Et chez toi, c’est comment ?


Pour démarrer cette 9° saison culturelle, Agora vous invite à trois rendez-vous regroupés sous le titre : ’... Et chez toi, c’est comment ?’ une exposition photographique de Philippe Merchez du 21 au 30/09/2018, un film ’Je demande pas la lune...’ mercredi 26/09/2018, une conférence gesticulée ’Sans toit ni loi’ samedi 29/09/2018.

Pour démarrer cette 9ième saison culturelle, Agora vous invite à trois rendez-vous regroupés sous le titre : ... Et chez toi, c’est comment ?

  • une exposition photographique de Philippe Merchez du 21 au 30/09
  • un film "Je demande pas la lune..." mercredi 26 - 18h salle cinéma Mairie
  • une conférence gesticulée "Sans toit ni loi" samedi 29 - 18h salle cinéma Mairie

A St Julien Chapteuil, vous croisez régulièrement des personnes en précarité d’hébergement. Il n’est plus de lieu ou la question de l’accueil de l’autre, ne se pose, des grandes villes au plus petit village..

... Et chez toi, c’est comment ?
Dans la continuité d’un questionnement que j’ai abordé lors d’une précédente exposition personnelle intitulée « les Enfers », j’ai désiré faire venir ici à St Julien Chapteuil dans le cadre de l’Agora le photographe lyonnais Philippe Merchez, Anna ancienne squatteuse devenue sociologue et projeter le film de Robert Coudray « j’demande pas la lune, juste quelques étoiles ».
Ce questionnement personnel a pris de l’ampleur en m’inscrivant du peu que je pouvais dans la démarche humaniste du comité de soutien aux réfugiés et sans papiers de St Julien Chapteuil.
Il n’est plus de lieu où la question ne se pose pas : les grandes métropoles, les cités, les villages, les bourgs comme St Julien où il existe des gîtes d’étapes pour les marcheurs pèlerins, des hôtels, mais aussi un studio d’hébergement géré par le secours catholique, des appartements qui hébergent pour
un temps difficilement déterminé une famille et une jeune femme des Balkans et deux jeunes hommes d’Afrique de l’Ouest.
Cette question de l’hébergement révèle d’autres questions sous-jacentes :
Et toi, t’es qui ?
Le « je » et le « nous , car l’un ne va pas sans l’autre ».
« Quel est ce nous et jusqu’où va-t-il nous engager ? »
Dans quelle société vivons-nous ?
Le monde est difficile depuis les attentats et il est difficile de le regarder en face.
Nous, je, suis « tentée d’en faire abstraction parfois, de l’éviter, de ne rien en dire, ou d’être accablée, dépassée par la tâche qui nous attends ».
Aborder la question de l’hébergement en reliant pour quelques jours la grande métropole lyonnaise et Saint Julien Chapteuil est une manière de faire ! Une rencontre possible où se pose cette même interrogation : comment accueillir l’autre ?
Squatt en anglais signifie s’accroupir, s’établir.
Être chez soi, être hébergé, squatter, voilà plusieurs manières d’occuper un lieu où vivre.
Confort, autonomie, indépendance.
Précarité, craintes, menaces.
Errance, solitude.
Où se poser, poser ses affaires, son corps, sa famille, ses craintes ?
Comment s’installe-t-on dans un lieu, chez soi, chez l’autre, ou quelque part qui est un logement ni chez soi ni chez l’autre, ou dans un quelque part abandonné et que je peux réinvestir ?
Comment se crée un squatt ?
Avec qui ?
Y a -t-il des règles, des communautés ?

Qui est Philippe Merchez ?
Philippe Merchez photographie l’autre monde depuis plusieurs décennies. Ses premières rencontres avec les acteurs de l’aide internationale remontent au début des années 80 en Amérique Centrale.
L’Asie du sud-est, l’Afrique de l’Est, l’Amérique latine puis les Balkans ou l’Europe Centrale sont autant de régions où il exprime son émotion. Il ne se définit pas comme photographe de presse, même si ses images ont fait l’objet de nombreuses publications. Il préfère se présenter comme un acteur, parmi tant d’autres, de la solidarité internationale. Son travail photographique n’est pas une finalité en soi, mais un outil pour combattre les haines de l’autre et sensibiliser les opinions....
Les photos de Philippe Merchez seront mise en vente, la totalité des sommes perçues sera versée au comité de soutien aux réfugiés et sans papier de St Julien Chapteuil.

Qui est Anna ?
Anna est son nom d’artiste, artiste et sociologue, ancienne squatteuse à Lyon
La recherche d’un appartement où loger, quand on n’a pas beaucoup de revenues, peut être difficile. Mais trouver un lieu à habiter à part entière, un espace ressource pour créer, inventer et s’organiser collectivement, c’est une vraie quête. À travers l’exploration d’une ville, en flânant dans ses beaux quartiers et ses espaces en "gentrification", en parcourant ses chemins de travers et en repérant des niches cachées, cette conférence gesticulée nous permet de découvrir des expériences d’habitation alternative et d’approfondir des notions de sociologie urbaine. Un parcours qui nous mène à redécouvrir un droit fondamental et pourtant souvent oublié : le droit à la ville.

Qui est Robert Coudray ?

A 16 ans, ému par un article de Claude Lelouch racontant ses aventures heureuses et malheureuses dans ses débuts de réalisateur de films.
A 18 ans entre dans une école de cinéma à Paris.. ...ce qui m’intéresse alors dans ces années « Larzac » c’est de retrouver mes racines.
Il dit : « J’ai, 34 ans, rêvé ce film ».Plus je le rêvais, plus cela me semblait utopique et impossible à réaliser.
Et puis tant pis pour toutes les peurs qui empêchent l’audace. Il se lance, mais vite calmé par les refus des financeurs d’aider un quelconque créateur provincial. (troisième échec)
Sombrer ou rester debout
Alors il décide avec sa compagne « que quoiqu’il en soit nous irions jusqu’au bout ».
Et cette oeuvre est là après 8000h de travail cumulées.
Un film d’auteur et d’amis sorti de la France « d’en bas » avec ses défauts et sa grandeur.
Il est dit dans ce film qu’il est des impossibles, des cris, des crises, qui ne nous condamnent pas définitivement à l’enlisement.

Qui est Huguette ?
Huguette BERNARD a si volontiers accepté la proposition d’Agora d’occuper ce joli lieu désaffecté, ancien atelier de menuiserie situé dans l’arrière-cour de son bar. Et qui nous a donné un sérieux coup de main à la préparation de l’accrochage !
Merci Huguette !

Michèle Gat


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