Château de la Chassaigne


Exposition Jean Aujame du 12 juin au 17 septembre 2017. Concert par le duo Jane for Tea le 23 juin 2017 à 18 h 30.

JEAN AUJAME - Peintures & Œuvres sur papier
Du 11juin au 17 septembre 2017
Tous les jours du mardi 11 juin au dimanche 17 septembre de 14 H 30 à 18 h

Vernissage le 23 juin 2017 à 18 h 30, avec un concert du duo "Jane for Tea".

Jean AUJAME, fait partie de ces artistes qui avaient vingt ans au lendemain de la première guerre mondial, époque où il s’engage dans la carrière d’artiste peintre. Il est contemporain de Pignon, d’Estève, de Chapelain-Midy, d’Oudot, Brianchon, d’Humblot, de Brayer, de Masson, de Poncelet. Malheureusement, victime d’un accident d’automobile le 5 juillet 1965, ce peintre, dont René Huyghe, de l’Académie Française, dit dans son ouvrage Les Signes du Temps et l’Art Moderne qu’il s’affirmait par son originalité authentique, comme une des figures majeures de la peinture contemporaine, est mort au moment où son art avait encore beaucoup de choses à nous apprendre.

Tandis que les peintres de sa génération, appartenant pour certains soit au groupe de la Réalité Poétique soit au groupe FORCES NOUVELLES, s’affirmaient entre deux guerres dans un style bien défini, Jean AUJAME, pourtant proche d’eux, se démarquait déjà, selon Jean Cassou, par un esprit plus carrément poète, avec ses intrusions dans le fantastique et l’imaginaire.

Parti de la réalité avec une période fauve, très appréciée à l’époque par Germain Bazin, de l’Institut, Jean AUJAME était jugé comme un des espoirs de la peinture contemporaine. Subissant les influences de son époque, à l’instar du groupe FORCES NOUVELLES dont JANNOT était l’un des chefs de file, AUJAME fut marqué par l’exposition de 1934 à l’Orangerie sur Les Peintres de la Réalité au XVIIe siècle. Son œuvre s’assagit alors et le regard porté sur la peinture fit appel à des valeurs plus traditionnelles d’équilibre et de composition.

Prisonnier comme aspirant pendant la guerre, à Nuremberg, puis à Stablack en Prusse Orientale, il subit le dur isolement de l’exil. A son retour le plaisir de vivre trouva à s’exprimer pleinement sur ses toiles. Les Amis de Cagnes du Musée Bargoin de Clermont Ferrand, correspond à ces atmosphères détendues où l’homme plonge visiblement dans le bonheur retrouvé. Une série d’expériences sur la couleur, la décomposition des formes et sur les volumes marque cette époque.

Mais, c’est au contact de l’Auvergne, terre de ses ancêtres, qu’AUJAME élabora petit à petit sa propre interprétation du monde. Marqué par Bachelard et la pensée de Teilhard De Chardin, il réussit à transposer l’homme dans un univers irréel à partir d’éléments naturels. L’attrait qu’il eut toujours pour la nature et son besoin de représenter l’homme trouva à s’équilibrer dans la fusion de l’un et de l’autre. Par cette figuration raccourcie de la chaine évolutive de l’humanité, Jean AUJAME traduisait de manière intellectuelle et figurative un monde abstrait sorti tout droit de son imagination. Dix ans après l’exposition de Galliéra (1968), Pierre Mazars écrivait : L’image que l’on gardait alors de ses dernières peintures était celle d’un guetteur attentif à débusquer le fantastique derrière les spectacles les plus innocents offerts par la nature. Il fut alors un des premiers à établir le contact avec l’imaginaire. Depuis, la peinture irréaliste, encouragée par la redécouverte des symbolistes et des romantiques, a connu la fortune que l’on sait. Mais elle est parfois pratiquée par des techniciens, excellents mais froids qui n’obéissent pas à une nécessité intérieure. La peinture d’AUJAME, toute de transparence, d’instinct réfléchi est un véritable plaisir pour les yeux, une peinture d’idées, d’amour et d’inquiétude.

