Châtaigne d’eau en Livradois-Forez

Dans son numéro 37 d’Avril-Mai 2007 le bimestriel : JARDINS & DECORS AQUATIQUES publie, pages 60 à 63 un article très complet et abondamment illustré sur la châtaigne d’eau (Trapa natans) : une alimentaire devenue ornementale…. Sous les signatures (textes et photos) de : Guido LURQUIN et Jo CHABOUT.

En page 61 les auteurs précisent : "Etonnant destin pour une plante qu’on peut imaginer aujourd’hui « tropicale » : elle a été de fait indigène, consommée couramment en Europe jusqu’au XVIIIe siècle avant de disparaître de nos régions – aujourd’hui l’espèce y est protégée etc."

Contrairement à ce qu’écrivent les auteurs, il semble que l’espèce n’a pas disparu complètement de nos régions, on en trouve, entre autres, dans certains étangs du Livradois-Forez, du côté de Courpière, Sermentizon, Trézioux, Augerolles...

Dans l’ouvrage "COURPIERE porte du Livradois-Forez", écrit par un comité de rédaction et édité, en 1998, par la ville, on peut lire, pour compléter le propos : souvenirs d’enfance de Charles BOUCHÉRAS, un ancien Courpiérois pages 277, 278 et 279 :

Page 278

"Quand le propriétaire de l’étang jugeait que les macres étaient mures, il construisait une barque avec une « bacholle » coincée entre quatre planches. Une longue gaule pour se déplacer et la cueillette commençait…(dessin original de BOREL page 277 !). Le soir même, les « éperons » étaient cuits pendant trois heures dans une grande chaudière. Le lendemain, départ pour Courpière, avec la hotte pleine. Dès que le vendeur était installé les amateurs accouraient. La distribution se faisait à l’aide d’un bol vendu pour quelques sous…
Aujourd’hui, l’éperon à disparu de notre région… 
"

L’écrivain Colette évoque les mêmes souvenirs dans un texte où elle emploie le nom de cornuelle : "La macre ou châtaigne d’eau, (…) n’a pas goût ni figure de châtaigne" écrit-elle dans le fanal bleu. "Même cuite, elle se réclame de l’étang natal, des vases mères. (…) Sur mes étangs, ça et là un vieux bachot qui prend l’eau recueille, en septembre-octobre, la cornuelle. Odeur des joncs riverains, de l’eau remuée et de la menthe grise, saveur douteuse et séductrice de la cornuelle ce n’est pas cette année encore que vous échappez à qui sait vous enclore dans une chambre de Paris – en l’espèce un écrivain peu à peu maîtrisé par son mal, mais secouru chaque jour par la fidèle mémoire de son cerveau et celle de ses vieux sens subtils".


Voir en ligne : Découvrez Auvergne Nature


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