Mensonges : Le tableau de sévice

Auteur : Fred Leborgne
Catégorie : humour
Licence Art Libre

Ce monde est-il le notre ?
Est-ce celui que l’on souhaite ?

Deux mois ont passé. J’ai beaucoup appris. Entre autres à supporter un chef qui ne me plait pas. Politesse un peu musclée soit, car par moment, je crois que je serai capable de n’importe quoi. Ce qui m’énervait au début, c’est cette façon d’exiger des transporteurs comme de nos subordonnés des états papiers et des bilans qui ne servent à rien. La moitié de la paperasse est bonne à jeter, et je dois vérifier les corrélations entre les différents chiffres. Un état bien pensé et photocopié pour chaque gestionnaire auxquels nous transmettons les bilans permettrait de substantiels gains de productivité. Mais non, nous devons remplir tel papier pour Machin, tel autre à peine différent pour Duchnock et chacun ne sait pas que nous avons cette somme de papiers à fournir. Bref, ce sont nos petites mains qui font les frais de cette désorganisation, et surtout du manque d’initiative et de concertation entre gratte-papiers. L’informatisation est tout aussi ubuesque, car l’imprimante fournie ne peut imprimer tout le papier nécessaire. Sans compter que nous ne pouvons pas tous utiliser l’ordinateur en même temps. Et il vaudrait mieux une personne de formée que chacun des employés, qui passent deux heures à taper trois lignes. Certains préconiseraient que chacun ait un ordinateur et une imprimante. Ca n’arrivera jamais, au prix que ça coûte…
J’ai mal de penser à tout ce travail inutile, source de tant de tensions. On m’a dit un jour que si le travail se faisait mieux, et bien il y aurait moins de monde et ce serait toujours infernal comme cadence. Avec bientôt deux millions de chômeurs, la France n’a pas besoin de gars comme moi pour aggraver la situation.
Et la moindre initiative de ma part me vaut des reproches à propos de petits riens. Pourquoi avoir pris ce camion et pas l’autre d’à côté ? Pas la peine d’avantager ce conducteur parce qu’il à cinq enfants pour les horaires de retour de mission le soir même si il arrive plus tôt le matin. « Parce que vous comprenez, après, ce n’est plus un arrangement, mais un droit. ». De même, dés qu’il s’agit d’une planification que j’ai faite, je suis responsable de tous les problèmes rencontrés jusqu’au pneu crevé (Il avait été changé quand précédemment ?). Et bien sûr, pour la moindre chose, tout un lot de questions à cent balles pour ne pas prendre de décision immédiatement en fin de compte alors que la suite de mon travail en dépend. D’attendre son bon vouloir me coûte plus d’un tiers de mon temps. Parfois, lorsque je me démène avec mes registres, debout devant elle ne sachant où poser les dossiers, allant d’une table basse aux étagères, mon regard traverse la vitre et croise l’œil amusé puis gêné de mes curieuses voisines qui, j’en suis sûr, n’ont pas le son mais inventent les paroles.
J’en ai marre, mais j’ai un loyer à payer et je m’attends à une bonne nouvelle d’un jour à l’autre de la part de ma jeune épouse. Alors je m’accroche à ce job.
Et quand je sors du bureau central, c’est pour aller porter la « bonne parole » dans les autres. C’est à moi d’assumer la diffusion des mauvaises nouvelles. A savoir les corvées, les avis négatifs, les tours pour les personnels en 2 fois huit, les permanences de week-end si il y a lieu…