Il fut d’ailleurs remarqué par sa génération puisqu’il fut sélectionné à deux reprises pour représenter la France à la Biennale de Venise en 1936 et en 1960. En outre, il marqua à son tour toute une génération d’artistes par l’enseignement qu’il dispensa à l’Ecole des métiers d’arts et de 1959 à 1965 comme chef d’atelier d’art mural à l’école nationale des Beaux-Arts.
Jean FOUACE - Historien d’Art

Les contemporains se font rarement une notion juste de l’art qui se développe sous leur regard. Aussi l’avenir n’en a-t-il presque jamais la même compréhension qu’eux. Ils obéissent, en effet, à des mobiles ou à des soucis aussi actuels que provisoire ; ils ne peuvent s’empêcher de les projeter sur tout ce qu’ils envisagent : ils sont dominés par un certain nombre d’idées que l’historien n’aura plus qu’à répertorier et qui ont été lancées par quelques critiques ; ils les répètent, s’en font un catéchisme et ne cherchent plus qu’à les appliquer. Chaque époque cajole ainsi ses lieux-communs, qu’elle prend souvent pour ses audaces et son apport ; mais ils finissent tôt, usagés, à la poubelle de l’histoire.
Croit-on que notre temps, par une grâce d’exception, échappe plus qu’aucun autre à ces auto-duperies et aux erreurs de jugement qu’elles entraînent ? Tel qui fut célèbre retombera au rôle d’utilité, tel qui fut mal compris fera figure représentative. Ce qu’on appela « révision des valeurs » devint à la mode. Nous y serons soumis à notre tour. En ce jour-là, j’en suis persuadé, on reconnaitra qu’AUJAME est un des peintres qui ont traduit l’essentiel de notre époque, mieux que tant d’autres qu’on adule. Odilon Redon, ce voyant, n’impressionna d’abord quez quelques initiés.
René HUYGUE de l’Académie Française.

Jean Aujame
(1905 – 1965)

