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	<title>Escout Moi Voir ! webzine du Livradois Forez</title>
	<link>https://escoutoux.net/</link>
	<description>Web magazine local ind&#233;pendant, pour pour pour faire d&#233;couvrir et partager la richesse du Livradois-Forez et de ses abords : bonnes adresses, randonn&#233;es, spectacles et animations, gastronomie.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Joli mois de Mai...</title>
		<link>https://escoutoux.net/Joli-mois-de-Mai</link>
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		<dc:date>2026-04-24T03:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Luc Gironde</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Mai bon dieu, mai c'est bien s&#251;r ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Et qu'est-ce que c'est beau. Le lilas et son odeur que les parfumeurs essaient d'enfermer dans des fioles &#224; je ne sais plus combien d'euros le millilitre. Honte &#224; vous fesse-mathieu mercantiles qui emprisonnez les fleurs comme le g&#233;nie dans la lampe d'Aladin. Le lilas, &#231;a se m&#233;rite. On hume, on suit les fragrances et puis on coupe, avec d&#233;licatesse. On offre ou l'on met en vase. On peut m&#234;me faire les deux. Tout d&#233;pend du degr&#233; d'intimit&#233; que l'on a avec la personne. (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://escoutoux.net/-Histoires-d-eux-" rel="directory"&gt;Histoires d'eux..&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L150xH60/arton146-6e5be.jpg?1784968796' width='150' height='60' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mai bon dieu, mai c'est bien s&#251;r !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et qu'est-ce que c'est beau. Le lilas et son odeur que les parfumeurs essaient d'enfermer dans des fioles &#224; je ne sais plus combien d'euros le millilitre. Honte &#224; vous fesse-mathieu mercantiles qui emprisonnez les fleurs comme le g&#233;nie dans la lampe d'Aladin. Le lilas, &#231;a se m&#233;rite. On hume, on suit les fragrances et puis on coupe, avec d&#233;licatesse. On offre ou l'on met en vase. On peut m&#234;me faire les deux. Tout d&#233;pend du degr&#233; d'intimit&#233; que l'on a avec la personne. Mais en mai il y a mieux : vous en connaissez beaucoup de mois qui commencent par un jour ch&#244;m&#233; ? Une bonne grasse matin&#233;e gratos, sans avoir le t&#244;lier sur le r&#226;ble, comme du temps o&#249; la vie &#233;tait belle et douce, simplement parce que l'on n'avait pas besoin de la gagner, sa vie. L'ours &#8211;et seulement celui du Livradois-Forez- sait cela. Et il appr&#233;cie. D'abord pour des raisons personnelles &#8211;c'est le mois de son anniversaire- et puis parce que pour &#234;tre honn&#234;te, le mois de mai c'est, pour lui, toute l'ann&#233;e. Franchement, vous avez d&#233;j&#224; vu travailler un ours ? Peut-&#234;tre sur des photos jaunies, un anneau pass&#233; dans les naseaux, avec au milieu une corde et au bout de la corde un quidam ? G&#233;n&#233;ralement l'olibrius tortionnaire portait un chapeau et des sabots de bois. C'est dire si &#231;a remonte &#224; loin. Au moins au temps o&#249; il y avait des ours. Et fier qu'il &#233;tait le dompteur, comme un bar tabac. Entre-nous qui &#233;tait le plus fort, qui d&#233;pendait le plus de l'autre, l'ours ou le montreur d'ours ? Si vous trouvez la bonne r&#233;ponse vous avez gagn&#233; le droit de revenir en deuxi&#232;me semaine ou de contempler un tableau o&#249; l'on aper&#231;oit un &#233;l&#233;phant violet sur fond de paysage alpin. ( Il para&#238;t &#8211; mais n'en parlez surtout &#224; personne- que l'on compte r&#233;introduire l'&#233;l&#233;phant &#8211;celui d'Hannibal- dans les Alpes ! Le probl&#232;me est que les seuls sp&#233;cimens disponibles portent sur le flanc une marque de chocolat. Ind&#233;l&#233;bile. Certaines vaches souffriraient du m&#234;me mal. Les savants se perdent en conjectures. Les enfants aussi. On n'arr&#234;te pas le progr&#232;s. L'ours rigole.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces digressions mises &#224; part, l'ours se r&#233;jouit de la venue de ce joli mois. Il va enfin pouvoir chausser sa paire de tongs et se la couler douce au bord de la piscine, une bonne bouteille de Badoulin &#224; port&#233;e de patte. Cette ann&#233;e, il a pour projet de s'acheter des lunettes. C'est qu'il vieillit et comme il compte bien lire le journal pour conna&#238;tre le nom du nouveau pr&#233;sident, mieux vaut s'&#233;quiper. D&#233;j&#224; qu'il lui arrive de confondre le jour et la nuit, il ne manquerait plus qu'il prenne la droite pour la gauche ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Allez, mai c'est simple et doux comme une conjonction que l'on &#233;crirait au singulier. Un peu comme le temps des cerises et ses pendants d'oreille que l'on mordrait &#224; pleine bouche ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout un programme. Comme n'ont jamais dit les autres ! Et pourtant &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jean-Luc Gironde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Georges Therre nous a quitt&#233;s</title>
		<link>https://escoutoux.net/Georges-Therre-nous-a-quittes</link>
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		<dc:date>2026-04-03T12:15:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Luc Gironde</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Cr&#233;dit photos : Jean-Luc Gironde.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://escoutoux.net/-Histoires-d-eux-" rel="directory"&gt;Histoires d'eux..&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L150xH78/arton9142-83a16.jpg?1784968796' width='150' height='78' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;row&#034;&gt; &lt;div class=&#034;col-4&#034;&gt; &lt;dl class='spip_document_12261 spip_documents'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L182xH196/georges-7416f.jpg?1784968796' width='182' height='196' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt; &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;col-8&#034;&gt;Le printemps commence mal. Ce premier avril, nous a fait une bien mauvaise farce : Georges Therre, le Ternois comme on l'appelait, Georges le Grand, a travers&#233; le Styx pour un voyage que l'on dit &#233;ternel&#8230; Georges, &#224; qui nous avions consacr&#233; &lt;a href=&#034;https://escoutoux.net/Thiers-a-une-memoire-elle-s-appelle-Georges-Therre&#034; target=&#034;blank&#034;&gt;&lt;font color=&#034;blue&#034;&gt;&lt;strong&gt;un article&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/font&gt; il y a quelques ann&#233;es, nous a donc quitt&#233;s &#224; l'&#226;ge de 87 ans. &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Celui qui fut professeur de fran&#231;ais et de lettres classiques &#233;tait surtout le plus fin connaisseur de Thiers, sa ville natale, de son histoire, de l'histoire de sa r&#233;gion et de ses habitants, qu'il raconta dans de nombreux ouvrages cosign&#233;s avec ses deux comp&#232;res d'&#233;criture, Jacques Ytournel et Marc Prival. Notre webzine a publi&#233; moult de ses papiers : sur la &lt;a href=&#034;https://escoutoux.net/De-la-meule-a-la-plume&#034; target=&#034;blank&#034;&gt;&lt;font color=&#034;blue&#034;&gt;&lt;strong&gt;saga de Fernand Planche&lt;/strong&gt;,&lt;/a&gt;&lt;/font&gt; qu'il a r&#233;v&#233;l&#233;e au grand public, sur ses &lt;a href=&#034;https://escoutoux.net/Promenades-dans-le-vieux-Thiers-Maison-Ytournel&#034; target=&#034;blank&#034;&gt;&lt;font color=&#034;blue&#034;&gt;&lt;strong&gt;promenades dans le vieux Thiers&lt;/strong&gt;,&lt;/a&gt;&lt;/font&gt; qui ont g&#233;n&#233;r&#233; des centaines de lectures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Georges l'&#233;picurien, Georges le passionn&#233; de Vialatte, Georges l'&#233;l&#233;gant avec son n&#339;ud papillon ou son imperm&#233;able beige, Georges et ses &#171; conduites int&#233;rieures &#187; (ses voitures) qu'il conduisait &#224; sa fa&#231;on, Georges et son visage de jeune homme, Georges et son &#233;criture de mouche qu'il posait sur un papier &#224; en-t&#234;te de la droguerie de ses parents rue Camille Joubert, pour donner des nouvelles. Ces derni&#232;res ann&#233;es, elles s'&#233;taient faites plus rares&#8230; Georges qui savait si bien parler de Thiers avec un autre amoureux de Thiers, notre collaborateur Jean-Paul Gouttefangeas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Georges et ses livres, ses cartes postales, ses vieux papiers trouv&#233;s je ne sais o&#249; et qui constituent probablement la plus belle caverne d'Ali Baba pour les amoureux de Thiers, un fonds de documentation incroyable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il manquera &#224; beaucoup, notamment &#224; son &#233;pouse Gaby et son fils Alexandre &#224; qui nous disons toute notre peine.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;center&#034;&gt;&lt;span class='spip_document_12262 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L500xH338/therre1-d51b9.jpg?1784968796' width='500' height='338' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_12263 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L500xH347/therre2-48e71.jpg?1784968797' width='500' height='347' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_12264 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L500xH334/therre3-6ec23.jpg?1784968797' width='500' height='334' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_12265 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L500xH318/therr4-6afc1.jpg?1784968797' width='500' height='318' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_12266 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L500xH355/therr5-2399e.jpg?1784968797' width='500' height='355' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_12267 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L500xH784/therr6-da2a3.jpg?1784968798' width='500' height='784' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>De la Dore &#224; La Martinique... La truite vagabonde</title>
