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	<title>Escout Moi Voir ! webzine du Livradois Forez</title>
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	<description>Web magazine local ind&#233;pendant, pour pour pour faire d&#233;couvrir et partager la richesse du Livradois-Forez et de ses abords : bonnes adresses, randonn&#233;es, spectacles et animations, gastronomie.</description>
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		<title>Le No&#235;l de la Marguerite</title>
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		<dc:date>2024-12-21T04:43:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jacques</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Une chronique de Jacques Ytournel.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://escoutoux.net/-Histoires-d-eux-" rel="directory"&gt;Histoires d'eux..&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L150xH60/arton484-80874.jpg?1784968797' width='150' height='60' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'&#233;tait un matin d'hiver o&#249; les haleines fument. En cette journ&#233;e de d&#233;cembre 1868 deux petites filles, de droguet v&#234;tues, arpentent le &#034;Pav&#233;&#034; aujourdh'ui rue Rouget de l'Isle, &#224; Thiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les &#233;poux Maubert, leurs parents, la journ&#233;e d'aujourd'hui commence plus t&#244;t que d'habitude. La m&#232;re est couturi&#232;re, elle &#034;ourle&#034; les chemises ; le p&#232;re est cacheur de cornes : vous savez, ces belles cornes blondes ou moir&#233;es qu'on livre aux fabricants pour les monter sur des viroles d'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en ce jeudi avant No&#235;l, les petites n'ont cure de tout cela. Tout doucettement, tout douill&#232;tement, la Marguerite et la Francisca ont berc&#233; et endormi leur petite soeur, C&#233;line, enfouie dans son &#034;crosset&#034; au deuxi&#232;me &#233;tage de la petite maison de la &#034;rette d'Ecorche&#034; o&#249; elles habitent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car aujourd'hui, pour les Maubert, c'est un peu f&#234;te carillonn&#233;e : on tue le cochon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maubert, dit &#034;le Baptiste&#034; et aussi &#034;le Maubelou&#034; a craint de ne pas avoir l'argent n&#233;cessaire et il n'a pas pu commander son cochon, comme les autres ann&#233;es, &#034;en montagne&#034;, aux Bergerettes, chez Patural, car les temps sont durs quoi qu'en dise le gouvernement de l'Empereur. Aussi s'est-t-il forc&#233; de prendre l'animal au march&#233;, parmi tant d'autres et de bien s'assurer avant coup que l'estomac de son futur patient est bien vide : il y en a qui les font manger jusqu'&#224; ce qu'ils cr&#232;vent sur place, au moins cinq kilos dans l'estomac ! Le Maubelou en a vu d'autres et on ne lui apprendra pas la musique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Et puis, pense la Marguerite, je n'aime pas &#224; entendre crier, avc ce tueur de Pornon, c'est affreux&#034; ; aussi elle et sa cadette vont-elles se promener de ci, de l&#224;, jusqu'&#224; ce que &#034;&#231;a soit fait&#034;. Mais aujourd'hui, jour du march&#233; aux cochons, &#231;a crie partout : au Moutier, &#224; Boulay, &#224; la Ch&#226;bre, au Replat. Plus tard, vers les dix heures, les filles retourneront &#224; la maison, un peu fi&#232;res, voir &#034;leur cochon&#034; et assister au d&#233;coupage de la b&#234;te, toute craquel&#233;e de noir, devant les regards des badauds de la rue, admiratifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marguerite couche la Francisca, sa soeur : &#034;mais qu'est-ce qu'on t'a appris &#224; l'&#233;cole ? Enl&#232;ve ton &#034;farnion*&#034; de ton nez et souffle !&#034; Car la Marguerite parle fran&#231;ais, mais &#233;galement le patois, comme le font ses parents, chez elle... C'est tout de m&#234;me une bonne id&#233;e qu'avait eu le p&#232;re d'acheter le cochon avant No&#235;l, car on pourra manger l'andouille, la plus grosse, celle du &#034;petas&#034; et ce sera bien mieux que la soupe mitonn&#233;e de l'ann&#233;e derni&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pensive est la Marguerite. Quand sa m&#232;re, Anne Chosson n'est pas l&#224;, c'est elle qui a la responsabilit&#233; de la maison car elle est l'a&#238;n&#233;e et elle a d&#233;j&#224; neuf ans. Quand on lui demande l'ann&#233;e de sa naissance elle ne manque jamais de dire &#034;l'ann&#233;e de la grande victoire&#034;. C'est comme &#231;a que ses parents ont appel&#233; la bataille de Solf&#233;rino. Plus tard, vers douze ans, la Marguerite sera &#034;plac&#233;e&#034; dans une maison bourgeoise, chez des Messieurs. Elle voit souvent, dans la cour de r&#233;cr&#233;ation de l'h&#244;pital, les filles des Messieurs de l'&#233;cole payante : &#034;Dieu, qu'elles ont de beaux jouets !&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas question pour elle d'avoir, cette ann&#233;e, des images d'Epinal, si ch&#232;res vendues chez Monsieur Cuissac, l'imprimeur du journal de Thiers, &#224; la Commune. Elle aimerait tant ce genre d'&#233;trennes et surtout ces costumes qui sont sur les livres, qui sont si beaux et la font tant r&#234;ver. Elle va bien quelquefois chez l'oncle Ligour, un mercier de la rue Grenette, qui monte &#224; Paris avec le chemin de fer et qui lui montre les collections du &#034;Journal pour Tous&#034; ; car le p&#232;re a mis la Marguerite &#224; l'&#233;cole gratuite de l'hospice, avec les orphelines, et d&#233;j&#224; la petite &#233;p&#232;le ses lettres et lit ses chiffres ; elle lui est utile quand il re&#231;oit ses commandes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, pour cette ann&#233;e encore, elle n'aura pas le beau livre d'images d'Epinal avec &#034;la Belle et la B&#234;te, la belle H&#233;l&#232;ne, la Belle aux cheveux d'Or, Croquemitaine et la Poup&#233;e merveilleuse&#034;. Rien de tout cela. Peut-&#234;tre seulement une poup&#233;e de chiffon, confectionn&#233;e avec amour par sa m&#232;re et un petit J&#233;sus de sucre, avec une orange, que les parents, d&#233;licatement, poseront dans les sabots des filles, &#224; m&#234;me la pierre, sur le sol en terre battue, devant l'&#226;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la neige continue seulement &#034;&#224; moucheter de rage&#034; et s'il n'en tombe pas trop pour &#234;tre forc&#233;e de &#034;faire la trace&#034;, peut-&#234;tre le p&#232;re prendra-t-il la lampe sourde pour conduire ses filles &#224; Saint-Gen&#232;s pour la messe de minuit. Saint-Gen&#232;s qui a maintenant une belle fa&#231;ade toute neuve qui regarde la plaine. Ici, que d'illuminations ! La Marguerite pense au No&#235;l dernier &#224; l'&#233;glise et elle n'a vu plus beau, pour s&#251;r. Il s'appelle Fouillat, le cur&#233; de St-Gen&#232;s, et c'est un grand Monsieur tout s&#233;v&#232;re et tout habill&#233; de dor&#233;. C'est lui qui installe l'enfan&#231;on dans la cr&#234;che entre l'&#226;ne et le boeuf parmi les bergers, la Vierge et le St Joseph et les mages venus d'Orient. La grand-m&#232;re de Marguerite, qui habite &#224; Saint-Jean, lui a racont&#233; que de son temps on chantait des No&#235;ls anciens, en patois et que surtout, d&#232;s la fin de la messe, les payans allaient d'abord faire manger les b&#234;tes, car &#224; la campagne &#224; No&#235;l, les b&#234;tes parlent entre elles, la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Dommage, pense la Marguerite, que la petitoune ne puisse pas voir la cr&#232;che, encore&#034;. Quant &#224; la Francisca, la cadette, elle &#034;badayera&#034; devant l'ange qui dit merci en inclinant la t&#234;te, si une dame met un petit sou entre ses genoux, devant la s&#233;bille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce qui para&#238;t, pense la Marguerite, que les cousins de la Lizolle pour No&#235;l, font cuire une dinde avec des marrons dedans. Bien s&#251;r, elle n'a jamais go&#251;t&#233; de telles saveurs ; il para&#238;t aussi que l&#224;-haut, &#224; Redevit et la Lomanie, &#231;a danse toute la nuit... Marguerite a vu une seule fois danser sa m&#232;re, mais de loin, un jour de noces chez les Ligour et la m&#232;re avait mis son ch&#226;le-tapis, qui est toujours sur la table, dans la chambre des parents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le p&#232;re a encore quelques sous de c&#244;t&#233;, il ira qu&#233;rir pour la nuit de No&#235;l, des bougies chez Pine, le cirier qui habite &#034;par la rivi&#232;re&#034; et peut-&#234;tre sa m&#232;re, quand on reviendra de la messe de minuit, soufflera-t-elle l'&#226;tre pour manger l'andouille, avec les vieux de Saint-Jean, comme c'est l'habitude de le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es ont pass&#233; et je revois comme, en songe, la Marguerite. Non pas certes comme elle fut en son jeune temps avec ses cheveux couleur de bl&#233; m&#251;r, mais comme je l'ai connue, avec son caraco, son chapeau noir, bien haut, &#224; rubans et &#224; pierres brillantes, ses mitaines &#224; mi-doigts et ses cheveux blanchis et bien tir&#233;s, avec un chignon au bout. En ce No&#235;l de guerre 1939, au milieu de ces soldats en permission, v&#234;tus en militaires, &#224; qui pensait-elle , &#224; son fils mort en 14 du c&#244;t&#233; des Eparges... l&#224; ou ailleurs, on n'a jamais bien su.