Et ils pompaient, pompaient. Nous, on paie à la pompe.

18 mars 2008

Article publié le 18/01/08 sur le site d’Arverne Tribune.

Quel changement ! A peine 2008 entamée, et hop, c’est parti pour une n-ième hausse du prix du pétrole, avec d’ici une dizaine de jours des augmentations à la pompe de l’ordre de 3 à 6 centimes d’euros. Dans une dizaine de jours, voire moins. Car pourquoi attendre quand il est possible d’engranger des bénéfices rapidement.

Ainsi Total, qui a enregistré sur le troisième trimestre 2007 une hausse de 29% de son bénéfice net, soit 1 milliard d’euros par mois, peut se réjouir de la situation. Bercy se défend, quant à lui, d’encaisser plus de taxes, arguant d’une modification sensible des comportements, et d’une baisse significative de la consommation en rappelant " l’essentiel de la taxe fiscale est assise sur des volumes et non sur des prix". Et d’ajouter, en novembre dernier, que « la hausse des carburants (14 à 16 %) était nettement plus modérée que la hausse du prix du pétrole (+80 %) depuis janvier ». De son côté, la grande distribution avoue pratiqué des prix d’appel en vendant le carburant à un tarif proche du prix coûtant et, représentant 57% du marché, constitue un levier dans la modération des prix.

Bref cela pourrait être pire.

Oui, sauf que :

  • La hausse des prix du pétrole ne concerne pas seulement les carburants, mais aussi les bitumes, le gaz et de multiples dérivés utilisés pour le packaging de nos pots de yaourt, par exemple.
  • Coup de bol, nous achetons en euros, devise largement surévaluée face au dollar…pour combien de temps.- En euro constant, le prix du litre de gazole atteint voire dépasse son niveau maximum de 1985 (source UFIP), conséquence de la précédente crise pétrolière.
  • Les mécanismes qui tirent le prix du baril vers le haut ont changé. En effet, si les tensions internationales n’arrangent rien, nombreuses sont celles qui ont été surmontées. L’invasion du Koweit et la première guerre en Irak, les attentats du 11 septembre, l’ouragan Katrina dévastant un grand nombre de forages pétroliers dans le golfe du Mexique, jusqu’à la deuxième guerre du Irak. Désormais, et c’est nouveau, il faut compter avec la spéculation, simple phénomène financier.
  • La demande ne cesse de croître, et la moitié des réserves connues est à présent épuisée.

Alors que faire ? Du vélo, comme le préconise Mme Lagarde ? Sympa, mais typiquement citadin comme mesure, et un peu léger face aux réalités. Des alternatives sérieuses existent cependant et constituent le vrai défi des décennies à venir. A la fin des années 70, qu’importe que l’on soit pour ou contre, le nucléaire nous a procuré une certaine indépendance énergétique qui, valorisée, a permis la création d’emplois et la réussite de ce secteur à l’exportation.

(...)



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