		<link>https://escoutoux.net/De-la-Dore-a-La-Martinique-La-truite-vagabonde</link>
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		<dc:date>2026-04-01T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Luc Gironde</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Une chronique de Jean-Luc Gironde.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://escoutoux.net/-Histoires-d-eux-" rel="directory"&gt;Histoires d'eux..&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L150xH60/arton1886-b9694.jpg?1784968798' width='150' height='60' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une chronique de Jean-Luc Gironde&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; n'en point douter, la truite - et notamment la Fario - est vagabonde. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les p&#234;cheurs ou les simples amoureux de la nature savent que cette esp&#232;ce savamment appel&#233;e salmo frutta fario est le plus d&#233;licieux poisson que l'on puisse trouver sur notre territoire. Grill&#233;e ou po&#234;l&#233;e, cette truite aux petits points rouges dont le nom sonne comme celui d'un pizza&#239;olo ou d'un coureur cycliste italien reste LE poisson qu'il faut avoir go&#251;t&#233; au moins une fois dans sa vie sous peine de passer pour un ignare irr&#233;cup&#233;rable. En mati&#232;re culinaire, s'entend.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour en revenir au vagabondage de la Fario, l'histoire racont&#233;e par l'&#233;dition martiniquaise du quotidien France-Antilles en date du 15 d&#233;cembre 2012 a de quoi laisser pantois !&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a &#224; peu pr&#232;s trois mois, Venance Saingeorges un p&#234;cheur habitant l'&#206;let de la Grotte sur la c&#244;te Est de la Martinique avait pos&#233; deux cannes pour taquiner le gros. Une demi- journ&#233;e passe sans qu'une seule de ses cannes ne courbe sous le poids d'un barbarin blanc, d'un poisson perroquet ou - ce qui aurait &#233;t&#233; miraculeux- d'une bourse &#233;criture. Le type allait plier ses gaules fatigu&#233; de contempler une mer qui commen&#231;ait &#224; gronder alors que le ciel devenait noir et lourd, lorsque sa sp&#233;ciale Savage Gear SG Saltwater Lure Fishing Rods piqua du nez. Son &#226;me de p&#234;cheur le sortit de sa torpeur. Il empoigna sa canne et la lutte commen&#231;a. Une b&#234;te &#233;norme s'&#233;tait empal&#233;e sur le trident de la Savage Gear. Et une sacr&#233;e b&#234;te ! Pendant deux bonnes heures Venance Saingeorges mena un combat qu'il n'&#233;tait pas s&#251;r de gagner tant son adversaire semblait d&#233;termin&#233; &#224; sauver sa peau. Il raconte qu'il aper&#231;ut une seule fois le flanc &#233;tincelant de ce poisson &#233;norme aux couleurs jaunes, tachet&#233; de points noirs ou rouge-orang&#233;. Finalement, apr&#232;s une lutte acharn&#233;e, le poisson &#233;puis&#233; finit dans l'&#233;puisette de Venance. Enfin, la t&#234;te seulement car le reste du corps pendait tristement tant il &#233;tait &#233;norme. Stup&#233;fait par ce qu'il venait d'attraper, Venance mesura avec sa main la longueur du poisson. Etonnant ! Sa prise &#233;quivalait &#224; 8 mains de notre p&#234;cheur soit 144 cm. Il estima son poids &#224; 40 livres. Revenu au village, la rumeur de la prise de Venance attira dans un premier temps les quolibets puis, ce qui est plus int&#233;ressant, l'attention du Dr Jacques Lefranc sp&#233;cialiste de la faune aquatique qui n'en crut pas ses yeux. Passe encore les mensurations du poisson -148 cm pour 24 kg- mais le corps de l'animal n'avait rien de commun avec les esp&#232;ces locales. Tr&#232;s vite, Jacques Lefranc identifia le poisson qui faisait la fiert&#233; de Venance Saingeorges. Il s'agissait d'une truite Fario, donc d'un poisson d'eau douce habitu&#233; &#224; vivre dans une eau &#224; moins de 20&#176; en &#233;t&#233; et dont la taille, en rivi&#232;re d&#233;passe rarement les 50 cm. En l'examinant, le Dr Lefranc aper&#231;ut pr&#232;s de la nageoire dorsale une sorte de puce &#233;lectronique qu'il s'empressa d'extraire. Son instinct tout comme ses connaissances lui disaient qu'il se trouvait devant une incongruit&#233;. Effectivement, la puce lue dans un des laboratoires d'&#233;tudes piscicoles de Fort-de-France permit de retracer l'histoire de la longue vie de ce poisson venu ... de m&#233;tropole ! D&#233;crypt&#233;, l'&#233;l&#233;ment implant&#233; r&#233;v&#233;lait que la truite avait &#233;t&#233; attrap&#233;e en 1995 en amont de Giroux dans le Puy-de- D&#244;me et que cette puce lui avait &#233;t&#233; pos&#233;e pour suivre son &#233;volution. Alors... alors comment un poisson d'eau douce auvergnat, connu pour &#234;tre tr&#232;s craintif, a-t-il pu parcourir des milliers de kilom&#232;tres en changeant de milieu, passant de l'eau douce &#224; l'eau sal&#233;e, bravant les pr&#233;dateurs divers pour se retrouver sur la c&#244;te martiniquaise ? De nombreux sp&#233;cialistes continuent de se pencher sur ce cas extraordinaire. Selon plusieurs sources, il semblerait que le r&#233;chauffement climatique soit pour beaucoup dans ce vagabondage intempestif. La r&#233;ponse d&#233;finitive n'est pas encore connue. La truite - confisqu&#233;e - est toujours &#224; l'&#233;tude.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quant &#224; Venance, il n'a toujours pas go&#251;t&#233; de Fario. Injuste, vous ne trouvez pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Poisson d'Avril !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Les entonnaisons de Pierre Pigne</title>
		<link>https://escoutoux.net/Les-entonaisons-de-Pierre-Pigne</link>
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		<dc:date>2026-01-19T04:27:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Luc Gironde</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Pour une belle beuverie, ce fut une belle beuverie ! L&#233;gendaire ! Le c&#233;l&#232;bre monologue de Pierre Pigne - Piarre Pigno en thiernois - v&#233;ritable po&#232;me &#233;pique est un petit r&#233;gal que trop peu de gens connaissent. &lt;br class='autobr' /&gt;
En 1940, dans son bulletin N&#176;9, gr&#226;ce &#224; la pugnacit&#233; d'Alexandre Bigay, la Soci&#233;t&#233; des &#201;tudes Locales et du Mus&#233;e de Thiers publia sous le titre FOLKLORE, la totalit&#233; du texte rassembl&#233; par M. Tr&#233;vy, ami d' Alexandre Bigay. La tradition en fran&#231;ais fut assur&#233;e par M. Fran&#231;ois Barn&#233;rias, ancien &#233;l&#232;ve de (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://escoutoux.net/-Lecture-" rel="directory"&gt;Lecture&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L150xH60/arton7601-163f9.jpg?1784960794' width='150' height='60' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pour une belle beuverie, ce fut une belle beuverie ! L&#233;gendaire ! Le c&#233;l&#232;bre monologue de Pierre Pigne - Piarre Pigno en thiernois - v&#233;ritable po&#232;me &#233;pique est un petit r&#233;gal que trop peu de gens connaissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1940, dans son bulletin N&#176;9, gr&#226;ce &#224; la pugnacit&#233; d'Alexandre Bigay, la Soci&#233;t&#233; des &#201;tudes Locales et du Mus&#233;e de Thiers publia sous le titre &lt;strong&gt;FOLKLORE&lt;/strong&gt;, la totalit&#233; du texte rassembl&#233; par M. Tr&#233;vy, ami d' &lt;strong&gt;Alexandre Bigay.&lt;/strong&gt; La tradition en fran&#231;ais fut assur&#233;e par M. Fran&#231;ois Barn&#233;rias, ancien &#233;l&#232;ve de la Facult&#233; Patoise de Saint-Jean de Thiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette geste est un r&#233;gal pour l'oreille lorsqu'on la lit en patois. Ce &#171; souper rempli de gloire &#187; que donna Pierre Pigne &#171; L'ami du jus de la vigne &#187; est &#224; d&#233;guster sans mod&#233;ration.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jean-Luc Gironde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;FOLKLORE&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les entonnaisons de Pierre Pigne&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;La Intonozou de Piarre Pigno&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
