L’homme de la Farette

Roman de terroir. L’auteur, Georges Pierre Guigon, est né à Issoire et fit ses études secondaires à Clermont-Ferrand.

Le roman de terroir est un exercice périlleux tant les attentes des lecteurs sont grandes. Il faut qu’il s’y reconnaissance, que ce soit simple et vécu, pétri d’authenticité, mais surtout, bien écrit. Lorsqu’une romance, forcément un peu cliché, s’y greffe, l’exigence s’en voit accrue. L’auteur réussit ce pari et nous livre un résultat des plus probants. Une belle histoire certes classique, mais qui fonctionne très bien. L’écriture est simple, mais juste et on sent fort bien que l’auteur vit son écriture.
C’est avec facilité qu’on se laisse prendre au jeu de cette rencontre improbable et de cette histoire d’amour encore moins probable. Les personnages sont attachants jusqu’à la petite chienne qui a son rôle dans le roman.

L’auteur : Georges Pierre Guigon
Jeune retraité, cet homme partage sa vie entre les salons du livre, où vous pourrez le rencontrer, et la préparation de ses prochains ouvrages.
Né en 1948 à Issoire dans le Puy-de-Dôme il fit ses études secondaires à Clermont-Ferand au Lycée Godefroy de Bouillon, puis décida de s’expatrier quelques années en Suisse dans l’hôtellerie.
À son retour en France il ouvre un magasin d’articles de sport à Langogne en Lozère. En 1991 des événements familiaux lui font quitter cette région qui restera à jamais gravée dans sa mémoire. Il rentre alors dans une société de transport de fonds à Bourges où il restera 22 ans avant de s’adonner à ce qu’il a toujours espérer en secret... écrire.

L’ouvrage : L’homme de la Farette
Gérard vit seul dans une maison isolée de la montagne ardéchoise, sa vie simple s’organise au jour le jour et sans grandes surprises. Valérie, la citadine, est au faîte de son activité professionnelle et par le plus grand des hasards elle va rencontrer cet animal solitaire.
Commence alors entre la vendeuse et le paysan une belle histoire d’amour digne des plus grandes romances : apprendre à se connaître, à partager un repas, à redouter la séparation...
Peu à peu, Gérard et Valérie réalisent qu’ils ne peuvent, ni vivre l’un sans l’autre, ni hors de ce territoire si bien décrit de cette culture si pudiquement évoquée.
Mais la vie réserve toujours des surprises...

Extrait
Gérard lui a dit que les fruits du merisier sont mangeables en cette saison lorsqu’ils sont d’un beau noir brillant. Elle décide alors de pousser sa flânerie jusqu’au mas des fontaines pour goûter ces baies inconnues d’elle. En riant, Gérard lui a appris un jour que l’on dit ici que d’en manger fait « venir les chèvres au bouc ». Si en plus ces petites baies sont aphrodisiaques… Déjà que les nuits sont torrides… pense-t-elle en souriant.

Arrivée à proximité de la maison, à moins de vingt mètres, elle entend des voix d’hommes. Elle ne distingue pas ce qu’ils se disent. Étonnée, elle ne s’attendait pas à ce qu’il y ait quelqu’un, elle s’arrête net et n’ose plus bouger. Pourtant, le moment de surprise passée, la curiosité l’emporte et au lieu de faire demi-tour, comme elle a tout d’abord pensé faire, elle pose son panier derrière un gros hêtre et s’avance dans les genêts en faisant bien attention de ne pas faire de bruit. Elle est maintenant tout près du mur d’enceinte, elle se dresse sur la pointe des pieds pour se grandir un peu et voir la tête de ces hommes qui continuent de discuter. Elle comprend qu’ils ne parlent pas français. Cela lui semble être de l’arabe. Curieuse, elle s’avance encore un peu. Elle est alors en dessous de l’arbre qui l’a menée jusqu’ici, mais les fruits du merisier ne l’intéressent plus. Elle est paralysée par la peur lorsqu’elle aperçoit un des hommes mettre dans le coffre d’une des deux Mercedes stationnées dans la cour, ce qu’elle croit être, pour en avoir vu aux actualités télévisées, un « lance-roquettes ». Ils sont trois et tous portent une arme à feu, soit à la ceinture, glissée dans leur pantalon, soit dans un holster sur leur poitrine.

Georges Pierre Guigon, avec ce roman, a reçu le prix Talents 2014 lors du concours littéraire Maestro.

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