Un blaireau peut en cacher un autre...

Lequel serait nuisible ? Un chronique de JLG.

Heureusement que sur les routes du Tour de France, on lui balisait le passage à Bernard HINAULT, quintuple vainqueur de la Grande Boucle que les adeptes de la petite reine avaient affectueusement surnommé "le Blaireau" vu son caractère de cochon. Heureusement, sinon il aurait pu finir comme le hérisson, les piquants en moins mais écrabouillé tout pareil. Reste que le macadam n’est pas la seule cause de la disparition du Meles, Meles, un de nos derniers mammifères sauvages. En Auvergne – mais on ne doit pas en avoir l’exclusivité – il reste pas mal de blaireaux et que l’on peut ranger en deux catégories. Le blaireau de campagne généralement vêtu de kaki de la casquette aux godasses, accompagné de chiens aussi cons que lui – mais qui ont l’excuse d’être chiens – un fusil genre Davy Crockett accroché à l’épaule. Ce blaireau là est programmé pour tirer sur le deuxième, le vrai, l’animal, le blaireau des bois, une créature aux poils blancs et noirs et qui vit tout nu dans la forêt. Considéré comme nuisible par un avis municipal, préfectoral, peut-être européen comme on sait si bien en pondre au pays des blaireaux, il passe son temps dans son terrier à attendre la nuit pour sortir. Il a une femme, la blairelle et des petits que l’on appelle doctement les blaireautins. Par une incongruité administrative ou une incompétence congénitale – l’une n’empêchant pas l’autre – ce charmant animal déjà considéré comme nuisible parce qu’il casse croûtait du lapin fut classé gibier par un des ministres de l’environnement, M. Brice LALONDE. Depuis la vie du Meles, Meles est devenue aussi passionnante que celle du Piou-Piou coincé au Chemin des Dames pendant la Grande Guerre ! Pas vraiment drôle la vie du blaireau par les temps qui courent. L’an dernier par exemple, dans l’Allier, en forêt de Tronçais, des blaireaux de la première catégorie – rebaptisés équipages de vénerie, c’est plus classieux – ont eu l’excellente idée de fêter le cinquantenaire de leur fédération en invitant quelques potes étrangers à venir déterrer le blaireau. Tollé de l’ONF et des associations de défense des animaux qui négocièrent une chasse "no kill". En clair, on déterre la bestiole, on fout en l’air son habitat mais par charité on la relâche. No kill : pas de mort ! On a la conscience qu’on se donne.
De toute façon, le grand jamboree des blaireaux à fusil dans notre département a lieu du 15 mai au 15 septembre. Là, pendant 4 mois, en pleine période de sevrage des petits et alors que les jours sont les plus longs ce qui réduit d’autant la période nocturne de l’animal, on peut chasser ce galeux tout juste bon à étaler le savon à barbe. Et vas-y que je le flingue le nuisible, non mais !
Voilà c’était juste un coup de gueule contre la bêtise des hommes qui prennent un malin plaisir à taper sur plus petit que soi ! Et puis aussi pour vous dire que si vous rencontrez un petit animal blanc et noir poursuivi par un quidam déguisé en G’Is, ne jugez pas trop vite : le vrai blaireau n’est peut-être pas celui qu’on croit. Et baissez vous…

JLG