de F&#233;dit et G. Tr&#233;vy&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;row&#034;&gt;
&lt;div class=&#034;col-6&#034;&gt;
Je vais vous raconter l'histoire,&lt;/br&gt;
Si j'en ai bien gard&#233; la m&#233;moire,&lt;/br&gt;
De ce souper remplir de gloire&lt;/br&gt;
Que mon ami Pigne donna.&lt;/br&gt;
Vous savez bien que Pierre Pigne,&lt;/br&gt;
L'ami du jus de la vigne,&lt;/br&gt;
N'a jamais &#233;t&#233; avare.&lt;/br&gt;
Jadis, quand il entonna,&lt;/br&gt;
Il invita Jean Barrote,&lt;/br&gt;
Bonnet, Vinasse, Carrote,&lt;/br&gt;
Tous gens de ribote,&lt;/br&gt;
Qui sont contents de lamper !&lt;/br&gt;
Tout le jour, &#224; l'ouvrage&lt;/br&gt;
Ils travaill&#232;rent avec courage,&lt;/br&gt;
Et le soir, comme c'est l'usage,&lt;/br&gt;
Pigne leur offrit &#224; souper,&lt;/br&gt;
Pour les payer de leur peine.&lt;/br&gt;
Ils &#233;taient au moins dix-sept&lt;/br&gt;
Ils mang&#232;rent &#224; plein ventre&lt;/br&gt;
Et, de m&#234;me, burent &#224; leur soif&lt;/br&gt;
Voici comment &#231;a se passa.&lt;/br&gt;
Autour d'une table ronde&lt;/br&gt;
O&#249; la mangeaille abonde,&lt;/br&gt;
Chacun se versa &#224; la ronde&lt;/br&gt;
Une rasade de bon vin.&lt;/br&gt;
Bient&#244;t le jour vint &#224; para&#238;tre&lt;/br&gt;
De soi chacun n'est plus ma&#238;tre&lt;/br&gt;
Personne ne veut faire para&#238;tre&lt;/br&gt;
Qu'il a envie de dormir&lt;/br&gt;
Gros Jean, le premier, de table,&lt;/br&gt;
Se l&#232;ve, prend la parole,&lt;/br&gt;
Et, &#224; tos, d'une voix dr&#244;le&lt;/br&gt;
Il annonce qu'il va chanter.&lt;/br&gt;
Mais, baillant comme une lucarne&lt;/br&gt;
Bazin, qui aime la chicane,&lt;/br&gt;
Dit, en s'appuyant sur sa canne :&lt;/br&gt;
Moi, j'aimerais mieux danser&lt;/br&gt;
Eh, bien, dansons dit son voisin Goutte&lt;/br&gt;
Sous le nez duquel brille une goutte&lt;/br&gt;
Moi, tout en buvant une goutte&lt;/br&gt; J'aime prendre mes &#233;bats&lt;/br&gt;
Jean lui r&#233;pond : si tu es ivre&lt;/br&gt;
Personne ne t'emp&#234;che de boire&lt;/br&gt;
Puisses-tu en prendre la fi&#232;vre&lt;/br&gt; Mais moi, je n'aime pas le sabbat&lt;/br&gt;
Le sabbat, sacr&#233;e ficelle !&lt;/br&gt;
De grand chercheur de querelle,&lt;/br&gt;
Avec ton grand nez de chandelle&lt;/br&gt;
Personne n'en fait si c'est toi !&lt;/br&gt;
Sacr&#233; patin de bafouilleur&lt;/br&gt;
De guenille, de d&#233;pouille,&lt;/br&gt;
Qu'est-ce qu'il nous barbouille&lt;/br&gt;
Au lieu de s'en aller s'il n'a plus soif&lt;/br&gt;
D&#233;camper mais non de foutre !&lt;/br&gt;
De ganache, de jean-foutre,&lt;/br&gt;
Qu'est-ce qui me retiens d te cogner&lt;/br&gt;
D&#232;s maintenant de t'&#233;triller !&lt;/br&gt; Bonnet, qui voit cette dispute&lt;/br&gt;
Ce grand amateur de lutte,&lt;/br&gt; Se l&#232;ve, fait une culbute&lt;/br&gt; Et leur dit d'un ton guerrier :&lt;/br&gt; Laissez-l&#224; cette querelle, &lt;/br&gt;
Ou bien je prends une trique&lt;/br&gt; Et je fais sauter la cervelle&lt;/br&gt;
Du premier qui parlera&lt;/br&gt; A ces mots, Cadet Vinasse&lt;/br&gt;
Qui ne manque pas d'audace&lt;/br&gt;
Lui dit : sacr&#233;e limace !&lt;/br&gt;
Je vais te passer une frott&#233;e de suite !&lt;/br&gt;
Roquelle prend sa musette&lt;/br&gt; Pour lui jouer un air&lt;/br&gt;
Et fait japper sa petite chienne&lt;/br&gt;
Qu'il a amen&#233;e avec lui&lt;/br&gt;
Bazin passe sous la table&lt;/br&gt;
Prend &#224; la main un b&#226;ton&lt;/br&gt;
Et frappe sur une plaque de t&#244;le&lt;/br&gt;
Pour animer le sabbat !&lt;/br&gt;
Alors, mes gaillards s'accrochent&lt;/br&gt;
Se d&#233;crochent, se raccrochent,&lt;/br&gt;
Et comme quatre, ils se donnent des coups&lt;/br&gt;
L'un l'autre &#224; qui mieux mieux&lt;/br&gt;
A travers les combattants&lt;/br&gt;
Ramet, qui est un homme sage&lt;/br&gt;
Qui a du tact et de l'usage&lt;/br&gt;
Veut se frayer un passage&lt;/br&gt;
Pour se retirer chez lui&lt;/br&gt;
Il a beau crier : Arr&#234;tez !&lt;/br&gt;
A ces fortes t&#234;tes&lt;/br&gt;
Ivres comme des temp&#234;tes&lt;/br&gt;
Ils lui vomirent dessus&lt;/br&gt;
Mais ce qu'il y a de plus risible&lt;/br&gt;
Ce qui est le plus &#233;patant&lt;/br&gt;
Dans ce grabuge impossible&lt;/br&gt;
C'est ce trio d'ivrognes&lt;/br&gt;
Tant le vin met le d&#233;sordre&lt;/br&gt;
Dans un coin de la baraque&lt;/br&gt;
Louis avec le vieux Patraque&lt;/br&gt;
Se disaient leurs v&#233;rit&#233;s.&lt;/br&gt;
Jacques qui est plus qu'irrit&#233;&lt;/br&gt;
Disait &#224; Louis : &#171; Triple rosse&lt;/br&gt;
Tu es une b&#234;te f&#233;roce&lt;/br&gt;
Tu as vendu pour faire la noce&lt;/br&gt;
Ton linge et ton mobilier&lt;/br&gt;
Tu n'as plus rien pour t'habiller&lt;/br&gt;
Et cr&#232;veras aux gal&#232;res&lt;/br&gt;
Lui hurle-t-il avec col&#232;re&lt;/br&gt;
Si tu es dans la mis&#232;re&lt;/br&gt;
Tu l'as bien m&#233;rit&#233; !&lt;/br&gt;
C'est la pure v&#233;rit&#233; !&lt;/br&gt;
Cette v&#233;n&#233;rable clique&lt;/br&gt;
R&#233;plique mon Louis&lt;/br&gt;
Quel superbe coup de trique&lt;/br&gt;
Ce menteur, ce barbouilleur&lt;/br&gt;
M&#233;riterait sur la figure !&lt;/br&gt;
Et &#231;a pose &#224; l'homme sage&lt;/br&gt;
Ce d&#233;rangeur de m&#233;nage !&lt;/br&gt;
Si c'est pas honteux &#224; son &#226;ge&lt;/br&gt;
De faire tout ce qu'il fait&lt;/br&gt;
Sacr&#233; tas de fumier !&lt;/br&gt;
Ce sacr&#233; fain&#233;ant, mendiant de chopines&lt;/br&gt;
Sans sa femme, qui s'esquinte&lt;/br&gt;
Sans jamais pousser une plainte&lt;/br&gt;
Il cr&#232;verait bien de faim&lt;/br&gt;
Lui et ses pauvres enfants !&lt;/br&gt;
Alors, en lui souhaitant de crever&lt;/br&gt;
Voil&#224; mon Louis qui se l&#232;ve&lt;/br&gt;
Et prenant un banc qu'il soul&#232;ve&lt;/br&gt;
Il le lance au milieu&lt;/br&gt;
De ce troupeau d'ivrognes&lt;/br&gt;
Parmi ces ivrognes cocasses&lt;/br&gt;
Les uns faisaient les paillasses&lt;/br&gt;
Les autres comme des acrobates&lt;/br&gt;
Faisaient des sauts risibles&lt;/br&gt;
Et les autres comme des diables&lt;/br&gt;
Ce sont tous des &#234;tres impayables&lt;/br&gt;
Poussaient des cris effroyables&lt;/br&gt;
Qui r&#233;veilleraient les morts.&lt;/br&gt;
C'est la fin, la d&#233;cadence,&lt;/br&gt;
De l'orgie et de la bombance&lt;/br&gt;
Enfin Pigne, avec &#233;loquence&lt;/br&gt;
Se l&#232;ve et leur crie : silence tas de porcs !&lt;/br&gt;
Alors toute dispute cesse.&lt;/br&gt;
Tombant de sommeil et de faiblesse&lt;/br&gt;
Rompu de coups et d'ivresse&lt;/br&gt;
Chacun s'endort tranquillement.&lt;/br&gt;
Apr&#232;s cette nuit tumultueuse&lt;/br&gt;
Quand l'aube apparut radieuse,&lt;/br&gt;
Dans une paix religieuse.&lt;/br&gt;
L'on n'entendait rien qu'un sourd ronflement&lt;/br&gt;
Qui aurait peut-&#234;tre durer encore longtemps&lt;/br&gt;
Oui, mais quand le soleil vint chasser la brume&lt;/br&gt;
Et que ses gais rayons &#233;clair&#232;rent la chambre&lt;/br&gt;
Au tableau d&#233;goutant que cet astre &lt;/br&gt;vit&lt;/br&gt;
Il eut honte, alors il se voila d'un nuage.&lt;/br&gt;
Plus hardies que lui, les femmes, ces gueuses&lt;/br&gt;
Lev&#232;rent le loquet, entr&#232;rent furieuses,&lt;/br&gt;
La rage dans le c&#339;ur, la langue en branle-bas.&lt;/br&gt;
Plus qu'ils n'en avaient fait, elles faisaient du sabbat,&lt;/br&gt;
Elles leur crachaient des mitrailles de paroles&lt;/br&gt;
Tr&#233;pignaient des pieds, renversaient les tables.&lt;/br&gt;
Empleines, sc&#233;l&#233;rats, rosses, gourmands, feignants !&lt;/br&gt;
Tchi tchi tchi, tcha tcha tacha, guenilles, galapians !&lt;/br&gt;
Et tout un chapelet de mots pris au hasard&lt;/br&gt;
Qui feraient rougir l'homme le plus poissard.&lt;/br&gt;
A ce sabbat d'enfer, Cadet &lt;/br&gt;Vinasse&lt;/br&gt;
Le premier se r&#233;veille en faisant la grimace,&lt;/br&gt;
Et dit : c'est pas honteux, gueuses, d'&#234;tre ainsi,&lt;/br&gt;
N&#233;es pour parler sans bon sens ni raison.&lt;/br&gt;
Nous avons bu, c'est vrai, mais n'avons pas fait de tort&lt;/br&gt;
A personne, comme vous en bavardant &#224; tort.&lt;/br&gt;
Vous &#234;tes la perdition de l'homme et de Satan.&lt;/br&gt;
De tout, et de travers, vous parlez &lt;/br&gt;tant&lt;/br&gt;
Que vous feriez, dans son lit, p&#233;rir un innocent&lt;/br&gt;
Foutez-nous donc la paix, bougresses, allez-vous en,&lt;/br&gt;
Au lieu de parler de l'un, de l'autre,&lt;/br&gt;
Laver vos petits, m&#234;lez-vous de ce qui vous regarde&lt;/br&gt;
Laissez l&#224; les paquets, et &#224; coudre un &lt;/br&gt;peu.&lt;/br&gt;
Votre temps serait mieux employ&#233;.&lt;/br&gt;
Mais vous ne vivriez pas si du matin au soir&lt;/br&gt;
Vous ne pouviez pas dauber sur vos voisins !&lt;/br&gt;
Vous d&#233;shabilleriez trente-cinq escadrons !&lt;/br&gt;
