Pollution de l’eau : cote d’alerte exceptionnelle ! Marc Laimé est journaliste spécialisé et conseil sur les politiques publiques de l’eau auprès de collectivités locales.
Un rapport de l’Institut français de l’environnement (Ifen) publié le 11 janvier 2008, révèle que neuf rivières françaises sur dix contiennent un ou plusieurs pesticides, ainsi que la moitié des eaux souterraines. Hasard du calendrier, l’Institut national de veille sanitaire (InVS) publie conjointement un « Guide sur les infections dues à l’eau distribuées » qui témoigne des insuffisances regrettables des contrôles effectués lors de la survenue d’épisodes de contamination qui affectent la population desservie en eau potable. Et pointe notamment le laxisme des distributeurs d’eau… Comme une chercheuse du CNRS vient elle aussi d’agiter le signal d’alarme, on comprend d’autant moins la récente décision de M. Jean-Louis Borloo de faire appel d’un jugement du Tribunal administratif de Rennes, qui avait condamné les préfets des Côtes d’Armor et du Finistère, qu’il estimait responsables des « marées vertes »…
Le bilan écologique des cours d’eau ne s’améliore pas en France, la situation a même tendance à empirer. L’Ifen dresse régulièrement depuis 1998 un état de la contamination des eaux par les pesticides.
Le bilan qu’il vient de rendre public est accablant.
En 2005, 819 points ont été contrôlés sur les rivières : 91% d’entre elles présentaient au moins un pesticide, produits phytosanitaires utilisés pour la protection des végétaux, ou biocides pour la protection de biens d’équipements comme le bois de charpente.
La France confirme donc son rang de troisième utilisateur mondial de pesticides derrière les Etats-Unis et le Japon, et de premier en Europe.
Le bilan est tout aussi accablant pour les eaux souterraines : 55% des 1 213 points de contrôle révèlent une concentration de pesticides.
L’étude souligne des niveaux de contamination significatifs : 36% des points de mesure en eaux de surface ont une qualité moyenne à mauvaise, et 25% des points en eaux souterraines ont une qualité médiocre à mauvaise.
« On a vraiment un phénomène de dispersion générale des pesticides dans l’environnement puisqu’on en trouve à peu partout où on en cherche », explique M. Christian Feuillet, responsable de l’unité Etat des milieux à l’Ifen.
« C’est évident pour les eaux superficielles puisqu’on en trouve dans neuf points de mesure sur dix, et c’est également significatif pour les eaux souterraines, même si le taux est plus faible parce qu’elles sont relativement protégées », ajoute-t-il.
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