&#8230; lui devant. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais au fait qui &#233;tait-il vraiment, cet auvergnat des antipodes, connu seulement de quelques ex&#233;g&#232;tes anarchistes pour sa biographie remarquable de la communarde Louise Michel ? A priori comme a posteriori, Fernand Planche se r&#233;v&#232;le &#234;tre un homme tout &#224; fait&#8230; extraordinaire ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a quelques ann&#233;es, Georges Therre, aujourd'hui professeur de Lettres honoraires et sans doute un des plus fins - et plus malicieux - sp&#233;cialistes d'histoire locale, s'est pench&#233; avec la patience d'un pal&#233;ontologue pour exhumer cette existence hors du commun. Au bout du bout, de recherches incroyables, d'&#233;changes &#233;pistolaires dans le monde entier, d'interviews, de lectures interminables, de milliers de notes qu'il a fallu tout d'abord trier, Georges Therre a r&#233;ussi &#224; dresser le portrait le plus juste de ce dr&#244;le de citoyen qui, un beau jour, a envoy&#233; mourir dans le fond de la Durolle sa poubelle, ayant pris soin, au pr&#233;alable, de la remplir de tous les pr&#233;jug&#233;s et conventions. &#034;Ecoute - aurait-il pu dire &#224; Laure, dans le silence de la mer, il y a comme un balancement maudit qui vous met le c&#339;ur &#224; l'heure&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce portrait - cette saga devrions-nous dire - nous allons vous la pr&#233;senter en plusieurs &#233;pisodes tant le texte est riche et ne supporte pas ce que les r&#232;gles en vigueur appellent la compression. On ne compresse pas Fernand Planche !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte de Georges Therre est long, surtout pour ceux qui ont oubli&#233; de le lire. C'est tant pis pour eux. Les autres - les courageux, les amoureux de la chose &#233;crite - comprendront alors pourquoi, lorsqu'on pose son oreille sur le ventre gros et nacr&#233; d'un coquillage, on entend ce bruit fort et rauque et doux qui ressemble si bien &#224; la mer. Bonne lecture&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;Jean-Luc Gironde&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Causerie sur Fernand Planche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vais commencer par justifier mes propos. Pour bien parler de Fernand Planche, le coutelier, l'anarchiste, et notre contemporain, il convient n&#233;cessairement : d'&#234;tre coutelier soi-m&#234;me, d'avoir fr&#233;quent&#233; les cercles anarchistes, ou bien encore d'avoir connu Fernand Planche personnellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sans h&#233;sitation, et avec le bel aplomb que conf&#232;re l'ignorance, que je vous d&#233;clare nettement : je ne remplis aucune de ces conditions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pr&#233;tends n&#233;anmoins donner un aper&#231;u incomplet, mais exact, de ce personnage m&#233;connu de notre r&#233;gion thiernoise, et j'esp&#232;re donner l'envie de le lire, puisque c'est d&#233;sormais le seul lien que nous puissions &#233;tablir avec lui. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une telle assurance est fond&#233;e sur la solidit&#233; de mes informations, et de mes informateurs. En les rappelant, je dis aussi ma dette &#224; leur &#233;gard, et je les assure de mon ind&#233;fectible reconnaissance. &lt;br class='autobr' /&gt;
La documentation &#233;crite provient principalement de trois sources : &lt;br /&gt;&lt;img src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1784743997' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; la Commission Histoire du Monde Libertaire, grand organe des anarchistes fran&#231;ais, qui s'est donn&#233; la peine de rechercher et de photocopier de nombreux textes de Planche et sur Planche &#233;parpill&#233;s dans diverses publications &lt;br /&gt;&lt;img src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1784743997' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; l'&#233;crivain Pierre-Valentin Berthier, que le Monde Libertaire m'a fait conna&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur Berthier a fait connaissance avec Fernand Planche en 1934, il a combattu &#224; ses c&#244;t&#233;s pour ses id&#233;es, lui aussi a &#233;crit beaucoup, livres et journaux. &lt;br class='autobr' /&gt;