Le diable, la diablesse, avec ses diablettons !&lt;/br&gt;
Si le Bon Dieu du ciel qui fait le vin si bon,&lt;/br&gt;
De vos langues, un jour, faisait la moisson,&lt;/br&gt;
J'en prends &#224; t&#233;moin le p&#232;re Bonnemoy,&lt;/br&gt;
A sa gloire, je boirais un bon verre &lt;/br&gt;de plus.&lt;/br&gt;
Sacr&#233; tas de menteuses et de petits chignons !&lt;/br&gt;
Il les appela encore de beaucoup d'autres noms&lt;/br&gt;
Que la d&#233;licatesse ne permet pas que je &lt;/br&gt;r&#233;p&#232;te&lt;/br&gt;
Mais que je vous laisse penser &#224; l'aise. Et je m'assois.&lt;/br&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;col-6&#034;&gt;Vou&#232;de vous roconter l'histou&#233;ro &lt;/br&gt;
Chi n'ai bien gorda lo memouero&lt;/br&gt;
De quet soper rempli de glou&#233;ro&lt;/br&gt;
Que moun omi Pigno donnet.&lt;/br&gt;
Ou sabez que Pierre Pigno&lt;/br&gt;
L'omi do jus de lo vigno&lt;/br&gt;
N'y o jomou&#233; ita ropigno.&lt;/br&gt;
Antan, quand o l'intonet&lt;/br&gt;
O l'invitait Jean Borroto&lt;/br&gt;
Bonnet, Vinasso, Corroto.&lt;/br&gt;
Toto le jou, pr&#233; l'ouvrage&lt;/br&gt;
Que sont conteints de lamper !&lt;/br&gt;
Toto le jou, opr&#233; l'ouvrage&lt;/br&gt;
I trovolh&#233;tont mi corage&lt;/br&gt;
Et le si, como couy l'usage&lt;/br&gt;
Pigno l'y poyet soper,&lt;/br&gt;
Po se poyer de you peno.&lt;/br&gt;
Y &#233;yont au mouin d&#232;-sept&lt;/br&gt; Mouig&#232;ttont o pleno beno&lt;/br&gt;
Et de m&#233;mo qu'o lo s&#232; !&lt;/br&gt;
Vetchio como co se posset !&lt;/br&gt;
Autou d'une t&#244;lo rondo&lt;/br&gt;
Into lo mouigeailho obondo&lt;/br&gt;
Chacun se varso o lo rondo&lt;/br&gt;
Une rosado de boun vi&lt;/br&gt;
Bient&#244;t le jo&#251; vint o poritre&lt;/br&gt;
De se chacun n'y pus mouitre&lt;/br&gt;
Dinghu ne v&#244; fou&#233;re poritre&lt;/br&gt;
Qu'ol ot einv&#233;geo de dermi&lt;/br&gt;
Groou Jean, le prom&#233;, de t&#244;lo&lt;/br&gt;
Se l&#232;vo, preind lo por&#244;lo&lt;/br&gt;
Imbi tritous d'uno vou&#232; dr&#244;lo&lt;/br&gt;
Ol onnon&#231;o qu'o v&#244; chanter.&lt;/br&gt;
M&#226;, bayant mo'no iocanho &lt;/br&gt;
Bozin que lamo lo chicano&lt;/br&gt;
Dhit, ein se poyant pr&#233; so canno : &lt;/br&gt; Me, l'amoyo me&#239; danser&lt;/br&gt;
Eh b&#233; ! danso !, dhit son vesi Goutto &lt;/br&gt;
Que so le n&#224; tet lo goutto&lt;/br&gt;
Me, tot ein bioure uno goutto &lt;/br&gt;
I lame prendre mou ibats&lt;/br&gt;
Jean li repond : che te s&#233; nioure &lt;/br&gt;
Dhingu ne t'eimpou&#233;cho de bioure&lt;/br&gt;
Puchi-tu n'ein masser lo fioure !&lt;/br&gt;
M&#226; me, n'&#226;me pas le sobat !&lt;/br&gt;
Le sobat, sacr&#233; ficello,&lt;/br&gt;
De grand chorcheu de querello&lt;/br&gt;
Mi toun grand n&#226; de chandello,&lt;/br&gt;
Dhingu nen f&#233;&#239; m&#226; te !&lt;/br&gt;
Sacr&#233; pantin de gozolho&lt;/br&gt;
De guenillo, de dipoyo&lt;/br&gt;
Ce que ou&#238;t qu'&#244; nous borboyo&lt;/br&gt;
M'&#226; s'ein ner ch&#244; lo pu s&#233; !&lt;/br&gt;
Dicamper ! m&#226; noun de foutre,&lt;/br&gt;
De gonach&#244;, de jean-foutre,&lt;/br&gt;
Que me retet de te foutre&lt;/br&gt;
Dri oro de t'ipuyer !&lt;/br&gt;
Bonnet, que vet quello disputo&lt;/br&gt;
Quet grand omoteu de lutto,&lt;/br&gt;
Se l&#232;vo, fei uno culbuto&lt;/br&gt;
Et li dhi d'un ton guerrier :&lt;/br&gt;
Laissa tchi quello querello&lt;/br&gt;
Ou be i prene &#8216;no tovello&lt;/br&gt;
Et I frocasse lo cervello&lt;/br&gt;
D&#244; prom&#233; que piporo&lt;/br&gt; O quou mots, Cadet Vinasso&lt;/br&gt;
Que ne manquo pas d'auda&#231;o&lt;/br&gt;
Li dhiguet : sacr&#233; lima&#231;o !&lt;/br&gt;
Vou&#232;de tou posser oro !&lt;/br&gt;
Roquello preind so musetto&lt;/br&gt;
Po li ljouer uno gisquetto &lt;/br&gt;
Et fei jopper so chinetto&lt;/br&gt;
Qu'imbi se &#244; lo mena !&lt;/br&gt;
Bozin passo so lo t&#244;lo&lt;/br&gt;
S'armo lo mo d'uno gaulo&lt;/br&gt;
Et tobolo un fer de t&#244;lo&lt;/br&gt;
Po onimer lo sobat !&lt;/br&gt;
Ollo, mou goy&#226;s s'occrochont&lt;/br&gt;
Se discrochont, se recrochont,&lt;/br&gt;
Et como quatre s'ein &lt;/br&gt;prochont&lt;/br&gt;
L'un et l'autre tant que tant&lt;/br&gt;
O trouv&#233; lou combattants&lt;/br&gt;
Rome&#239;, qu'&#238;t uno homme sage&lt;/br&gt;
Que te de tact et d'usage&lt;/br&gt;
V&#244; se froyer un possage&lt;/br&gt;
Po se retchirer chez se&lt;/br&gt;
Ol'o beau creder : Oret&#224;s !&lt;/br&gt;
Imbi quella forta t&#233;t&#224;&lt;/br&gt;
Niouri commo de teimp&#233;ta&lt;/br&gt;
Li digul&#232;tont pr&#233; s&#233;&lt;/br&gt;
M&#226; ce qu'it le pu risible,&lt;/br&gt;
Ce qu'it le pu ipotant,&lt;/br&gt;
Dhin quet grobuge impossible&lt;/br&gt;
Coui quet trio de niourants&lt;/br&gt;
Tant le vit met lo ditraquo&lt;/br&gt;
Dhin t'un cou&#239;n de lo borr&#226;quo&lt;/br&gt;
Louito mi le vieux Potr&#226;quo&lt;/br&gt;
Se dijont you verita.&lt;/br&gt;
Jocqua qui mou&#233; qu'rrita&lt;/br&gt;
Dijot mi Louito : &#171; Triplo rosso&lt;/br&gt;
Te s&#233; uno betcho fero&#231;o&lt;/br&gt;
T'as vindu po fouere lo no&#231;o&lt;/br&gt;
Toun linge et ton mobilier&lt;/br&gt;
Te n'as re pu po te bilher&lt;/br&gt;
Et te cr&#232;voras ein gol&#232;re&lt;/br&gt;
Qu&#244; li hurlo mi col&#233;ro&lt;/br&gt;
Che te s&#233; dhin lo mis&#233;ro&lt;/br&gt;
Te zou a bien m&#233;rita !&lt;/br&gt;
Coui lo puro v&#233;rita !&lt;/br&gt;
Quelle venerablo cliquo&lt;/br&gt;
Que moun Louito li repliquo&lt;/br&gt;
Qu'un superbo co de triquo&lt;/br&gt; Quet menteu, quet morbolhou&lt;/br&gt;
M&#233;rotoyot po le mou !&lt;/br&gt; Et co vous fe&#239; l'homme sage&lt;/br&gt;
Quet diringeu de mou&#233;nage !&lt;/br&gt;
Cho coui pas hontou, o soun &#226;ge&lt;/br&gt;
De fou&#232;re to ce que fe&#239;&lt;/br&gt;
Sacr&#233; tas de fomare&#239; !&lt;/br&gt;
Quet sacr&#233; flat, de mandjo-pinto&lt;/br&gt;
Sin so feinno que s'squintot&lt;/br&gt;
Sin jomais pousser &#8216;no plaintot&lt;/br&gt;
O cr&#232;voyot be de fam&lt;/br&gt;
Se et sou pori &#233;fants !&lt;/br&gt;
Oll&#244;, li souhaitant lo cr&#232;vo&lt;/br&gt;
Tcho moun Louito que se l&#232;vot&lt;/br&gt;
Et preind un banc qu&#244; soul&#232;vot&lt;/br&gt;
Et le lan&#231;ot au mitan&lt;/br&gt;
Do quet tropet de niourants&lt;/br&gt;
Pormi cou niourants cocassi&lt;/br&gt;
Lou &#251; fazont lou polhass&#238;&lt;/br&gt;
Lou autri mo d'ocr&#244;bati&lt;/br&gt;
F&#226;zont de risiblis sats&lt;/br&gt;
Et lou autri mo de djabli&lt;/br&gt;
Coui to d'&#234;tri impoyabli&lt;/br&gt;
Poussont de cris iffroyabli&lt;/br&gt;
Que reveilloyont lou mouots.&lt;/br&gt;
Coui lo fi, lo dico den&#231;o,&lt;/br&gt;
De l'orgio et lo bomban&#231;o&lt;/br&gt;
Quand Pigno, mi eloquen&#231;o&lt;/br&gt;
Se l&#232;vo et li cr&#232;do : silence tas de &lt;/br&gt;pouo ! &lt;/br&gt;
Olo toto disputo cessot ;&lt;/br&gt;
Tombant de soum et de feblesso&lt;/br&gt;
Rompu po lou cots et l'ivresso&lt;/br&gt;
Chacun s'eind&#232; tranquillomint.&lt;/br&gt;
Pr&#233; quello neut tumulteuso&lt;/br&gt;
Quand l'aubo opori rodieuso,&lt;/br&gt;
Dihint uno paix religieusov&lt;/br&gt;
L'on n'inteindet re pu ma un sou roffomeint&lt;/br&gt;
Qu'oyo belho pogu durer inqu&#233; &lt;/br&gt;longteint&lt;/br&gt;
Oui, ma quand le sol&#232; vinguet chosser lo ni&#244;llo&lt;/br&gt;
Et que sous gais royons icl&#233;r&#232;tontb lo pi&#244;lo&lt;/br&gt;
Au tobleau digoutant que quel astre veguet&lt;/br&gt;
Ol oguet honton olo d'un borra se voilet.&lt;/br&gt;
Pu hordidha que se, la feinna, quella gueusa&lt;/br&gt;
Lev&#232;tont le loqu&#232;tn reintr&#232;tont furieusa,&lt;/br&gt;
Lo rageo dhin le coeu, lo linguo ein branlebas.&lt;/br&gt;
Mou&#233; que you n'&#232;ront fouet la fojont de sobat,&lt;/br&gt;
La li crachavont you mitraillo de &lt;/br&gt;por&#244;la&lt;/br&gt;
Trepignavont d&#244; pet, renvers&#226;vont &lt;/br&gt;la t&#244;la.&lt;/br&gt;
Empleini, sc&#233;lerats, rossa, gromants, funiants !&lt;/br&gt;
Tchi tchi tchi ,tcha tcha tcha, guenilla, golopiants !&lt;/br&gt;
Et tot un chapelet de lots pris &lt;/br&gt;o l'hoz&#224;&lt;/br&gt;
Que n'ein foyont rogi l'homme le pi &lt;/br&gt;piss&#224;.&lt;/br&gt;
O que soba d'enf&#232;, moun Codelot Vin&#226;sso&lt;/br&gt;
Le prom&#233; se reveilhot ein fou&#232;ro lo grima&#231;o,&lt;/br&gt;
Et dhi : coui pas hontou, gueusa d'&#234;ter mo quo,&lt;/br&gt;
N&#233;ssuda po bloguer sin boun san ni roso.&lt;/br&gt;
Y ains beg&#249; coui re&#239;, ma y n'ains pas fouet t&#244;t&lt;/br&gt;
Mi dingu como v&#244;tra ein jospinant &lt;/br&gt;o t&#244;t.&lt;/br&gt;
Vous s&#233; lo perdicho de l'homme et de Sotan.&lt;/br&gt;
De to et de trov&#233;, vous ne blaguez be tant&lt;/br&gt;
Qu'ou foy&#226; dhin soun l&#233;, pei u &lt;/br&gt;n'inocint&lt;/br&gt;
Fouta nous don la paix, bougressa, nia vous ein,&lt;/br&gt;
O yot de tant bloguer de l'un de l'autre,&lt;/br&gt;
Lover votri petchi, vous micler do qu&#244; v&#244;tre&lt;/br&gt;
Laisser tchi cou poquets et vous cozi un p&#244;.&lt;/br&gt;
Votre teimps chiyot met imploya o prop&#244;.&lt;/br&gt;
Ma, vous ne viouy&#224; pas, che d&#244; motchi au si&lt;/br&gt;
Vous podja pas bloguer sobre votri &lt;/br&gt;vesi !&lt;/br&gt;