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Sans compter que pour la énième fois, je dois rappeler aux personnels que l’heure de retour du repas de midi, c’est 13h 30 et pas après, café pris et non sur le coin du bureau. Mais qu’elle y aille les engueuler la poufiasse plutôt que de m’emmerder avec ça. Moi, à partir du moment où le boulot est fait et que je n’ai pas de taches de café sur les états…
Elle voudrait aussi que j’empêche Mr Fricht de fumer sur la passerelle. Or, l’interdiction formelle obtenue par les syndicats ne concerne que l’intérieur des bureaux. Mais il paraît qu’au moindre courant d’air l’odeur pénètre… Elle veut pas qu’il aille fumer dehors non plus ? Pourtant, ce brave Mr Fricht est la mémoire du service. Quarante ans qu’il est là. Encore deux ans à bosser pour qu’il profite de sa retraite. Il est tout maigre, avec des cheveux blancs, des lunettes rondes en métal argenté, des dents jaunies par le tabac toujours visibles lors de ses nombreux sourires, des yeux bleus délavés avec un fond un peu jaune (il aime le whisky) et toujours un petit air qui semble dire « Alors Ptit ? Tu veux quoi ? ».
J’aimerai pouvoir lui dire tout ce que je ressens, espérant un conseil avisé qui me permettrait de la supporter ou de la faire virer. Mais je me tais et la solution miracle tarde. Au secrétariat, avec une chef de secrétariat et deux équipes en deux huit, c’est l’effervescence des machines à écrire et du papier en trois ex, des panières, des dossiers… Milieu exclusivement féminin. A mon entrée, les pianoteuses lèvent la tête de leur machine, sourient brièvement, articulent un bonjour, reprennent le machouillage de leur chewing-gum puis le tac tac tac de leur clavier mitraillette. La responsable quand à elle me fait la place pour poser mes parapheurs, chemises, dossiers sur l’avant de son bureau toujours encombré.
C’est une grosse avec une paire de lunettes en écaille épaisse de branches comme de verres coiffée à la Sheila des années soixante. Elle a ses jours. Divorcée, elle oscille entre rencontres, haine de son propre boulot, petits soucis quotidiens de mère célibataire à un enfant et hormones. Elle exhibe sa poitrine pour faire oublier le reste de ses volumes, qui sans être éléphantesques n’en sont pas moins conséquents. Le reste du bureau n’est pas mieux loti. Parmi les quatre secrétaires, il y a deux dindes, taillées en bouteille de vichy. Petite tête, petits seins, gros cul et le même dandinement qu’une oie lors des déplacements. La comparaison avec les oies s’arrêtent là car le côté « oie blanche » a du plomb dans l’aile. Franchement, il y a des mecs qui n’ont peur de rien. Parce que même si l’une a un visage un peu mignon dernière des lunettes et sait s’habiller, l’autre porte sur son visage l’humour cruel de la nature. Je me souviens d’un soir ou j’avais du venir vers vingt trois heures pour un « problème insoluble de l’équipe du soir », alors que nous venions de nous coucher avec mon épouse. Et bien, quand celle-ci était venue peu après au bureau pour un prétexte fallacieux, et que je l’ai présentée à l’équipe, elle n’a plus jamais trouvé de raison d’être jalouse des filles de mon service. Quant aux deux autres, si l’appréciation « Potable » pouvait s’appliquer, c’est le côté poseur et parler pour ne rien dire qui agaçait en permanence.
Une plaisanterie parmi d’autres lancée un midi à la cantine à Norton, un chauffeur sympa. « Je suis malade. Je souffre de priapisme toute la journée à mon poste » « Pourtant, elles sont pas terribles chez toi… » « Justement, c’est ce que je te dis, je suis malade ».
On se défoule comme on peut n’est ce pas ? Il faut dire qu’à ce moment, je commence déjà à me sentir très mal à ce boulot.
Heureusement quand même que je pouvais compter sur l’autre bureau avec Nicole et Nathalie pour remonter le niveau de mes discussions et me sentir mieux dans cette entreprise.
Il y avait encore deux personnels qui étaient sous notre autorité directe au rez-de-chaussée. C’étaient auprès d’eux que les chauffeurs allaient chercher leurs missions et le manifeste de leur chargement, et qui ensuite redonnaient les talons signés par les clients destinataires avec les réserves éventuelles. Ils collectaient aussi les états d’entrée et de sortie de stock, et pour les camions, les états de kilométrage, de consommation, d’entretien, les pannes ou remarques sur l’état des camions et parfois aussi les constats d’accident. Un comptoir guichet en quelque sorte qui permettait au service de collecter au plus prés des chauffeurs et magasiniers les états qui après exploitation sommaire, étaient envoyés aux bons destinataires via le service courrier de la boite, interne local, interne national et postal . Monsieur Fritch les avait à l’œil et si son bureau était au dessus, dans un coin du secrétariat, c’était tout de même sa responsabilité au rez-de-chaussée. A côté de ce comptoir ouvert, il y avait un local d’archives aux fenêtres closes et grillagées, des sanitaires, et une petite pièce café à notre usage, (et non à celui des chauffeurs et caristes, c’était une guerre permanente qui semblait réjouir ma chef).
Ces deux personnels étaient masculins. Ils étaient tous les deux très différents. François, grand, brun et posé était un geignard permanent.