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais son regard vif se transfigurait quand elle regardait cette &#034;tabl&#233;e&#034;, elle, assise au coin du feu, pr&#232;s du Rogeat, sa soeur, la C&#233;line qui servait son monde une serviette sur l'&#233;paule et jamais assise avec les autres. Oui, il &#233;tait beau, le boudin fondant et bien lustr&#233; et il avait de l'allure. Elle &#233;tait entour&#233;e d'une aur&#233;ole de neveux, car personne comme la Marguerite ne savait conter des histoires de No&#235;l, de loups aussi - il para&#238;t qu'elle en avait vu un au Pav&#233; en 70 mais elle n'&#233;tait pas s&#251;re, c'&#233;tait plut&#244;t un gros chien - , mais surtout ces histoires d'images d'Epinal qui lui avaient tellement manqu&#233; dans sa jeunesse : &#034;le Nain jaune, le L&#233;zard d'Or, Cendrillon, Barbe-Bleue&#034;, et combien d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &lt;i&gt;farnion (ou farnhou) : chandelle de morve&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les m&#233;faits d'un loup &#224; Saint-Gemain-L'Herm en 1839</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Une thiernoise nous raconte que sa m&#232;re-grand, n&#233;e en 1888 et d&#233;c&#233;d&#233;e en 1990, lui parlait des m&#233;faits du loup, terrifi&#233;e depuis sa petite enfance&lt;br class='autobr' /&gt;
elle disait qu'on en avait tu&#233; un au col st Thomas, en 1905 !&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L150xH60/arton940-85ebb.jpg?1784961914' width='150' height='60' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;O&#249; ? O&#249; ? O&#249; sont pass&#233;s les loups ? Jadis ils pullulaient dans nos montagnes, d&#233;vorant &#8211; &#224; ce qu'on raconte - b&#234;tes et enfants. Des si&#232;cles durant, le loup maudit et mal aim&#233; a r&#244;d&#233; dans l'ombre de l'homme, tenant ses nuits &#233;veill&#233;es par de longs hurlements lugubres. Aujourd'hui, il n'y en plus. Reste la peur aliment&#233;e par de terribles histoires. Fables et l&#233;gendes regorgent des m&#233;faits de ce chien anarchiste, de ce &#171; fl&#233;au de dieu &#187; rien moins&#8230; Merci &#224; Jacques Ytournel pour ce r&#233;cit.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici une histoire de m&#233;chant loup retrouv&#233;e dans ses archives par Jacques Ytournel, archiviste honoraire de la ville de Thiers et pr&#233;sident de la soci&#233;t&#233; Montdory. &lt;strong&gt;Cet &#233;pisode fut relat&#233; en 1840 par le chevalier de la Chapelle, grand louvetier, c&#233;l&#232;bre pour ses exploits cyn&#233;g&#233;tiques. Les faits se sont d&#233;roul&#233;s en 1839&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La d&#233;solation et la terreur r&#232;gnent depuis quelques jours dans les communes limitrophes de Saint-Germain-L'Herm, de Chambon et de Saint-Bonnet-le-Chastel, arrondissement d'Ambert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un loup enrag&#233; selon toute apparence (quelques personnes disent plusieurs) a fait des ravages &#233;pouvantables. Dans la soir&#233;e du jeudi et le lendemain (19 et 20 d&#233;cembre), environ quarante personnes, hommes, femmes et enfants ont &#233;t&#233; mordues et horriblement mutil&#233;es. On compte, seulement dans le petit village de Brement, de la commune de Saint-Germain-L'Herm, sept enfants qui ont &#233;t&#233; plus ou moins maltrait&#233;s, mais tous gravement bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour vous donner une id&#233;e de la rapidit&#233; avec laquelle cet animal furieux multipliait ses victimes, il suffira de dire que dans l'apr&#232;s-midi du 19 d&#233;cembre, vingt-deux personnes ont &#233;t&#233; atteintes. Le docteur Fournier, maire de Saint-Germain-L'Herm, en a trait&#233; &#224; lui seul quinze ou seize, ce jour-l&#224;. C'est principalement &#224; la figure que le loup s'&#233;lan&#231;ait : la majeure partie des personnes qui ont &#233;t&#233; mordues sont bless&#233;es au visage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la journ&#233;e du vendredi 20 d&#233;cembre, M. le brigadier de gendarmerie, en r&#233;sidence &#224; Saint-Germain-L'Herm, me pr&#233;vint par estafette de ce qui se passait dans la localit&#233;, avec invitation de m'y rendre. Je lui r&#233;pondis qu'on pouvait compter sur mon z&#232;le. Je fis mes pr&#233;paratifs et je partis pour Saint-Germain-L'Herm le plus t&#244;t qu'il me fut possible .Lorsqu'on sut que je devais arriver, les habitants des villages environnants et des communes voisines en furent pr&#233;venus par les soins de M. Fournier, maire et par le minist&#232;re de la gendarmerie. Le samedi 21 d&#233;cembre, M. Le Maire de Saint-Germain-L'Herm, avec lequel je m'&#233;tais concert&#233;, fit passer la caisse pour pr&#233;venir que j'allais diriger une chasse qui commencerait &#224; la for&#234;t de l'Etat appel&#233;e Bois-Grand et inviter les citoyens &#224; me suivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me rendis en effet de bonne heure au Bois-Grand accompagn&#233; de la brigade de gendarmerie, des notables du pays et de quelques personnes du peuple mais en petite quantit&#233;. Les habitants de Fournols se rendirent eux aussi de leur c&#244;t&#233; dans ce bois : l&#224;, un loup fut rencontr&#233; et tu&#233; par le nomm&#233; Rocher Andr&#233;, garde-forestier &#224; Fournols.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous dire que ce loup est celui qui a fait tant de ravages en un jour et demi, c'est ce que je ne peux vous assurer. Mais ce qu'il y a de certain, c'est que depuis ce moment aucun &#233;v&#233;nement n'a &#233;t&#233; signal&#233; et aujourd'hui, dimanche 22 d&#233;cembre, je n'ai quitt&#233; Saint-Germain-L'Herm qu'&#224; midi apr&#232;s que les villageois des environs ont &#233;t&#233; arriv&#233;s pour assister &#224; la messe du matin et &#224; la grand-messe. Personne ne s'est plaint. J'ai remarqu&#233; par exemple, que la terreur existait toujours parmi les habitants de la campagne qui sont presque tous arriv&#233;s, le plus grand nombre avec des fourches de fer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, Rocher pr&#233;tend que le loup courait sur lui. Lorsqu'il le tira, un premier coup de fusil qui le terrassa d'abord, ne l'emp&#234;cha pas de se relever et de s'&#233;lancer avec fureur vers le garde qui, du second coup, l'abattit &#224; ses pieds. Je n'ai pu juger ce fait, n'&#233;tant pas sur ce point &#224; ce moment mais l'&#233;motion de cet homme en me racontant ce qui s'&#233;tait pass&#233; &#233;tait si forte qu'elle ne pouvait &#234;tre que le r&#233;sultat d'une grande frayeur. Aussi me r&#233;p&#233;ta-t-il plusieurs fois : &#034; Ah ! Monsieur, sans mon arme, j'&#233;tais un homme perdu ! &#034; Le loup avait re&#231;u des coups au front et &#224; la poitrine, ce qui annonce qu'il avait &#233;t&#233; tir&#233; en face.