L’échappée belle de la famille Holver, suite et fin...

La fin des aventures sur la mer de la famille Holver.

Le sud du Portugal a été bien décevant. Tourisme, tourisme et tourisme sont les mamelles de l’Algarve. Ça fait beaucoup d’Allemand, d’Anglais, de Hollandais, avec aussi une bonne dose de Français, qui viennent passer là leurs vacances avec leur cortège de pizzerias, Mcdo, boutique de fringues, parc d’attractions habituels. Rien que du déjà vu. C’est le profil type de Portimao, notre première escale en Algarve, qu’on connaissait déjà, grande et large plage sur des kilomètres, bétonnée d’immeubles pour vacanciers, jusqu’à la zone de mouillage, une entrée de rivière bien protégée. Sur l’autre rive, Ferragudo est bien plus joli avec petit port de pêche et village préservé. Ce qui fait que, selon que tu te tournes à droite ou à gauche, tu vois Marbella ou Ferragudo. T’évite donc de regarder du mauvais côté. Joey y a trouvé son compte puisqu’il y avait des jeux de plage à gros boudins, et ça l’a franchement éclaté. Avec une petite pizza le soir et un Coca cola, c’était le plus heureux des petits hommes. Faudrait peut-être qu’on pense à abandonner le bateau et à louer à Marbella pour le satisfaire, le chameau !

On a quitté Portimao sans grand regrets pour Olhao, tout près de Faro. Là, le mouillage était quand même exceptionnel, une lagune immense, des plages magnifiques, une île de sable, l’Ilha de Culatra, où vivent 3000 personnes (pas de routes, juste construite de cabanes colorées) qui protège la lagune de l’océan. Evidemment, un tel mouillage est vraiment très fréquenté. On a compté plus de 100 bateaux dans cette zone de la lagune, et on n’est pas allés voir du côté de Faro. Dans une petite anse, il y a aussi des vieux bab’s flotteurs qui vivent là depuis des années et dont les bateaux se sont transformés en cabanes échouées sur la plage, peut-être une vingtaine en tout. Un choix de vie qui se défend, pourquoi pas c’est toujours moins con que métro boulot dodo, mais ils semblent quand même bien ensablés. Olhao est aussi une ville agréable, avec un très très grand marché couvert central, tout près du port de pêche lui-même très actif. On a découvert là une particularité jamais vue ailleurs cette année : les pêcheurs enveloppent les moteurs de leurs barques d’un vieux pull en laine. Serait-ce un élan de tendresse envers leurs moteurs bien aimés ou un moyen de les parer de mille atours ? Pas de réponse, on a préféré rester dans le flou, tellement plus poétique.

On avait vraiment envie d’aller jusqu’à Villa Réal sur le rio Guadiana qui fait la frontière avec l’Espagne, puis remonter la rivière un jour ou deux, mais la nature en a décidé autrement puisqu’une nuée de moustiques nous attendait à Villa Réal. Ils ont commencé à piquer à 6 h du soir, jamais vu ça, dans les boutiques en ville, et jusqu’au petit matin. Burt, leur préféré, était couvert de piqures énormes de la tête aux pieds (plus de 50) et on a levé le camp le lendemain matin, fissa fissa. Un peu déçus quand même car la ville était vraiment belle et qu’on y a observé au moins une singularité (peut-être y en avait-il plus ?) en y flânant le soir au son des biz-biz des moustiques, le nombre des boutiques qui vendaient des serviettes de bain. C’est la ville des « toallas ». Y’en a pour tous les goûts, à chaque coin de rue, toutes les deux boutiques, y’en a une qui vend des « toallas », des petites, des grandes, des peignoirs de bain, des serviettes de plage, et puis aussi un peu de nappes et de rideaux, mais c’étaient pas eux les vedettes.

Voilà, après on est retournés sur nos pas (si on peut dire), re Olheo, re Portimao, re Sines (yes !) re Cascais où on a attendu que le vent du nord se calme un peu. Trois jours encore et ce vent qui rend fou, qui commence à monter à 3h de l’après-midi et qui se calme vers minuit. Là ça nous portait vraiment sur les nerfs, parce que remonter le vent c’est « deux fois le temps et trois fois la peine » (vieux dicton de loup de mer plus que vrai), et, cette année, on n’a pas eu la chance d’une petite dépression qui aurait retourné le vent à notre avantage. On a profité de deux journées calmes pour remonter au moteur et on a retouché du vent en Galice.

Ah la Galice ! quel bonheur d’y revenir après le Portugal touristique et le Portugal austère qu’on aime mais qu’on a aussi plaisir à quitter, surtout pour la Galice. Tout nous y enchante, le vent, les rias, les gens chaleureux, les petites tapas pas chères et meilleures que jamais, les fêtes dans la rue, le port de La Coruña. Mais c’est aussi la fin du voyage puisqu’on y laisse le bateau pour l’hiver et qu’on rentre dans les Landes pour reprendre le travail. Deux mois si vite passés...


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