
Vous déplorez la disparition de la chouette chevêche et de la pie-grièche grise dans votre région ? Vous êtes inquiets pour le moineau friquet, le bruant proyer et le rougequeue à front blanc qui se font chaque année plus discrets dans votre environnement familier ? Sachez que si ces oiseaux de nos campagnes agricoles se portent mal, notre propre santé est elle aussi menacée !
La France se place au troisième rang mondial des utilisateurs de pesticides, avec, en 2004, 76 106 tonnes achetées légalement par les agriculteurs qui nous nourrissent, les collectivités qui mettent à notre disposition des espaces verts et les particuliers disposant d’un petit jardin privatif (la première catégorie utilise 90 % de ces produits phytosanitaires, ce qui laisse encore des centaines de tonnes de poisons entre les mains du jardinier du dimanche !).
Il y a quelques années, Yves THONNERIEUX, de l’association des Journalistes écrivains pour la nature et l’Ecologie, avait rédigé pour la Société Nationale de Protection de la Nature) un article sur le scandale des pesticides (le Courrier de la Nature, n° ; 215, septembre-octobre 2004). Il y survolait en quelques pages plusieurs dossiers brûlants (comme celui du Gaucho et du Régent) qui confortaient le consommateur dans l’idée que le combat du pot de terre contre le pot de fer était toujours à l’avantage du second, en raison des mensonges, des collusions contre-nature (aux deux sens du terme), des
petits arrangements entre amis et finalement de la loi du "fric" au mépris des écosystèmes et de la santé humaine.
Aujourd’hui, c’est à une plongée en eau profonde, pour détailler à la loupe la partie immergée de cet iceberg, que nous invitent un confrère journaliste spécialisé dans les questions d’environnement (Fabrice NICOLINO) et un enseignant militant (François VEILLERETTE), Président du Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF).
Leur livre, "Pesticides : révélations sur un scandale français", paru chez FAYARD, est appelé à devenir LA référence et pour longtemps dans le domaine des produits phytosanitaires expliqués aux consommateurs que nous sommes. En près de 400 pages, les auteurs dressent le tableau édifiant d’un système corrompu jusqu’à l’os dont la nature et les consommateurs font les frais depuis 60 ans.
Point d’affirmations à la légère dans ce brûlot salutaire : tout est méticuleusement analysé, étayé par des rapports officiels, des déclarations publiques et une abondante bibliographie internationale qui a le mérite de figurer en bas de pages, grâce à des renvois numérotés. Ce travail d’investigation qui a duré plus d’un an ne craint pas de citer les noms de personnes physiques et de structures administratives ou privées qui ont contribué, qui à l’omerta, qui à la désinformation, qui au mensonge dans la gestion du dossier des pesticides, au fil des gouvernements au pouvoir et des renouvellements d’administrations en place.
Si un éditeur comme FAYARD a permis la publication des noms de toutes ces personnes et structures en cause, c’est assurément parce que les avocats et autres juristes consultés ont assuré que le livre était inattaquable sur le plan pénal !
Il est impossible de résumer ici toutes les révélations qui émaillent le fil de ce livre-événement. Lisez-le, faites-le circuler et diffusez l’information dans vos réseaux.
Deux thèmes pris au hasard évoqués dans le livre de NICOLINO et VEILLERETTE :
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Deux extraits du livre pour vous mettre en appétit (si l’on peut dire.) :
Le lecteurs du livre de NICOLINO et VEILLERETTE découvrira tous les rebondissements, toutes les collusions, toutes les malversations (jusqu’au sein de l’Institut national de la recherche agronomique qui pratique l’intimidation auprès de ses chercheurs et même dans une structure aussi officielle que peut l’être la Direction générale de l’alimentation, dépendant du Ministère de l’Agriculture). La démonstration
des auteurs est monstrueusement édifiante. Les acteurs (de grands commis de l’Etat) de cette scandaleuse affaire (qui aboutira après une longue bataille juridique à l’interdiction de ces deux produits toxiques) ont reçu des promotions et occupent aujourd’hui des postes de responsabilité en rapport avec notre alimentation, y compris au sein de la Communauté Européenne ! Le livre de NICOLINO et VEILLERETTE cite tous les noms, énumère le parcours administratif de tous les intervenants et termine le chapitre sur le Gaucho et le Régent par ces lignes :
"(Ces personnes) détiennent bien plus que d’autres les clés d’une partie de notre avenir. Combien aurons-nous de paysans demain ? Quels paysages seront les nôtres ? Où en seront nos sols, nos rivières, nos nappes phréatiques ? Nos aliments continueront-ils à être gorgés de pesticides ? Ils vont décider en notre nom, ils le font déjà. Et nous avons vu comment ils ont géré l’une des plus folles histoires de pollution de ces vingt dernières années."
Voir en ligne : Le livre de NICOLINO et VEILLERETTE