Les compteurs d’eau vont nous rendre dingos

par Marc Laimé, 27 septembre 2007

Ils symbolisaient déjà l’eau marchandise, l’eau marchandisée, l’obsession du comptage, du « juste prix » de l’eau. A la ville, aux champs, au Nord, au Sud, des compteurs, encore des compteurs, partout, jusqu’à plus soif. Chacun(e) désormais se voit intimer l’ordre de surveiller sa consommation. Et ce n’est qu’un début. A l’horizon demain, à chacun son compteur, relié par radio ou Wifi aux centrales de télésurveillance des Big Water Sisters. Jamais la propagande du cartel n’aura trouvé meilleur support. A y regarder de plus près le compteur figure bien l’horizon indépassable de notre temps. Surtout quand il devient lui-même, et rend tout le monde dingo. Florilège.
Armand Reboux, retraité, ingénieur de l’industrie et des mines, anime vaillamment depuis des lustres une association de défense des usagers de l’Ouest de la France, membre de la Coordination des associations de consommateurs d’eau : « La facture est imbuvable. » (Salut Armand).

L’association enregistre depuis quelques mois des plaintes d’usagers attestant que leurs compteurs sont subitement devenus dingos.

Explication :

« Les compteurs pour le mesurage de l’eau sont de deux types : l’un est à chambre mesureuse volumétrique tandis que l’autre, de plus en plus répandu, est constitué d’un organe de mesurage tournant qui détermine la quantité de fluide écoulée en fonction de sa vitesse de rotation.

Or, si les compteurs des pompes à essence, destinés à mesurer le carburant, sont équipés de séparateur pour évacuer l’air contenu dans le liquide avant le mesurage, il n’en est pas de même des compteurs d’eau.

Il en résulte qu’une coupure d’eau en raison de travaux provoque une rupture de stock avec entrée d’air et peut de ce fait faire tourner rapidement l’organe tournant du compteur du second type enregistrant ainsi une consommation indue qui peut correspondre parfois, nous l’avons constaté, à 20 années de consommation.

Les compteurs d’eau sont des instruments de mesure agréés par l’Etat et contrôlés sous sa responsabilité. Leurs indications font foi jusqu’à preuve du contraire devant la justice. Il revient donc à l’usager d’apporter la preuve de son dysfonctionnement.

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