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Une vraie commère qui ne pouvait saquer notre « responsable » qui lui faisait des reproches à chaque fois pour du travail mal fait selon elle. Il avait une petite maison à payer, une famille sympa, un chien qui lui polluait le jardin et aboyait sur les voisins à longueur de journée. Voisins qu’il détestait depuis une affaire de construction de garage dont le mur, le sien, empiétait de quelques centimètres d’épaisseur pour même pas deux mètres de long le mouchoir de poche pseudo jardin taillé en biais de ceux-ci. D’où un procès fleuve avec recours et autres mesquineries qui leur gâchait mutuellement la vie et donnait à ces quelques centimètres carrés un prix exorbitant et une importance déraisonnable. Hervé quand à lui était roux, petit, tatoué et grunge. Sec et nerveux, il faisait généralement peur. Moi, je l’avais trouvé tout de suite marrant et j’avais écouté avec patience ses histoires de murge et autres défonces qui croyait-il pouvaient m’impressionner. Lui au moins restait en permanence derrière le comptoir alors que l’autre se déplaçait souvent dans les bureaux du bâtiment de la direction, toujours pour des raison de syndicat selon lui, parce que c’était un dragueur selon les filles de chez nous. Bref, je prenais souvent un café en bas, à ce comptoir et non dans la salle. Cela me permettait de discuter avec les mecs de mon service comme de croiser les chauffeurs et les caristes. Mais les filles du haut, enchaînées à leur machine à écrire et surveillées à plein temps dans leurs aquarium, m’en voulaient de cette recherche de communication avec d’autres collègues masculins, ce qui m’excluait de la plupart de leurs petites affaires aussi sûrement que ma proximité avec la « Chef » elle-même et mes fonctions de responsable superviseur.
Alors, quand ce matin là, elle m’avait reparlé encore de ce tableau inutile, j’ai craqué. J’ai commencé à le constituer. Je mis trois semaines à faire la première mouture de ce fameux tableau d’étiquettes après avoir suivi les flux d’informations. On commençait à parler de « process de qualité » dans nos cours, mais notre entreprise à ce niveau avait un certain retard. Pour des raisons de suivi et d’archivage, même dans mon service, on travaillait deux fois, car les formats de fiche de suivi n’étaient pas adaptés, différaient selon le type de paperasse, de sa destination … On y rajoutait des « bons de perception » dont il fallait suivre pour eux aussi l’émission et le retour, et qui bien sûr devaient être remplis à la machine à écrire. A chaque dossier était joint un historique de mise à jour et de transfert qui lui devenait indissociable jusqu’à l’archivage sur étagère soit, mais pour la plupart, c’était l’antichambre de la benne à ordure au bout d’un certain délai. Que de travail pourtant dans ces chemises défraîchies, avec du papier pelure de différents formats, des feuilles carbone de différentes couleurs, des signatures « de travail » et des tampons parfois superposés, et des photocopies noirâtres ou trop claires… Ma chef adorait m’envoyer moi dans ces archives que je détestais. J’étais ainsi à sa botte, pour le dossier de son choix, qui, après de longues recherches, atterrissait sur un coin de son bureau quelques jours et que je devais ensuite redescendre, alors que je suis persuadé, la plupart du temps, elle ne l’avait pas ouvert. En son absence, je faisais son travail, et j’avais très rarement besoin d’un dossier ‘d’en bas’.

