Pour une poignée de Coltan...

Dès le 1er février 2004, l’Association e-développement Internet au service du développement durable, ADEVE, diffuse, sur son site Internet, l’article "Pour une poignée de Coltan", expliquant que, depuis 2001, " la publication d’un rapport de l’ONU met à jour l’exploitation illégale des ressources de la République Démocratique du Congo. Ce rapport met sérieusement en cause l’Ouganda et le Rwanda accusés de piller systématiquement les ressources du Congo. Bien que critiqué pour ses lacunes, ce rapport a néanmoins stimulé l’action d’ONG belges, qui ont lancé le slogan "Pas de sang sur mon portable !".

Voici un extrait de l’article :

"Le coltan , une abréviation pour colombo-tantalite, est un minerai qui associe deux métaux classés parmi les métaux réfractaires : le colombium (appelé aussi nobium, symbole chimique Nb) et le tantale (symbole chimique : Ta). C’est lui qui donne sa valeur au minerai. Le tantale est reconnu pour sa dureté et sa résistance extrême à la chaleur et à la corrosion. Il sert à fabriquer des pièces d’avion, des fusées , des outils de précision, mais surtout des objets de consommation très courante : des condensateurs pour les ordinateurs et les téléphones portables.. Le secteur de l’électronique monopoliserait ainsi 60 à 80% du marché du tantale. Le tantale est devenu indispensable parce qu’irremplaçable.

Où trouve-t-on du Coltan ?
Les plus belles réserves de ce minerai se situent en Australie, au Brésil, au Canada. Mais le minerai le plus pur serait celui du Kivu, au sud est de la République Démocratique du Congol(RDC). En 2000, la RDC aurait produit, en 2000, 130 tonnes de tantale, soit 11% de la production mondiale. De façon très étonnante, le Rwanda voisin aurait lui produit 160 tonnes accaparant 13% du marché mondial. Or il est largement reconnu que la majorité des exportations rwandaises proviennent en fait de la RDC. La RDC assurerait 20% de la production mondiale.

Nous voilà au cœur du problème. Dans cette région du monde où il n’y a plus de paix depuis 20 ans, le coltan, sans pour autant faire cesser les autres trafics "classiques" (or, diamants, bois), est devenu l’objet de toutes les convoitises, de toutes les compromissions, le ressort de cette interminable instabilité du Centre-est africain, pour le plus grand malheur des populations.

Le coltan, nerf de la guerre
20 ans de guerres, 3 millions de morts, rien qu’en RDC. Pas moins de six pays voisins et plusieurs groupes rebelles se disputent, pied à pied, les dépouilles du Congo.

L’armée rwandaise aurait réalisé un gain de près de 250 millions de $ en 18 mois, grâce à la vente du coltan, alors qu’on ne trouve pas de mines au Rwanda. Sans se cacher le moins du monde, les officiers rwandais ont même acheminé 1500 prisonniers rwandais, reconnaissables à leurs uniformes roses (culotte et blouse) puisqu’ils travaillent ainsi habillés, comme s’ils étaient au Rwanda. Des groupes armés "rebelles" entretiennent une insécurité permanente, qui leur permet d’exercer un fructueux racket sur les populations. Le coltan finance le trafic d’armes, il est le nerf de la guerre.

"Pas de sang sur mon portable" !
En avril 2001, la publication d’un rapport de l’ONU met à jour l’exploitation illégale des ressources de la RDC. Ce rapport met sérieusement en cause l’Ouganda et le Rwanda accusés de piller systématiquement les ressources du Congo. Bien que critiqué pour ses lacunes, ce rapport a néanmoins stimulé l’action d’ONG belges, qui ont lancé le slogan "Pas de sang sur mon portable !".

Les abonnés à Canal + ont pu voir le reportage de Forestier Forestier diffusé dans l’émission JEUDI INVESTIGATION : il a mené l’enquête sur l’exploitation et le négoce d’un minerai rare, le coltan, utilisé dans la fabrication d ’appareils électroniques, au rang desquels on trouve notamment les portables.

 

 

 


Voir en ligne : Lire la suite de l’article sur le site de l’AEDEV