Procès des toilettes sèches : condamnation de l’usager breton Le tribunal d’instance de Brest a condamné le 5 août 2008 l’usager breton qui l’avait saisi d’un contentieux l’opposant au Spanc d’une communauté de communes du Nord-Finistère. Après de nombreux rebondissements, cette décision, contre laquelle le justiciable concerné a décidé de faire appel, est de nature, si elle fait jurisprudence, à inquiéter tous les particuliers qui se sont dotés de toilettes sèches...
Par Marc Laimé, dimanche 24 août 2008
L’audience a été marquée par l’agressivité de la juge du Tribunal d’instance (Vice-présidente du Tribunal de Grande instance de Brest), à l’égard.de notre justiciable. L’avocate de la communauté de communes ne cessant de lui couper la parole pendant sa "plaidoirie", sans que la juge n’intervienne...
Cette décision du Tribunal d’instance s’inscrit par ailleurs dans le droit fil de ce que prépare le gouvernement. En effet, les projets d’arrêtés actuellement en cours d’élaboration prévoient que si les toilettes sèches seront autorisées, les habitations devront quand même être dotées d’un système d’ANC classique...
Les doux rêveurs qui avaient « auto-construit » leurs toilettes sèches, avec un lagunage et un bassin de finition pour quelques centaines d’euros, devront bel et bien se mettre aux normes, et vont sentir passer l’addition, qui peut se chiffrer à 10 000 euros... Soit le coût d’un système d’ANC classique, avec pré-traitement, épuration, épandange, contrat de vidange et d’entretien...
Les toilettes sèches vont donc cesser de représenter un danger potentiel pour la myriade d’opérateurs qui travaillent à maximiser leurs profits futurs.
Dans le même ordre d’idées, pour effectuer la maintenance et les services obligatoires, il faudra donc que l’opérateur puisse pénétrer dans le domicile des particuliers (au sens de la Cour de cassation), puisque les dispositifs d’ANC sont dans leur très grande majorité implantés en domaine privé.
On avait entendu çà et là qu’il fallait circonscrire certaines libertés pour faire un geste "pour sauver la planète".
C’est fait.
Quoique le tribunal, embarrassé, et qui ne pouvait tout de même pas admettre la violation de domicile, élude quelque peu le problème...