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Un matin, pour simplifier mon travail, j’arrivai au travail avec un micro-ordinateur portable. Un 286 à 12 mégahertz avec écran VGA monochrome, un Dos 3.11 et une licence SPRINT, un traitement de texte vendu avec l’ordinateur d’occasion. Je me fis aider par l’informaticien de la boite qui m’y installa les pilotes de l’imprimante du secrétariat de l’administration. Ainsi, je pouvais préparer les nouvelles fiches de procédures, les nouveaux modèles d’états à remplir ( qui seraient ensuite photocopiés) et donc faire évoluer le travail vers plus d’efficacité. Elle n’y vit qu’un « jouet » et me menaça de représailles si elle me prenait en flagrant délit. Cela n’entama pas ma détermination, mais j’avançai mieux durant ses absences dans la journée ou après seize heures trente.
Ce fut un vendredi que je fus convoqué par le DRH. Elle n’était pas là et la journée avait pourtant bien commencé.
Et là je reçu un sacré savon. J’étais carrément accusé d’avoir insulté mes collègues féminines. Et d’ailleurs, il était de notoriété publique dans toute l’entreprise que je les critiquais. Durant cinq bonnes minutes, il ne me laissa même pas parler. Et je fus ensuite « invité » à sortir de la pièce avant qu’il ne se décide à me virer sans deuxième chance.
J’étais furieux. Je n’avais jamais insulté personne et il ne m’avait même pas laissé le temps de demander des explications. J’allai donc voir le représentant du syndicat. Je voulais savoir ce qui s’était passé. Il m’apprit alors qu’on avait rapporté au DRH que j’avais traité les filles de mon service de putains. C’était faux bien entendu. Deux bonnes semaines auparavant, j’avais juste fait un mauvais jeu de mot au comptoir d’en bas, et en présence de ma chef en plus.
A un nouveau chauffeur, François expliquait qu’ici, il fallait savoir « tenir sa langue » car tout était déformé ensuite. En plaisantant donc, j’avais dit que c’était à un tel point que le matin, je me demandais toujours si j’étais dans une putain de boite ou une boite de putains, en voulant seulement parler des ragots qui pouvaient être colportés par des langues qui auraient mieux fait de ne jamais arrêter de tourner dans leur bouche. Rien à voir avec la moralité des filles vu que concierge, ça pouvait être masculin ou féminin. Mais pareil, je n’avais rien contre le concierge officiel, et je fis remarquer que si j’avais voulu être blessant, l’humour aurait aussi bien marché avec « merde ». Loin de laisser dire, j’en parlais avec tout le bureau à mon retour, comme quoi si quelqu’un avait quelque chose à dire, on pouvait en discuter là tout de suite. Elles nièrent leur implication dans cette histoire, et m’assurèrent ne pas ressentir de griefs particuliers contre moi. Nicole et Nathalie rajoutèrent une couche comme quoi de toute façon, ses coups, l’autre les faisait toujours en douce. Ce n’était donc pas par hasard si cette convocation avait eu lieu aujourd’hui et qu’elle était partie du bureau hier à quinze heures quarante cinq au lieu de seize trente.
Quelques jours plus tard, pour me calmer, je fis une petite parodie d’une chanson que j’aimais bien alors que j’étais à côté d’elle. Elle était devenue une « muse » un peu particulière. Et je ne lui parlais jamais de cette affaire. Elle ne l’aborda pas non plus mais les heures dans l’aquarium devinrent tendues et glaciales.En voici les paroles.
« Je vivais à l’écart de la salle de réunion
Serein, contemplatif sans besoin de pognon.
Refusant d’acquitter le tribut d’allégeance
Un brin de laurier suffisait à mon intelligence.

Les gens de bon conseil ont su me faire comprendre
Qu’à l’homme de là-haut j’avais des comptes à rendre.
Sous peine de choir dans un oubli complet
Je devais mettre tous les atouts de mon coté.

Courbettes de la docilité, vous me faites bien mal plier.

Manquant à la rigueur la plus élémentaire
Dois-je pour les besoins de la cause sociétaire
Arrêter de raconter dans quelle position
Les petites bêtes plongent dans la fornication ?