Vous divolizoy&#224; trinto-chin &lt;/br&gt;escadrons !&lt;/br&gt;
Le dhable, lo dhoblesso imbi sous dhablettons !&lt;/br&gt;
Che le Boun Dhieu d&#244; ci&#226;, que fe&#239; le vi chi bo,&lt;/br&gt;
De votre linguo un jou n'ein fogeo lo misso,&lt;/br&gt;
I pr&#232;ne o temouin le p&#232;ro Bonnomou&#233;,&lt;/br&gt;
Qu'o so glou&#232;ro i biouyot un bouen virre de mou&#233;.&lt;/br&gt;
Sacr&#233; tas de menteusrsa et de petchi chignons !&lt;/br&gt;
O l&#226; pelet inqu&#233; de biauco &lt;/br&gt;d'autri noms&lt;/br&gt;
Que lo d&#233;licatesso permet pas qui &lt;/br&gt;rep&#232;te&lt;/br&gt;
M&#226; vous l&#232;sse pinser o l'&#233;ze, et &lt;/br&gt;i me s&#232;te.&lt;/br&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#192; l'&#233;poque o&#249; je m'effor&#231;ais de rassembler en un recueil les vieilles chansons patoises, il m'avait &#233;t&#233; impossible de reconstituer, en son entier, le r&#233;cit qu'on va vous lire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec beaucoup de difficult&#233;, j'ai r&#233;ussi, par morceaux r&#233;colt&#233;s aupr&#232;s de diverses personnes, &#224; en raccorder plusieurs fragments qui donnaient une id&#233;e de l'ensemble. Mais M. Tr&#233;vy, qui avait entre ses mains le po&#232;me complet, s'&#233;tait toujours refus&#233;s &#224; me le communiquer. Ne voulant pas le laisser vulgariser, il avait m&#234;me fait promettre &#224; ceux de ses amis qui le poss&#233;daient, de ne pas le laisser apprendre ni copier par qui que ce soit, de son vivant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceux-ci tinrent loyalement leur promesse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, M. Tr&#233;vy &#233;tait d&#233;c&#233;d&#233; depuis longtemps d&#233;j&#224;, M. Barn&#233;rias a pens&#233; qu'il ne fallait pas laisser dispara&#238;tre ce curieux &#233;chantillon du folklore thiernois. Et c'est dans ce but qu'il mas remis le texte complet du r&#233;cit de cette beuverie &#233;pique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme il n'est point dans mon intention de r&#233;&#233;diter une troisi&#232;me fois le Recueil des Chansons Patoises je crois que le meilleur moyen de sauver de l'oubli ce monologue bien caract&#233;ristique, est de le confier au Bulletin de la Soci&#233;t&#233; des Etudes Locales, tel que Mr Barn&#233;rias me l'a donn&#233;, et en l'accompagnant de la version fran&#231;ais.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;A. Bigay&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>En janvier, l'ours dort toujours</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Luc Gironde</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Une chronique de Jean-Luc Gironde.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://escoutoux.net/-Histoires-d-eux-" rel="directory"&gt;Histoires d'eux..&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L150xH60/arton448-14708.jpg?1784968798' width='150' height='60' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une chronique de Jean-Luc Gironde&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En janvier, l'ours fait comme d'habitude &#224; pareille &#233;poque, il dort. M&#234;me la nuit de la Saint-Sylvestre o&#249; la plupart des gens se r&#233;veillent pour mieux r&#233;veillonner et se souhaiter bonne l'ann&#233;e, bonne la sant&#233; et bonne la gueule de bois&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'ours n'&#233;tant qu'un animal, il se trouve de facto dispens&#233; de faire bonne figure &#224; d&#233;faut de faire bonne ch&#232;re. Et puis, il n'y peut rien : c'est son m&#233;tabolisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il lui arrive parfois de se comporter de la m&#234;me fa&#231;on, le jour du 14 juillet mais ceci par simple aversion pour cet esprit cocardier qui m&#232;ne &#224; toutes les b&#234;tises. L'ours n'aime pas les flonflons, la valse musette et l'accord&#233;on. Il n'aime pas non plus les merguez-frites, le pas cadenc&#233;, les engins de mort et la bi&#232;re sans alcool. Il a mauvaise r&#233;putation ; c'est un ours&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi et c'est tant mieux m&#234;me si l'on dit de lui qu'il agit de la sorte parce qu'il a trop de caract&#232;re. Venant de gens qui en manquent, l'ours - et uniquement celui du Livradois-Forez - prend ceci pour un compliment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi donc, l'ours dort en position couch&#233;e dite de la vache morte : &#233;tendu sur le dos il a les quatre pattes en l'air comme les vaches dans nos pr&#233;s lorsqu'elles ont pris un coup de foudre entre les cornes. Il n'y a rien de plus ridicule que la vision d'une vache morte, le ventre gonfl&#233; et les sabots dress&#233;s vers le ciel comme une derni&#232;re supplique si ce n'est les concours de chiens, les jeux t&#233;l&#233;vis&#233;s, les chaussettes trou&#233;es, la braguette ouverte d'un quidam s&#251;r de lui, un bas qui baille, les campagnes &#233;lectorales, les seins silicon&#233;s d'une bimbo influenceuse r&#233;sidant &#224; Duba&#239; ou les &#233;ructations m&#233;chantes d'un pol&#233;miste qu'il a connu - dans une autre vie- plus malin. Mais l'ours le sait et ne craint pas le ridicule : il n'est pas une vache. Alors&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, les circonvolutions oniriques de son esprit endormi - apais&#233; serait plus juste - le portent jusqu'aux portes de l'extase. L'esprit de l'ours voyage dans l'astral. Il voit alors des hommes manger leur chapeau - jamais un ours ne s'est pli&#233; &#224; pareille bassesse, d'autant qu'un chapeau d'ours reste un article hors de prix - ; il entend des avions aux ailes de g&#233;ants l&#226;cher des bombes sur des maisons de torchis. Il entend, il entend &#8230;le silence ponctu&#233; de son seul ronflement d'ours endormi. A cet instant pr&#233;cis, l'ours se r&#233;jouit d'&#234;tre seulement un ours. Rien d'autre qu'un ours. Et il r&#234;ve&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jean-Luc Gironde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La nuit sous le pont de pierre</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Luc Gironde</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Cr&#233;dit photo du Pont de Prague : Jean-Luc Gironde.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://escoutoux.net/-Lecture-" rel="directory"&gt;Lecture&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L150xH60/arton9054-8cdbc.jpg?1784965647' width='150' height='60' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Et voil&#224; que Praque me revient ! Le pont, le quartier juif et son incroyable cimeti&#232;re... Il y a 40 ans, un matin, j'&#233;coutais &#224; la radio Jacques Attali parler d'un auteur, L&#233;o Perutz, n&#233; &#224; Prague, et dont les romans &#233;taient une merveille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors j'ai achet&#233; &#034;La nuit sous le pont de pierre&#034;. Qui m'a boulevers&#233;. C'&#233;tait de la po&#233;sie pure, cette histoire d'un rosier et d'un romarin plant&#233;s c&#244;te &#224; c&#244;te, pour abriter, la nuit, les &#226;mes de deux amants qui ne pouvaient se retrouver que dans le r&#234;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte me suit depuis toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'esp&#232;re que vous en tirerez autant de plaisir que j'ai pu en &#233;prouver en d&#233;couvrant ce texte plein de m&#233;lancolie, d'amour, et si bien &#233;crit.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jean-Luc Gironde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Roman des amours irr&#233;elles, roman d'une ville disparue, roman d'une soci&#233;t&#233; enchanteresse : dans La nuit sous le pont de pierre, Leo Perutz ressuscite, avec une maestria digne des kabbalistes qu'il met en sc&#232;ne, la Prague du XXII&#232;me si&#232;cle. Quatorze tableaux pour peindre les amours merveilleuses de la belle Esther et de l'Empereur, et pour magnifier un monde extravagant, empli de bouffons, d'astrologues, d'alchimistes et de courtisans f&#233;briles, o&#249; s'entrelacent les passions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Histoires v&#233;cues &#224; Thiers</title>
		<link>https://escoutoux.net/Histoires-vecues-a-Thiers</link>