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que ce loup e&#251;t &#233;t&#233; tu&#233; le matin, dans l'incertitude que j'&#233;tais o&#249; f&#251;t celui que nous cherchions, je fis continuer la chasse jusqu'&#224; la fin de la journ&#233;e. Nous en trouv&#226;mes un autre, mais je reconnus, &#224; la mani&#232;re dont il fuyait qu'il n'&#233;tait pas malade ni furieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai parcouru du matin au soir les &#233;normes bois de sapins qui avoisinent Saint-Germain-L'Herm. J'ai rencontr&#233; un grand nombre d'ateliers de scieurs de long, mais tous abandonn&#233;s ; personne ne sortait, &#224; peine osait-on franchir le seuil de la porte. Point de communication de village &#224; village ; les bestiaux &#233;taient enferm&#233;s quoique le temps fut tr&#232;s beau. Je n'ai vu qu'un petit troupeau de ch&#232;vres gard&#233; par deux enfants et quoiqu'ils fussent tr&#232;s pr&#232;s du village, des hommes arm&#233;s de fourches faisaient sentinelle pr&#232;s d'eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#224; remarquer que cet animal dangereux assouvissait sa rage de pr&#233;f&#233;rence sur l'esp&#232;ce humaine : on ne parle que de deux ou trois vaches qui ont &#233;t&#233; mordues, et l&#224; o&#249; il y avait bestiaux et gardiens, c'est sur ces derniers qu'il se jetait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la relation que j'ai l'honneur de vous transmettre n'&#233;tait pas d&#233;j&#224; si longue, je ferais mention de quelques autres faits int&#233;ressants, mais, je m'arr&#234;te en vous priant de bien vouloir ouvrir une souscription au bureau de votre journal en faveur des malheureuses victimes qui presque toutes seront pour longtemps priv&#233;es de travail, s'il ne leur arrive rien de plus f&#226;cheux. On m'a assur&#233; que, d&#233;j&#224;, une femme qui avait &#233;t&#233; mordue &#224; la t&#234;te d'une mani&#232;re si cruelle qu'un de ses yeux &#233;tait sorti de l'orbite, avait succomb&#233; ainsi qu'un enfant mais je ne vous garantis pas ce fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous jugez &#224; propos, Monsieur, d'ouvrir une souscription, ce dont je vous prie, veuillez m'inscrire pour la somme de 15 francs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne veux pas terminer ma lettre sans signaler le z&#232;le qu'ont montr&#233; en cette circonstance la brigade de gendarmerie de Saint-Germain-L'Herm, les notables de cette ville, le sieur Gaudias, garde-forestier et ses deux fr&#232;res. Pendant deux jours, du matin au soir, ils ont traqu&#233; les bois avec une ardeur digne des plus grands &#233;loges. J'ai d&#233;j&#224; nomm&#233; le garde-forestier Rocher Andr&#233;. Monsieur Fournier comme maire et comme m&#233;decin a fait tout ce qu'on pouvait attendre de son z&#232;le et de sa philanthropie bien connue&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pompe aux pommes</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Pompe aux pommes &#224; la mode de Thiers : une recette de famille confi&#233;e par Jacques Ytournel.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://escoutoux.net/-Pele-Mele-" rel="directory"&gt;P&#234;le-M&#234;le&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L150xH60/arton417-bff40.jpg?1784968797' width='150' height='60' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Prenez de la farine de bl&#233;, du sucre, des oeufs, du beurre, de l'huile, du sel et de pr&#233;f&#233;rence des pommes &#034;reinettes&#034; ou &#034;canada&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour une tourti&#232;re d'environ 50 cm de diam&#232;tre, pesez 500 g de farine, 2 oeufs, 125 g de beurre, un &#034;bon&#034; 1/2 verre d'huile, une &#034;bonne&#034; pinc&#233;e de sel et du sucre, 1/2 verre d'eau. Faites fondre le beurre, sans bouillir. Dans le saladier versez le beurre, la farine, le sel, le sucre, les oeufs entiers ; remuez le tout sans que la p&#226;te devienne ni trop molle, ni trop dure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malaxez et travaillez la p&#226;te avec les mains - surtout avec les paumes de la main. Lorsque la p&#226;te est un peu plus que mollette (vous mettez entretemps de la farine pour la &#034;durcir&#034; un peu), vous prenez votre rouleau &#224; p&#226;tisserie et partagez votre p&#226;te de fa&#231;on &#224; faire un dessous et un dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la planche ronde ou carr&#233;e, vous mettez un papier d'emballage assez &#233;pais - encore la coutellerie ! - que vous graissez avec de l'huile et sur lequel vous &#233;talez votre p&#226;te. Dans le cas d'une planche ronde, vous placerez des pommes sur le pourtour pour parfaire l'arrondi, vous sucrez vos pommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous roulez ensuite votre p&#226;te tr&#232;s fine pour faire le dessus en ayant soin de piquer la p&#226;te pour qu'elle ne gonfle pas &#224; la cuisson.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous retournez les bords qui d&#233;passent de la planche pour faire le &#034;grognon&#034; et dorez le dessus avec deux jaunes d'oeufs bien malax&#233;s et vous colorez ensuite la partie sup&#233;rieure de votre pompe avec un peu de caf&#233;. P&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Placez alors vos initiales de famille &#034;&#224; la mode de Thiers&#034;, faites avec de la p&#226;te que vous aurez au pr&#233;alable mis de c&#244;t&#233;, et portez le tout &#224; cuire au four du boulanger.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Comment on tuait le cochon &#224; Thiers</title>
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		<dc:date>2008-05-07T09:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Merci &#224; Jacques Ytournel pour ce t&#233;moignage, accompagn&#233; de la recette de pr&#233;paration du boudin et de conseils pour la salaison du cochon !&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://escoutoux.net/-Histoires-d-eux-" rel="directory"&gt;Histoires d'eux..&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L150xH60/arton225-44ae8.jpg?1784968797' width='150' height='60' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En B&#233;arn, on disait &#034;le p&#232;le-porc&#034;. Dans les montagnes languedociennes, cette op&#233;ration &#233;tait nomm&#233;e &#034;la saign&#233;e du porc&#034;. Chez nous, &#224; Thiers, on dit plus simplement &#034;tuer le cochon&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partout, il semble que ce soit l&#224; l'occasion exceptionnelle et d&#233;sir&#233;e d'une f&#234;te familiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que l'animal, une fois saign&#233;, soit br&#251;l&#233; ou lav&#233; (on opte g&#233;n&#233;ralement &#224; Thiers pour la premi&#232;re solution, en raison du go&#251;t particulier que cela donne &#224; la couenne), qu'il soit ouvert par le ventre ou par le dos, la mort du cochon est un &#233;v&#232;nement familial par excellence. Quoi qu'il en soit, le porc, une fois abattu, est utilisable de bout en bout. Vous pouvez m&#234;me sucer les onglons si le c&#339;ur vous en dit&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parlons&#8230; archives &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Thiers, la mort du porc est une tradition. En 1721, Antoine Ramay, ouvrier coutelier, &#233;levait dans sa maison trois cochons ; deux au rez-de-chauss&#233;e, un au premier &#233;tage. Son voisin, Blaise Vignol, lui demanda de les sortir au plus t&#244;t en raison de la puanteur qui se d&#233;gageait de la maison. On prit parti pour l'un ou pour l'autre, preuve que les camarades de Ramay ne trouvaient pas extraordinaire cette mani&#232;re de vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 14 mars 1826, les abattages furent interdits, pour les bouchers dans la rue Royale (Nationale), afin que les voyageurs, traversant la ville avec diligence, ne soient point incommod&#233;s. Il fut interdit de laisser, sur la voie publique, des baquets de sang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1849, il fut pareillement interdit d'introduire dans la ville, pour les &#233;lever, des poules et des cochons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Saint-Eloi d'hiver &lt;/strong&gt; (Sin Aly d&#232; las Gogas) - &lt;strong&gt;St Eloi des boudin&lt;/strong&gt;s - &#233;tait f&#234;t&#233;e le 1er jour de d&#233;cembre. Plus tard, le march&#233; aux cochons, situ&#233; au Foirail, &#233;tait fix&#233; au jeudi avant No&#235;l. Certains faisaient absorber &#224; leurs b&#234;tes de telles quantit&#233;s de grains qu'on &#233;tait oblig&#233; de les saigner sur place par crainte d'&#233;touffement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Principaux lieux d'abattage&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arr&#234;t&#233; pr&#233;fectoral du 1er D&#233;cembre 1905 interdisait les tueries particuli&#232;res dans les communes poss&#233;dant un abattoir public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le maire, Monsieur Cotillon, r&#233;agit aussit&#244;t et obtint satisfaction : &#034;&lt;i&gt;consid&#233;rant que la ville de Thiers appartient &#224; une population ouvri&#232;re qui vit modestement d'un travail souvent interrompu par le ch&#244;mage ou la s&#233;cheresse et que, depuis un temps imm&#233;morial, les particuliers ont pratiqu&#233; l'abattage devant leurs habitations, il demanda au Pr&#233;fet que, par tol&#233;rance, les Thiernois puissent continuer les tueries des porcs dont ils font leur alimentation devant leurs immeubles&lt;/i&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 20 novembre 1910, il fut toutefois fix&#233; des emplacements o&#249; devaient se faire ces abattages. Cet arr&#234;t&#233; ne fut que tr&#232;s peu suivi : carri&#232;re Dubost, rue Carnot - terrain vague, rue de la Fraternit&#233;, pr&#232;s de la maison Brigaud - trottoir usine Prot - carrefour rue de la Fraternit&#233; et Victor Hugo - Place Belfort - fontaine avenue de la Gare - escalier Place Duchasseint - march&#233; couvert - rue basse du Rempart - derri&#232;re la Halle - Champ de Foire - fontaine de la rue du Palais - Corps de Garde, rue Durolle - Pont de Seychal - fontaine Place Lafayette, rue du 4 Septembre - carrefour rue des Forgerons et Sidi-Brahim - rue Rouget de l'Isle, jardin Bontemps - place du Navire pr&#232;s de la rivi&#232;re - Octroi, route d'Escoutoux. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces abattages avaient presque toujours lieu &#224; proximit&#233; des fontaines pour faciliter le lavage aussit&#244;t le d&#233;pe&#231;age termin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'abattage&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point n'est besoin d'un immense couteau comme on peut le voir dans les peintures de Breughel. Un saigner forg&#233; 3 pouces suffit, voire m&#234;me un canif &#224; lame pointue. Les tueurs &#233;taient toujours de fort braves hommes. Peu avant 1914, on citait un certain Pornon. Il lui arrivait bien, quelquefois de rater &#034;son patient&#034; : on disait alors &#034;O lo pas vogu bou&#233;ler son sang&#034; (il n'a pas voulu donner son sang !). Qui de ceux parmi les thiernois de notre g&#233;n&#233;ration n'ont pas connu Monsieur Collange, qui joignait &#224; cet art d&#233;licat celui de la fabrication des trocards. Plus pr&#232;s encore, Monsieur Thouly, dont j'ai toujours, personnellement, admir&#233; le doigt&#233; lors de la saign&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le porc abattu, il faut le br&#251;ler, apr&#232;s avoir au pr&#233;alable enlev&#233; les soies. Il doit &#234;tre &#034;bucl&#233;&#034; et non roussi. Pour cela, servez-vous d'un f&#233;tu de paille enflamm&#233;e pour atteindre toutes les parties de la b&#234;te. Le porc alors &#034;se craqu&#232;le&#034;. Grattez-le ensuite pour parfaire &#034;la couenne&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous enlevez vos quatre jambons en les faisant les plus larges possibles. L'animal, une fois ouvert, par le dos, coupez la t&#234;te au niveau de la gueule, ce qui vous permettra de conserver un bon lard de sous-gorge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est n&#233;cessaire alors de laisser la viande &#034;reposer&#034;. La soir&#233;e sera occup&#233;e &#224; pr&#233;parer les andouilles et &#224; cuire le boudin. &#034;D&#232; dri ou d&#233; t&#244;t&#034;, quatre andoyas djin un pouo&#034; (De ric ou de rac quatre andouilles dans un porc). La grosse andouille a pour nom &#034;l'andouille du peta&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le boudin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont l&#224; des recettes familiales transmises de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration. Voici celle que nous adoptions :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1784743997' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; cassez un &#034;bon&#034; bol de noix. H&#226;chez du c&#232;leri, du persil, de l'oignon. Ne faites pas cuire la pr&#233;paration. Ajoutez cinq litres de sang, un litre de lait tr&#232;s cr&#233;meux, mettez une pinc&#233;e de sel, pas de poivre. &lt;br /&gt;&lt;img src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1784743997' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; lavez les boyaux. Enlevez la doublure &#224; l'aide d'un b&#226;ton tr&#232;s fin. Vos boyaux doivent &#234;tre transparents. &#034;Souffler-les&#034; pour voir s'ils sont parfaitement homog&#232;nes et non trou&#233;s. &lt;br /&gt;&lt;img src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1784743997' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; coupez des morceaux de saindoux de 10 cm de long sur 1 cm de large. Mettez-les sur un plat. Introduiser-les, au fur et &#224; mesure que vous videz le sang, dans les boyaux. Il faut obligatoirement du &#034;saindoux&#034;. &lt;br /&gt;&lt;img src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1784743997' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; placez sur le foyer une marmite de fonte dans laquelle il y aura de l'eau et de la paille. Enroulez vos boudins pli&#233;s dans une serpilli&#232;re. L''au doit &#234;tre chaude mais pas bouillante. Veillez attentivement &#224; &#233;viter tout fr&#233;missement de l'eau. Piquez de temps en temps les boudins pour y d&#233;celer le degr&#233; de cuisson. Une fois cette op&#233;ration termin&#233;e, enlevez-les pr&#233;cautionneusement et placez-les concentriquement sur la planche destin&#233;e &#224; cet effet (utilis&#233;e aussi pour les &#034;pompes&#034; de la Foire au Pr&#233;). Egalisez vos boudins et frottez-les l&#233;g&#232;rement avec du saindoux pour qu'ils obtiennent la pr&#233;sentation du &#034;brillant noir&#034;. Faite cuire vos pommes de terre, s&#233;par&#233;ment. Cuisez le tout en y ajoutant les &#034;grattons&#034; traditionnels. M&#233;langez dans une grande po&#234;le &#224; frire et servez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe assur&#233;ment d'autres recettes tout aussi savoureuses&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'art de la salaison&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#034;tuer&#034; le cochon, il est pr&#233;f&#233;rable de choisir un temps de neige, froid, mais non excessif. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au grenier, la viande a repos&#233; toute la nuit. Il s'agit maintenant de la &#034;pr&#233;parer&#034; et de la saler. On utilise du sel fin et du gros sel. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il serait fastidieux d'&#233;num&#233;rer ici toutes ces op&#233;rations. Disons seulement que la t&#234;te en sa partie sup&#233;rieure peut &#234;tre divis&#233;e en quatre tron&#231;ons : groin, oreilles et partie du cr&#226;ne attenante, partie comprise entre le groin et le niveau des yeux. Cette op&#233;ration s'effectue &#224; la scie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bouchez parfaitement l'int&#233;rieur des oreilles, les orifices du groin et les yeux avec du sel fin. Appuyez fortement pour que la p&#233;n&#233;tration soit totale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enlevez la peau tr&#232;s fine qui recouvre les jambons, c&#244;t&#233; interne. Bourrez de sel fin les jointures de l'os pour &#233;viter que ce jambon ne sente &#034;le calus&#034;. Employez toujours des gestes lents, pr&#233;cautionneux, pour que la p&#233;n&#233;tration du sel fin soit effective, j'allais dire &#034;employez des gestes b&#233;nisseurs&#034;. Placez le saloir et installez par ordre de pr&#233;s&#233;ance, en partant du haut, les morceaux les plus honn&#234;tes. Les jambons seront obligatoirement au haut-bout. A l'extr&#233;mit&#233; du saloir, l&#233;g&#232;rement inclin&#233;, sera mis un r&#233;cipient destin&#233; &#224; recueillir le salp&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire vos saucissons et saucisses, et pour que la viande ne &#034;rancisse&#034; pas, m&#233;langez au porc une certaine quantit&#233; de viande de b&#339;uf. Votre saucisson aura ainsi cette couleur rouge fonc&#233; tant appr&#233;ci&#233;e des gourmets. N'ayez crainte de go&#251;ter, Mesdames, &#224; cette viande hach&#233;e et assaisonn&#233;e, &#224; m&#234;me les baquets : ajoutez-y, si besoin est, un excellent vin de Bordeaux ou de Roussillon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saucissons et saucisses, une fois &#034;engogu&#233;s&#034; seront plac&#233;s sur le saloir, &#224; m&#234;me le sel et seront tourn&#233;s quotidiennement pour obtenir l'impr&#233;gnation d&#233;sir&#233;e. Plus tard, on les enfermera dans des bo&#238;tes herm&#233;tiques, nanties de cendre de bois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne soyez surtout pas trop gourmands ; vous avez des p&#226;t&#233;s pour vous satisfaire (il est pr&#233;f&#233;rable qu'ils soient cuits au four du boulanger). Quant aux