Si je plaisante un peu, combien de pénélopes
Répètera-t-on que j’ai traitées de salopes ?
Combien de bons amis me regarderont de travers ?
Combien de mauvais coups me donneront mes pairs ?

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Courbettes de la docilité, vous me faites bien mal plier .
A toute compromission ma nature est rétive
Souffrant d’une hérésie quasiment maladive.
Je ne fais reluire, au grand dam des flatteursque les bons arguments, les projets prometteurs.

Dois-je pour gagner leur confiance si vitale
Battre le tambour avec leurs idées géniales ?
Dois-je les arborer plus ostensiblement
Comme un enfant de choeur porte un saint sacrement ?

Courbettes de la docilité, vous me faites bien mal plier

Une femme du monde et qui souvent me laisse
Faire ses quatre volontés sur le mur de la presse
M’a sournoisement passé sous son crayon de bois
Les paperasses du plus bas étage qui soit.

Sous prétexte de bruit, sous couvert de plus haut,
Dois-je m’abstenir au fond de mon bureau
De crier sur les toits et sur l’air du talion
Mon chef de service m’a filé le bourdon ?

Courbettes de la docilité, vous me faites bien mal plier

Le ciel en soit loué, je vis en bonne entente
Avec le DRH, l’étoile fuyante
Lui le grand décideur et moi l’énergunème
Il me laisse faire la merde, je lui laisse dire amen.

En accord avec lui, dois-je apprécier l’ivresse
Lors d’un bon pot-départ fêté dans l’allégresse
Et chanter la mélopée d’une voix plus très pure
Qui fera dire ailleurs "Ils ont pris une biture" ?

Courbettes de la facilité, vous me faites bien mal plier

Avec qui sacrebleu faut-il serrer la louche
Pour faire taire un peu la pétasse aux cent bouches ?
Faut-il aussi supprimer de mon répertoire
les blagues faciles qui servent d’exutoire ?

Pour calmer les censeurs qui me trouvent vulgaire
Je devrai châtier mon vocabulaire.
On trouve pourtant dans tout bon dictionnaire
Pour décrire le sexe plus que le nécessaire.

Courbettes de la docilité, vous me faites bien mal plier.

Seraient-elles plus efficaces, ces divines courbettes
Si comme tout à chacun j’avais une balayette
Si je me mettais à faire dans la dentelle
Et prenais tout à coup des allures de femelle ?

Mais que je ne sache pas leur cirer les grôles
A certains sous-chefs de la vieille école
Ca confère à leur gloire une once de plus-value
La brosse à reluire aujourd’hui ne suffit plus.

Courbettes de la docilité, vous êtes bien mal payées.

Après ce tour d’horizon des mille et une recettes
Qui vous valent à coup sûr de profiter des miettes,
J’aime mieux m’en tenir à ma première façon
Et me gratter la tête en cherchant des solutions.

Si mes chefs en veulent, je les sors dare-dare.
S’il n’en veulent pas, je les remets dans mon tiroir
Refusant d’acquitter le prix de l’allégeance
Mon brin de laurier suffit à mon intelligence.

Courbettes de l’imbécilité, vous ne me ferez pas plier. »

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Néanmoins, j’avais besoin d’elle pour faire évoluer le service. Le tableau était terminé, elle ne le mettait jamais à jour alors qu’il servait de décor derrière elle quand elle « recevait ». Et je lui fournis les maquettes des procédures ainsi que les nouveaux états à renseigner ou fournir. Elle les prit pour les consulter, me fis corriger quelques fautes (nul n’est parfait).
Enfin, après concertation en réunion avec les autres chefs de service, elle décida de les mettre en place. Nicole m’apprit qu’elle en avait retiré tout le bénéfice, en mentionnant tout de même mon concours comme « manœuvre » de l’opération. Dans un sens je m’en moquai. Mon travail s’en trouvait simplifié. Ma femme en était à son sixième mois de grossesse. J’avais d’autres chats à fouetter. Un jour, le tableau se décrocha du mur. Je jure que je n’y fus pour rien. Alors que je me préparai à le remonter, elle le trouva inutile et me fit même démonter le pan qui n’avait pas chuté. Il finit ainsi son existence dans la salle d’archives.

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