Coutumes de la Chandeleur

Alexandre Vialatte. La Montagne, 5 février 1963.

Voici la Chandeleur. L’ours sort sur le pas de sa porte pour se rendre compte du temps qu’il fait. S’il fait mauvais, l’été va commencer ; si le soleil « biserne », l’ours rentre ; l’hiver durera encore quarante jours. Du moins, le proverbe le dit. L’ours va s’adosser contre le mur, verticalement, au fond de sa grotte, à côté de sa femme. Ils dorment ainsi parallèlement. Tous les deux ans leur naît un ourson. Gros comme un rat. Cet ourson mange du miel, des fruits, des braconniers, quelquefois même un garde-chasse, des racines, du gruyère, du petit pain aux raisins, et le Basque qui le fait danser. Il devient gros comme son papa. Il retourne dans la caverne, et à la Chandeleur tout recommence. De son côté l’homme doit faire, paraît-il, des galettes d’os de grenouille ; d’os de grenouille pilés ; et s’il convoite un gendre, ou une bru, lui faire manger de cette galette magique ; le mariage a lieu dans l’année. C’est un bruit qui court en Puisaye.


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