La piscine verte fait des remous Flotter sur une eau douce qui ne pique la peau ni ne rougit les yeux. Une eau limpide que l’on partage avec de minuscules poissons, des fleurs aquatiques, et dont viennent s’abreuver les oiseaux qu’aucune odeur de chlore ne fait fuir. Depuis un quart de siècle, déjà, Autrichiens, Suisses et Allemands se baignent dans des piscines biologiques qui ont tous les charmes des lacs et rivières encore préservés de la pollution. En France, ces baignades naturelles viennent juste d’apparaître, déclenchant un imbroglio administratif dont l’Hexagone a le secret.
Extrait de l’article paru sur Le Vignal de la Bio publié par Pascale Kremer
La piscine bio n’a pourtant rien de révolutionnaire. C’est tout bonnement la nature qui est copiée, l’équilibre biologique d’un lac naturel que l’on reproduit. Ni produit chimique ni chlore. L’eau du bassin de natation est filtrée par des graviers et plantes aquatiques situés dans une zone de régénération adjacente. Pour faire simple : les minéraux fixent les bactéries utiles, celles qui transforment les matières organiques en molécules assimilables par les graminées aquatiques. Ces dernières puisent dans l’eau phosphates et nitrates, la débarrassant de ses impuretés. Une circulation de l’eau est organisée en permanence, afin d’assurer son oxygénation.
Au plaisir de la baignade en eau douce (rapidement chauffée par le soleil car les zones de régénération sont peu profondes) s’ajoutent d’évidents avantages santé et environnement. On évite le chlore, qui agresse la peau, aggrave l’eczéma ou l’asthme. Et l’on ne rejette pas de produits chimiques mais une eau propre – ce qui, avantages annexes, permet d’arroser et de se passer de permis de construire puisqu’il n’est pas nécessaire d’être relié au système d’eaux usées. Surtout, avec ses airs de petit étang entouré de plantes, la baignade bio ne défigure pas le jardin. Durant les neuf mois de l’année où elle ne sert pas, elle reste en eau plutôt que de se transformer en rectangle de béton bâché.