jambons, il faut les laisser &#034;se faire&#034; et utiliser autant que possible ceux de l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; comment on tuait le cochon en 1965. Une omission &#224; r&#233;parer, toutefois c'&#233;tait l'usage de donner &#224; chacun de ses voisins et amis une &#034;fricass&#233;e&#034;. Celle-ci se composait de &#034;filet mignon&#034;, de boudin, de saindoux, le tout recouvert de &#034;coiffe&#034; (p&#233;ritoine). Envelopp&#233;e dans un beau linge blanc, elle &#233;tait offerte avec toute l'amiti&#233; dont s'honore notre r&#233;gion thiernoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En illustration dans le diaporama&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Arr&#234;t&#233; du 20.10.1910&lt;/strong&gt; concernant l'abattage des porcs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Carte postale avec une &lt;a href=&#034;https://www.delcampe.net/fr/collections/cartes-postales/france/thiers/thiers-une-mise-a-mort-du-cochon-cecodi-n1005-708689660.html&#034; target=&#034;blank&#034;&gt;&lt;font color=&#034;blue&#034;&gt;sc&#232;ne se d&#233;roulant &#224; Thiers&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=30297671&#034; target=&#034;blank&#034;&gt;&lt;font color=&#034;blue&#034;&gt;Louis Adolphe Humbert de Molard&lt;/a&gt;&lt;/font&gt; (1800-1874) &#8212; lacuisinefrancaisedantan-jadere.blogspot.fr, notice du mus&#233;e d'Orsay, Domaine public&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Gachet, &lt;a href=&#034;https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Paul_VAN_RYSSEL_(Docteur_Gachet)_-_GRAVURE_COCHONS.jpg&#034; target=&#034;blank&#034;&gt;&lt;font color=&#034;blue&#034;&gt;gravure Cochons&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A lire : &lt;a href=&#034;http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Decouvertes-Gallimard/Decouvertes-Gallimard/Culture-et-societe/Le-cochon&#034; target=&#034;blank&#034;&gt;&lt;font color=&#034;blue&#034;&gt;Le cochon : Histoire d'un cousin mal aim&#233;&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Les relations entre l'homme et le cochon &#8211; tenu pour l'animal le plus vil de la cr&#233;ation et entour&#233; de tabous mais en m&#234;me temps digne d'&#234;tre sacrifi&#233; aux dieux en &#201;gypte et en Gr&#232;ce &#8211; ont toujours &#233;t&#233; ambivalentes et passionnelles. Domestiqu&#233; vers le VIIe mill&#233;naire, le porc est pour l'homme une v&#233;ritable source de richesse : sa chair est synonyme de ripailles, son sang et ses boyaux finissent en boudins et saucisses, sa graisse en chandelles, son cuir et ses tendons deviennent les cordes d'instruments de musique, ses soies, des brosses et des pinceaux. &#171; Dans le cochon tout est bon &#187; : rarement un adage n'aura &#233;t&#233; aussi justifi&#233;. C'est cette histoire sociale et culturelle du cochon que retrace Michel Pastoureau, des for&#234;ts gauloises &#224; l'&#233;levage industriel, en passant par ces temps forts de la vie des campagnes que sont la Tue-cochon et la f&#234;te de la Saint-Cochon. Et il nous rappelle que le cochon est l'animal biologiquement le plus proche de l'homme. Notre cousin, tour &#224; tour symbole de goinfrerie et de salet&#233;, de courage et de prosp&#233;rit&#233;...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>En 1948...</title>
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		<dc:date>2008-01-10T16:38:30Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Chronique de Jacques Ytournel publi&#233;e en 2008.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://escoutoux.net/-Histoires-d-eux-" rel="directory"&gt;Histoires d'eux..&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L150xH54/arton478-e23ba.jpg?1784968797' width='150' height='54' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Aussi loin que remontent mes souvenirs, je me revois petit &#233;colier, au d&#233;but des ann&#233;es trente, une cape bleue sur le dos et un b&#233;ret enfonc&#233; jusqu'aux oreilles, regardant attentivement sur le rempart, l'allumeur de r&#233;verb&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart de nos compatriotes ignorent que les premiers essais d'&#233;clairage des rues &#224; Thiers remontent &#224;... 1822.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps a pass&#233;. En 1948, j'avais vingt et un ans. Comme tous les jeunes gens de l'&#233;poque, j'avais satisfait aux obligations du Conseil de R&#233;vision &#224; la mairie de Thiers. Le m&#233;decin major m'avait signifi&#233; que j'&#233;tais bon pour le service actif et non auxiliaire. Ce jour l&#224;, il y eut grande f&#234;te &#224; la maison pour c&#233;l&#233;brer cet exploit. J'avais invit&#233; de nombreux amis dont un nomm&#233; Ren&#233;, futur d&#233;put&#233; du Puy-de-D&#244;me. A cette occasion, il avait apport&#233; &#224; ma m&#232;re un bouquet de fleurs. D&#232;s le Conseil termin&#233;, mon p&#232;re et moi avions d&#233;cid&#233; de faire une partie de billard au caf&#233; de Paris, chez Monsieur Philippon (le caf&#233; se trouvait &#224; l'insertion de la rue Nationale - aujourd'hui rue Fran&#231;ois Mitterrand - et de la rue de Lyon, pr&#232;s de &#034;Chez Chol&#034;, le droguiste). Il faut dire que j'&#233;tais &#034;sursitaire&#034;, ce qui m'avait fait partir un apr&#232;s nos camarades de la 47.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 1948 me vit les trois quarts du temps &#224; Clermont o&#249; je pr&#233;parais ma seconde ann&#233;e &#224; la Facult&#233; libre de droit. J'habitais donc Clermont, au 48 de la rue Blatin, chez des gens tr&#232;s aimables, amis de ma famille et chez qui je prenais mon petit d&#233;jeuner. Chaque matin, j'&#233;tais tr&#232;s t&#244;t r&#233;veill&#233; par le tram du service Montferrand-Royat. Pour chauffer ma chambre, on avait amen&#233; de Thiers deux sacs de charbon, produit rare &#224; l'&#233;poque et pour lequel il fallait des bons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les vendredis, je prenais le car &#224; la Malle aux Bl&#233;s, rue Balainvilliers, pour retourner chez moi. C'&#233;tait les transports Citro&#235;n d'Auvergne et du Bourbonnais, d'un mod&#232;le d&#233;j&#224; ancien, dont la roue de secours &#233;tait fix&#233;e &#224; l'arri&#232;re de la caisse. Parmi les chauffeurs, je me souviens de &#034;Doudou&#034;, qui, &#224; Lezoux, faisait la pause caf&#233; pour &#034;attendre l'heure&#034;. Puis c'&#233;tait la mont&#233;e sur Thiers, o&#249; les cyclistes attendaient devant le Franc-S&#233;jour notre passage pour s'accrocher au car afin d'&#233;viter les fatigues de &#034;la Russie&#034; (avenue des Etats-Unis).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car ne c'&#233;tait pas si facile qu'on veut bien le croire pour aller faire ses &#233;tudes. Il fallait acheter une paire de souliers et ceux-ci ne pouvaient &#234;tre d&#233;livr&#233;s qu'avec un bon sign&#233; du maire... Je fis donc la connaissance, mais tr&#232;s rapidement, de Monsieur Chastel, &#034;Le Tonin&#034;, qui m'accabla de questions avant de me demander sur quel chausseur se portait mon choix. J'avais choisi la maison Servet, place de la Mairie, o&#249; se trouvent aujourd'hui les magasins Chambriard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui me frappe plus, avec le recul du temps (soixante ans), c'est ce va et vient de gens qui sillonnaient les rues de Thiers. Ouvriers ou ouvri&#232;res se rendaient &#224; leur travail le matin, revenaient &#224; midi, repartaient &#224; une heure et demie, et terminaient leur dernier p&#233;riple &#224; six heures. La plupart des femmes de la rue de la Coutellerie travaillaient &#034;aux bo&#238;tes&#034; ou &#034;aux &#233;crins&#034; aux &#233;tablissements Bechon-Bellerose, &#224; la gare, ou bien aux v&#234;tements Conchonquinette ou Eska. Certes, c'&#233;tait une &#233;poque o&#249; l'on trouvait du boulot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rue de la coutellerie, les autres rues du centre-ville, bruissaient des sons des petits ateliers de polissage, de petites fabriques, surtout des ciseaux pour la rue de la Coutellerie. Il faut citer la maison Vall&#233;-Brelat, &#224; la marque du tournevis, Treille, Labour&#233;, Fayet Randier et combien d'autres. Les ouvriers portaient les &#034;masses&#034; de ciseaux sur l'&#233;paule, prot&#233;g&#233;e par un sac de jute ; et tout ce monde parlait, causait, discutait sur les sujets du jour. Les gestes &#233;taient familiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin 1947, je passais mon permis de conduire les &#034;v&#233;hicules &#224; moteur&#034;. Au bas de la rue de la Gare, nous attendait un ancien militaire, Monsieur Wetsch, qui n'&#233;tait pas toujours commode. Me voil&#224; donc parti, le jour de l'examen, avec la C4 mod&#232;le 1929 sur le tableau de bord de laquelle &#233;tait inscrite cette mention &#034;Andr&#233; Citro&#235;n, constructeur&#034;. La C4 avait illumin&#233; le salon de 1929.