Le creux de l’enfer- Les Matrices d’Entraygues

Situé dans le site pittoresque de la Vallée des usines, le Creux de l’enfer est une friche industrielle, une ancienne coutellerie devenue en 1988 centre d’art contemporain. Petite découverte virtuelle des lieux...

Situé dans le site pittoresque de la Vallée des usines, le Creux de l’enfer est une friche industrielle, une ancienne coutellerie devenue en 1988 centre d’art contemporain.

Si, en philosophie, c’est dans le miroir de la mort que la vie prend tout son sens, l’existence du Creux de l’enfer commencerait, elle, avec la disparition tragique de saint Genès.

D’après Grégoire de Tours il fut en effet décapité sur un rocher bien en vue dans la vallée de la Durolle, en un lieu si marquant du torrent que les gens d’ici, thiernois ou bitords, l’appelaient “le rocher de l’enfer”. Un saint qui depuis serait souvent associé à l’eau. L’imagination des anciens, peuplée longtemps de souvenirs païens, se complaisait, il est vrai, à créer des légendes. Quoi qu’il en soit ce rocher proéminent existe vraiment, de même que la première fabrique recensée venue s’installer à son pied. Il s’agissait d’un rouet à émoudre les couteaux appartenant à un certain Jehan Ahon Florat, et qui était déjà en place sans qu’on sache depuis quand, en 1476. C’est bien en premier lieu ce rocher noir et ithyphallique, le roc de la fadas ou “rocher des fées”, avec à son pied la chute d’eau de la pélière, qui attirèrent l’attention des riverains dans un site aussi austère. (...)

Extrait du “rocher saint Genès” au Centre d’art contemporain, le Creux de l’enfer, par Frédéric Bouglé, directeur du Creux de l’enfer.