Pourquoi ont-ils re-tué Jaurès ?

Une chronique de JLG.

15h12 Café du Croissant en ce 31 juillet où il y a 100 ans Jean Jaurès était assassiné. A l’extérieur, l’hommage républicain s’étale en bleu, blanc et rouge, des bouquets s’amoncellent. Les fleurs commencent à mourir sous le soleil. Dans le café, quelques clients : le menu est à 24 € avec en entrée du saumon mariné au basilic puis une épaule de veau en confit et pour finir une tarte aux fraises. Les serveurs sont jeunes, les clients un peu moins. A table quelques anciens se racontent : « Moi , j’ai été lambertiste et j’ai bien connu Jean-Christophe... » dit une dame, la soixantaine, le cheveu gris et court. Elle parle à son clone sans se soucier de qui peut l’entendre ! Etonnant moment... Un homme rentre et demande : « Vous ne sauriez pas où se trouve le siège de l’Humanité ? » Le garçon au bar ne sait pas. Un autre se hasarde : « Qui est venu ? » La barmaid répond : « Le parti socialiste, le Président de la République, le journal l’Humanité et un syndicat de la presse, je ne sais pas quoi... » Sur un mur, une télévision diffuse sans le son, le programme de BFM TV. En face du bar, sous des fac-similés de la Une de l’Huma du 1er août 1914 et juste au-dessus des salières et des pots de moutarde, des gens posent des fleurs. Ils sont si vrais. Sur les photos, Jaurès est beau avec sa barbe.Il fait lourd. Trop lourd. Le décor est moderne. Les gens vont et viennent. On aimerait qu’un metteur en scène sorte et crie « Coupez ! » Pourquoi ont-ils re-tué Jaurès ?