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que le v&#233;hicule de recule pas dans la petite mont&#233;e de la gare, l'astuce &#233;tait de placer vers la roue arri&#232;re, une petite pierre, qui faisait cale. Avant de d&#233;marrer, on tendait le bras puis on actionnait un coup de klaxon. L'inspecteur nous faisait tourner place de la Gare et ne nous demandait pas de faire des cr&#233;neaux, puisqu'il n'y avait presque pas d'autos. Une question se posait pour les pneumatiques. On mettait sur les gentes ce qu'on trouvait. L'arri&#232;re &#233;tait souvent plus &#233;lev&#233; que l'avant, mais tant pis, &#231;a marchait quand m&#234;me. La voiture &#233;tait utilis&#233;e pour le ravitaillement que nous faisions g&#233;n&#233;ralement le samedi au march&#233; de Lezoux, puis chez le boucher Mondanel et l'on terminait la tourn&#233;e aux Girauds-Faure, pr&#232;s d'Orl&#233;at. C'&#233;tait mieux que dans les ann&#233;es 43-45 o&#249; nous faisions les trajets &#224; v&#233;lo et quelques fois avec la remorque Michelin. Le pain &#233;tait une denr&#233;e rare. Oh ce bon pain de campagne, sentant le four &#224; bois et la pompe aux pommes ! Il me semble entendre la Marie Mondanel : &#034;Donne-lui un peu de couronne &#224; ce petit &#034; (un petit de vingt ans...). Quand il n'y avait pas de farine, les boulangers faisaient du &#034;sabbat&#034;, car il fallait approvisionner la population. On coupait souvent l'&#233;lectricit&#233; et le soir, si vous alliez chez le boulanger, le boucher ou l'&#233;picier, on vous servait &#224; la chandelle ou &#224; la lampe &#224; p&#233;trole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait l&#224; quelques petits probl&#232;mes du d&#233;but de 48, mais il y avait un large esprit de quartier, une camaraderie, et tout se passait au mieux du monde. Rue de la Coutellerie, nous avions une alimentation st&#233;phanoise, peinte en bleu, deux &#233;piciers, Madame Veuve Launier, qui servait aussi du lait &#034;&#224; la mesure&#034;, et la veuve Morilli&#232;re, au bas de la rue. Place Lafayette, il y avait des boulangers, et le caf&#233; Caburol, si&#232;ge des anciens marins, qui d&#233;livrait aussi, outre du tabac, des timbres poste et des timbres de quittance. Face aux soeurs garde-malades, dont le d&#233;vouement est &#224; citer, existait au 24 &#034;le petit caf&#233; Geiler&#034;, un ancien qui avait fait Madagascar. Au haut de la rue &#233;taient une boucherie et une boulangerie. Bien s&#251;r la Maison Bresle &#233;tait d&#233;j&#224; l&#224;, tr&#232;s accueillante. Je ne reviendrai pas sur cette atmosph&#232;re d'amiti&#233;, de sympathie, qui animait tout ce petit monde. Tout se passait avec le sourir, malgr&#233; la difficult&#233; des temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte voulu tr&#232;s simple, est r&#233;dig&#233; en souvenir de mon ami Perotti, r&#233;dacteur en chef de La Gazette, qui a facilit&#233; mes premiers pas, il y a plus de trente ans, dans les colonnes de ce journal.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;Jacques Ytournel, 80 ans&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Dire l'heure &#224; Thiers !</title>
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		<dc:date>2007-11-05T16:51:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jacques</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Comment entendait-on dire l'heure &#224; Thiers au d&#233;but du si&#232;cle pass&#233;, &#224; l'&#233;poque o&#249; ni les montres &#224; quartz ni les montres solaires n'existaient encore ? Merci &#224; Jacques Ytournel pour ces informations.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://escoutoux.net/-Histoires-d-eux-" rel="directory"&gt;Histoires d'eux..&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L150xH60/arton250-8f6eb.jpg?1784968798' width='150' height='60' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment entendait-on dire l'heure &#224; Thiers au d&#233;but du si&#232;cle pass&#233;, &#224; l'&#233;poque o&#249; ni les montres &#224; quartz ni les montres solaires n'existaient encore ? Merci &#224; Jacques Ytournel pour ces informations&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour midi, pas de probl&#232;me : &#034;coui m&#232;idj&#242;&#034; (c'est midi).&lt;br class='autobr' /&gt;
Une heure : &#034;l&#242; un&#242;&#034;, deux heures : &#034;l&#226; dou&#226;&#034;, trois heures &#034;l&#226; tri&#034;, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une l&#233;g&#232;re complication pour les demies. Ainsi, une heure et demie : &#034;l&#242; djum&#232;i&#242; de un&#242;&#034; (la demie de une), deux heures et demie : &#034;l&#242; djum&#232;i&#242; de du&#226;&#034; (la demie de deux), etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour les quarts, invariablement et sans plus : &#034;cou i le qu&#224;&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Difficult&#233; suppl&#233;mentaires pour les interm&#233;diaires : trois heures cinq : &#034;tri or&#226; p&#242;ss&#242;d&#226; de d&#233;&#034; (sept heures pass&#233;es de dix), quatre heures vingt : &#034;l&#242; djum&#232;i&#242; de qu&#226;tre min d&#233;&#034; (la demie de quatre moins dix), quatre heures vingt-cinq : &#034;&#034;l&#242; djum&#232;i&#242; de qu&#226;tre min chin&#034; (la demie de quatre moins cinq), etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passons maintenant de l'autre c&#244;t&#233; du cadran : huit heures trente-cinq : &#034;l&#242; djum&#232;i&#242; de veu p&#242;ss&#242;d&#226; de chin&#034; (la demie de huit pass&#233;e de cinq), neuf heures quarante : &#034;l&#242; djum&#232;i&#242; de noeu p&#242;ss&#242;d&#226; de d&#233;&#034; (la demie de neuf pass&#233;e de dix).&lt;br class='autobr' /&gt;
Moins le quart : invariablement &#034;min le qu&#226;&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Huit heures moins dix : &#034;veu or&#226; min d&#233;&#034; ou &#034;la veu min d&#233;&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Huit heures moins cinq : &#034;veu or&#226; min chin&#034; ou &#034;la veu min chin&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Certaines personnes &#226;g&#233;es, &#224; d&#233;faut d'&#234;tre s&#251;res, se contentaient m&#234;me de dire : entre trois heures et trois heures quinze : &#034;la tri et un petche morc&#233;&#034; (trois heures et un petit morceau !). Entre trois heures quinze et trois heures trente : &#034;la tri et un gr&#242; morc&#233;&#034; (trois heures et un gros morceau !)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; dire si, &#224; l'heure des premiers trains, l'exactitude &#233;tait au rendez-vous !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'Eglise Saint-Symphorien du Moutier</title>
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		<dc:date>2007-08-01T15:27:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Synth&#232;se r&#233;alis&#233;e avec le concours de Jacques Ytournel, Georges Therre, Jacqueline et Georges Rochias.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://escoutoux.net/-Histoires-d-eux-" rel="directory"&gt;Histoires d'eux..