A la bourre - I : Le rencart Roman policier fiction. Un texte de Lolo Graf.
Intrusion.
A la bourre. D’un quart d’heure. Heureusement, il m’attendait devant la porte de l’immeuble avec ses outils : un serrurier ponctuel, précis comme un horloger. Pour une fois j’aurai préféré avoir rendez-vous avec un plombier, j’aurai même encore eu le temps d’aller boire un café. Présentations rapides, je suis le gars qui vient visiter l’appartement, ou plutôt le loft. Lui c’est le serrurier envoyé par la propriétaire pour changer la serrure.
Les présentations sont faites, tout roule.
Tout d’abord, rentrer dans l’immeuble. Pas de gâche, mais un digicode plus une serrure. Et là mon « serrurier ponctuel » devient mon « serrurier distrait », il a oublié ses passes dans sa fourgonnette... Le voila reparti. Tout est normal car rien ne se passe normalement Ce plan de visite d’appartement était déjà engagé de manière trop inhabituel, pour que la suite ne soit pas dans la même veine.
Une petite annonce, un coup de fil, et là déjà ça dérape. Je tombe sur une femme s’annonçant comme la propriétaire, habitant à 300 km de Clermont, et qui ne possède pas les clefs de l’appartement. Actuellement en plein divorce, c’est moi qu’elle choisit pour me raconter sa vie durant ¾ d’heure sur le compte de mon pauvre forfait 2 H fondant à vue d’oreille. Je n’en peux plus de l’écouter, mais je tiens bon : un Loft en centre-ville à 400 euros, ça mérite de jouer les Macha Béranger un petit moment. Des « Eh oui, je comprends… c’est pas facile… à qui le dites-vous…ah bon, il vous a fait ça aussi ? » j’en ai dit pour les 10 ans à venir..
Le retour du Maître des Clefs. Si seulement il en avait une magique pour me sortir de ma mauvaise passe. Endetté jusqu’au cou, et puis plaqué par la mère de mon fils. Tristement banal. Tout à recommencer. C’est mon deuxième couple qui part en live, mais on ne s’habitue pas à ce genre de truc, en tout cas pas moi. Manque de confiance en soi certainement, le flip de se retrouver tout seul, c’est sûr. Et puis seul sans mon fils et dans mon slip, qu’est-ce que je vais pouvoir foutre à part bosser et traîner les bars ? C’est déjà ce que j’avais fait à l’époque de ma première rupture : Bosser la journée et sortir le soir, taffer pour s’occuper et faire la bringue pour oublier. Je m’étais enfoncé financièrement mais j’avais à peu près tenu le choc question boulot, et question drague, c’étais ma période de gloire…maintenant révolu. L’envie n’est plus là, mon fils obnubile mes pensées. C’est drôle comme un petit bonhomme peut tenir une aussi grande place dans la tête.