1905 : Né le 12 mai à Aubusson (Creuse) d’ascendance Auvergnate et Bourbonnaise.
1919 : Etudes au Lycée Michelet à Paris : condisciple de René Huyghe, avec qui il est désigné pour participer au concours général de version Latine.
1922-23 : Etudes à l’Ecole des Beaux-Arts de Rouen, ou son père est président du Tribunal de la Seine Maritime. Il se lie d’amitié avec René Trintzius, Bernard Nebout et René Blech chez qui, à Amfreville, au bord de la Seine, il affirme son goût pour les feuilles, l’eau des rivières, la chair du soleil. Il est encouragé par Alphonse Séché et Elie Faure qui aura sur lui une grosse influence en lui montrant l’importance, les équivalences, des transpositions, la valeur de la peinture Vénitienne de la Renaissance.
1927-29 : Service militaire au 9e Zouave à Alger. Il découvre l’importance de la grande lumière, qui l’oriente vers un certain Fauvisme.
1930 : il s’installe à Paris et fait la connaissance d’Yvonne Guichard qui deviendra sa Femme.
1931 : Première exposition chez Drouant, présentée par A.Séché, déjà au travers d’une puissante sensualité apparaît la hantise d’un certain fantastique, d’un « au delà », qui tout en le rapprochant du surréalisme, met surtout en valeur un besoin de lyrisme pictural intérieur, une hantise de la mort.
1932 : Exposition à la Galerie Zborowski. Suit une période de réalisme pictural marquée par des expositions à la Galerie Speranza, des liens nouveaux avec Planson, Chapelain-Midy, Poncelet. Il s’agit pour lui, comme autrefois Manet, de redécouvrir des « bases permanentes » de la peinture. D’où ses voyages : en Hollande 1933-34-35 – En Espagne, aux Canaries, au Portugal. Il est impressionné par Goya, attiré par les œuvres de Zurbaran, et la première manière de Velasquez.
1935 : Pris Paul Guillaume (Avril à Garches, Musée National d’Art Moderne) consacre sa notoriété.
1936 : Exposition chez Druet. Sélectionné pour La Biennal de Venise.
1937 : A l’occasion de la mort presque simultanée de ses parents (se qui le frappa énormément), il redécouvre l’Auvergne comme une terre ancestrale qui allait fournir des « racines » a à ses propres mythes. Décorations pour le Palais de la Découverte.
1938 : Des décorations (Lycée de Valenciennes) montrent l’intérêt qu’il prend pour le problème mural.
1938 : sélectionné pour une exposition d’art français à Buenos-Aires. Il est mobilisé en septembre comme aspirant d’infanterie. Captivité à Nuremberg, puis au Stablack (Prusse Orientale) ; années au cours desquelles il fait la connaissance de Henri Bernard, Jean Rudel. Il s’adonne au décor théâtral du camp des aspirants.
1940 : Exposition Galerie de Berri en octobre.
1942 : Réformé pour une affection cardiaque, il rentre en France fin 1942. Il devient très vite membre du comité directeur du Front Nationale des Arts, avec Goerg, Lurçat, Pignon, Fougeron. Il participe à l’action clandestine avec des œuvres de propagandes anti-allemandes.
1944 : En janvier et février première exposition après son retour de captivité à la Galerie Berri-Raspail.
1945 : Expositions à la Galerie Berri-Raspail individuel ou en groupe.
1946 : Décoration pour l’Hôtel de Ville de Saint-Germain-en-Laye.
1947 : Période de fragmentation des surfaces, recherche des « valeurs décoratives ». Exposition à New-York organisée par l’ambassade de France.
1948 : Exposition Galerie Berri-Raspail. Exposition à Londres. Décorations pour différents paquebots (salle à manger du « Liberté » ; fumoir du « Cambodge » ; hall de « La Marseillaise ».
1949 : Prix Hallmark. Aujame fixe sa résidence secondaire à Sauvagnat Sainte Marthe (Puy-de Dôme). Professeur à l’Ecole des Métiers d’Art.
1951 : Prix Singer De Polignac – Série d’expériences abstraites. Entretient avec André Gillois, émission : Qui êtes-vous ?
1952 : Exposition à la Galerie Montmorency. Fresques décoratives pour l’Eglise de Vassieux-en-Vercors.
1953 : Légion d’honneur remise par René Huyghe.
1956 : Fresques décoratives au Central des P.T.T. Bonne-Nouvelle. Fresques décoratives au Lycée Climatique de Gérardmer.
1959 : Chef d’atelier d’Art Mural à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris. Exposition à Cannes, Galerie Art de France.
1960 : Officier des Arts et Lettres.
1961 : Sélectionné pour la Biennale de Venise où il rencontre Max Ernst.
1962 : Exposition à la Galerie Art de France et à la Galerie Percier.
1964 : Exposition au Musée de l’Athénée à Genève. Fresque décoratives au nouveau Collège d’Issoire (Puy-de-Dôme).
1965 : Mars. Exposition d’aquarelles à la Galerie Percier. Juillet. Mort accidentelle sur une route du Bourbonnais.
Salon d’Automne, « Hommage à Aujame ». Ecoles des Beaux-Arts (Paris), 
Hommage à Aujame.
Après sa mort de nombreuses expositions ont fait découvrir sont œuvres, organisée par des musées, des Salons ainsi que des Galeries.
1966 : Salons des indépendant « Hommage à Aujame »
1967 : Musée de Cagnes, rétrospective.
1968 : Musée Galliera Paris, rétrospective.
1969 : Musée de Clermont Ferrand, rétrospective.
1976 : Salon d’Automne, Paris.
1977 : Royal Académie des Beaux-Arts, Amsterdam.
1980 : Salon du dessin est de la peinture à l’eau, Paris, « Hommage à Jean Aujame »
1983 : Musée de La Rochelle.
1986 : Conférence à la société de l’Histoire de l’Art Français « La peinture murale dans l’œuvre de Jean Aujame » par Jean Fouace.
1988 : Musée Bourdelle, Paris.
Hôtel de Ville de Volognes (Manches)
1990 : Centre Nicolas Pomel, Issoire, rétrospective.
1992 : Janvier, Office Culturel de Bry-sur-Marne.
Avril, Salon international des Artiste Fontaine-les-Dijon.
1995 : Salon Palais Ducal, Nevers.
1996 : Conseil général du Puy-de-Dôme, rétrospective Peintures.
Centre Culturel Nicolas Pomel, Issoire œuvres sur papier.
Musées
Musée National d’art Moderne.
Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris.
Musée du Havre, de Rouen, d’Albi, de Grenoble, d’Angers, de Strasbourg, d’Aurillac, de Saint-Maur, de Guéret, La Rochelle.