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		<dc:date>2025-11-25T04:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Luc Gironde</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Cr&#233;dit photos : Jean-Luc Gironde et Georges Therre&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://escoutoux.net/-Histoires-d-eux-" rel="directory"&gt;Histoires d'eux..&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L150xH60/arton8623-1deca.jpg?1784968798' width='150' height='60' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La voiture de Bernard Sanchez au milieu de nulle part&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 80, Bernard Sanchez &#233;tait propri&#233;taire du Caf&#233; du Th&#233;&#226;tre o&#249; se retrouvait une bonne partie de la jeunesse thiernoise : concerts, musique d'ambiance, restauration, boissons diverses, c'&#233;tait LE lieu embl&#233;matique o&#249; l'on se retrouvait pour passer un bon moment et notamment draguer ! C'&#233;tait un lieu de libert&#233; extraordinaire. Bernard &#233;tait (et est encore) un personnage hors du commun. Dr&#244;le, commer&#231;ant dans l'&#226;me, g&#233;n&#233;reux&#8230;. Un jour, lui vient l'id&#233;e de s'acheter une rutilante Lada 4X4, une voiture tch&#232;que tout terrain (il y en avait tr&#232;s peu &#224; l'&#233;poque) sur laquelle tout le monde lorgnait. Un dimanche, en d&#233;but d'apr&#232;s-midi, on voit arriver Bernard bien d&#233;pit&#233; qui demande &#224; la bande qui &#233;tait l&#224;, accoud&#233;e au comptoir, de venir lui donner un coup de main pour sortir la fameuse Lada embourb&#233;e dans la nature. Nous voil&#224; tous partis, pantalons serr&#233;s, tous chauss&#233;s de santiags, pour le village des Garniers o&#249; nous attendait la Lada. Bernard nous conduit alors sur un petit chemin et entre dans les bois. On marche, on marche et tout &#224; coup on voit le 4X4 entre des arbres, immobile. On s'aper&#231;oit alors qu'il n'y a pas de traces de roues, que la voiture semble pos&#233;e au milieu de nulle part. On essaie de la pousser et bien s&#251;r, avec nos bottes de cowboys on se casse tous la gueule. Impossible de la sortir : elle ne passe pas entre les arbres sauf au risque de la rayer. Et elle n'a aucune rayure ! D&#233;cision est prise, d'appeler un engin agricole pour la tirer avec un c&#226;ble, ce qui fut fait avec moult pr&#233;caution. Aucun d'entre nous n'a encore compris comment Bernard avait fait pour arriver l&#224; ! Et le pire, c'est que lui non plus ne se souvenait pas de ce qui s'&#233;tait pass&#233; ! On a tous d&#233;cid&#233; de mettre &#231;a sur le compte des extra terrestres. C'&#233;tait - et &#231;a reste- la seule explication plausible. De m&#233;moire, il a ensuite tr&#232;s vite revendu la Lada&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La Tarzan du mus&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Toujours &#224; la m&#234;me &#233;poque, je faisais les photos pour le bulletin municipal de la Ville de Thiers. J'avais install&#233;, avec la complicit&#233; de Jacques Ytournel, un labo photo dans une pi&#232;ce de l'ancien mus&#233;e de Barante o&#249; Jacques avait son bureau d'archiviste. En fin de journ&#233;e, nous partions ensemble et seul Jacques avait la clef. Un soir, j'appelle Jacques. Pas de r&#233;ponse. Je descends au rez-de-chauss&#233;e et constate que la porte est ferm&#233;e &#224; clef : Jacques m'a oubli&#233; Pas de t&#233;l&#233;phone fixe, personne dehors&#8230; Ne d&#233;sirant pas passer une nuit au mus&#233;e, m&#234;me en compagnie des toiles de Prosper Marilhat, je jette mon d&#233;volu sur une longue corde qui servait d'appui dans l'escalier en colima&#231;on. Je la coupe, en garde une longueur d'une dizaine de m&#232;tres, l'attache solidement &#224; une rambarde et me d&#233;cide &#224; descendre tel un alpiniste. La fen&#234;tre donnait juste en face de la Banque de France o&#249; un gardien assurait la surveillance. C'&#233;tait la panique, si jamais le type m'apercevait suspendu &#224; une corde sur la fa&#231;ade du mus&#233;e, j'avais droit, au mieux &#224; un comit&#233; d'accueil par les fonctionnaires de police, au pire &#224; une mise en joue par le gardien. Par chance, il se mit &#224; faire sa ronde et avec souplesse (&#224; l'&#233;poque) je pus descendre et aller chercher Jacques pour que l'on enl&#232;ve la corde car n'importe qui pouvait entrer dans le mus&#233;e, il n'y avait qu'&#224; saisir la corde. Jacques &#233;tait mort de rire et moi fou de rage. Finalement tout se passe bien, personne n'a rien vu &#8230; Sauf que moi, trop heureux de cette aventure, je m'en vais la raconter &#224; un copain journaliste &#224; l'agence de La Montagne situ&#233;e pr&#232;s du Central. Il m'&#233;coute en hochant la t&#234;te et me disant, &#171; C'est pas vrai, dis-moi que c'est pas vrai &#8230; &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le lendemain, dans la page de Thiers du quotidien La Montagne, un petit encadr&#233; intitul&#233; Le Tarzan du Mus&#233;e relatait mes exploits. Cette petite confidence me co&#251;ta quelques ap&#233;ros et quelques moqueries bien amicales. On me demandait ce que j'avais fait de Cheeta, le chimpanz&#233;&#8230; Je crois que c'est ce jour-l&#224; que j'ai d&#233;cid&#233; de devenir journaliste : avec la carte de presse, on ne paie pas souvent l'entr&#233;e dans les mus&#233;es&#8230; encore moins la sortie !&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;Jean-Luc Gironde&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; mon cousin d'Escoutoux...</title>
		<link>https://escoutoux.net/A-mon-cousin-d-Escoutoux</link>
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		<dc:date>2025-11-03T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jean-Luc Gironde</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#212; mon ami que tu me manques ! Tu dois m'imaginer, voyageant sans cesse dans la foule et les m&#233;tros de cette cit&#233; sublime, o&#249; les fous ont oubli&#233; de vivre, et cela ajoute &#224; ta peine. Tu te sentirais un peu perdu dans cette ville de Paris o&#249; tes costumes, qui d&#233;j&#224; attirent le regard, susciteraient une g&#234;ne que ton esprit pourtant ouvert, ne parviendrait &#224; expliquer. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais cessons les j&#233;r&#233;miades. Je voulais, ce jour, t'entretenir d'une expression &#233;trange qu'emploient les Parisiens. Fr&#233;quemment, au cours des (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://escoutoux.net/-Histoires-d-eux-" rel="directory"&gt;Histoires d'eux..&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L150xH60/arton189-f6b56.jpg?1784968798' width='150' height='60' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#212; mon ami que tu me manques ! Tu dois m'imaginer, voyageant sans cesse dans la foule et les m&#233;tros de cette cit&#233; sublime, o&#249; les fous ont oubli&#233; de vivre, et cela ajoute &#224; ta peine. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tu te sentirais un peu perdu dans cette ville de Paris o&#249; tes costumes, qui d&#233;j&#224; attirent le regard, susciteraient une g&#234;ne que ton esprit pourtant ouvert, ne parviendrait &#224; expliquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cessons les j&#233;r&#233;miades. Je voulais, ce jour, t'entretenir d'une expression &#233;trange qu'emploient les Parisiens. Fr&#233;quemment, au cours des conversations, on les entend dire : &#171; on ne sait pas si c'est de l'art ou du cochon &#187;. Voil&#224; des mets qui ram&#232;nent &#224; mon palais les souvenirs des saveurs du Livradois ! Ah ! Le bonheur de d&#233;guster une saucisse au couteau, un p&#226;t&#233; de t&#234;te, un saucisson, un jambon, la queue du cochon que l'on d&#233;guste cuite mais froide et qui fond dans la bouche &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais laissons le cochon o&#249; tout est bon pour nous consacrer &#224; l'art. Car l'art est &#224; Paris ce que le sang est au corps : un fluide merveilleux qui irrigue toute rue, tout &#234;tre, toute silhouette pour peu que le regard du curieux se laisse porter. &#192; Paris, il y a l'art de parler, celui de s'habiller, celui, coquin, de se d&#233;shabiller. L'art de vendre, l'art de dire, l'art de faire, l'art de peindre, de sculpter. L'art de vivre et m&#234;me l'art de mourir. En beaut&#233; maestro ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Je sais que tu ne dois gu&#232;re t'ennuyer dans cette belle terre du Livradois, mais tu verrais Paris&#8230; Cette ville est un hymne &#224; l'intelligence. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai m&#234;me rencontr&#233; &#8211; je t'imagine d&#233;j&#224; en train de sourire &#8211; un homme qui sait tout de l'art d'entendre voler les mouches. Car percevoir le vol d'une mouche est un art &#224; part enti&#232;re. Comprends : pour entendre voler les mouches, il faut d&#233;j&#224; &#233;couter le silence. Et le silence se m&#233;rite. Ainsi, l'autre jour, sur une butte au nord de la ville, cet adepte du vol de mouche &#8211; il passe pour &#234;tre un tr&#232;s grand ma&#238;tre &#8211; m'a dit, apr&#232;s un long, tr&#232;s long silence, &#171; Sais-tu &#233;tranger, que l'&#233;crevisse se marie le 15 octobre, qu'elle rue avec sa queue, qu'une fois le mariage b&#226;cl&#233;, les m&#226;les se r&#233;unissent, vagabondent sur les routes et fr&#233;quentent les endroits publics ? Pour finir, l'homme en fait du beurre d'&#233;crevisse apr&#232;s l'avoir cuite au vin blanc &#187;. Sur les &#233;crevisses, il a ajout&#233; qu'elles &#233;taient depuis longtemps am&#233;ricaines. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il est bizarre, ce type-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu imagines que de tels propos m'ont laiss&#233; pour le moins d&#233;sempar&#233; mais j'ai fini par comprendre. J'ai regard&#233;, j'ai senti, un frisson &#224; la paume de mes mains : au pied de cette butte, toute la ville se d&#233;roule comme un tapis de pierre. Dans le lointain, tutoyant le ciel, on aper&#231;oit la Tour dite de Montparnasse. Au-dessus, l&#224;-haut, tout l&#224;-haut, de temps &#224; autre, de flamboyants vaisseaux illuminent un ciel bleu azur. Ce sont de petits points argent&#233;s quand ils passent dans le soleil. &lt;br class='autobr' /&gt;
