Des aliments OGM utilisés clandestinement dans la restauration collective française et européenne

En région parisienne, des services de restauration rapide utilisent à l’insu de leurs clients des produits alimentaires (principalement de la mayonnaise) à base de soja OGM, selon les observations d’un de nos lecteurs.

Article publié sur le site de Naturavox par Alexandre Glouchkoff

C’est en récupérant les seaux vides de plusieurs restaurants qu’un lecteur s’est aperçu que depuis un ou deux ans, du soja génétiquement modifié se retrouvait dans la composition de produits alimentaires utilisés dans plusieurs fast-foods, et ce sans que le consommateur n’en soit nullement informé, en contradiction avec le règlement n°1829/2003/CE de l’Union Européenne mis en application en avril 2004 et stipulant pour les modalités d’étiquetage pour les denrées alimentaires non préemballées :

"L’information au regard de la présence d’ingrédients génétiquement modifiés ou dérivés d’OGM (...) doit être affichée soit sur le présentoir de la denrée ou à proximité immédiate de celle-ci, soit sur le matériau d’emballage, de façon permanente et visible, dans une police de caractère suffisamment grande pour être facilement distinguée et lue."

Vu l’absence de possibilité de vérification pour l’ensemble des services de restauration rapide du territoire, il semble tout à fait plausible que d’importantes quantités d’aliments à base d’OGM soient utilisées à l’insu des consommateurs dans la restauration rapide nationale et européenne.

Toutefois, la Commission européenne "estime que les denrées non préemballées proposées au consommateur dans le secteur de la restauration (commerciale, collective et rapide) ne sont pas visées par cette obligation d’étiquetage dès lors que le restaurateur élabore lui-même ou transforme la denrée alimentaire en question.”

Les institutions européennes autorisent donc actuellement la non-traçabilité des OGM dans la restauration et remettent ainsi en cause la liberté du consommateur à être informé de ce qu’il mange. Cette décision juridique revient à organiser l’opacité des OGM dans l’alimentation collective : quand vous mangez au restaurant, le restaurateur pourra très bien avec la mise en application de cette loi, vous proposer des OGM sans même que vous le sachiez...

Actuellement, plusieurs OGM sont autorisés à la consommation animale et humaine en Europe et se retrouvent dans l’alimentation, alors même qu’en France, ils ne sont pas autorisés à la culture. Au 1ier mai 2008, le seul soja autorisé à la consommation au niveau européen est le Soja Mon40-3-2, de Monsanto, tolérant à un herbicide, pour lequel la multinationale s’est vue condamnée récemment à 15000 euros d’amende pour publicité trompeuse et mensongère, la cour d’appel de Lyon jugeant fallacieuce l’utilisation du terme "biodégradable", et confirmant que le produit ne "respecte pas l’environnement".

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