Laguiole : label d’origine garantie ?

Laguiole, commune du nord Aveyron, a saisi le Tribunal de Grande Instance de Paris afin de retrouver l’usage de son nom, subtilisé depuis 17 ans par un entrepreneur qui appose la marque Laguiole sur des couteaux importés d’Asie et sur une pléthore de produits. Une décision a été rendue le 13 septembre 2012.

Août 2007
Un projet de création d’une organisation interprofessionelle, à Laguiole, dont le but est d’assurer la protection de l’appellation "Laguiole", notamment pour le célèbre le couteau, a vu le jour. Les statuts d’une association ont été déposés.

En effet, le nom "Laguiole" jouit d’une incontestable notoriété, consacrée de très longue date et bien au-delà du terroir local. Cette renommée s’est forgée à travers entre autres un célèbre couteau.

Comme toute dénomination dotée de notoriété et donc de valeur marchande, le nom "Laguiole"fait l’objet de convoitises et par conséquent de multiples usurpations. L’exemple le plus flagrant est la contrefaçon des couteaux "Laguiole" et la fabrication de produits dérivés de moindre qualité en Chine et au Pakistan. Usurpation largement préjudiciable au terroir concerné et à ses productions authentiques. Protéger la dénomination "Laguiole" s’avère, depuis longtemps, être une nécessité pour la survie de ce couteau... 

C’est pourquoi, il y a bientôt 3 ans, quelques couteliers de Laguiole ont décidé d’organiser une concertation autour d’un projet d’association à caractère interprofessionnel avec un seul mot d’ordre : défendre les dénominations de "Laguiole" et d’ "Aubrac". Ainsi, depuis plus d’une année, avec l’appui d’Aveyron Expansion, les couteliers et la mairie de Laguiole étudient les moyens de préserver les intérêts de la coutellerie de Laguiole et plus largement d’autres secteurs économiques également concernés par la défense de ces dénominations. Aujourd’hui ces réflexions ont permis d’aboutir à la création de l’association de défense des dénominations "Laguiole" et "Aubrac" présidée par
le maire de Laguiole, Vincent Alazard. Elle aura vocation à faire connaître et reconnaître les spécificités locales et défendre au besoin, par tous les moyens appropriés, y compris judiciaires, les dénominations "Laguiole" et "Aubrac" sur le territoire AOC de référence.

Là où le bat blesse, c’est que les couteliers thiernois n’ont pas été associés au projet.

Si le couteau "type laguiole" a bien été créé par CALMELS en 1829, après quelques décades la famille CALMELS a confié la fabrication de ses couteaux à des fabricants de Thiers, à qui elle demandait d’identifier les produits par sa propre marque "CALMELS à Laguiole".

Lorsque le renouveau de Laguiole a débuté en vers 1972... seuls des couteliers de Thiers produisaient alors ces articles, qu’ils distribuaient dans toute la France, soit sous leurs propres marques (comportant le nom de Laguiole plus un adjectif), soit sous la marque des deux distributerus de l’époque à Laguiole (CALMES et GLANDIERES). Ce n’est que dans les années 1980 que le maire de Laguiole mit en route un projet de fabrication de couteaux à Laguiole.

Dans l’Aveyron, la nouvelle association constituée semble faire la sourde oreille aux demandes des Thiernois... La Fédération Française de la Coutellerie vient de leur adresser un nouveau courrier.. que vous pouvez consulter ci-dessous, ainsi que la publication du Comité d’Expansion Economique de l’Aveyron.

31 mai 2010
La commune aveyronnaie de Laguiole, par l’intermédiaire de son maire, Vincent Alazad, ne souhaite pas en rester là et saisit le tribunal de grande instance de Paris afin de retrouver l’usage de son nom, déposé par un entrepreneur qui appose la marque Laguiole sur des couteaux importés d’Asie et sur une pléthore de produits. Ce détournement a conduit le maire, Vincent Alazard, à assigner l’entreprenuer devant le tribunal de grande instance (TGI) de Paris pour "parasitisme" et "pratiques commerciales trompeuses".

Le 13 septembre 2012 le Tribunal de Grande Instance de Paris a rendu un verdict en défaveur de la commune de Laguiole.

Le Tribunal a estimé qu’ "il n’est jamais établi que la connaissance actuelle des consommateurs de ce terme ne se limite pas en en réalité au nom du couteau du même nom ou aux produits commercialisés sous les marques Laguiole qui existent depuis 19 ans. La notoriété de la seule commune de Laguiole, pour elle-même, n’est pas démontrée".
Du même coup cette décision s’oppose à une appropriation unique de la commune de Laguiole du couteau du même nom.
A Thiers ce verdict est plutôt un soulagement, et permettra peut-être de faire travailler les Thiernois et les Aveyronnais sur une Indication d’Origine Protégée sur les deux sites.


Voir en ligne : Un article avec de nombreux liens et le forum publié sur Le Post