Alors j'ai compris qu'il &#233;tait plus sage d'entendre voler les mouches que les avions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, novembre roule au coin de ma rue sous la forme de marrons acajou que les enfants se disputent. Ils ont d&#251; tomber du grand arbre de la Place Emile GOUDEAU. &lt;br class='autobr' /&gt;
Picasso l'aimait bien, cette place de province nich&#233;e en plein Paris. Les gosses, les petits vieux et les touristes aussi, qui y paressent comme des l&#233;zards. Il fait bon, le soleil meurt dans le lointain, un couple s'embrasse : ils ont l'&#233;ternit&#233;. Alors, des fois, il m'arrive de penser qu'il vaut mieux entendre voler les mouches que les avions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas facile d'&#234;tre aujourd'hui &#224; Paris. Heureusement, il reste la beaut&#233; du monde. Et ceux qui la fa&#231;onnent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et sache que tu me manques. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ton d&#233;vou&#233; cousin &#034;parisien&#034;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les Cucurbitac&#233;es de l'ours... </title>
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		<dc:creator>Jean-Luc Gironde</dc:creator>



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&lt;p&gt;L'ours - et plus pr&#233;cis&#233;ment celui du Livradois Forez - aime bien les cucurbitac&#233;es. C'est de saison disent les marchands qui croient que l'ours est un animal semblable &#224; eux. Or, si l'ours est un humain qui s'ignore, son penchant pour ces l&#233;gumes d'un autre &#226;ge n'est qu'une forme sublime de nostalgie. C'est comme les marrons qu'il ramassait encore nich&#233;s dans leur bogue. &#192; cette &#233;poque il &#233;tait tr&#232;s petit, c'&#233;tait du temps o&#249; il y avait encore des arbres, il en porte toujours les traces discr&#232;tes &#224; la paume (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://escoutoux.net/-Histoires-d-eux-" rel="directory"&gt;Histoires d'eux..&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L150xH60/arton554-0d207.jpg?1784968798' width='150' height='60' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'ours - et plus pr&#233;cis&#233;ment celui du Livradois Forez - aime bien les cucurbitac&#233;es. C'est de saison disent les marchands qui croient que l'ours est un animal semblable &#224; eux. Or, si l'ours est un humain qui s'ignore, son penchant pour ces l&#233;gumes d'un autre &#226;ge n'est qu'une forme sublime de nostalgie. C'est comme les marrons qu'il ramassait encore nich&#233;s dans leur bogue. &#192; cette &#233;poque il &#233;tait tr&#232;s petit, c'&#233;tait du temps o&#249; il y avait encore des arbres, il en porte toujours les traces discr&#232;tes &#224; la paume de ses pattes. &#192; chacun ses madeleines et celles de l'ours ont un go&#251;t de marron. Il n'en parle pas, il le sait et cela lui suffit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, il y a le potimarron. C'est une vari&#233;t&#233; de l'esp&#232;ce Cucurbita maxima, dont le fruit a une forme de poire ou de toupie, de couleur rouge brique ou m&#234;me rose, bronze ou verte par mutation. L'ours aime sa chair jaune et farineuse qui a la saveur de la pur&#233;e de ch&#226;taignes. On l'appelle aussi courge de Chine preuve que les Chionis sont partout !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au P&#233;rou, dans l'&#233;corce de la Chiclayos, cette grosse courge p&#226;le dont le coeur a la douceur des fraises, on y taille des &#233;cuelles. C'est pratique quand on manque de gobelets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez les Indiens Cherokees -qui ne roulent pas en Jeep- la citrouille et autres courges d'hiver avaient dans leurs entrailles des p&#233;pins pr&#233;cieux qui, infus&#233;s, permettaient de gu&#233;rir les coliques, de diminuer les pierres aux reins, de calmer la fi&#232;vre et les probl&#232;mes urinaires, de r&#233;duire l'oed&#232;me, etc. Une poign&#233;e de p&#233;pins broy&#233;s, infus&#233;s dans 1/2 litre d'eau bouillante &#224; couvert pendant 20 min. sur feu doux et 30 min. de repos hors du feu faisaient des merveilles. Montaigne souffrait de la maladie de la pierre mais il ne connaissait pas les Indiens Cherokees.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais surtout, les tranches de citrouille faisaient un malheur : pos&#233;e sur la t&#234;te d'un malade atteint d'une crise de d&#233;lire, cette cucurbitac&#233;e avait la propri&#233;t&#233; de cr&#233;er un choc psychique. &#201;tonn&#233;, sid&#233;r&#233; de se retrouver coiff&#233; d'une citrouille, le malade &#8211;m&#234;me celui dont l'esprit &#233;tait bien d&#233;rang&#233; &#8211; se remettait d'aplomb. Il est certain qu'un tel commerce ferait recette aujourd'hui. Suffit de planter les citrouilles, les fous n'&#233;tant pas une esp&#232;ce en voie de disparition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'ours ne s'y trompe pas. C'est avant tout le l&#233;gume qu'il appr&#233;cie pour sa douceur et son l&#233;ger go&#251;t sucr&#233;. Comme la paysanne, qui r&#233;coltait les citrouilles dans son jardin &#224; la tomb&#233;e de l'automne, il s'en r&#233;serve toujours quelques-unes, de la taille d'un melon, pour les cuire sous la cendre et les manger comme des pommes de terre au four.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'emp&#234;che, les cucurbitac&#233;es sont de bien &#233;tranges plantes. Et l'ours un d&#233;licieux plantigrade !&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jean-Luc Gironde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Chansons patoises de la r&#233;gion de Thiers - avant-propos</title>
		<link>https://escoutoux.net/Chansons-patoises-de-la-region-de-Thiers-avant-propos</link>
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		<dc:date>2025-08-20T08:36:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Luc Gironde</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&#192; suivre : &lt;a href=&#034;https://escoutoux.net/Chanson-de-Taillandier&#034; target=&#034;blank&#034;&gt;&lt;font color=&#034;blue&#034;&gt;&lt;trong&gt;Chanson de Taillandier&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://escoutoux.net/-Lecture-" rel="directory"&gt;Lecture&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://escoutoux.net/local/cache-vignettes/L150xH60/arton7679-b0784.jpg?1784968798' width='150' height='60' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chansons patoises de la r&#233;gion de Thiers, recueillies par Alexandre Bigay. Premi&#232;re &#233;dition parue en 1926.&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous diffuserons progressivement son contenu. Voici, en premi&#232;re partie, l'avant-propos.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Avant-Propos&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure actuelle, il est peu d'habitants de Thiers capables de chanter en entier une vieille chanson patoise du pays. Le nombre de ceux qui en gardent quelques-unes en m&#233;moire se restreint &#224; mesure que les anciens disparaissent, et l'on peut envisager le moment peu &#233;loign&#233; o&#249; ces ritournelles de jadis seront compl&#232;tement oubli&#233;es. C'est pour t&#226;cher d'&#233;viter cet effacement total, que j'ai form&#233; ce recueil avec celles d'entre-elles que j'ai pu me procurer.&lt;br class='autobr' /&gt;
