Touche pas à ma luzerne !

Sympathique plante fourragère de la famille des légumineuses la luzerne risque fort de disparaître de nos paysages d’ici 2 ou 3 ans ; Pourquoi, parce que la Commission européenne propose de supprimer l’aide dont elle bénéficie encore pour compenser son manque de compétitivité face au soja importé principalement du Brésil. Pourtant la luzerne est source exceptionnelle de biodiversité au sein de système agricoles « productifs » qui en manquent cruellement.

Article publié sur le site de Naturavox par Le Chat

La luzerne est en effet l’archétype de la plante écologique telle que la définit le Grenelle de l’Environnement : elle ne consomme pas du tout d’engrais puisqu’ele capte naturellement l’azote de l’air et n’a pratiquement pas besoin de pesticides (1 insecticide tous les deux ans en moyenne). Et surtout, elle couvre le sol pendant 4 à 5 ans ce qui en fait la plante idéale pour protéger les sols de l’érosion et du ruissellement, préserver la qualité des eaux potables et accueillir faune sauvage, abeilles etc. D’ailleurs des institutions comme WWF France, la Ligue de Protection des Oiseaux, la fédération Nationale de l’Agriculture Biologique et tous les syndicats d’apiculteurs sont s’accordent tous à dire que la disparition de la luzerne serait une lourde perte pour la biodiversité ; en Champagne par exemple Philippe Lecompte président du réseau biodiversité pour les abeilles estime qu’elle est indispensable pour l’apiculture car en été, dans cette région, il n’y a pas d’autres ressources mellifères que la luzerne.

Certes la luzerne (Alfalfa pour les puristes) sera encore cultivée par des éleveurs en circuit court c’est à dire pour leur propres besoins et c’est tant mieux, mais les 85 000 hectares (le tiers des surfaces totales tout de même) dont la production est aujourd’hui séchée risquent bel et bien de disparaître au « profit » de blés, orges et autres colzas, nettement moins « écologiques ». En effet, la luzerne rend à proprement parler des services écologiques à l’agriculture et devrait au contraire être promue pour cette raison comme le recommande le récent rapport de l’Institut National de la recherche Agronomique intitulé « Agriculture et biodiversité ».

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