Parlons des toilettes sèches

Oui, parlons-en, car le 19 novembre a été déclaré ’Journée mondiale des toilettes’ par 17 associations de toilettes autour du monde, depuis 2001..

Article publié sur le site de Naturavox par Alexandre Glouchkoff

Quel bonheur incommensurable de se rendre aux latrines lorsque l’envie pressante vous empêche de réfléchir. Quel geste commun, si simple et si évident pour nous, privilégiés que nous sommes. Est-ce un acquis, un du ? En France, oui, d’ailleurs, qui ne s’est jamais insurgé de ne pas trouvé de toilettes dans un petit pub ou au café du coin ?

Insurgez-vous, car à l’échelle mondiale, c’est 40% de la population qui ne bénéficie pas d’un endroit descend et isolé pour faire ses besoins dans l’intimité que requiert ce moment. 2,6 milliards d’individus qui sont chaque jour, et plusieurs fois par jours livrés à l’interminable file d’attente pour une pièce puante et dégueulasse. Au-delà de l’indignité flagrante de cette situation, c’est une question de santé publique mondiale. L’OMS estime que le manque d’installations sanitaires cause la mort de 1,8 millions de personnes par an et 5000 enfants meurent chaque jour de maladies diarrhéiques.

Faire caca, ce n’est pas toujours le sujet de conversation préféré des grandes figures politiques, même si, rappelons le pour l’anecdote, quand vous demandez à quelqu’un « Comment vas-tu ? », c’est sous entendu « Comment vas-tu à la selle » ? Expression employée il y a bien longtemps en France, au temps où la qualité des selles et des urines étaient un indicateur important de l’état de santé.
Si faire pipi sur les cyprès après une soirée bien arrosée est un moment jouissif pour vous les hommes, pour nous les femmes, un minimum d’intimité est requis. L’Unicef a indiqué que le manque d’installations sanitaires appropriées était une des premières raison de l’illettrisme des femmes dans les pays les moins développées, celles-ci étant contraintes à quitter l’école dès leurs premières règles. L’embarras oblige parfois les femmes à attendre le soir pour aller faire leurs besoins, elles s’isolent dans la nature et sont en proie aux viols et harcèlements sexuels.

Les matières fécales humaines ont beau être naturelles, ce n’est pas pour autant qu’elles ne font pas de dégâts environnementaux. Nos selles contiennent des bactéries dangereuses, des parasites et véhiculent des maladies. Ces déchets s’infiltrent dans les cours d’eau, contaminent les nappes phréatiques, les rivières les sols, polluent l’eau si précieuse consommée par les habitants et les animaux. C’est un cercle vicieux que l’on se doit de stopper. La communauté internationale s’est engagée en 2000 à réduire d’ici 2015 par deux, le nombre de personnes n’ayant pas accès à des sanitaires, mais la question reste encore « tabou » car « ce n’est pas poli » de parler ce sujet embarrassant.

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Avoir des toilettes chez soi, c’est un luxe, au regard de tout ceux qui n’en ont pas, pensons-y réellement la prochaine fois que l’on s’y rend. Parlez-en très sérieusement autour de vous, brisez le tabou du pipi-caca et faite surgir l’urgence de la situation pour aider les ONG à débrider les consciences trop gênées pour agir.

Les toilettes sèches, une solution ?

Devons-nous exporter « notre » modèle de latrines ? En France et dans les pays développés, nous bénéficions d’un complexe système de plomberie permettant l’évacuation des eaux souillées loin de nous, pour notre santé mais aussi pour retraiter ces eaux. L’ONU estime que 38 milliards de dollars seraient nécessaires pour respecter les engagements du début du millénaires, mais devons-nous vraiment équiper l’Afrique et l’Asie du sud ( les plus touchées) de toilettes double chasse avec tout un système d’évacuation et de retraitement des eaux usées ? Dans des pays ou l’eau est une denrée si précieuse, doit-on en utiliser des litres pour nettoyer les crottes ? Petits chiffres clefs : une vieille chasse d’eau utilise jusqu’à 15 litres d’eau POTABLE pour chaque tirage, les nouvelles chasses double flux permettent de limiter le débit à 6 litres pour le pipi et 10/12litres pour le caca.

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PS : à Thiers, l’entreprise STELLINOX commercialise des seaux pour toilettes sèches...


Voir en ligne : D’autres informations sur le site de l’Encyclopédie Atypique Incomplète...