L’échappée belle de La famille Holver : épisode 1

Les vacances sur la mer de la famille Holver : le départ pour le Portugal.

On est bien arrivés au Portugal. Soleil de plomb, beaucoup de vent, plage et oisiveté pour les enfants, boulot harassant pour les parents. La routine quoi. Le voyage a été long, le car pendant 15 heures, on confirme ça fait mal au dos et on peut pas dire qu’on soit bien installés pour dormir. Les voyagistes rentabilisent au maximum la route. Ils s’arrêtent dans tous les petits patelins depuis la frontière portugaise pour déposer 1 personne voire 2. Donc au lieu de prendre l’autoroute jusqu’à Lisbonne, c’était petits virages à 60 km/h et Joey avec le mal de mer avant l’heure et les aller-retour au toilettes ! C’est sûr qu’en avion, on évite au moins les petits arrêts à Povoa de foudech…

On est restés 7 jours au chantier en plein cagnard à ranger, préparer la mise à l’eau – anodes et bloqueurs à changer, centrale électronique à réinstaller, pont à laver, courses à faire, tout le matos à ranger. Tout ça au rythme de la soupe mondialisée des radios portugaises. La même merde que partout ailleurs, Sexy beach et compagnie, le volume à fond, si t’as les ouvriers du chantier qui bossent à côté de ton bateau, t’es mort, tu deviens sourd !

C’était comme d’hab la course contre la montre pour être prêts le jeudi de la mise à l’eau. A part un problème de guindeau (qui remonte l’ancre mécaniquement) dont le contact est hésitant, on n’a pas eu de mauvaise surprise. Il faut qu’on trouve la pièce à changer lundi chez les ships de Lisbonne. Depuis jeudi, Old fellow est à l’eau et c’est enfin les vacances, actives quand même, mais les voilà nos vacances. On remet doucement les voiles d’avant, la girouette en haut du mat, mais on va aussi au marché de Seixal en annexe ou accompagnés par le Manuel au cigare de la Camara municipal pour ramener les fameux haricots verts portugais si délicieux et les vrais fraises goûteuses à 1,80 euro le kilo. Le poisson aussi est super, les sardines, les pieuvres, et la « Raputta », une sorte de baliste. Le truc que les Portugais mangent en quantité et qui est pas cher du tout, c’est le poulet, « el frango », tranché sauvagement en 2, ou pire en 4, et mariné dans une sauce de poivrons et de piri-piri, très très bon, et autant apprécié que les « bifanas », sandwichs de pain rond avec viande de porc coupée très fine et grillée à la plancha. La viande est pas chère du tout (entre 2 et 4 euros/kg), contrairement au poisson qui est au prix des pêcheurs du Belon, 8 euros/kg, trop cher ici pour être consommé régulièrement.

On a mis le bateau à l’eau le jour de la fête annuelle de Seixal avec fête foraine et déballage autour du port. Deux scènes avec musique tous les soirs, écrans géants pour retransmission de la coupe du monde. La fête battait son plein. Trop pour nous évidemment, les soirs de vent de terre, on entendait la variétoche comme si on y était. Et patatras, mardi soir, la misère, l’horreur absolue, le deuil national, le Portugal a perdu contre l’Espagne. Ça nous a sidéré, mercredi, dans la rue, pas un chat, pas un éclat de voix, pas une conversation, le désert, la désolation, la fin des temps. Le soir pas de fréquentation à la fête foraine, plus de pétards, le cœur n’y est plus…

Depuis qu’on est au mouillage, tout marche comme sur des roulettes, on a remis les voiles d’avant, Tim a réparé le guindeau, les enfants sont en pleine forme. Burt est autonome avec l’annexe, il trimballe sont frère à droite à gauche. Ça lui plait et il se débrouille bien. Les gars partagent leur temps entre lecture, courses (ils nous aident bien en y allant seuls), ordi et plage. On dirait qu’ils sont pas trop malheureux. Joey a commencé à lire des gros pavés (Stephen King), premiers romans pour lui. Il a encore des devoirs d’école à faire, propositions subordonnées relatives à la noix et autres opérations de chiffres décimaux mais il travaille vite pour s’en débarrasser.
En bateau, c’est super, tu passes une bonne partie de ton temps à t’occuper de choses qui monopolisent une fraction de seconde à terre. Par exemple la lessive. Là, tu veux pas payer le teinturier, et tu veux pas non plus gaspiller l’eau de tes réservoirs, alors tu te tapes la corvée d’eau. Chaque fois que tu vas à terre, tu n’oublies pas tes 4 bidons de 5 litres dans l’annexe, puis tu les trimballes jusqu’à la fontaine (quand tu l’as enfin dénichée). En général, à la fontaine, y’a quelqu’un qui prend de l’eau ou y’a une merde de chien qui flotte (ça fait hurler tes gamins civilisés). Voilà t’as ramené tes bidons, qui ne te servent pas qu’à la lessive, tu l’utilises aussi pour la douche ou pour faire cuire les pâtes.

Pour internet, c’est pas mal non plus, tu commences à préparer tout ton matos, ordi, prises 220 volts, carnet avec codes secrets, micro pour Skype. T’arrives au café, y’a pas de connexion ce jour-là, tu repars à la bibliothèque, 2 km à pieds, où tu peux pas utiliser ton ordi portable, et là t’as oublié la clef USB. La fois suivante, la clef USB en poche, tes photos sont trop volumineuses pour être envoyées et t’as pas de programme sur cet ordi gracieusement prêté pour les réduire… Alors les jours passent et les mails s’enterrent.

Bon aujourd’hui on dirait que tout va bien alors on vous transmet tout ça et on vous fait de gros bisous. On attend de vos nouvelles, parce que le plus sympa des virées ordinateur, c’est quand même de recevoir vos réponses. 

Hélène, Tim, Burt et Joey


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