Le Château de La Chassaigne

La chaîne ARTE a présenté, lundi 4 février 2016 à 16 heures dans l’émission "Campagnes de rêve", un petit film documentaire sur les jardins et le château de la Chassaigne, ses intérieurs, ses collections, son association de la ‘’ Pomme d’Or ‘’ et ses propriétaires.
L’équipe venue de Berlin a tourné trois jours consécutifs durant l’été 2012, filmant, interviewant, se restaurant, en finissant par danser avec les invités lors d’une soirée des plus sympathiques au son du petit orchestre traditionnel ‘’ Marcottage ‘’.

Le manoir remonte au XVe siècle. En 1720, le marquis de Simane, arrivant d’Aix-en-Provence, acquiert la propriété et y crée des jardins. Il fait construire l’orangerie et transforme la propriété. Une peinture montre ces jardins, mais on ne sait pas s’ils ont été réalisés. Le jardin, est laissé à l’abandon durant XIXe et la majeure partie du XXe siècle. Les propriétaires actuels achètent le domaine en 1986 et décident de recréer les jardins. Suite à plusieurs voyages en Angleterre, ils décident de concevoir des jardins dans un style anglais, ce qui les rend uniques en Auvergne. Ils sont compartimentés en une suite de chambres de verdure. Le jardinier laisse parfois pousser les plantes là où elles le décident. Chaque année, de nouveaux éléments apparaissent dans le jardin. Un petit jardin classique a été créé devant la façade Sud-ouest du château.

Après avoir passé la grille d’entrée dans les jardins, le visiteur découvre le belvédère. De là, s’étage la composition : au fond, le bâti, le manoir et ses tours, les frondaisons du tilleul multi centenaire, le crépi ocre de l’orangerie et les jardins. Le belvédère s’adosse au temple des eaux. Une longue allée dessert ensuite les différents espaces qui composent les jardins. Le jardin des reines où le végétal remplace la pierre pour donner corps à un cloître de verdure. Face lui, de l’autre côté de l’allée, prend place le potager et ses potirons. Suit le jardin géométrique puis le jardin en creux. Ce dernier est un espace quadrangulaire, encaissé. Un Kiosque clôt la perspective de ce jardin. En contrebas, la serve sert de réserve d’eau. Face au jardin en creux et séparé par un bassin formant un rond-point au milieu de l’allée central, se trouve le jardin aux ruines. Puis, le jardin en pente, entre deux chambres de roses, permet d’accéder à la cour du château. Mais le visiteur est invité à poursuivre son chemin à travers les autres chambres de verdure : le jardin d’ombre ; le jardin blanc inspiré de Sisssinghurst Castel Gardens ; le jardin de Darius face à l’orangerie. L’allée, désormais couverte d’une pergola, mène à la dernière chambre mais première réalisée, le jardin clos. De là, on peut rejoindre le château et son jardin régulier mêlant influences française et italienne.


Voir en ligne : Le site Internet du Château de la Chassaigne


Portfolio

  • Le repos des baigneurs 1928
  • La Fille au bas noir 1930
  • Terrasse à Ténériffe, 1935
  • Le vin rosé de Sauvagnat 1955
  • La fête à Sauvagnat 1955
  • Yvonne couchée dans les Marguerites 1944
  • Le montreur de Pierre 1960
  • L'Alchimiste 1957
  • Prestidigitateur nocturne 1960
  • Composition baigneuses aux roseaux 1961
  • Le Chasseur 1964
  • Le pèlerin de la paix 1956
  • Bacchanale verte 1965
  • Bal nocture 1953
  • Couple jaune 1965
  • Jean Aujame