&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L150xH54/arton226-bb8b2.jpg?1784968798' width='150' height='54' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Synth&#232;se r&#233;alis&#233;e avec le concours de Jacques Ytournel, Georges Therre, Jacqueline et Georges Rochias&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le bas de la ville de Thiers, l'&#233;glise du Moutier d&#233;di&#233;e &#224; Saint-Symphorien (jeune martyr d'Autun) d&#233;pendait d'une ancienne abbaye b&#233;n&#233;dictine. Les origines de cette communaut&#233; religieuse (plac&#233;e sous la r&#232;gle de Saint Beno&#238;t) remontent au VIII si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but du XX si&#232;cle, &#224; plusieurs m&#232;tres de profondeur, dans son proche p&#233;rim&#232;tre, furent d&#233;couvertes des poutres calcin&#233;es. D'o&#249; provenaient-elles ? De la premi&#232;re &#233;glise br&#251;l&#233;e vers 532 ? De l'&#233;glise d&#233;truite par les Sarrazins d'Abd-el-Raman vers 732 ou des b&#226;timents incendi&#233;s en 1568 par les huguenots ? Elles ont gard&#233; tout leur myst&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Myst&#232;re aussi sur les quelques cheveux et les trois cailloux marqu&#233;s du sang de Saint Symphorien que rapport&#232;rent, d'apr&#232;s la l&#233;gende &#224; la fin du II si&#232;cle, certains hommes pieux t&#233;moins du supplice. Ces reliques enferm&#233;es dans une ch&#226;sse furent d&#233;pos&#233;es dans l'&#233;glise en bois et sauv&#233;es lors de l'incendie perp&#233;tr&#233; par Thierry fils de Clovis en 532. Cette ch&#226;sse fut plac&#233;e ensuite dans une &#233;glise nouvellement construite en pierre au VIII si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un berceau de l'art roman auvergnat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au XI si&#232;cle, et en partie gr&#226;ce aux lib&#233;ralit&#233;s de Guy II, Vicomte de Thiers, l'&#233;glise &#233;difi&#233;e avec hardiesse devient une des plus vastes d'Auvergne avec ses 45 m de long et 14 m de large (rapport de Propser M&#233;rmi&#233;e qui la visita en 1838), pour atteindre 18 m de largeur &#224; hauteur de la chapelle de Montboissier (xx du dessin).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette chapelle fut construire en saillie c&#244;t&#233; sud de 1499 &#224; 1504 par Guillaume de Montboissier, abb&#233; commendataire du Mo&#251;tier, dont les armoiries figur&#232;rent sur la cl&#233; de vo&#251;te. Retour ligne manuel&lt;br class='autobr' /&gt;
Celles-ci sont actuellement plac&#233;es dans le ch&#339;ur de l'&#233;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus ancien est le ch&#339;ur avec, &#224; l'arri&#232;re, son petit sanctuaire carr&#233; remontant vraisemblablement &#224; l'&#233;poque m&#233;rovingienne et sous lequel subsistent les d&#233;bris d'une tr&#232;s vieille crypte servant de cave. Un &#233;troit passage vo&#251;t&#233; &#233;clair&#233; par une &#233;troite ouverture cintr&#233;e conduisait &#224; un autre caveau situ&#233; sous le ch&#339;ur actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le long du c&#244;t&#233; nord (avenue Joseph Claussat) et &#224; l'arri&#232;re, du c&#244;t&#233; sud, sont des piliers servant aujourd'hui de contreforts ainsi que des arcs de vo&#251;te. D'anciennes parties obstru&#233;es engendrent de nombreuses questions. Certaines parties auraient-elles pu d&#233;pendre de l'abbaye ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre se pourrait-il aussi qu'&#224; une certaine &#233;poque l'&#233;glise ait &#233;t&#233; dot&#233;e de deux clochers ; mais aucun texte ne corrobore cette hypoth&#232;se. Toutefois le proc&#233;s-verbal du 12 janvier 1568, apr&#232;s le passage des troupes huguenotes, fait &#233;tat de &#034;clochiers&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nef, avec ses vo&#251;tes et ses bas-c&#244;t&#233;s remonte au XI et XII si&#232;cles. C'est &#224; cette &#233;poque que l'abbaye b&#233;n&#233;dictine du Mo&#251;tier allait briller aux feux de Cluny.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le narthex poss&#232;de de tr&#232;s beaux chapiteaux du type ordinaire du byzantin fleuri. A l'ornement v&#233;g&#233;tal s'ajoute une faune r&#233;elle et fantastique : cigognes, enfants nus, colombes et grappes de fruits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le d&#233;mant&#232;lement de 1882&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 1870, l'&#233;glise du Moutier &#233;tait fissur&#233;e, &#233;branl&#233;e, notamment dans la ma&#238;tresse-vo&#251;te. D'importantes r&#233;parations devenaient n&#233;cessaires et le prix approximatif de celles-ci &#233;tait &#233;valu&#233; &#224; 35 000 francs. Retour ligne manuel&lt;br class='autobr' /&gt;
Deux projets de restauration &#233;taient en pr&#233;sence : l'un supprimait le ch&#339;ur, la partie la plus ancienne de l'&#233;difice, l'autre le conservait dan son int&#233;gralit&#233; moyennant un accroissement des d&#233;penses de 6 000 francs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Conseil Municipal de Thiers et le Conseil G&#233;n&#233;ral du Puy-de-D&#244;me avaient insist&#233; pour que l'&#233;glise f&#251;t conserv&#233; intacte. Sur la d&#233;pense qui, dans cette hypoth&#232;se, devait s'&#233;lever &#224; 27 000 francs, le Conseil de Fabrique en avait offert 11 000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les efforts furent inutiles et l'&#233;glise fut amput&#233;e de ses deux trav&#233;es du ch&#339;ur, avec les collat&#233;raux, de son sanctuaire carr&#233; et de la chapelle de Montboissier (collat&#233;ral sud). On laissa tomber en ruines les parties abandonn&#233;es et nous devons &#224; Monsieur l'Abb&#233; Courtine, cur&#233; du Moutier, d&#233;c&#233;d&#233; en 1951, que les ruines elles-m&#234;mes n'aient pas p&#233;ri.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fort heureusement, nous poss&#233;dons quelques clich&#233;s pris avant l'amputation par Monsieur Eleuth&#232;re Brassard, de la Diana de Montbrison, ainsi qu'un plan dessin&#233; par Mallay en 1882.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du transept (nef transversale d'une &#233;glise qui coupe la nef principale et donne &#224; l'&#233;difice une forme symbolique de croix), il ne demeure que des traces ind&#233;tectables. Retour ligne manuel&lt;br class='autobr' /&gt;
Le sanctuaire aujourd'hui en tient la place. Les documents ant&#233;rieurs &#224; 1882 rappellent pourtant que les deux piliers cruciformes supportaient un arc triomphal s&#233;parant l'ancien sanctuaire du transept. Un c&#244;t&#233; de l'une de ces piles appara&#238;t encore aujourd'hui au fond du nouveau ch&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de l'ann&#233;e 1951, la fa&#231;ade de l'&#233;glise c&#244;t&#233; clocher fut restaur&#233;e. La restitution de l'entr&#233;e amena une d&#233;couverte impr&#233;vue, celle de peintures murales sur le tympan du portail et sur les c&#244;t&#233;s de l'arc en ma&#231;onnerie qui l'encadrent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sc&#232;nes repr&#233;sent&#233;es sur le tympan de la porte ext&#233;rieure de l'&#233;glise ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;es &#224; des &#233;poques diff&#233;rentes, XV et XVI si&#232;cle. En partant de la gauche, on voit un homme agenouill&#233;, les mains jointes devant un billot, tandis qu'un soldat, brandissant une &#233;p&#233;e, semble se pr&#233;parer &#224; lui couper la t&#234;te ; cette sc&#232;ne repr&#233;sente sans doute le martyre de Saint Symphorien. Une autre repr&#233;senterait un donateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin du XX et au tout d&#233;but du XXI si&#232;cle l'&#233;glise actuelle, devenue dangereuse, vient d'&#234;tre consolid&#233;e. Retour ligne manuel&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;novation de certaines fresques, de chapiteaux et l'apport d'enduits de couleurs la rajeunissent en att&#233;nuant son aspect aust&#232;re originel. Une toiture neuve recouvre les restes de la chapelle Montboissier. Retour ligne manuel&lt;br class='autobr' /&gt;
En quittant l'&#233;difice dans lequel nous prenions quelques photos nous avons rencontr&#233; une charmante jeune vieille dame qui nous a cont&#233; ce qui suit : &#034;&lt;i&gt;je suis thiernoise et fille du Moutier. J'ai fait ma premi&#232;re communion dans cette &#233;glise. Je m'y suis mari&#233;e. Vous voyez cette partie d&#233;coiff&#233;e dans laquelle nous sommes, qui &#233;tait para&#238;t-il l'ancien ch&#339;ur, pour moi c'&#233;tait mon patronage. Lors de petites pi&#232;ces th&#233;&#226;trales, toute gamine, avec des amis de mon &#226;ge, j'ai dans&#233; sur l'estrade, l&#224; devant nous (elle d&#233;signa l'ancien petit sanctuaire). Ici, pour mon mariage, un ap&#233;ritif a &#233;t&#233; servi&lt;/i&gt;&#034;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La peste de Thiers</title>
