Quand la loi tue la biodiversité et atteint ceux qui la préservent...

Des lois françaises sur la commercialisation des semences portent atteinte à la préservation de la biodiversité autant qu’à un fait de civilisation s’il en est, la gastronomie.

Extrait de l’article paru sur Naturavox par Claire .

Est-ce admissible à l’heure d’une nouvelle politique dite "de civilisation" ?

L’association Kokopelli organise en France la préservation de variétés anciennes de végétaux, parmi lesquels de nombreux légumes, dont la caractéristiques est de ne pas figurer aux catalogues officiels de semences.
L’association s’appuie sur un réseau d’adhérents qui pratiquent de nombreux échanges de semences dans divers buts dont celui de bénéficier de variétés que l’on ne trouvera généralement pas aux étals, des variétés qui offrent notamment des goûts (et des couleurs) particulièrement intéressants : des qualités organoleptiques rares et originales dans le paysage alimentaire courant.

Kokopelli agit également dans le cadre d’échanges internationaux dans le Tiers-Monde : production de semences données aux paysans et paysannes, organisation de formations à la production de semences, création de banques de semences, soutien à la création de réseaux paysans semenciers.

D’un point de vue biologique l’activité de l’association a pour conséquence que des espèces et variétés qui dormiraient dans quelques banques de semences au risque de s’y perdre ou d’y être oubliées sont mises en culture chaque année, à petite échelle, par quelques milliers de jardiniers pour ce qui concerne la France.

Dans une vision utilitariste, l’association assure donc la préservation active et efficace de gènes qui pourraient nous servir dans l’avenir.
Cela ne porte aucun préjudice au commerce ni au "libre jeu du marché" : dans notre économie "libérale" le commerce de ces semences est une des formes "du marché" dont l’existence peut être défendue au nom de la liberté d’entreprendre.
Quels sont les volumes concernés : environ 4000 jardiniers produisent leurs graines ou les achètent à l’association.

A quel montant d’achat peut-on estimer le panier de graines d’un jardinier ?
20 euros par an ?
Cela donnerait un chiffre d’affaire que ne percevraient pas les semenciers "officiels" de 80 000 euros : on peut probablement estimer ce montant comme négligeable par rapport à l’ensemble du marché, le bénéfice annuel d’un seul semencier "officiel" pouvant être de 800 000 euros comme le laisse entendre l’association dans son dernier communiqué : Kokopelli : biodiversité, la fin des illusions.



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