Château de Viverols

C’est vers le Xeme siècle que des paysans s’installèrent pour la première fois dans cette région du Livradois. Abondante en gibier, et en poissons, ils lui donnèrent le nom de "Vivarolium", qui signifiait vivier. Pendant près de cent ans, seules deux exploitations agricoles occupaient le site.

Aprés l’an mille, les comtes d’Auvergne perdirent l’essentiel de leur pouvoir en Livradois et cédèrent la place à d’autres seigneuries. Parmi celles-ci émergèrent bientôt deux lignages particulièrement puissants, peut-être d’origine vicomtale, qui imposèrent leur domination à de nombreux villages : les Montboissier, entre Allier et Dore, et les Baffie dans le fossé d’Ambert et sur les pentes du Forez.
C’est à ces derniers qu’appartenait la châtellenie de
Viverols, à l’extrémité méridionale d’un vaste territoire dont ils s’étaient rendus maîtres à partir de leur château éponyme de Baffie, et qui incluait notamment les forteresses d’Ambert, de Riols et de Marsac. Le seigneur de Baffie, Guillaume, évèque de Clermont, décida de développer cette contrée. Il demanda aux moines de Sauxillanges de fonder un prieuré et une paroisse autour d’une église dont il finança lui-même la construction. Pour accroître l’économie du hameau, il acheta au seigneur de Usson, Ebrald de Chalencin, son vassal, la concession d’un marché qu’il possédait et le transféra à Viverols qui devint dés lors un centre important. Si puissant qu’ils aient été, ils durent néanmoins, au cours du XIIIeme siècle, se placer dans la suzeraineté des évêques de Clermont afin d’échapper à l’influence plus contraignante du pouvoir royal, lequel à cette époque se manifestait à nouveau en Auvergne.

A Viverols, dans la vallée de la Ligonne, les seigneurs de Baffie surent tirer parti d’un très vieil itinéraire, sans doute antérieur au Moyen-Âge, qui mettait en relation les bassins de l’Ance et de la Dore, par le col de Chemintrand. Après la prise de la forteresse de Usson, à quelques kilomètres, ils devaient reformer la défense sud de leur domaine. Ils édifièrent donc un château sur le puy surplombant le village. Si l’église romane a disparu, le village est toujours dominé par son imposante enceinte du XIIIeme siècle, le plus grand vestige féodal de l’Ambertois.
De forme pentagonale, le château était, à l’époque, flanqué de quatre tours rondes et d’un donjon d’angle, aujourd’hui disparu. La taille des pierres, l’épaisseur des murs et les nombreuses archères témoignent de la puissance de cette forteresse. Un fossé, comblé, obligeait les piétons et les cavaliers à utiliser un pont-levis dont il ne reste aujourd’hui que les rainures dans le mur de la porte. Porte, qui fut réaménagé au XVeme siècle.
Certains experts et archéologue pensent qu’un château, peut-être une simple tour entourée de palissades, antérieur à la forteresse, fut construit vers le XIeme siècle sur les ordres de Jocob de Viverols et détruit par Louis XI.
La légende des trois arbres
Un ancien seigneur extrêmement sévère, Pardon le Noir, interdisait à ces trois filles d’aller s’amuser avec les enfants du village. Les fillettes, malignes, avaient conclu un accord avec le geôlier du château. A chaque fois que leur père partait à la chasse, elles empruntaient un souterrain partant des geôles et débouchant dans la maison du bailli, au centre du village. Le petit manège durait depuis un bon moment lorsqu’un jour le seigneur les surprit à leur retour. Il punit le geôlier et enferma ses trois filles dans les oubliettes d’une tour. Il dut quitter le château plusieurs jours afin de combattre une bande de brigands qui sévissait dans le pays. A son retour, les jeunes filles avaient disparu. Les trois petits arbres au sommet de la tour représenteraient les âmes de ces fillettes.


Voir en ligne : Site Internet Châteaux et Moyen-Âge


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