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		<dc:date>2007-01-19T09:59:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Il y a 266 ans, une &#233;pid&#233;mie, dite 'Peste des rizi&#232;res' allait ravager la population thiernoise - 1741. Texte de Jacques Ytournel publi&#233; en 2007.&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L150xH60/arton421-a028b.jpg?1784968798' width='150' height='60' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sous l'influence des id&#233;es philosophiques, il fut tent&#233; sous le r&#232;gne de Louis XV un essai de ravitaillement de la population destin&#233; &#224; encourager le d&#233;veloppement des cultures &#233;trang&#232;res exotiques. Un essai de culture du riz fut tent&#233; en 1740 dans le Forez, le Bourbonnais, le Dauphin&#233; et l'Auvergne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La culture du riz exige des conditions d'humidit&#233; et de chaleur assez exceptionnelle sous nos climats. Une compagnie dite &#034;du riz&#034;ou &#034;des rizi&#232;res de France&#034;, dirig&#233;e par le bourgeois parisien No&#235;l Chevillot fut constitu&#233;e en 1740, Le contr&#244;leur g&#233;n&#233;ral Orry fit quelques difficult&#233;s pour accorder le monopole demand&#233; par cette Compagnie ; mais apr&#232;s avis favorable du Conseil d'Etat, ce monopole fut reconnu le 1er janvier 1741.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'imp&#244;t, de tout temps, manifeste ses droits. La nouvelle culture &#233;tait-elle assujettie &#224; la d&#238;me ? Le Clerg&#233; percevait la d&#238;me et on verra plus tard que ses membres s'oppos&#232;rent d'une fa&#231;on plus que manifeste &#224; l'implantation de cette nouvelle culture. On se r&#233;f&#233;ra aux premiers emplois du riz en France, lors des disettes de 1697 et 1698, mais la Proc&#233;dure refusait, en fait de se prononcer. Il est bien probable que, dans plusieurs cas, les associ&#233;s de la Compagnie eurent &#224; payer la d&#238;me, mais des raisons d&#233;cisives et sanitaires allaient bient&#244;t contribuer &#224; l'&#233;chec de la tentative de culture du riz dans les secteurs o&#249; l'implantation avait &#233;t&#233; fix&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rizi&#232;res ou &#034;canaux&#034; furent install&#233;s dans des prairies incultes du Mo&#251;tier &#224; la plaine situ&#233;e au bas de la ville, sur des terrains appartenant au sieur Mar&#233;val et sur des propri&#233;t&#233;s pr&#233;lev&#233;es au village de Terme, en direction de Tamier. La maladie qui s&#233;vit en 1741 fu s&#233;rieuse au point que des propri&#233;taires comme Darrot, Audembron, Guillemot et Nourrisson refus&#232;rent, l'&#233;pid&#233;mie pass&#233;e, de reprendre possession de leurs biens ; les terrains ayant &#233;t&#233; par ailleurs boulevers&#233;s par les travaux entrepris et rendus inutilisables. Il se trouvait l&#224; &#233;galement des &#034;chenevri&#232;res&#034; marais vite pestilentiels, o&#249; la contagion par l'eau et les &#034;porteurs de germes&#034; ne pouvait qu'&#234;tre acc&#233;l&#233;r&#233;e par suite d'une hygi&#232;ne d&#233;plorable. D&#232;s le d&#233;but de l'exploitation, des n&#233;gligences se produisirent dans les rizi&#232;res, les canaux imparfaitement vid&#233;s, &#233;tant rapidement devenus des mar&#233;cages aux miasmes putrides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La maladie &#233;clata au mois de Mars 1741, mais ce fut en plein &#233;t&#233;, lorsque l'eau diminua dans les rizi&#232;res, que la situation devint pr&#233;occupante. Les registres d'&#233;tat civil montrent le progr&#232;s de l'&#233;pid&#233;mie et la mortalit&#233; qui atteignit le chiffre de 1214 d&#233;c&#232;s en 1741, Les rizi&#232;res avaient &#233;t&#233; install&#233;s sur 53 arpents de champs, pr&#233;s et prairies, dans les faubourgs du Mo&#251;tier et pr&#232;s de la Durolle. L'endroit semblait bien choisi. Le torrent apr&#232;s &#234;tre descendu dans les gorges, abordait une plaine unie et sablonneuse jsuqu'aux rives de la Dore, l&#224; o&#249; s'installait, au XVIII&#176; si&#232;cle, un vaste mar&#233;cage. Il avait &#233;t&#233; lou&#233; des terrains en friche, il avait &#233;t&#233; pr&#233;par&#233; des canalisations de la Durolle et on avait m&#234;me fait venir des Pi&#233;montais sp&#233;cialis&#233;s dans les m&#233;thodes utilis&#233;es dans les exploitations italiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait pens&#233; &#224; tout sauf &#224; la stagnation de l'eau au bas de la ville o&#249; elle croupissait en exhalant des vapeurs. Les magistrats de Thiers intervirent aupr&#232;s de l'Intendant d'Auvergne demandant qu'on install&#226;t les rizi&#232;res qu'au moins &#224; cinq ou six lieux des villes mur&#233;es, comme cela se faisait au Pi&#233;mont. Rien n'y fit et le mois d'Ao&#251;t 1741 accusa pour les trois paroisses de Thiers 258 d&#233;c&#232;s. Chaque famille comptait cinq &#224; six malades dans les quartiers les plus atteints : ceux-ci furent le Pav&#233; (rue Rouget de l'Isle), la rue de la Vaure (rue de la Coutellerie), les faubourgs du Mo&#251;tier et de la Porte-Neuve (rue Conchette et antenne OTSI). Tr&#232;s peu de malades gu&#233;rirent. Apr&#232;s quelques jours de convalescence apparente, ils mourraient. On les soignait au bouillon de viande, mais la mis&#232;re gagna rapidement une grande partie de la population laborieuse. Les habitants n'h&#233;sit&#232;rent pas &#224; attribuer &#224; cette maladie, qui n'&#233;tait peut-&#234;tre en fait qu'une crise de paludisme, le nom de &#034;peste&#034;. La maladie accentuait ses ravages par temps beau et doux et diminuait d'intensit&#233; avec le froid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, d&#232;s que le fl&#233;au commen&#231;a &#224; cesser, en d&#233;cembre 1741, les habitants s'oppos&#232;rent-ils farouchement &#224;la continuation de l'entreprise qui bient&#244;t allait &#234;tre abandonn&#233;e, gr&#226;ce &#224; l'intervention des plus hauts personnages, dont Monseigneur Massillon, &#233;v&#234;que de Clermont. A la fin de l'ann&#233;e 1743, tous les r&#233;calcitrants &#233;taient d&#233;bout&#233;s et d&#232;s lors la culture du riz &#224; Thiers fut termin&#233;e. Les rizi&#232;res, abandonn&#233;es, redevinrent des pr&#233;s. La culture du riz avait disparu &#224; Thiers d&#232;s 1742,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Compagnie des riz&#232;res s'&#233;tait bien d&#233;fendue. La maladie, disait-elle, r&#232;gne dans le petit peuple et si elle provenait de l'infection de l'air, elle n'&#233;pargnerait ni les riches, ni les ais&#233;s. Les hameaux limitrophes des rizi&#232;res, qui &#034;respirent l'eau&#034; bien plus que les habitants de Thiers, ne sont pas infest&#233;s. La ville a beaucoup de petit peuple travaillant sur les os, sur les boyaux (utilis&#233;s pour la fabrication des courroies), les peaux, le tannage, les &#034;chenevi&#232;res&#034;, o&#249; mac&#232;re le chanvre pour le rouissage, et tous ces gens sont plus ou moins afflig&#233;s de fi&#232;vres...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, et si cet essai de culture exotique disparut de Thiers, il fut continu&#233; dans d'autres r&#233;gions o&#249; il avait &#233;t&#233; entrepris mais o&#249; il d&#233;termina souvent des crises de fi&#232;vre palud&#233;enne analogues &#224; celles s&#251;bies &#224; Thiers et aux cons&#233;quences non moins mortelles (Livron, en Dauphin&#233;, o&#249; il fallut &#233;purer les eaux, Loriol pr&#232;s de Valence, o&#249; l'air &#034;empest&#233;&#034; traversa le Rh&#244;ne et exer&#231;a ses ravages jusque dans le Vivarais). L&#224; o&#249; la culture fut implant&#233;e force est de reconna&#238;tre que la mortalit&#233; cr&#251;t dans de notables proportions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, pr&#232;s de Thiers, &#224; Puy-Guillaume, o&#249; la r&#233;colte avait &#233;t&#233; abondante, on n'eut pas &#224; d&#233;plorer d'&#233;pid&#233;mie, bien qu'un mauvais &#233;tat sanitaire ait &#233;t&#233; signal&#233; dans cette paroisse en 1741,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit de l'&#233;chec dans la tentative d'introduction d'une culture exotique dans notre r&#233;gion, il faut reconna&#238;tre qu'elle a attir&#233; l'attention des autorit&#233;s sur l'utilisation d'un l&#233;gume utile. A l'&#233;poque, les Intendants pr&#233;conis&#232;rent le riz au gras pour combattre les disettes. On initia le peuple aux effets b&#233;n&#233;fiques de la soupe au riz et &#224; la bouille de riz pour les petits enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bient&#244;t allait appara&#238;tre la pomme de terre, ou &#034;Parmenti&#232;re&#034;, du nom de celui qui en divulgua l'utilisation. Paradoxalement, ce fait est un acquit de Louis XVI ; ce dernier Roi du bon plaisir, et appara&#238;t comme une revanche aux disettes et famines, fl&#233;aux sans cesse combattus par ses pr&#233;d&#233;cesseurs sous l'Ancien R&#233;gime Fran&#231;ais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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