La grande difficult&#233; a &#233;t&#233; pour moi de les &#233;crire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceux qui dans ces derni&#232;res ann&#233;es ont cherch&#233; &#224; fixer du patois sur le papier, se sont surtout pr&#233;occup&#233;s de la phon&#233;tique, sans souci de l'&#233;tymologie. Ce qui rend la lecture difficile, et parfois m&#234;me le sens obscur.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; mon tour je ne pr&#233;tends pas avoir orthographi&#233; exactement. Pour cela, il aurait fallu me livrer &#224; de longues recherches linguistiques, que je n'avais ni le temps, ni les moyens de mener &#224; bien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais comme en g&#233;n&#233;ral la plupart des mots d&#233;rivent du latin, j'ai pens&#233; d'abord qu'il serait bon de prendre pour mod&#232;le la mani&#232;re italienne. Puis, j'ai &#233;t&#233; affermi dans cette opinion en recopiant certaines de ces chansons, sur des manuscrits datant du milieu du si&#232;cle dernier. Il est probable que l'orthographe employ&#233;e &#224; cette &#233;poque, o&#249; l'on se servait encore peu du fran&#231;ais, devait &#234;tre beaucoup plus logique que celle dont se servent aujourd'hui ceux de nos contemporains qui &#233;crivent en patois.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or justement elle se rapproche de l'orthographe italienne, par les &#233;lisions de voyelles au commencement des mots, ainsi que par certains termes comme &lt;i&gt;quel&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;quet&lt;/i&gt;, traduction des pronoms &lt;i&gt;ce&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;cet&lt;/i&gt;, et qui viennent de la m&#234;me racine que l'italien &lt;i&gt;quello&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;questo&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un autre point qui m'a confirm&#233; dans la conviction que l'orthographe de ces vieilles chansons &#233;tait bonne, c'est que j'y ai retrouv&#233; l'emploi de l'&lt;i&gt;h&lt;/i&gt; mouill&#233; propre &#224; l'Auvergne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le copiste du si&#232;cle dernier &#233;crit le mot qui veut dire &lt;i&gt;dans&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;dhin&lt;/i&gt; dont la prononciation devait se trouver entre &lt;i&gt;dien&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;djin&lt;/i&gt;, comme l'orthographiaient ceux qui &#233;crivent aujourd'hui en patois.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette prononciation de l'&lt;i&gt;h&lt;/i&gt; est particuli&#232;re &#224; notre contr&#233;e, ainsi qu'en t&#233;moigne son emploi dans les noms propres d'hommes ou des villes, comme Lintillhac, Tournilhac, Soalhat, Marilhat, Lanthaume, Cunlhat, Paulhaguet, Polminhac, Golinhac, Maryinhac, Vernhes, etc. On trouve m&#234;me dans certains vieux papiers, les mots Avernie et Auvergne &#233;crits Avernhie et Auvernhe.&lt;br class='autobr' /&gt;
De nos jours, en beaucoup de cas, &lt;i&gt;nhe&lt;/i&gt; est devenu &lt;i&gt;gne&lt;/i&gt;, pour se conformer &#224; l'usage r&#233;pandu dans le reste de la France, mais cela n'emp&#234;che pas que cet &lt;i&gt;h&lt;/i&gt; mouill&#233; est tellement n&#233;cessaire, que si l'on ne l'emploie pas, il devient impossible d'orthographier certains mots, tels que par exemple : Montguerlhe.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai donc cru bien faire en m'inspirant de ces donn&#233;es pour livrer ces chansons l'impression.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'autre part, le patois faisant son pluriel en &lt;i&gt;i&lt;/i&gt; en &lt;i&gt;a&lt;/i&gt; et en &lt;i&gt;ou&lt;/i&gt;, j'ai supprim&#233; l'&lt;i&gt;s&lt;/i&gt; et l'&lt;i&gt;x&lt;/i&gt; marques du pluriel en fran&#231;ais, et que beaucoup de patoisants conservaient &#224; tort, selon moi.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ainsi que j'&#233;cris : &lt;i&gt;L&#224; gr&#244;la&lt;/i&gt; (les corbeaux) et non &lt;i&gt;les gr&#244;las&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;lou usagi&lt;/i&gt; (les usages) et non &lt;i&gt;lous usagis&lt;/i&gt;. Je n'ai conserv&#233; l'&lt;i&gt;s&lt;/i&gt; que dans les mots communs aux deux langues comme par exemple le pronom vous.&lt;br class='autobr' /&gt;
De m&#234;me pour &#233;viter la confusion j'ai toujours &#233;crit &lt;i&gt;I&lt;/i&gt; : (je, nous) et &lt;i&gt;Y&lt;/i&gt; (il, ils), &lt;i&gt;iou&lt;/i&gt; (eux) et &lt;i&gt;you&lt;/i&gt; (leurs), &lt;i&gt;eyot&lt;/i&gt; (&#233;tait) et &lt;i&gt;ayot&lt;/i&gt; (avait).&lt;br class='autobr' /&gt;
Quant aux mots correspondants, aux mots fran&#231;ais en &lt;i&gt;aille&lt;/i&gt;, comme futaille, ripaille, mangeaille, afin d'&#233;viter toute h&#233;sitation de prononciation, j'ai abandonn&#233; nettement l'orthographe fran&#231;aise, et me suis serti du &lt;i&gt;lh&lt;/i&gt; auvergnat. C'est ainsi que j'&#233;cris &lt;i&gt;futalho&lt;/i&gt; (futaille) et non &lt;i&gt;futaille&lt;/i&gt; qu'on pourrait &#234;tre tent&#233; de prononcer &lt;i&gt;futeillo&lt;/i&gt; en patois.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;videmment je donne mon syst&#232;me, sans y attacher plus d'importance qu'il n'en m&#233;rite, simplement pour expliquer ma mani&#232;re d'&#233;crire le patois, afin d'en faciliter la lecture, et je laisse &#224; de plus qualifi&#233;s que moi, le soin de fixer des r&#232;gles pr&#233;cises en cette mani&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'ailleurs, l'int&#233;r&#234;t de ces chansons pour tout bon Bitord, r&#233;side non en pas en leur orthographe mais en ce qu'elles disent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Beaucoup d'entre-elles sont de vraies diatribes, quelques-unes sont grivoises, certaines chantent le vin et la ripaille, d'autres les divers m&#233;tiers qui sont exerc&#233;s ou s'exercent encore &#224; Thiers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y en a d'une crudit&#233; et d'une truculence telles qu'on croirait certaines pages de Rabelais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aucune de celles que j'ai pu recueillir ne parle d'amour pur. Pas d'&#233;l&#233;gie, pas de r&#234;verie. Mais dans toutes il se glisse quelque trait de malice ou de satire.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; travers elles, les vieux Thiernois de jadis apparaissent profond&#233;ment mat&#233;rialistes, avec un go&#251;t prononc&#233; pour souligner malignement les travers ou les infirmit&#233;s de leurs contemporains.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'o&#249; cela provient-il ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Leur esprit r&#233;aliste les &#233;loignait-il de la v&#233;ritable po&#233;sie ? Ou bien leur langage rude et sonore se pr&#234;te-t-il mal &#224; l'expression de sentiments tendres et d&#233;licats ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Peut-&#234;tre y a-t-il de l'un et de l'autre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, malgr&#233; tout, j'aime &#224; croire que des chants d'un genre plus &#233;lev&#233; ont exist&#233;, mais qu'ils se sont perdus, ou que je n'ai pas eu la chance de les trouver, car il est difficile d'admettre que le spectacle merveilleux offert en toute saison par la nature dans cette contr&#233;e pittoresque, n'ait jamais parl&#233; au c&#339;ur des habitants, et que devant la splendeur souvent f&#233;&#233;rique des couchants, dont on jouit &#224; Thiers, aucun des vieux Bitords n'ait jamais &#233;prouv&#233; le besoin de c&#233;l&#233;brer autre chose que les satisfactions des sens, les joies du ventre, ou les d&#233;fauts de son voisin.&lt;br class='autobr' /&gt;
De ce que je n'ai rien trouv&#233; de mieux il faut se garder de tirer une conclusion trop prompte.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'autres, plus heureux que moi, d&#233;nicheront peut-&#234;tre ces chants que je n'ai pu d&#233;couvrir.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Alexandre Bigay&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce texte est remarquable &#224; tous points de vue : A. Bigay, tr&#232;s intelligemment, rend hommage &#224; cette langue patoise, qu'il s'efforce de transcrire &#224; la lumi&#232;re de son &#233;rudition latine ; il a tenu &#224; marquer la sp&#233;cificit&#233; de la langue r&#233;gionale dans la prononciation, la conjugaison, la grammaire et se refuse &#224; faire figurer des &#8220;s&#8221; ou des &#8220;x&#8221; qui indiquent des pluriels de mots fran&#231;ais, JAMAIS prononc&#233;s en auvergnat ; Il tient &#224; marquer la diff&#233;rence entre pronoms de la 1&#232;re ou 3&#232;me personne selon qu'ils sont employ&#233;s au singulier ou au pluriel, alors qu'ils se prononcent de la m&#234;me fa&#231;on.&lt;br class='autobr' /&gt;
A. Bigay a voulu donner aux textes une pr&#233;sentation coh&#233;rente, lisible , lui conf&#233;rant le statut de langue auvergnate. Il en avait bien per&#231;u la valeur et son travail savant est d'autant plus inestimable que sa formation classique le rendait plus familier des auteurs classiques. Mais A. Bigay aimait entendre parler auvergnat et cherchait &#224; mod&#233;liser ce qu'il entendait, se faisant traduire ce qu'il ne comprenait pas et , comprenant la valeur de ce patrimoine populaire, a tenu &#224; lui donner ses lettres de noblesse. Aujourd'hui, il est incontournable et a permis &#224; d'autres , plus tardivement, de s'exprimer en patois, en auvergnat tout simplement.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;MF&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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