Deux loups aperçus sur les Hautes Chaumes

Il y a 10 ans, pratiquement à la même époque, Arthur CHABERT, spécialiste émérite du comportement des carnivores avait fait exploser une petite bombe dans ces mêmes colonnes : des ours allaient être réintroduits sur le territoire du Livradois-Forez*.
Cette année, c’est le Bureau départemental de la flore et d’étude de la chasse du Puy-de-Dôme qui hésite à annoncer que deux loups –au minimum- ont été aperçus près des Hautes Chaumes. C’est un promeneur intrigué par la présence d’empreintes laissées dans la neige qui a donné –discrètement- l’alerte, il y a déjà deux semaines. Appelé en catastrophe, le professeur Helmut KORA n’a pu que constater la présence de deux Canis lupus. Une des deux traces étant plus enfoncée dans la neige, il est fort probable qu’il s’agisse d’une femelle pleine. Or, on le sait, les loups ne se déplacent qu’en meute ce qui fait dire au professeur KORA que « plusieurs spécimens sont à coup sûr présents sur les Hautes Chaumes et qu’il est fort probable qu’ils aient décidé de s’y établir ». Cette nouvelle stupéfiante dans un pays où la peur de la bête est toujours vive, ne va pas manquer de faire causer dans le pays où le dernier loup a été tué à la fin du XIXème siècle. Ce qui est inquiétant, c’est que le loup réapparut naturellement en France au début des années 1990 alors qu’il avait disparu depuis 1937, compterait entre 150 à 200 individus concentrés essentiellement dans les Alpes. Or, selon notre confrère Le Parisien dans son édition du 3 mars dernier, deux loups de type européens ont été repérés dans le département des Vosges. Cette nouvelle, confirmée par l’Office Nationale de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) s’appuie également sur la preuve irréfutable de traces laissées dans la neige. Et notre confrère de préciser « les loups ont l’habitude de marcher dans les pas l’un de l’autre, ce qui complique leur dénombrement. En dépit de cet atavisme de meute, les spécialistes ont, à plusieurs reprises, constaté des dédoublements et des aiguillages (…) Les canidés sont donc deux, et s’il s’agit d’un couple, ce qui n’est pas établi, ils seront rapidement plus nombreux ». Pour l’instant on cherche à savoir si les loups auvergnats ont quelque chose à voir avec leurs congénères vosgiens. Le professeur KORA a déjà analysé les différents jeux d’empreintes. Il compte très prochainement faire survoler les Hautes Chaumes par un drone militaire équipé de caméras thermiques et nocturnes afin de s’assurer de la présence de ces hôtes pour le moins inattendus. Cette opération a commencé le 15 mars et devrait se terminer le 1er avril.
Si le temps le permet bien évidemment et si le pilote du drone n’est pas à la pêche…