La personnalit&#233; de notre compatriote l'a fascin&#233; &#224; tel point qu'il en a fait le personnage d'un de ses romans (nous y reviendrons), et qu'&#224; la mort de Fernand Planche il a publi&#233; une longue notice biographique de son ami, parue en feuilleton dans la revue Espoir. Ses &#233;crits ont &#233;t&#233; particuli&#232;rement pr&#233;cieux pour la p&#233;riode parisienne et n&#233;o-cal&#233;donienne de la vie de Fernand Planche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collaboration avec Le Monde Libertaire et Pierre-Valentin Berthier a &#233;t&#233; capitale, nos relations ont &#233;t&#233; tout &#224; fait cordiales et le restent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me source, c'est notre ami Ren&#233; Barge, cousin de Fernand Planche. Non seulement il l'a bien connu, mais il a pu nous donner des renseignements de premi&#232;re main sur sa famille et sur les lieux qui ont vu son enfance, &#224; la Grande Rouli&#232;re. D'autre part et surtout, Ren&#233; Barge a eu le m&#233;rite de conserver dans sa petite maison, &#224; Loyer, dix &#224; vingt caisses &#233;normes, remplies d'objets h&#233;t&#233;roclites et surtout de livres, que Fernand Planche a laiss&#233;s l&#224; avant de quitter la France en 1950.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Songez-y : de 1950 &#224; 1974, Ren&#233; Barge a eu trois pi&#232;ces de sa maison encombr&#233;es de caisses qu'il s'est scrupuleusement interdit de toucher. C'est seulement depuis qu'il s'est r&#233;solu &#224; se d&#233;barrasser d'une partie de ces caisses, et que nous en avons ouvert un certain nombre ensemble. H&#233;las, la moisissure, les champignons ont &#233;t&#233; moins respectueux que lui de l'h&#233;ritage de son cousin, et ce sont souvent des lambeaux de papier coll&#233;s qui s'effritent sous les doigts que nous avons mis &#224; jour. Je ne le remercierai jamais assez de son accueil sympathique et sans r&#233;serves, chaque fois que je le voulais, dans sa maison. &lt;br class='autobr' /&gt;
A ces trois grandes sources de documents, il me faut ajouter une foule de gens, Thiernois pour la plupart, qui m'ont apport&#233; des renseignements sur tel ou tel aspect de la vie de notre homme. Ils sont si nombreux que je pr&#233;sente mes excuses &#224; la plus grande partie, ne pouvant les citer, me bornant &#224; ceux qui ont &#233;t&#233; les plus pr&#233;cieux : Fernand Sauzedde, ancien d&#233;put&#233;-maire de Thiers, qui, cinquante ans apr&#232;s, a pu me sortir des tracts des ann&#233;es 30, de Fernand Planche, le regrett&#233; Antoine Couperier, ancien maire de Saint-R&#233;my o&#249; j'ai pu consulter l'&#233;tat civil, Ren&#233; Ytournel de La Monnerie, qui m'a guid&#233; sur les lieux m&#234;mes o&#249; se d&#233;roulent certains &#233;pisodes de Durolle etc&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Vous voyez que d&#233;j&#224; cette qu&#234;te a &#233;t&#233; un vrai roman, inachev&#233; d'ailleurs. Car en fait, au d&#233;part, ce qui a motiv&#233; cette sorte d'enqu&#234;te, c'est la lecture du roman Durolle, et la recherche des manuscrits de la suite de ce roman, qui ont exist&#233;, existent peut-&#234;tre encore ; peut-&#234;tre des gens pr&#233;sents dans la salle pourront-ils apporter leur pierre &#224; ce monticule de recherches. C'est aussi l'un des buts de cette causerie. Ce qui m'a stimul&#233; dans cette poursuite des manuscrits, c'est le soutien ardent et efficace de mes amis Daniel Groisne et Jean-Luc Gironde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aborderai successivement les quatre aspects suivants de la vie et de l'&#339;uvre de Fernand Planche : &lt;br class='autobr' /&gt;
1- sa jeunesse durollienne, jusqu'&#224; son service militaire 1900 - 1920&lt;br class='autobr' /&gt;
2- sa vie parisienne 1922 - 1950 &lt;br class='autobr' /&gt;
3- l'&#339;uvre &#233;crite &lt;br class='autobr' /&gt;
4- le grand voyage au bout du monde 1950 - 1974&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;span class='spip_document_8972 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L500xH157/signature_georges-2-4b745.jpg?1784965641' width='500' height='157' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Georges Therre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;La suite ? Dans la chronique suivante... : &lt;a href=&#034;http://www.escoutoux.net/De-la-meule-a-la-plume-la-jeunesse&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;font size=&#034;2&#034;&gt;La Jeunesse Durolienne&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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